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EAN : 9781092100366
Éditeur : L'atelier Mosésu (09/03/2015)

Note moyenne : 4.52/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Gunther, jeune artiste allemand enrôlé de force au moment de la construction du camp de Ravensbrück, en devient l’illustrateur officiel, obligé de mettre son talent de dessinateur au service des autorités nazies Rien n’échappe au crayon affûté du jeune homme : l’horreur des camps, les expériences médicales, les kommandos, les mœurs des officiers, la vie, la mort. Dans ce roman noir, Stanislas Petrosky pénètre au cœur de Ravensbrück et en décrit implacablement chaque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
HannibalLectrice
  01 mai 2016
Ravensbrück mon amour où comment plonger dans l'idéologie nauséabonde qu'était celle des nazis, dans l'horreur absolue. Idéologie à laquelle mon grand-père maternel adhérait. Un sujet qui, au sein de la famille est plus que tabou, pas un seul mot n'a transpiré à ce sujet, jusqu'au jour, où, l'aieul d'un ami, nous taxe ma soeur et moi, de petites filles de SS. Stupéfaction, incrédulité, incompréhension de notre part. La vérité finit par éclater lorsque le courage me vint de questionner mon père. J'ai comme un besoin d'expier ces horreurs qui me procurent honte et dégoût pour cet être abject, que je suis fort aise de ne point avoir connu, horreurs qui ne sont pas miennes. Ce besoin irrépressible de comprendre l'incompréhensible.
Quête que j'ai commencée avec les ouvrages de Christian Bernadac, un plongeon infernal qui m'a fait sortir de ma naïve torpeur. Rude lecture quelque soit l'âge du lecteur, mais là où, Bernadac " inventorie" toutes ces innommables exactions, Petrosky donne vie à l'horreur, de simples lecteurs nous passons à victimes, que de souffrances, ne plus pouvoir respirer, ça nous prend aux tripes, ça nous les arrache, à maintes reprises de pleurer à chaudes larmes, à maintes reprises de poser le livre de le reprendre quelques jours plus tard lorsque mon coeur apaisé il fût enfin. La cruauté vue à travers les yeux d'un artiste, une histoire empreinte de poésie et d'amour, de poésie par les mots pesés, choisis, impassibles par Gunther artiste avant tout, l'art bouclier, l'art témoin. Et l'amour, celui de la vie, de la survie, de l'autre, de l'entraide, de l'espoir...
Standing ovation tout simplement.
Merci Monsieur Petrosky de m'avoir permis de faire cette contrition en forme de chronique.
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StefEleane
  17 mars 2015
Encore un livre sur la barbarie, l'atrocité. Comme beaucoup qui traitent des camps de concentration me direz-vous? Ce roman n'a pas la prétention de vous en apprendre plus ou moins, il a juste un devoir de mémoire. Comme tous, ils ont pour vocation de ne pas oublier. Alors oui, si l'on connait un peu son histoire et si on a lu un peu sur le sujet, nous connaissons la dureté des camps, les médecins fous, les gardes sadiques, mais cette lecture n'en reste pas moins oppressante car tous ces faits se rappellent à vous!
Ravensbrück mon amour est un roman de fiction dans un lieu, une époque et certains des personnages sont réels.
Ravensbrück est donc un camp de concentration qui a réellement existé situé à 80 km au nord de Berlin. il a tenu prisonnier essentiellement des femmes et des enfants (environ 132 000 ). Il fut libéré le 30 Avril 1945 par l'armée Russe.
Le titre de ce roman est assez déroutant, comment peut-on associer ce nom Ravensbrück avec le mot amour, comment dans l'horreur peut naître quelque chose de beau ?? Pour comprendre, il faut lire ce roman. Et assister à la rencontre de Gunther et d'Edna.
Gunther est un jeune homme Allemand, qui est là par la force des choses; ce n'est pas un choix. Artiste, il n'est pas assez téméraire pour agir selon son coeur. Il va trouver sa seule force dans ses capacités.
