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Yves Gauthier (Traducteur)
EAN : 9782742705467
304 pages
Actes Sud (01/01/1999)
4.24/5   303 notes
Résumé :
Une famille de vieux-croyants démunis à l'extrême, subsistant dans une cabane misérable, en pleine taïga, coupés de la civilisation depuis... 1938 : telle est l'incroyable réalité décrite par Vassili Peskov, qui raconte ici avec passion et minutie l'aventure des ermites de notre temps, puis les vains efforts de la plus jeune d'entre eux, Agafia, pour se réadapter au monde.
Nouvelle version du mythe de Robinson, manuel de survie dans la taïga, histoire de femm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
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CasusBelli
  07 février 2022
Pendant l'été 1978, dans les montagnes du Khakaze, un pilote d'hélicoptère approvisionnant un camp de géologues installé depuis peu, aperçoit dans la forêt une cabane et un potager, ce qui l'étonne car nous sommes à plus de 250 kms de toute civilisation.
Il informe les géologues qui décident alors de rendre visite à ces voisins qui vivent à une quinzaine de kilomètres et découvrent avec stupéfaction la famille Lykov qui vit "coupée" du monde depuis une trentaine d'années sans autres ressources que celles qu'ils tirent de la Taïga.
Des cinq membres de cette famille, seuls le père Lykov et sa fille Agafia seront encore en vie quand Vassili Peskov, auteur de ce livre, arrivera à l'isba des Lykov en 1982, les trois autres étaient décédés à l'automne précédent.
Vassili Peskov nous livre ici un témoignage fascinant, l'histoire d'une famille qui s'est cachée volontairement du monde pour des raisons religieuses en s'adaptant à des conditions de vie extrêmes.
Luttant contre les éléments, la famine quand les ressources venaient à manquer, sans sel, une vie précaire où tomber malade peut signifier la mort. Une vie en totale autarcie coupée de toutes relations sociales et rythmée par une pratique religieuse d'un autre temps.
Ce livre qui a des allures de documentaire est très intelligemment structuré et va nous permettre de connaître progressivement cette famille hors norme avec une chronologie qui nous fera passer de la stupeur à la fascination. Ce témoignage s'étale sur une dizaine d'années et rend compte de l'évolution des rapports entre deux mondes qui ont tant de questions à se poser tout en gardant malgré tout une certaine distance.
Le style est agréable et l'auteur a su en alternant observations et dialogues rendre ce récit captivant et souvent émouvant.
Une lecture qui m'a beaucoup apporté en plus de me faire voyager.
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carre
  16 novembre 2014
Voilà un livre pour lequel je ne regrette pas d'avoir fait mon curieux.
Lorsque qu'une expédition géologique découvre ces ermites en pleine Taïga, tout d'abord incrédule, un formidable élan d'empathie va naitre entre ces autochtones coupés du monde depuis des décennies et leurs visiteurs. Car la famille Lykov avec à sa tête le vieux Karp Ossipovitch est une incroyable et enrichissante rencontre.
A l'image aussi d'Agafia, dernière enfant de la fratrie, magnifique femme courage, force à elle seule le respect. Une leçon de vie. Il n'y a jamais aucune rancoeur, aucun regret dans ces destins inimaginables. Cette ode à la tolérance, aux respects du temps, des saisons, des autres aussi, fait un bien fou.
Allez à la découverte des Lykov, le voyage vaut largement le détour.
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ninamarijo
  02 novembre 2014
Je ferme le livre à l'instant, à la fois fascinée, interdite et intriguée devant une telle force de caractère, une telle force de la foi, une telle constance dans la ligne de vie toujours guidée par la conviction que le salut est dans le renoncement aux biens matériels ! Ce destin exceptionnel d'Agafia car c'est bien elle l'héroïne, où triomphe la foi est émouvant. Sa conviction est sans faille, sa volonté ne faiblit jamais : le salut se trouve dans une vie d'ermite, d'auto exclusion et de prières, c'est la seule rédemption possible pour le corps et l'âme. Elle ne dévie, elle s'accroche consciente des risques…c'est la volonté de Dieu. Autour d'elle se crée un élan de solidarité sincère et c'est tout simplement beau et magnifique. Et dire que j'avais hésité à le lire ! Merci à Vassili Peskov de nous livrer, dans un style fluide, ce récit avec beaucoup de pudeur, d'humanisme et de respect.
