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Yves Gauthier (Traducteur)
ISBN : 2742705465
Éditeur : Actes Sud (01/01/1999)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 178 notes)
Résumé :
Une famille de vieux-croyants démunis à l'extrême, subsistant dans une cabane misérable, en pleine taïga, coupés de la civilisation depuis... 1938 : telle est l'incroyable réalité décrite par Vassili Peskov, qui raconte ici avec passion et minutie l'aventure des ermites de notre temps, puis les vains efforts de la plus jeune d'entre eux, Agafia, pour se réadapter au monde.
Nouvelle version du mythe de Robinson, manuel de survie dans la taïga, histoire de femm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
carre
  16 novembre 2014
Voilà un livre pour lequel je ne regrette pas d'avoir fait mon curieux.
Lorsque qu'une expédition géologique découvre ces ermites en pleine Taïga, tout d'abord incrédule, un formidable élan d'empathie va naitre entre ces autochtones coupés du monde depuis des décennies et leurs visiteurs. Car la famille Lykov avec à sa tête le vieux Karp Ossipovitch est une incroyable et enrichissante rencontre.
A l'image aussi d'Agafia, dernière enfant de la fratrie, magnifique femme courage, force à elle seule le respect. Une leçon de vie. Il n'y a jamais aucune rancoeur, aucun regret dans ces destins inimaginables. Cette ode à la tolérance, aux respects du temps, des saisons, des autres aussi, fait un bien fou.
Allez à la découverte des Lykov, le voyage vaut largement le détour.
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ninamarijo
  02 novembre 2014
Je ferme le livre à l'instant, à la fois fascinée, interdite et intriguée devant une telle force de caractère, une telle force de la foi, une telle constance dans la ligne de vie toujours guidée par la conviction que le salut est dans le renoncement aux biens matériels ! Ce destin exceptionnel d'Agafia car c'est bien elle l'héroïne, où triomphe la foi est émouvant. Sa conviction est sans faille, sa volonté ne faiblit jamais : le salut se trouve dans une vie d'ermite, d'auto exclusion et de prières, c'est la seule rédemption possible pour le corps et l'âme. Elle ne dévie, elle s'accroche consciente des risques…c'est la volonté de Dieu. Autour d'elle se crée un élan de solidarité sincère et c'est tout simplement beau et magnifique. Et dire que j'avais hésité à le lire ! Merci à Vassili Peskov de nous livrer, dans un style fluide, ce récit avec beaucoup de pudeur, d'humanisme et de respect.
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joedi
  09 juin 2015
Une histoire vraie qui pourrait passer pour improbable et pourtant elle se déroule en Russie ces dernières années. La famille Lykov vit dans un ermitage situé dans la taïga. Les parents Lykov ont emmené leurs enfants loin du "siècle" qu'ils rejettent dont : la nourriture, les coutumes, le pouvoir, la négation des lois, des papiers ... ils ont décidé de vivre dans la prière loin de toute habitation. Ils déboisent pour construire leur isba et cultiver les pommes de terre, base de leur alimentation. Tout ce qui vient de l'extérieur est péché ! Lorsqu'un camp de géologue vient s'installer, la famille se compose du père, de deux fils et de deux filles, la mère est décédée. Tout en gardant certaines distances, la famille Lykov va accepter quelques "cadeaux" s'ils répondent à leurs conditions, pas d'emballage carton ou papier, les céréales seront dans un sac de tissu ... Vassili Peskov raconte la vie des Lykov ; à la fin de ce récit, il ne reste que la fille cadette, Agafia qui approche la cinquantaine. Un magnifique témoignage sur les conséquences du schisme sur une famille russe qui décide de s'installer dans l'Abakan et d'y vivre en ermite. À lire ! Vassili Peskov a écrit une suite : Des nouvelles d'Agafia, ermite dans la taïga.
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Ziliz
  29 mars 2012
Suite à un schisme religieux, une communauté dite 'de vieux croyants' a été persécutée en Russie dès le XVIIe siècle et de nouveau dans les années 1930. Des familles réussirent à s'enfuir avant d'être massacrées, et se cachèrent dans des lieux peu accessibles, comme la Sibérie.

Ce fut le cas des Lykov, "découverts" par hasard par des géologues, en pleine Taïga à la fin des années 1970, puis régulièrement visités depuis, notamment une fois par an en présence d'un journaliste. Ses chroniques de leur vie d'ermites parurent initialement dans un journal puis furent regroupées dans cet ouvrage, illustré de quelques photos.

