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EAN : 9782958865108
254 pages
AFNIL (08/07/2023)
4.44/5   42 notes
Résumé :
Deauville, 1920. Viktor Skorpión, botaniste de renom, voue une passion exclusive et maniaque au règne végétal. Lisant dans une revue scientifique que les cheveux pourraient servir d'engrais naturel, il place ceux de sa cuisinière dans un terreau. Une étrange alchimie se met alors en place : les cheveux féminins, plantés entre des racines végétales, donnent naissance à des fleurs étonnamment semblables à la femme dont ils proviennent. Convaincu d'avoir fait une décou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
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Bonjour, aujourd'hui je vous propose de visiter une serre ; mesdames, je vous conseille de camoufler vos cheveux sous un bonnet ou un foulard (c'est plus prudent), messieurs, faites comme vous voulez…

J'espère que vous aimez les fleurs, car ici il y en a à profusion… Oh, désolée, je manque à tous mes devoirs !

J'ai oublié de vous présenter le docteur Skorpion, qui fut dans un premier temps médecin légiste, mais qui suite à sa révocation s'est reconverti dans la botanique, spécialité dans laquelle il excelle…

N'ayez crainte si vous percevez des bruits bizarres, tels que des cliquetis, le docteur a toujours un sécateur sur lui, et il ne peut s'empêcher de le manipuler dans sa poche, d'où le clic-clic que vous entendez.

Mais regardez plutôt toutes ces belles fleurs, parfois un peu étranges, mais tellement épanouies…

Bon, revenons-en au docteur Skorpion, il a lu un jour que des plants ont été améliorés grâce à des cheveux de femmes, alors il ne peut s'empêcher de tenter l'expérience avec les cheveux de Louise, sa cuisinière… Et, il obtient une plante qui ressemble à sa cuisinière, intéressant, non ? le docteur ne peut en rester là, et il va retenter l'expérience avec Rose, sa servante… Et, ça va à nouveau fonctionner…

Le docteur est quand même un peu surpris, car il semble qu'il soit le seul à percevoir la ressemblance entre la plante et la personne qui a donné ses cheveux.

Son ami, Matéo Diaz, va lui présenter Violante Pericon, jeune femme dotée de magnifiques cheveux roux… et le docteur va en rêver de cette chevelure…

Ce brave docteur va devenir obnubilé par l'association des cheveux et des plantes, et il va falloir qu'il use de nombreux subterfuges pour s'approvisionner en cheveux, et vous allez voir qu'il a de l'imagination...

Inutile de vous dire que cet homme est beaucoup plus attiré par les plantes que par les femmes…

Jessica PETER nous raconte une obsession qui commence de façon assez légère, puis ça vire au drame… Ce roman est un beau prétexte pour célébrer les femmes et montrer de manière subtile les violences qu'elles subissent… Tout le long du roman, la fleur est le miroir de la femme, il y a de nombreuses analogies. L'autrice a vraiment l'art de nous captiver, c'est beau, parfois triste ou presque effrayant et on se demande comment ça va se terminer (non, je ne dirais rien!)

Par contre, pendant quelques jours, j'ai vu mes fleurs différemment…

Bref, n'hésitez pas à mettre un pied dans la serre (ou les deux pour les plus courageux), parce que l'histoire est bien écrite, n'est pas ordinaire et se termine en apothéose… Que demander de plus ?

À lire à côté de plantes naines, les cheveux sous un foulard, en écoutant « le jardin extraordinaire » de Trénet, en mangeant des oeufs en Meurette, puis des oeufs mimosa suivis d'oeufs montés en neige accompagnés d'un thé noir. Bonne lecture !

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Deauville, 1920. C'est le temps des bains de mer, de l'Art déco, de l'absinthe et des grandes découvertes scientifiques. Depuis sa villa, le duc du Penny, également appelé Viktor Scorpion, fait des recherches botaniques peu fructueuses. Las, il lit un article qui va tout changer dans la revue Petrichor : les cheveux permettraient de mieux faire pousser les plantes. Ce document coïncide avec la rencontre marquante de l'éblouissante Violante Pericon, et ses recherches prennent alors un tournant glauque et obsessionnel...