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thedoc
  02 décembre 2019
En 1978, une expédition de géologues découvre dans les montagnes du Khakaze, en Sibérie du Sud, une famille d'ermites, les Lykov. Au nombre de cinq – le père, ses deux fils et ses deux filles – cette famille de vieux-croyants s'est retirée et cachée du monde suite à un schisme religieux qui remonte à l'époque du tsar Alexis et de son fils Pierre. Depuis 35 ans, le temps s'est arrêté pour ces individus qui vivent dans un mélange de préhistoire et de Russie d'avant Pierre le Grand. En 1982, intrigué par leur histoire, le journaliste Vassili Peskov se rend dans la taïga. Avec affection et minutie, il va nous décrire cette incroyable aventure humaine.
Vassili Peskov nous livre ici un récit hors du commun. Imaginez vivre en pleine taïga sibérienne, avec uniquement des vêtements en chanvre, des chaussures en écorce de bouleau et du feu allumé avec du silex. En été - des animaux sauvages et dangereux, et en hiver - le gel et des tas de neige infranchissables. Aucune trace de civilisation à moins de 250 kilomètres à la ronde.
L'histoire des Lykov – que je ne connaissais pas pour ma part – a fait le tour du monde. La découverte de ces vieux-croyants, emplis de ferveur religieuse et vivant dans des conditions qui datent d'une époque révolue, a soulevé une grande curiosité et fait l'objet de ce livre qui rassemble les reportages de Vassili Peskov sur presque une dizaine d'années.
Au fil de ses visites, le journaliste est devenu progressivement un ami et un protecteur du père Karp Ossipovitch et de sa fille Agafia, leur apportant médicaments et vêtements. le récit chronologique, parfois monotone car évidemment répétitif d'une année sur l'autre, nous révèle une rencontre avec des êtres à la Foi inébranlable et un face à face avec une nature belle mais impitoyable.
Les Lykov, c'est avant tout une vie placée sous le signe d'une foi ardente qui dirigera toute leur existence et où les « interdits » (parfois cocasses) les empêchent de retourner vivre dans le « siècle », entendez par là notre civilisation moderne. Malgré quelques évolutions au contact des hommes, Agafia, principale héroïne du récit, demeurera à jamais fidèle à sa religion.
Les Lykov, c'est aussi une vie dans la taïga, une lutte permanente pour la survie dans une contrée isolée et sauvage. Lorsque la famille est découverte en 1978, elle est au bord de l'épuisement. Ils considèrent alors l'arrivée des hommes comme un signe de Dieu : « C'était quoi notre vie ? Tous les vêtements étaient usés, on mangeait des herbes et de l'écorce, c'est affreux rien que de s'en souvenir ». Mais jamais Agafia, seule survivante de la famille, ne voudra quitter la taïga, lieu qu'elle a toujours connu et qui recueille les tombes des membres de sa famille.
Âgée aujourd'hui de 74 ans, Agafia vit seule dans la taïga depuis déjà 30 ans.
Ce récit vaut par l'histoire qu'il relate, extraordinaire. Il rend surtout hommage à une femme hors du commun, une force de la nature et une force de caractère que l'on rencontre rarement. A découvrir !
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joedi
  09 juin 2015
Une histoire vraie qui pourrait passer pour improbable et pourtant elle se déroule en Russie ces dernières années. La famille Lykov vit dans un ermitage situé dans la taïga. Les parents Lykov ont emmené leurs enfants loin du "siècle" qu'ils rejettent dont : la nourriture, les coutumes, le pouvoir, la négation des lois, des papiers ... ils ont décidé de vivre dans la prière loin de toute habitation. Ils déboisent pour construire leur isba et cultiver les pommes de terre, base de leur alimentation. Tout ce qui vient de l'extérieur est péché ! Lorsqu'un camp de géologue vient s'installer, la famille se compose du père, de deux fils et de deux filles, la mère est décédée. Tout en gardant certaines distances, la famille Lykov va accepter quelques "cadeaux" s'ils répondent à leurs conditions, pas d'emballage carton ou papier, les céréales seront dans un sac de tissu ... Vassili Peskov raconte la vie des Lykov ; à la fin de ce récit, il ne reste que la fille cadette, Agafia qui approche la cinquantaine. Un magnifique témoignage sur les conséquences du schisme sur une famille russe qui décide de s'installer dans l'Abakan et d'y vivre en ermite. À lire ! Vassili Peskov a écrit une suite : Des nouvelles d'Agafia, ermite dans la taïga.