Vassili Peskov a réussi à rendre ce témoignage à la fois fascinant, étonnant et émouvant. Fascinante cette capacité à vivre en autarcie à six personnes, de ses propres récoltes, de la cueillette et de la chasse, dans un environnement particulièrement hostile (climat rude, animaux sauvages). Etonnant (mais évident, à la réflexion) que ces individus en soient restés à l'état du Monde du début du XXe siècle. Surprenante également leur foi qui régente toutes leurs pratiques quotidiennes (alimentation, hygiène...). Emouvantes enfin, l'amitié et la solidarité nées entre les Lykov et leurs visiteurs, et la sympathie suscitée auprès des lecteurs du journal qui relatait leur vie.

A lire ! Vous tomberez amoureux du vieux Karp et de sa fille Agafia (cf. photo de couverture), petite femme fluette à la candeur enfantine, à la force et au courage herculéens, et particulièrement futée pour venir à bout des problèmes du quotidien.
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Epictete
  01 novembre 2017
Au XVIIème siècle en Russie, suite à un conflit religieux des milliers de « Vieux-croyants » fidèles au rite traditionnel vont soit mourir soit s'exiler dans la taïga, là où la vie est tellement dure qu'on ne risque pas trop de venir les chercher.
Ces communautés vont se constituer puis s'éclater au fil du temps et des générations et on finira par ne recenser que des familles isolées.
C'est en 1978 que des géologues en mission découvriront une famille isolée depuis quarante ans : les Lykov. Il y a le père, deux filles et deux garçons. Très vite, quand le narrateur, journaliste qui a suivi cette famille pendant plusieurs années, les rencontrera et apprendra à mieux les connaître, il ne restera que le père, Karp quatre-vingt ans et la plus jeune des filles, Agafia trente-neuf ans.
Ils vivent loin du monde moderne, refusant tout ce qui est extérieur à leur rite selon leur interprétation des textes. Ils ne se lavent pas sinon les mains s'ils ont eu un contact avec un étranger. Ils ne se soignent pas, car Dieu seul décidera du temps qu‘ils doivent passer sur terre. Ils ne vivent que de pommes de terre et de quelques légumes. Un peu de viande séchée est réservée aux fêtes religieuses.
Ce qui est exceptionnel c'est qu'il s'agit d'une sorte de documentaire relatant une histoire vraie. C'est comme un reportage sociologique et cela se lit vraiment comme un roman.
On finit par aimer ces personnes et à ne plus les observer comme des naturalistes au dessus d'un vivarium.
C'est véritablement une belle expérience que d'entrer dans ce récit.
Je ne peux que le conseiller à tous ceux qui aiment ces pays compliqués, ces destins étonnants et ces personnages déterminés, avec du caractère et beaucoup de finesse.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   24 janvier 2017
Agafia, la cadette, a déclaré soudain dans la conversation, avec une fierté patente, qu'elle savait lire. Après avoir demandé l'autorisation à son père, elle a filé dans l'isba d'où elle est revenue avec un livre lourd et bruni. L'ouvrant sur ses genoux, elle nous a lu une prière d'une voix chantante, de la manière dont elle parlait. Puis, désirant montrer que Natalia pouvait lire aussi, elle lui a posé le livre sur les genoux. Après la lecture, tout le monde a observé un temps de silence avec un air d'importance. Le fait de savoir lire, on le sentait, était hautement estimé chez ces gens-là et faisait sans doute l'objet de leur plus grande fierté.
"Et toi, sais-tu lire ?" m'a demandé Agafia. Tous les trois ont attendu ma réponse avec curiosité. J'ai répondu que je savais lire et écrire. Ce qui a quelque peu déçu le vieillard et les deux soeurs, qui tenaient sans doute la connaissance de la lecture et de l'écriture pour un don exclusif. Mais savoir c'est savoir, et les Lykov me traitaient désormais en égale.
Le vieux, toutefois, a jugé utile de me demander si j'étais femme. "Par la voix et le reste, on dirait une femme, mais l'habillement..." La réflexion nous a amusés, mes trois compagnons et moi, et ceux-là ont expliqué à Karp Ossipovitch que non seulement je savais lire et écrire, mais que j'étais aussi le chef du groupe. "Impénétrable est ton oeuvre, Seigneur !" a dit le vieil homme en se signant. Et ses filles de l'imiter.
