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ISBN : 2081443848
Éditeur : Flammarion Jeunesse (02/01/2019)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Après un accident de voiture qui l'a laissée meurtrie, Abigail rentre chez elle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d'avant lui est insupportable. Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu'on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ? Grâce à l'amour des siens. Grâce aux livres. Grâce à la nature, au rire, aux oiseaux. Avec beaucoup de patience, peu à peu, Abi va réapprendre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Lutvic
  13 janvier 2019
Le sujet d'« Un si petit oiseau » de Marie Pavlenko – le traitement littéraire d'un traumatisme dans un « livre jeunesse » signé par une autrice que je n'avais pas lue – m'avait incitée à cette rencontre.
Comme la plupart des lecteurs le disent, d'un tel sujet casse-gueule, Marie Pavlenko s'en sort pas mal.
La somatisation du choc d'un accident mutilant, retentissant jusqu'aux gestes infimes du quotidien, dans le regard des autres et dans son propre regard porté sur soi, est très bien rendue (il y a de la « documentation »/vécu/témoignage derrière...). La colère et l'incompréhension qui habitent la jeune fille sonnent juste, et c'est presqu'un exploit. L'évolution vers l'acceptation de la « chose », de cette nouvelle vie, au sein d'une famille aimante et à côté d'un amoureux hors pair, respire les bons sentiments et ne peut que transmettre « du positif ». A la pelle. Un peu trop même.
Et c'est pendant cette partie-là du livre que ma lecture a commencé à dérailler.
Jusqu'à en avoir marre de ces simagrées bien-pensantes, de ces intérieurs léchés, de ces fêtes en famille harmonieuses, de cette famille-sur-laquelle-on-peut-compter-coûte-que-coûte, toujours à l'écoute, qui se met en quatre pour que ça aille mieux et pour limiter les dégâts ; j'en ai eu marre de ces dialogues (souvent invraisemblables, loin du réalisme et de la froideur apparente des ados d'aujourd'hui) ; j'en ai eu marre de la facilité, en quelque sorte, de « s'en sortir », de finir par s'en sortir, dans un tel milieu bienveillant, dévoué et confortable, destiné à amortir la chute et à déterminer le personnage à se relever. (Vous l'aurez imaginé autrement, dans un tel contexte ?)
Frappée par cette tiédeur me rappelant certains films français actuels (peu regardables, faits « entre soi » et « pour soi », se donnant bonne conscience et se voulant divertissants), je me suis mise à rêver :
Comment la même expérience de vie pourrait-elle être vécue dans un milieu hostile ? Dans la solitude ? Dans une famille difficile, voire peu aimante ? Dans la précarité ? Dans la cité d'aujourd'hui ? Dans un noyau familial multi-générationnel hétéroclite ? (Qui étoufferait encore plus le personnage tombé à terre ? Ou qui saurait parfaitement contenir le drame et apprendre à le gérer ? Qui aurait d'autres moyens pour ramener vers la vie un corps et une âme meurtris ?) Et comment l'écriture de Blaise Cendrars pourrait-elle résonner dans une autre tête que celle de cette-Abigail-là ? Je sais, je risque qu'on me réplique : « mais ça serait un autre livre ! » Eh oui, j'aurais voulu un autre livre, avec le talent de Marie Pavlenko : ça ne serait pas trop lui en demander, elle en est capable. Je ne lui demanderais pas de faire une galipette et de se transformer en Edouard Louis, mais j'attends ce livre que j'ai imaginé sans cesse, en second plan, pendant ma lecture d'« Un si petit oiseau ». Un livre n'ayant pas peur de politiser la souffrance qui reste une grande question de société, et dans lequel plein d'autres sensibilités, moins bien nées, pourraient se refléter. Avec le réalisme qui s'impose.
Pour l'instant, « Un si petit oiseau » va bien aux filles sages et proprettes des beaux quartiers, avec des lectures dirigées, choisies en connaissance de cause par leurs cadres des parents. Pour la démocratisation de la douleur dans la littérature jeunesse, on attend encore...
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Milie_Baker
  13 janvier 2019
"Un si petit oiseau ", c'est l'histoire d'Abi, une jeune fille qui devient, à cause d'un malheureux accident, handicapée à vie. Son bras a été coupé et elle va devoir vivre avec un moignon pour le restant de ses jours.
Le début est très violent, le roman commence directement par cet accident affreux qui sera le point de départ de toute cette histoire.
Après l'accident, l'hôpital et les séances de rééducation, Abi doit revenir à une vie normale. Mais comment le peut-elle quand elle ne peut même pas s'habiller toute seule ? Ni lacer ses chaussures ? Ni se rattraper quand elle tombe la tête la première par terre ?
Sa vie est maintenant destinée à vivre au dépens de quelqu'un d'autre et de toujours devoir faire face aux jugements et aux regards insistants. En plus de tout cela, avant l'accident, Abi avait des plans pour le futur. Elle voulait réussir la prépa et devenir une vétérinaire.
Plus rien ne l'attend dorénavant.
Abi porte sur ses épaules un fardeau incroyablement lourd à porter. Mais heureusement, elle n'a pas seule dans cette aventure.