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
Walden-88Walden-88   02 septembre 2014
La télévision. Elle est entrée chez les géologues l'an passé et l'on imagine avec quelle impatience on attendait la prochaine visite à la base du vieux et de sa fille. "Le spectacle était double, se souvient Erofeï. Pour les Lykov, c'était la télévision; pour tous les autres c'étaient les Lykov devant la télévision". Ils s'intéressaient à tout : un train qui passe, des moissonneuses-batteuses dans un champ, les gens dans la rue ("Seigneur, qu'ils sont nombreux ! Comme un nuage de moustiques !"), de grands immeubles, un navire. Le cœur d'Agafia chavira à l'image d'un cheval. "Un cheval ! Petit papa, un cheval !" Elle n'en avait jamais vu et ne les imaginait que par les récits. Le vieux fut épaté par un hydroglisseur. "Comme c'est bien ! En voilà une barque!" En voyant sur une scène un ensemble amateur de vieilles danseuses cosaques du Kouban, Karp s'indigna :"Ah ! Les pécheresses ! Voilà qu'elles dansent quand il faut prier !" Des boxeurs en lice horrifièrent Agafia. Elle se leva d'un bond et se sauva. Et comme je la comprends : torses nus, deux mastocs se tapaient dessus avec leurs poings énormes sous les regards de tous.
"C'est un péché", dirent la fille et son père de la télévision. Mais ce péché-là se révéla pour eux d'un attrait insurmontable. En visite à la base ils ne manquaient jamais de prendre place devant le poste et de le regarder.
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mylenamylena   17 février 2022
Les vieux-croyants les plus récalcitrants furent jetés dans des oubliettes, on leur coupa la langue, on les brûa vifs dans des constructions de bois. [...]
Pourquoi ce déchaînement de passions? En apparence, pour des broutilles. Dans sa volonté de renforcer la foi orthodoxe et l'Etat, le tsar Alexis et le patriarche Nikon avaient envisagé et mis en oeuvre une réforme de l'église (1653) qui reposait sur le collationnement et la correction de textes religieux. Traduits du grec à l'époque où le prince Vladimir christianisait la Russie païenne (988), ces textes avaient été dénaturés à force d'être copiés. Les traducteurs avaient compris certaines choses de travers et les copistes bâclé leur travail, des contresens avaient surgi... En six siècles et demi une foule d'inexactitudes et d'incohérences s'étaient accumulée. Aussi fut-il décidé de se tourner vers le texte source et de tout corriger.
Et ça commença! Car les incohérences étaient entrées dans es habitudes. Les corrections choquaient l'oreille et semblaient miner la foi.
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PlumesdArbresPlumesdArbres   08 janvier 2022
A notre grand étonnement, le savon et les allumettes furent rejetées : "Ça nous est défendu." Même son de cloche quand j'ouvris une boite de carton contenant des vivres apportés de Moscou. Il y avait un peu de tout, des petits gâteaux, du pain, des biscottes, du raisin sec, des dattes, du chocolat, du beurre, des conserves, du thé, du sucre, du miel, du lait concentré. Le tout fut courtoisement repoussé par deux mains levées. Seule la boite de lait concentré, tenue un moment par le vieillard hésitant, fut posée au pied de l'isba, "pour les chats"...
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OlivOliv   11 août 2019
N'y tenant plus, je sortis prendre l'air. La pleine lune trônait sur la taïga. Un silence absolu. La joue appuyée contre une serviette fraîche, je croyais vivre un rêve. Karp Ossipovitch, sorti pour uriner, me rappela à la réalité. Nous passâmes un quart d'heure à deviser sur les voyages spatiaux. Je lui demandai s'il savait que l'homme avait marché sur la Lune, qu'il y avait même roulé sur des chars. Le vieillard me dit en avoir entendu parler mais n'en pas croire un mot. La Lune n'était-elle pas un astre divin ? Qui d'autre que les dieux et les anges pouvaient s'y rendre ? Et comment pouvait-on marcher et rouler la tête en bas ?
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Walden-88Walden-88   02 septembre 2014
Comme par le passé, il y a beaucoup de choses qu'elle refuse : elle ne mange que son propre pain, pas de saucisson, ni de conserves, ni d'huile en bouteille, ni de poisson nettoyé. Pas de confitures, pas de bonbons, pas de thé, pas de sucre. Pour cette raison nous avons transvasé les flocons d'avoine dans un tissu frais et mis le miel dans un seau d'écorce. Notre "pupille" accepte les cadeaux avec gratitude - "Dieu vous garde" - mais avec dignité, sans obséquiosité. Il est très rare qu'elle réclame quelque chose.
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