(pages 17-18)
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Walden-88Walden-88   02 septembre 2014
La télévision. Elle est entrée chez les géologues l'an passé et l'on imagine avec quelle impatience on attendait la prochaine visite à la base du vieux et de sa fille. "Le spectacle était double, se souvient Erofeï. Pour les Lykov, c'était la télévision; pour tous les autres c'étaient les Lykov devant la télévision". Ils s'intéressaient à tout : un train qui passe, des moissonneuses-batteuses dans un champ, les gens dans la rue ("Seigneur, qu'ils sont nombreux ! Comme un nuage de moustiques !"), de grands immeubles, un navire. Le cœur d'Agafia chavira à l'image d'un cheval. "Un cheval ! Petit papa, un cheval !" Elle n'en avait jamais vu et ne les imaginait que par les récits. Le vieux fut épaté par un hydroglisseur. "Comme c'est bien ! En voilà une barque!" En voyant sur une scène un ensemble amateur de vieilles danseuses cosaques du Kouban, Karp s'indigna :"Ah ! Les pécheresses ! Voilà qu'elles dansent quand il faut prier !" Des boxeurs en lice horrifièrent Agafia. Elle se leva d'un bond et se sauva. Et comme je la comprends : torses nus, deux mastocs se tapaient dessus avec leurs poings énormes sous les regards de tous.
"C'est un péché", dirent la fille et son père de la télévision. Mais ce péché-là se révéla pour eux d'un attrait insurmontable. En visite à la base ils ne manquaient jamais de prendre place devant le poste et de le regarder.
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   26 janvier 2017
Des saisons de disette ? Oui, 1961 aura été une année terrible pour les Lykov. La neige de juin, accompagnée d'un gel assez violent, emporta toutes les cultures. Le seigle succomba à la froidure et les pommes de terre n'y survécurent que pour garnir le stock de semence. La nourriture forestière en souffrit aussi beaucoup. L'hiver avala vite les réserves de la récolte précédente. Au printemps, les Lykov mangèrent de la paille, des chaussures de cuir, la peau des skis, l'écorce et les germes des bouleaux. Des réserves de pois, ils ne gardèrent qu'un récipient de semence.
Cette année-là la mère mourut de faim. L'isba se serait vidée complètement si les récoltes suivantes avaient avorté comme les autres. Mais l'année fut bonne. La pomme de terre monta bien. Les cônes de cèdre mûrissaient aux branches. Et sur le carré des pois perça par hasard un unique épi de seigle. On le dorlota nuit et jour après avoir installé une protection spéciale contre les rongeurs.
Une fois mûr, l'épi donna dix-huit grains. Cette récolte fut enveloppée dans un chiffon sec, rangée dans un mini-seau spécial plus petit qu'une timbale, roulée dans une feuille d'écorce puis suspendue au mur. Les dix-huit grains donnèrent environ une assiette de céréales. Mais les Lykov ne firent leur première bouillie de seigle qu'à la quatrième saison.
(pages 84-85)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   24 janvier 2017
Nos offres de conserves, de thé et de pain ont été rejetées énergiquement par nos hôtes : "Ce n'est pas pour nous !" Sur un foyer de pierre disposé près de leur masure ils ont mis une marmite de pommes de terre lavées à l'eau du torrent qu'ils ont recouverte d'une plaque de pierre. Puis ils se sont mis à attendre. Avaient-ils jamais mangé du pain ? Le vieux a répondu : "J'en ai bien mangé, mais elles, non. Elles n'en ont même jamais vu."
Les filles étaient vêtues comme leur père, d'une toile à sac tissée de chanvre. (...)
La conversation marchait mal. Et la gêne n'en était pas la seule cause. Nous avions du mal à comprendre le langage des filles. Elles employaient beaucoup de mots anciens dont nous devions deviner le sens.
(page 16)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   01 février 2017
La solitude taïguéenne des Lykov fut partagée durant plusieurs années par un ours, une bête à la carrure et à l'insolence modérées. Il n'apparaissait qu'épisodiquement, piétinant, humant l'air près du garde-manger, avant de repartir. Lors de la cueillette des pommes de cèdre, l'ours suivait les ramasseurs à la trace tout en esquivant leurs regards, pour recueillir les fruits oubliés. "Nous lui laissions des pommes exprès, affamé comme il était, en quête de graisse pour l'hiver."
(page 81)
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