Il y a sa mère, qui chaque jour se sent coupable de voir sa fille se cacher pour devenir terne et lasse. Mais qui continue de croire à l'espoir, qui continue de se lever tous les matins afin de rendre la vie de sa fille un peu plus facile.
Il y a son père, qui fait des blagues bizarres et gênantes afin de détendre l'ambiance. Sa fille a vécu une expérience traumatisante, il n'a rien pu faire à ce moment et il ne peut rien faire aujourd'hui non plus. Mais il doit continuer à l'aider, à l'aimer, à croire en elle et à essayer de ne pas pleurer chaque seconde, priant pour que ce soit lui au lieu d'elle.
Il y a sa petite soeur, qui est aussi une victime dans l'histoire. Certes, elle n'a rien physiquement, mais est elle sur la touche. Un dommage collatéral. Ils ont dû déménager, elle doit traverser la ville pour aller à l'école et rester avec ses amis. En plus, ses parents ne font que s'occuper d'Abi : Abi par-ci, Abi par-là...
Millie ne désire qu'une seule chose : être une jeune file de 15 normale.
Mais quand elle regarde sa soeur lutter chaque jour afin d'accomplir un nouveau geste du quotidien, elle se dit que peut-être elle devrait arrêter d'être en colère.
Il y a sa tante, qui est la personne la plus incroyable de cette histoire.
Coline est là et sera là pour sa nièce, no matters what.
Mais elle sait également remettre les choses à sa place. Oui, Abi est handicapée. Oui, sa vie est difficile. Oui, elle ne sera jamais plus la même. Mais le passé est le passé et il sert à rien de le ressasser. Il faut se donner des objectifs pour le futur. Et vivre le présent.
Plusieurs fois dans le roman, Coline n'hésite pas à recadrer Abi et a lui dire les choses telles qu'elles sont, même si ça doit être dit un peu méchamment. Mais c'est ce que va permettre à sa nièce de se remettre sur le bon chemin.
Et enfin, il y a Aurèle. Ce jeune garçon est une comète destinée à rencontre le chemin d'Abi. Les deux se connaissent depuis le primaire, mais ils ce sont perdus de vue depuis.
Aurèle doit gérer ses propres problèmes, mais il reste optimiste et profite de la vie autant qu'il peut. Fervent admirateur des oiseaux, de la faune et de la flore, il va tout tenter afin d'ouvrir à nouveau les yeux d'Abigail sur le monde.
La relation Abi/Aurèle est très touchante car elle est réelle. Il n'y a pas de malentendu entre eux. Ils se parlent, ils sont honnêtes l'un envers l'autre et surtout, ils savent rire et s'amuser lorsqu'ils sont ensemble.
C'est surtout grâce à Aurèle qu'Abi va décider d'avancer et de surpasser son handicap.
Cette histoire est merveilleuse, touchante et magnifique. Tous les personnages ont une connexion et ils s'entraident les uns les autres. Bien sûr, parfois, il y a des disputes et des colères, mais cela finira toujours par une réconciliation. Parce qu'ils sont une grande famille et que les membres d'une famille sont là pour nous soutenir dans les moments difficiles et nous remettre droit dans nos bottes quand nous en avons le plus besoin.
Je recommande ce livre, qui nous apprend à voir plus loin que les problèmes et à nous envoler avec nos propres ailes.
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ASDevriese
  15 janvier 2019
Touchée en plein coeur par « Un Si petit oiseau » de Marie Pavlenko
C'était ma semaine de chance. Je venais de gagner - et de relire ¬- « Tu es mon Soleil » grâce à @Lamareauxmots quand j'ai également eu l'heur de remporter « Un si petit oiseau » via @Babelio. Moult péripéties postales plus tard, je l'ai finalement reçu… après sa sortie en librairie. Qu'à cela ne tienne, je me suis jetée dessus et n'en ai fait qu'une bouchée. Quelle bouchée ! Je me pourlèche encore.
Spaghetti d'or ! comme dirait Débo.
Encore une pépite. Juste. Poignante.
400 pages d'émotion pure qui nous baladent du rire aux larmes, un exercice pour lequel l'autrice excelle. [En parlant d'autrice, mon féminisme exulta à la vue de cette mention sur la couverture. C'était un petit bonbon supplémentaire. D'ailleurs mon seul bémol est ladite couverture que je n'aime pas ce qui n'entame en rien le contenu. Tout va bien donc.]
Sans fausse pudeur, sans jamais tomber dans un voyeurisme qu'elle dénonce par ailleurs avec délicatesse, Marie Pavlenko brosse de calvaire d'Abi, jeune aspirante vétérinaire dont la vie explose en miettes suite à la perte de son bras droit (et le premier qui dit « heureusement, elle était gauchère » se prend une baigne 😊).
La gestion quotidienne et émotionnelle de son corps amputé et du moignon-rognon est tantôt drôle, tendre, tantôt d'une crudité salvatrice. Flanquée de personnages remarquables, Abi trace sa route à une main. Elle apprend à se faire une amie de celle qui lui reste plutôt que de se focaliser sur l'absente, la morte, le fantôme déchiqueté qui la torture et l'oblige à se bourrer de médocs abrutissants. Vous ai-je déjà dit combien j'aime les personnages déjantés de Marie Pavlenko ? [sans doute ici] Accompagnée de sa mère d'un dévouement à toute épreuve, de son père touchant de joie de vivre avec ses blagues pourries et sa planche à découper qui change tout, de sa tante complètement déjantée mais si juste, Abi essaie de ne pas couler, de ne pas se brouiller avec sa soeur.
Et puis il y a Aurèle et la romance… J'adore les histoires d'amour. Je le confesse. J'en sors aussi ensorcelée qu'avec Saskia, Marjane ou Déborah.
Je sais, je suis un peu dithyrambique mais c'est sincère. D'autant que dans la vraie vie, j'ai travaillé deux ans auprès d'une collègue qui a vécu un drame similaire que je n'ai jamais osé aborder avec elle. J'ai commis l'une ou l'autre bourde qui ont pu lui compliquer la tâche et pour lesquelles je m'en veux encore. A travers Abi, j'ai reconnu des situations quotidiennes infernales que j'avais effleurées en tentant de comprendre un peu la vie de cette collègue aux cheveux courts et aux manches longues qui jamais, au grand jamais, ne se plaint.
Je terminerai sur une note très perso : comme je vous le disais, les aléas postaux m'ont conduite à recevoir deux exemplaires. Etant donné que je l'ai lu sur un lit d'hôpital du service pédiatrique (pour veiller mon petiot de 9 mois), je me suis dit que je ferai don de cet exemplaire à la bibliothèque dudit service. Comme l'écrit l'autrice dans le mot qui accompagnait le roman : « un livre peut changer une vie. Abi puise courage et espoir dans les récits de Blaise Cendrars ». J'espère qu'un jour, un enfant, un ado malade, une soeur, une tante, un parent dépassé trouveront dans « Un si petit oiseau » « son semblable, son frère ».

