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ISBN : 2253009431
Éditeur : Le Livre de Poche (18/04/2018)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Comme d’habitude est la lettre d’amour d’une mère, Cécile, à son fils de 22 ans, Antoine, qui lui raconte ce qu’a été leur vie à tous les deux, depuis leurs débuts. Cette petite enfance incompréhensible où Cécile savait que quelque chose n’allait pas et ne parvenait pas à se faire entendre, ce jour où les mots « troubles autistiques » ont été posés par un médecin, enfin, et puis la vie d’après le diagnostic, les erreurs, les joies, les colères, les fous-rires. Cécil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Aryia
  25 mars 2018
En ce jour de la Saint-Valentin, j'ai décidé de vous parler d'une lettre d'amour - pour rester dans la thématique - un peu particulière - parce que les romances et moi ne nous entendons pas particulièrement. En effet, Comme d'habitude, avant d'être un témoignage - rôle qu'il joue cependant à merveille - est une lettre d'amour d'une maman à son fils autiste. C'est d'ailleurs ceci qui m'a fait choisir cet ouvrage parmi les dizaines et dizaines d'autres témoignages de parents qui siégeaient sur les étagères de la bibliothèque. Ajoutez à cela que le titre et la couverture m'avaient déjà fait de l'oeil lors d'une précédente Masse Critique Babelio (mais je n'avais pas été retenue …), et vous comprendrez pourquoi je me suis laissée tenter par un énième témoignage de maman d'enfant autiste (à savoir : ce n'est pas le dernier que vous allez croiser, toutefois !).
Cécile Pivot s'adresse donc à son fils, Antoine, âgé de 22 ans à l'heure où elle écrit ces quelques deux-cent pages. Elle lui raconte ses premiers mois, ces longs et difficiles et éprouvants premiers mois, lui qui était un bébé pleurant sans cesse, régurgitant sans cesse, dormant à peine. Elle lui raconte son enfance, les difficultés croissantes de scolarisation, les nombreux passages aux urgences pour des situations toujours plus improbables - et qui pourraient être comiques dans un dessin animé mais pas dans la vraie vie de parents débordés -, l'écart de plus en plus important qui se creuse entre lui et les autres enfants de son âge … Elle lui raconte comment il a fini par être diagnostiqué, les conséquences de ce diagnostic sur la vie familiale … Elle lui raconte ses efforts, permanents, pour être une « bonne mère » en dépit de la fatigue, du ras-le-bol, du découragement. Elle lui dit à quel point elle l'aime, à quel point elle s'inquiète pour lui, à quel point elle veut le voir heureux … Elle lui écrit ce livre, cette lettre d'amour, qu'il ne lira probablement jamais.
La quatrième de couverture promet « un livre vibrant d'émotion » : je ne peux que donner raison à cette invitation de lecture. Cécile Pivot raconte tout, avec sobriété mais surtout avec honnêteté : elle n'enjolive rien, elle n'omet rien. Elle admet bien volontiers ses erreurs, cassant ainsi le mythe bien connu de la « super-maman d'enfant autiste, forte et optimiste face à toutes les situations, qui par son lien fusionnel avec le petit sauvageon parvient à faire exactement ce qui est bon pour lui sans jamais se tromper ». Elle fait également part de ses nombreuses phases de découragement, de doute, de désespoir, d'inquiétude. Elle porte sa culpabilité comme un étendard, elle demande régulièrement pardon à Antoine pour ses maladresses, mais aussi sa négligence, pour toutes les fois où elle l'a consciemment et volontairement poussé à dépasser ses limites en dépit de l'angoisse que cela faisait naitre chez lui … Ce livre est un concentré d'émotions brutes, Cécile Pivot déverse sur le papier toutes ces années de silence, de faux sourires, de crainte … C'est tellement fort qu'on devine presque à quels moments elle pleurait face à son écran d'ordinateur, à quels moments un petit sourire attendri accompagnait son travail d'écriture … On ne peut pas rester insensible face à cet ouvrage.