"Pour me donner le courage de supporter la vie au camp, je ne cessais de me répéter qu'un jour cela finirait, qu'un jour un autre pays s'opposerait enfin à Hitler. Bien sûr, le salut ne viendrait pas de gens comme moi, je ne ferais jamais partie des libérateurs, armes au poing. Mon rôle était tout trouvé, j'aiderai les survivantes à témoigner pour que cela n'arrive plus."
Edna est Française, juive et prisonnière. On pourrait dire pleins d'autre chose sur elle, mais elle n'est plus rien!
L'auteur vous plonge dans cette atmosphère étouffante, au point où il a fallu que je lève les yeux du lire à plusieurs reprises afin de reprendre mon souffle. J'appréhendais certains passages dès que je voyais arriver des caractères en italique qui ne présageaient rien de bon. Je tire mon chapeau à cet auteur qui du haut de ses Quarante ans (facile je suis née la même année) a su nous parler comme un rescapé.
Un magnifique roman ( c'est dingue de dire magnifique vu le thème abordé dans ce roman !) que je recommande à la lecture de tous !!!! Alors oui, vous risquez de pleurer, oui vous allez vous sentir un peu nauséeux et bizarrement tout ce qui vous entoure sera relativisé ...

Lien : http://lesciblesdunelectrice..
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nelly76
  21 janvier 2017
C'est un livre choc, un livre fort, sur un des camps d'extermination:Ravensbrück, principalement camp de femmes.Je suis agréablement surprise et étonnée, vu l'âge de l'auteur, par la densité de ce livre et sur les recherches effectuées concernant le fonctionnement de ce camp.
C'est un livre témoignage qui a fait " remonter"en moi de douloureux souvenirs.Sans " pathos", tout y est retranscris, et ce livre devrait être conseillé dans les lycées afin que le devoir de mémoire se perpétue.
Au travers la lecture de ce roman, j'ai revu mon père. Mon père, après avoir été arrêté par la police française, en possession de tracts anti-nazis, a été interné dans différentes prisons Françaises ( Blois, Poissy, Compiègne, Rouen....) et a été " parqué" dans un de ces trains de la mort direction Auschwitz. Et à la lecture de ce roman, me sont revenues des bribes d'histoire qu'il nous avait racontées.
Lorsque Gunther ( dans le livre ) artiste peintre allemand, enrôlé de force pour la construction du camp de Ravensbrück, aperçoit Edna ,à la descente du train, il a un véritable coup de foudre et pour lui épargner les horribles journées de travail, sachant qu'elle ne résistera pas, il lui dit : 《 lorsqu' on va te fouiller et te questionner sur ce que tu faisais en France, ne réponds pas étudiante, mais couturière.
Grâce à lui et à Hélène, responsable de l'atelier couture, elle survivra plus longtemps.
Lorsque mon père est arrivé à Auschwitz / Birkenau, lors de la fouille, un prisonnier allemand, communiste lui a demandé ce qu'il faisait ( mon père parlait sans trop de difficultés l'allemand ) et mon père de répondre: " lehrer ( instituteur ) " le détenu allemand lui a dit : 《 ne dis pas lehrer, dis que tu es maçon, de ce fait, il lui a sauvé la vie; mon père fut transféré à Buchenwald / Dora d'où il revint un an après pesant 39 kgs pour 1,75m.