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Elodieuniverse
  03 janvier 2019
De jolis mots, des émotions: voilà ce qu'il me vient à l'esprit pour résumer ce livre. Au cours de la lecture, je me suis surprise à ressentir les émotions d'Abi qui sont parfaitement bien retranscrites. C'est une lecture d'autant plus émouvante que l'auteure s'est basée sur l'histoire de sa propre maman pour construire celle d'Abi. J'ai été totalement touchée à cause de la difficulté d'Abi avec ce nouveau corps décharné, cette prothèse qu'elle ne supporte pas. Il faut assumer le regard des autres mais surtout son propre regard. le handicap n'est pas toujours facile à vivre. Il y a des moments tristes, des moments drôles mais surtout de l'amour et de l'espoir. C'est un roman à découvrir. (...)
Ma page Facebook Au chapitre d'Elodie
Lien : http://auchapitre.canalblog...
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Selvegem
  11 janvier 2019
Abigail – Abi pour les intimes – a vécu l'une des choses les plus traumatisantes que l'on puisse connaître. Suite à un accident de voiture, elle est amputée de l'un de ses bras. Suite à cela, elle va se renfermer profondément en elle, son bras mutilé lui faisant perdre tout ses repères. La douleur est toujours présente, le regard des gens sur son bras absent est frappant, et de devoir s'habituer à faire les gestes de la vie quotidienne avec un seul bras.
Mais Un si petit oiseau raconte aussi – et surtout – l'histoire d'un renouveau. Comment Abi va réussir à reprendre pied. C'est aussi l'histoire de sa famille, et de comment des livres et des oiseaux peuvent permettre de reprendre goût à la vie.
Je suis Marie Pavlenko depuis ses débuts avec sa trilogie Saskia, et je suis à chaque fois impatiente de lire ses nouveaux romans ! Je dois dire que même si j'apprécie énormément ses romans fantastiques comme Saskia, Marjane ou La Fille-Sortilège, je craque encore plus sur ses romans contemporains. Il y a eu Je suis ton soleil en 2017, il y a maintenant Un si petit oiseau, qui est une nouvelle pépite !
Comme pour Je suis ton soleil, Un si petit oiseau est un condensé d'émotions, de larmes, de rires... Marie Pavlenko décrit ici le thème du handicap, avec beaucoup de sensibilité et de pudeur, et décrit avec finesse toutes les épreuves auxquelles Abi est confrontée – que ce soit la douleur, le poids du regard des proches, le fait que toute sa famille soit impactée, et le fait de devoir tout réapprendre à faire avec un seul bras. Cela donne lieu à des situations souvent bouleversantes, que ce soit pour pleurer avec Abi ou hurler de rage contre les insensibles. Mais – heureusement – c'est aussi l'occasion de rire, de découvrir de nouvelles choses, de ressouder des liens et des amitiés.
(Voir mon avis complet sur mon blog.)
Lien : http://chezlechatducheshire...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
petitmomentlitterairepetitmomentlitteraire   22 décembre 2018
On est fous, nous, dans notre petite vie bien proprette. Je suis un monstre avec un bras coupé net, j'attire les regards. Mais je te les prendrais tous par la peau du cul et je te les balancerais en 1919, paf, et profite de la vue !