J'ai beaucoup aimé ce premier roman de Jessica Peter, qui me l'a gentiment envoyé, ce dont je la remercie chaleureusement. J'ai été captivée par la première moitié du roman, et même si mon intérêt s'est émoussé au chapitre 7 (que j'ai trouvé trop long et sans grande plus-value pour l'ensemble), il y a une vraie maîtrise de la narration, de la construction des personnages, et du climax. On est spectateur de la folie de Viktor et de ses méandres toujours plus sournois, sans savoir qui va pouvoir l'arrêter et comment. Il se dégage aussi une grande sensualité puisque les plantes créées le sont à partir de femmes et qu'elles leur ressemblent en de nombreux aspects qui ne laissent pas insensible le chaste Viktor. J'ai aimé me plonger dans cette ambiance particulière, avec des références intertextuelles et surtout, de nombreux détails autour de la couleur qui m'ont beaucoup plu (surtout quand elles font écho à des pierres magnifiques). Mes compétences botaniques sont plus limitées et je n'ai pas toujours pu me figurer chaque fleur ou arbuste, mais cela n'est pas gênant. Évidemment, cela pose en creux, de manière directe ou métaphorique par le biais des plantes, la question de la place des femmes (domestiques ou non), de leur vulnérabilité et de leur sexualité, mais on se penche aussi sur la recherche scientifique, et jusqu'à quelles extrémités on est parfois capable d'aller au nom de la science.
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Si vous n'aimez pas les fleurs , passez votre chemin. Mais non, plongez dans ce roman qui va vous offrir un voyage dans le monde d'un Frankestein - car lui, Vicktor Scorpion me fait penser à ce dernier - , d'un personnage détestable au possible, insensible, adorateur des fleurs et qui va sombrer dans la folie.

L'histoire se déroule en 1920, à Deauville. le docteur Scorpion tombe sur un article qui fait part de l'utilisation de cheveux comme engrais. Qu'à cela ne tienne et il va tenter l'expérience sur les fleurs de sa serre, qui est immense puisque sa passion, ce sont les fleurs. Et cette expérience va aller au-delà de ses espoirs puisqu'il remarque que la fleur qui reçoit des cheveux grandit et ressemble à la dame à qui appartient les cheveux. Et il va continuer ses expériences. Il va être prêt à tout ...

Les fleurs et arbustes sont omniprésents dans ce livre, il y a beaucoup de descriptions liées à la botanique qui m'ont perdue par moment n'étant pas une grande connaissance de plantes et fleurs. Toute cette nature est ominiprésente mais bien entendu, la ou les femme(s) le sont également puisqu'elles sont liées. le côté métaphorique et aussi sexualisé est assez présent tout au long du roman, quelques passages pourraient heurter certains lecteurs.

Mais l'autrice a une plume qui mêle le poétique, avec un côté glauque, un côté fantastique et qui va aller loin dans la tête de son personnage masculin principal. Il fallait tout de même arriver à trouver un certain lexique pour que le lecture puisse imaginer certaines fleurs avec des aspects humains et de ce côté-là, c'est réussi.

C'est donc un roman fantastique avec une idée très originale de départ.
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Mettez-vous au vert avec le Collectionneur !

Une lecture incroyable et inoubliable, meilleure que celle de la revue Pétrichor, revue internationale de botanique que consulte constamment le héros Viktor Skorpión et qui est à l'origine de tous les drames ! Car celui-ci voudra suivre un mauvais conseil et s'emparer de toutes les chevelures qui passent (uniquement celles féminines car les hommes ne l'intéressent pas 😂). Les deux chevelures qu'il désire le plus sont celles de Rose, sa ravissante femme de chambre, et de Violante, une sublime femme rousse qu'il vient de rencontrer. Toutes deux sont centrales dans l'action. Ce sont même elles qui vont voler la vedette à Viktor à partir de la seconde moitié du roman 💪Elles sont fortes, intelligentes, sensibles, volontaires et mystérieuses : si vous êtes à fleur de peau 😉 vous allez tomber amoureux d'elles, elles sont merveilleuses 🥰🥰