Il y avait dans ces camps, une véritable entraide, suivant les "triangles". Les politiques étaient très organisés, il y avait des "reseaux".Mon père a eu un début de dysenterie et emmené au " revier ", c'est grâce à un médecin allemand, prisonnier, parce que communiste qu'il a pu" s' en sortir".Par deux fois, on lui a donné un oeuf dur et pour lui, c'était le " summum " dans un tel endroit, un oeuf dur! Et c'est tous ces souvenirs qui grâce à la lecture de ce livre me sont revenus en mémoire. Dire que j'ai été choquée, bouleversée, déstabilisée, comme bon nombre d'entre vous, lors de ma lecture, non, car enfant j'ai feuilleté ce gros livre sur la déportation ( que je possède toujours ) et j'ai entendu mon père qui parfois nous relatait sa vie là-bas, malgré tout, il en parlait beaucoup plus à ses élèves de C.M.1, qu'à mon frère et moi.je pense que c'était par pudeur.Son souhait le plus cher, était que l'on n'oublie pas, il disait : " nous pouvons pardonner, mais nous ne devons pa oublier", et c'est pour cela que ce livre devrait être "mis en avant " dans les écoles et pourrait susciter de très bons débats sur ce qui se passe dans le monde actuellement. UN TRÈS GRAND MERCI À STANISLAS PETROSKI POUR CE TRÈS TRÈS BON ROMAN / TÉMOIGNAGE.
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PM_Panigoni
  21 avril 2015
Ce livre je l'ai attendu dès que j'ai vu cette couverture avec ce titre intriguant et subjuguant qui se détachait : « Ravensbrück mon amour ». Comment pouvons-nous assembler dans un seul titre une telle antonymie, une telle dualité ?
Après j'ai lu le 4ème de couverture et cela m'a encore plus convaincu de le lire…ma curiosité était piquée au vif.
La Seconde Guerre Mondiale est une période de l'histoire qui m'a toujours attiré et plu. Pourquoi ? Je ne saurais dire. Une chose est cependant sure, c'est le fait que c'est l'une des périodes les plus noires de notre histoire, de l'Histoire. Écrire un roman noir dans ce contexte peut sembler facile, mais au contraire il me semble que c'est encore plus difficile de rendre noir ce qui est noir par nature, et ce sans le rendre absurde. Dans ce roman, Stanislas Petrosky y arrive à merveille.
Nous sentons la documentation maitrisée et bien construite. Chaque détail est précis, utile et servant le roman. Aucun élément n'est superflu.
Le plan et la typologie du camp sont réels, les rythmes infernaux sont corrects et je ne parle pas du Revier, l'infirmerie ou plutôt le centre expérimental barbare des nazis. Dans ce dernier point, l'auteur ne nous épargne pas. Tout est retranscrit. Toutes les expériences monstrueuses sont décrites. Mieux vaut avoir le coeur bien accroché pour certains passages.
Toute cette horreur qui est présentée, nous la voyons au travers un jeune artiste allemand, Gunther, enrôlé de force lors de la construction du camp, puis dans la surveillance du camp. Par un « heureux » hasard, il devient le « Pseudokünter », le gribouilleur du camp. Ce rôle l'endurcit en surface car il doit passer au-dessus de tout ce qu'il voit afin de pouvoir survivre, car il le sait, seul son talent de dessinateur le maintiens en vie. Il prend alors son rôle à coeur, veut se servir de son oeuvre pour relater tout ce qu'il se passe dans ce camp.
« Mon rôle était tout trouvé, j'aiderai les survivantes à témoigner pour que cela n'arrive plus. »
C'est de par cette fonction particulière que nous découvrons et tout ce qu'il s'y passe, même si nous avons plus de 70 ans de recul et que nous savons ce qu'il s'y passait, nous sommes surpris à chaque fois en même temps que Gunther.
« C'était l'un des mystères de ce camp, vous aviez beau vous attendre à une chose horrible, vous étiez toujours en dessous de la réalité. Pourtant, en tant qu'artiste, je pouvais me vanter d'être très imaginatif, mais jamais assez par rapport à la cruauté nazie. »
Le regard de Gunther.
C'est cela qui m'a le plus interpellé dans ce roman. Il voit ce qu'il se déroule, semble lucide du drame humain devant lui. Par le biais de ces dessins, tout est noir, il s'applique à rendre la cruauté telle qu'il la voit. Un peu comme dans la liste de Schindler et le fameux manteau rouge qui marque les esprits, car c'est ce qui frappe les mémoires en étant la seule touche de couleur, ici les seules notes de couleurs sont le rouge du sang et le vert et jaune de la pourriture. Ces 3 couleurs seulement agrémentent les croquis… je trouve ce symbolisme très fort.