Pourtant, il me semble qu'il existe une différence, c'est que je suis une femme.

J'ai l'impression qu'un corps d'homme brisé, peut-être un relent de guerres, justement, est plus acceptable. Un blessure, ça fait warrior. Pour une femme, dans l'inconscient de pleins de gens, la féminité écorchée est une monstruosité.
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BellesEndormiesBellesEndormies   24 décembre 2018
Blaise signe avec sa main amie. Il honnit peut-être son moignon qui rime avec rognon, coupé au-dessus du coude, comme elle. Mais ce qu’il met en avant, c’est l’autre. La main qui subsiste. Qui résiste. Abi ouvre sa main, la ferme. Son amie.
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petitmomentlitterairepetitmomentlitteraire   22 décembre 2018
- On peut avoir mal de tant de façons différentes, lâche-t-il.
- Ouais. Trop de façons.

Il esquisse un sourire triste.

- Tu crois que la douleur s'atténue, un jour ?
- Je ne sais pas. J'espère très fort.


-p311
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petitmomentlitterairepetitmomentlitteraire   22 décembre 2018
La pluie coule sur les mains d'Aurèle qui sert Abi, tombe dans leur cou, leurs vêtements, et Abi et Aurèle s'embrassent, s'embrassent.
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Videos de Marie Pavlenko (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Pavlenko
Marie Pavlenko lit les premières pages de Je suis ton soleil. Découvrez Déborah, son héroïne à l'humour ravageur, avant qu'elle n'entame sa première journée en classe de terminale. Il faut bien se lever !
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