À partir des cheveux qu'il va récolter de mille et une façons, en se passant du consentement des dames cette fois, les "femmes-fleurs" prendront vie dans la serre du Professeur et aussi sous vos yeux ! Leurs descriptions sont magnifiques, pleines de poésie et de lyrisme🌹🌿🪷

Seulement Viktor va découvrir l'étendue de son pouvoir sur ses fleurs... et sur les femmes ! ⚠️Attention spoil⚠️

Un roman fantastique ? Un thriller ? Des descriptions tout droit sorties d'un poème ? Un texte dénonçant l'objectivation de la femme ? le Collectionneur est tout cela à la fois. Ce livre est difficile à catégoriser tant il ne rentre dans aucune case prédéfinie. Il est incroyable : tentez l'expérience, vous verrez 😏
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😊 A la découverte de 😊
Le collectionneur de Jessica Peter
Auto-Edition

Skorpión ne vit que pour ses plantes qu'il entretient jalousement et qu'il croise entre elles pour créer de nouvelles espèces. Ses hybridations lui ont apporté ces dernières années notoriété et reconnaissance auprès de la communauté scientifique.
En parcourant une revue, il lit que les cheveux seraient un engrais très efficace pour les végétaux. Il décide de tenter l'expérience et utilisant ceux de sa cuisinière puis ceux de sa bonne. Dès le lendemain, les plantes ont démesurément grandi et surtout elles ressemblent à s'y méprendre à celles qui ont donné leur cheveux en guise d'engrais. Pour Skorpión, c'est l'hybridation ultime, la création de femmes-fleurs.
Mais seul lui semble remarquer la prodigieuse ressemblance entre la fleur créée et son modèle original. Ce sera son secret, son prodige.

Un homme totalement habité par sa passion et totalement indifférent à tout ce qui ne touche pas à ses précieuses plantes. Pourtant c'est un homme cultivé, sociable et qui traite avec humanité et respect ses deux employées. Mais le démon de la science qui l'habite va grossir jusqu'à prendre toute la place.
Il commencera par quelques mèches récupérées sur les brosses à cheveux, mais bientôt il subtilisera les mèches directement sur leurs propriétaires, à leur insu. Un jeu dangereux et pour lequel Skorpión va prendre de plus en plus de risques.

On est au début du vingtième siècle et le statut de la femme est dépendant de celui que l'homme lui donne : femme et mère soumise à son mari, employée soumise à son patron ou prostituée soumise aux hommes. Toujours dépendante des hommes, toujours figée dans un rôle. Malgré son ouverture d'esprit, Viktor les fige un peu plus avec ses créations mi végétales, mi femmes. Les fleurs obtenues deviennent le symbole de la pureté ou de la perdition de celle qui en est la copie. L'image de la femme vénéneuse, séductrice et manipulatrice à son apogée.

Petit à petit le roman va devenir plus sombre, plus machiavélique et virer au fantastique. le scientifique qu'est Viktor est dépassé par sa création et son ambition, plus rien ne peut le restreindre dans sa soif e découverte, même pas la morale.
La plume de l'auteur est de bout en bout assez poétique, théâtrale presque parfois, s'immisçant au plus profond des sombres pensées et divagations de son personnage.
Le tout nous offre une histoire riche, vraiment originale mais qui aurait pu être un peu raccourcie selon moi. Certains passages sont un peu répétitifs et on y perd un peu en rythme.