Fort est effectivement le maitre mot de ce roman.
Le regard de Gunther est fort également.
Fort en émotion et en sensibilité.
Je me plais à penser Gunther est une facette de l'auteur dans une certaine mesure. Pour créer un personnage comme Gunther, il faut avoir cette corde-là, c'est-à-dire une sensibilité dosée avec justesse, faisant ressortir tous les sentiments possibles qu'un être puisse connaitre.
Niveau sentiments, voici comment nous pouvons expliquer le titre. Notre petit allemand arrive à trouver l'amour dans un camp de la mort. Ravensbrück est un camp de femme, ça aide un peu. Edna arrive au milieu du roman et apporte une véritable bouffée d'oxygène à Gunther, et à nous autres lecteurs par la même occasion. Edna représente l'espoir. L'espoir d'un futur possible, l'espoir de s'en sortir, l'espoir que l'amour n'est pas mort au milieu de cette barbarie.
L'humanité a toujours sa place, mais étrangement jamais chez les oppresseurs.
Je ne parlerai pas des autres personnages, car vous en saurez plus à la fin du livre où vous découvrirez que la majeure partie des nazis ont réellement existé et officié à Ravensbrück… comme quoi, comme bien souvent, la réalité dépasse de loin la fiction…
Pour finir, je dirai juste que ce roman est pour moi un coup de coeur. Ce genre d'effet est très rare chez moi, mais là je dois l'avouer…ce livre m'a terriblement plu, de par sa noirceur et son humanité, de par sa sensibilité et sa barbarie, de par le coeur de Gunther et la déraison nazie.
Tout est en opposition constante, mais l'ensemble est équilibré.
Si vous aimez le roman noir, si vous aimez la période [39-45] (ce livre est le 1er opus d'une série consacrée à cette période), si vous avez le coeur bien accroché, vous devez lire ce livre, et gardez à l'esprit que toutes ressemblances avec la réalité n'est pas totalement fortuite…
Lien : http://polar.zonelivre.fr/st..
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paulmaugendre
  13 avril 2018
Stanilas Petrosky, l'auteur, est jeune, trop jeune pour avoir connu ce camp de concentration dédié aux femmes, celles qui étaient rejetées, honnies, bannies par le nazisme, de par leur religion, leur ethnie, leurs idées politiques ou leur comportement sexuel, tout comme cela fut le cas pour les hommes.
Pourtant il nous entraîne dans ce coeur inhumain de Ravensbrück comme s'il y avait vécu, mais en tant qu'observateur, car on ne peut pas rester insensible devant les horreurs qui y ont été perpétrés, et en tant qu'artiste adoubé par les autorités militaires pour dépeindre des scènes macabres et terrifiantes.
Il se coule dans la peau de Gunther, l'auteur et son personnage ne faisant plus qu'un, et décrit avec des mots simples mais efficaces les sévices et brutalités encourus par ceux et celles qui ont vécu dans cet enfer.

Né en 1918, Gunther Frazentich a soixante-dix sept ans et ,atteint d'un cancer, il sait qu'il n'en n'a plus pour longtemps. Il se remémore sa jeunesse puis ses longues années passées au camp de Ravensbrück.
Tout jeune, Gunther a été attiré par le dessin, qu'il pratique en autodidacte. Au grand désespoir de ses parents, au lieu d'aider à la ferme, il préfère s'installer dans la nature et se consacrer à mettre sur des feuilles ses impressions d'artiste en herbe. Il a vingt ans lorsque les nazis entreprennent la construction d'un camp près du lac où il habite. Son père le considérant comme une bouche inutile le donne à l'armée, et Gunther se retrouve à trimer sur un chantier qui deviendra le camp de Ravensbrück.
Les conditions sont dures, le travail est difficile, surtout pour quelqu'un qui préfère user d'un crayon que de la pelle.
Le commandant du camp, l'Hauptsturmfuher Koegel, est assisté d'officiers militaires féminins. Il en comprend la raison lorsque le 15 mai 1939, débarquent plus de huit-cents femmes en provenance du camp de concentration de Lichtenburg. Puis d'autres convois arrivent, et Gunther et ses compagnons doivent raser le crâne des prisonnières. Il assiste impuissant aux exactions commises sur les détenues. Il parvient à dégotter un crayon et un carnet et il commence à croquer ce qu'il voit, ce qui lui sert d'exutoire. Un jour la chef des gardiennes le surprend alors qu'il dessine les regards plein de désarroi et de détresse de ces pauvres prisonnières.
A son grand étonnement, elle apprécie ses dessins, et il est bombardé dessinateur officiel du camp, obligé d'être présent et représenter des scènes quasi insoutenables. Par exemple lorsque le chirurgien du camp dissèque des membres sur des prisonnières vivantes non anesthésiées.
Les mois passent. Gunther reste le même qu'à ses débuts, il n'est pas converti au nazisme, et ce qu'il dessine au contraire l'éloigne encore plus de ce régime tortionnaire.
Jouer un rôle, porter un masque, je ne pouvais pas faire autrement, question de survie. Pourtant vingt-cinq ans était un bon âge pour se révolter, mais cela m'était impossible, même avec la plus forte des convictions. Je n'avais aucune chance de m'en sortir face à ces déments en armes, alors je ne disais et ne faisais rien, mais je restais intérieurement le même, un opposant farouche à leurs idées, penchant du côté des opprimés et non de celui des bourreaux.

D'autres travaux sont entrepris, un four va être construit, et il cache dans un recoin de briques réfractaires une caisse contenant ses dessins, ceux qu'il a fait en double, à l'insu des SS et des soldats, tous plus virulents les uns que les autres, par idéologie ou par peur de se retrouver eux-aussi prisonniers. Car d'autres convois arrivent en permanence. Même des gamines, des Tsiganes, des Juifs, des sous-races comme définis par Hitler, des lesbiennes, des communistes, des droits communs, un mélange distingué par la couleur des insignes accrochés à leurs vêtements.
Un jour il participe à l'arrivée d'un nouveau convoi ferroviaire, une femme en descend et elle lui sourit. Aussitôt il tombe amoureux d'elle et il essaie de lui démontrer qu'il n'est pas comme les autres, qu'il n'est pas un soldat malgré la défroque dont il affublé, qu'il est du côté des détenus. Grâce à quelques relations qu'il s'est faites, il parvient à la placer comme couturière, alors qu'elle n'a jamais cousu un bouton de sa jeune vie.

Les tortures, les exactions, les supplices, les expériences chirurgicales diverses, les stérilisations féminines pratiquées même sur des gamines, les coups de schlague, les humiliations, les dégradations, les exécutions s'intensifient, surtout lorsque des rumeurs font état d'avancées de troupes russes.
Un livre âpre, rude, poignant, délivrant des images qui s'imprègnent dans l'esprit, comme si le romancier s'était mué en graveur sur cerveau.
Gunther Frazentich décrit ce camp de la mort au jour le jour, souvent écoeuré de ce qu'il voit, dessinant encore et encore. Il a confié ses souvenirs à Stanislas Pétrosky qui les relate fidèlement, sans rien changer, sans minimiser ces années d'horreur. Il les restitue en son âme et conscience afin de montrer les effets néfastes d'une guerre déclenchée et entretenue par une idéologie inhumaine. Transmettre aux générations futures un tel témoignage sur le nazisme est faire oeuvre pie, et malgré les déclarations répétées encore dernièrement d'un président d'honneur, d'horreur, il ne s'agit de détails dans un conflit. Les militants de ce parti Effet Haine devraient lire cet ouvrage afin de se rendre compte à quoi les entraînent ces idées idéologiques délétères.