📖 Retrouvez le livre par ici https://www.amazon.fr/Collectionneur-Jessica-Peter/dp/295886510X
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Puis ils traversèrent Trouville et roulèrent enfin, ou volèrent, sur les hautes falaises surplombant la mer. Le Docteur éprouvait une joie enfantine dans la vitesse, mais troublée et mêlée d’une sourde rage envers son comparse, cet être si complet et confiant qui était assis à ses côtés. Comme il eût été facile certainement de donner un mauvais coup de volant dans un virage et de faire s’écraser les lunettes à la mode contre un dur rocher. Il n’oubliait pas non plus qu’il portait sur lui ses petites pinces ; il n’aurait pu les oublier au demeurant. Elles se rappelaient à lui sans cesse, par la froideur de leurs lames, la rigidité de leurs poignées, à travers le léger tartan ; à chaque instant elles se faisaient plus prégnantes, plus pressantes, plus assassines. À tout moment elles pouvaient s’échapper de la prison du pantalon, sortir – et faire jaillir le sang de cette trop gracieuse carotide. Elles n’étaient point à leur place, elles n’étaient faites pour rester sagement immobiles au fond d’une poche. Elles se coulaient doucement le long de ses cuisses, remontaient, se lovaient contre lui, insinuantes, insistantes, suppliantes, lui sifflant à l’oreille de les saisir. Elles léchaient sa peau de leurs langues fourchues, les belles couleuvres d’argent ! Il jeta un œil vers sa poche, crut voir y briller quelque éclat d’écailles, y luire de mouvantes émeraudes. Cette lumière entrecoupée, clignotante, lui semblait l’appel d’un phare le guidant à travers la tempête, tentant de le sauver. Il observa son ennemi, le profil grec, le long nez fier, la beauté apollinienne, le buste de statue. Maintenant, elles frappaient en cadence ses chairs, comme pour l’éveiller de sa torpeur et réclamer leur tribut. Elles ne suppliaient plus ; elles commandaient, les cannibales de métal. Il vit la tête coupée de Diaz, l’hémoglobine projetée en tous sens, sur le volant, le fauteuil, le pare-brise, les petits tapis de sol… Sans doute aurait-elle inondé aussi la plage arrière du véhicule – et lui-même !
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Il pouvait découvrir un corps, les moindres parcelles de ce dernier, à distance, sans même l’avoir vu ni touché. Rien ne pouvait lui être dissimulé et lui échapper. S’il voulait savoir comment était faite la cuisse d’une femme au café, un cheveu d’elle suffisait. Son fessier ? Une mèche. Sa gorge ? Le moyen était le même. À quoi leur servait-il d’être vêtues, de porter robes, chandails, jupes, collants, corsets, gaines, culottes ? Immanquablement, s’il obtenait quelque substrat de leur crâne, il pouvait observer tout, aussi bien que si elles s’étaient trouvées nues devant lui, sur la causeuse du salon, debout près d’une cheminée ou arpentant les Planches, étalant au milieu du beau monde un sexe velu ou un cul malodorant. Il avait la connaissance, l’omniscience des corps féminins, lui, le gauche et pudique professeur de botanique. De surcroît, il savait les dupliquer. Mieux qu’un peintre naturaliste, mieux qu’un Rodin ou que le plus habile fabricant de poupées, il était un alchimiste capable de recréer la femelle matière. Il était presque aussi efficace qu’un Renault ou un Ford qui construisaient dans leurs usines des voitures à la chaîne ; le moyen de reproduction qu’il avait inventé lui offrait une sorte de moule dans lequel il pouvait disposer à sa guise les chairs, les pétrir, les copier – un moule à femmes.
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Après le dîner, le Professeur jeta un œil, qu’il voulait désintéressé, vers la serre – mais son œil ne pouvait l’être, tant le prodige était extraordinaire. Il accourut à ses nouvelles filles. La première, l’ancolie, portait par nature une marotte de fou remuant au gré du vent, au milieu des fleurs sauvages de la campagne. Sur celle-ci, les deux lobes représentaient deux petits seins naissants, qui avaient encore la souplesse de l’adolescence. Ils paraissaient trembler un peu sous son regard d’homme. Les pétales du jasmin s’étaient allongés en beaux doigts roses, dont le léger incarnat trahissait qu’ils travaillaient aux champs, copiaient longuement leurs lignes et passaient du temps sous l’eau. Ils s’assemblaient en deux mains jointes. Sur une grande feuille de palmier, dont les bordures semblaient avoir été déchirées, se dessinait désormais un profil de reine, de Cléopâtre, un nez long et majestueux.
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On le tenait pour le Gustave Eiffel de la fleur et Sacha Guitry avait dit de lui qu'il était au pistil ce que Marie Curie était à l'atome, avec moins de danger.
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