Mais je doute de l'efficacité d'une telle démarche en constatant l'esprit obtus dont ils font preuve.

Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
nelly76nelly76   20 janvier 2017
Elle avait raison, Simonne, je buvais trop.
Maintenant, j'ai arrêté pour de bon, plus une goutte d'alcool, mais c'est trop tard, j'ai développé un cancer du foie.Je suis plus jaune qu'un canari, j'ai des douleurs horribles, le ventre qui se remplit d'eau
....Une fois par semaine, on me fait une ponction, ça va mieux pendant deux , trois jours, puis je regonfle.
Je sais que c'est la fin, je vais crever.Simonne avait raison, j'ai voulu me taire, oublier, mais il fallait que ça sorte, et voilà comment c'est sorti: un cancer qui me ronge.Ça a pris vingt ans.
Pauvre Simonne, elle s' est tuée par amour pour moi, moi qui ai porté le deuil d'une femme que j'ai si peu connue.Quand les gendarmes sont répartis, j'ai relu la lettre plusieurs fois, et comme un con, je me suis rendu compte que je l'aimais , elle aussi, ma Simonne. Si j 'avais été un peu plus attentif à elle , moins égoïste, nous aurions pu être heureux.
Je ne sais pas ce qu'est devenue Lucienne, mais si elle est encore de ce monde, j'espère que les démons du 《 pont aux corbeaux》 l'ont lâchée.
Ravensbrück. ...On avait toutes les chances d'y mourir sur place, mais si par miracle on en réchappait
on en claquait quand même des années après. Ce que nous avons vécu laisse à l'âme des blessures ouvertes dont on ne cicatrise jamais.
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nelly76nelly76   19 janvier 2017
Je m'appelle Gunther Frazentich. Je suis un vieillard de soixante- dix - sept ans . vieillard, parce que suis
rongé par un cancer qui va finir par m'emporter.Je me sens de plus en plus faible. Le médecin ne me répond pas lorsque je lui demande combien de temps il me reste à vivre, non pas qu'il ne possède pas la réponse, mais il ne veut pas me dire à quel point cette échéance est brève. Je ne suis pas si âgé, c'est juste la maladie qui a usé mon corps prématurément.
Mais avant de partir vers d'autres horizons, et puisque j'ai encore un peu de vie en moi et que ma mémoire ne me fait pas défaut, je veux vous raconter une histoire, la mienne.Je ne suis pas narcissique
non, c'est juste que j'ai envie de partir plus sereinement, plus léger, et j'ai surtout envie de vous remettre en mémoire ce qui s' est passé il n'y a pas si longtemps.
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StefEleaneStefEleane   15 mars 2015
Pour me donner le courage de supporter la vie au camp, je ne cessais de me répéter qu'un jour cela finirait, qu'un jour un autre pays s'opposerait enfin à Hitler. Bien sûr, le salut ne viendrait pas de gens comme moi, je ne ferais jamais partie des libérateurs, armes au poing. Mon rôle était tout trouvé, j'aiderai les survivantes à témoigner pour que cela n'arrive plus.
Commenter  J’apprécie          110
LeilaReLeilaRe   19 mars 2015
« J’y allais à reculons et une fois de plus, je m’attendais au pire. Mais ce que j’y vis était au-delà. C’était l’un des mystères de ce camp, vous aviez beau vous attendre à une chose horrible, vous étiez toujours en dessous de la réalité. Pourtant, en tant qu’artiste, je pouvais me vanter d’être très imaginatif, mais jamais assez par rapport à la cruauté nazie. »
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CaroetseslivresCaroetseslivres   18 juin 2015
J'avais aussi très envie de dessiner son acte de bravoure afin que l'on sache que,si d'un côté certains donnaient la mort, d'un autre côté , il y avait des gens qui se battaient pour sauver des vies au péril de la leur.
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