Ouvrage qui, donc, ne se contente pas de décrire l'enfance d'Antoine, ne s'arrête pas à la seule évocation des troubles autistiques. Sont également évoqués les nombreux établissements, scolaires comme spécialisés, qui ont accueillis Antoine, les différentes nounous, plus ou moins compétentes, qui se sont succédées chez eux … Mais aussi les conséquences du handicap d'Antoine dans la dynamique familiale : père qui nie le diagnostic et finit par s'éloigner lorsque celui-ci s'imposera brutalement à lui, petite soeur qui contrebalance inconsciemment le retard de son frère en grandissant trop vite, grand-mère qui décide de ne pas s'arrêter à ce diagnostic et agir comme si de rien n'était pour laisser Antoine vivre sa vie, tout simplement … Cécile Pivot parle également des réactions de son entourage, tantôt attentif, bienveillant et réceptif, tantôt indifférent voire méprisant. Et surtout, elle se questionne : comment Antoine fera-t-il quand elle ne sera plus là pour lui ? Comment parviendra-t-il à vivre, seul, dans ce monde qui n'est pas adapté à lui, si elle n'est plus là pour le guider ? Et comment feront toutes ces personnes avec autisme, le jour où elles seront livrées à elles-mêmes ? Elle s'interroge sur notre société et sa capacité à accueillir et à s'occuper de ces personnes différentes … Questions en suspens que le lecteur est invité à faire siennes.
En bref, vous l'aurez compris, cet ouvrage m'a énormément touchée. Bien plus qu'un simple témoignage sur l'autisme, ce livre se fait le reflet de l'amour qui unit Cécile Pivot et son fils. Cet amour, il est présent de la toute première à la toute dernière phrase, il est le fil rouge de ce récit : l'auteur ne raconte pas l'enfance, puis l'adolescence, puis l'entrée dans l'âge adulte d'Antoine selon un ordre chronologique, mais multiplie les anecdotes, les rapprochements de situations … Et pourtant, pas moyen de s'y perdre, on reconstitue très facilement le puzzle formé par ces dizaines et dizaines de pièces que représentent ces chapitres éparpillés. Ce livre m'a vraiment bouleversée, par sa simplicité peut-être, par sa sincérité également. Cécile Pivot ne parle pas de son fils, elle lui parle, et voilà ce qui fait toute la différence : derrière chaque phrase, un amour immense et une tendresse incroyable se cachent, et c'est juste terriblement émouvant. Un très beau livre, vraiment !
Lien : https://lesmotsetaientlivres..
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prune42
  29 mai 2017
Antoine est né le 10 mai 1994. Très vite, à sa naissance, ses parents détectent que quelque chose ne va pas : il dort et mange très peu, vomit sans arrêt... Mais les médecins se montrent rassurants et ne cherchent pas plus loin. Ce n'est qu'à 5 ans qu'Antoine est diagnostiqué comme porteur de troubles du spectre autistique. Dès lors, tout d'éclaire, comme le fait qu'il porte tout à la bouche, et ceci même au delà de la petite enfance, son besoin d'immuabilité, ses questions innombrables sur les temps de trajet et les moyens de se rendre d'un endroit à l'autre, son insensibilité à la douleur... Quant à Cécile, sa mère, elle se pose des questions sur les causes de l'autisme de son fils mais elle sait qu'aussi fort qu'elle l'aime et autant elle fait tout pour lui, autant elle ne doit pas renoncer à elle, à sa vie professionnelle, déjà que sa vie de couple a été brisé par le handicap d'Antoine.
J'ai découvert ce témoignage récent d'une maman sur son fils autiste dans les rayons d'une librairie et touchée moi-même dans mon entourage par ce handicap que je connais bien, j'ai été intéressée par ce livre. J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le début de l'histoire car les chapitres ne sont pas chronologiques mais sont plus des morceaux épars d'une vie mais ensuite, je me suis laissée porter par les différents moments racontés, reconnaissant des similitudes entre ce qu'écrit Cécile Pivot et ce que je connais et vis ou a vécu. Certains passages sont poignants, j'ai d'ailleurs relevé d'assez nombreux passages que j'ai trouvés beaux ou riches de sens. Les questions que se pose la maman d'Antoine à la fin de son témoignage sonnent justes, cette angoisse quant à l'avenir de nos enfants handicapés une fois adultes, nous l'avons tous en nous sans forcément avoir les réponses.
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FleurDuBien
  07 février 2017
C'est un beau livre que celui-là.
C'est une longue lettre qu'adresse Cécile à son fils autiste, Antoine. Cette stylistique est particulière, car elle le tutoie.
C'est cela qui m'a plu, ce style libre et aérien, et ce "tu".
J'ai été un peu désarçonnée quand l'auteure nous explique qu'une des nounous d'Antoine le frappe, claques et fessées. Quand elle s'en aperçoit, il lui reste deux mois encore à travailler, et trouver une nourrice n'est pas chose aisée, surtout pour s'occuper d'un autiste. du coup, elle le laisse les deux mois chez cette saleté de nourrice, sachant très bien ce qui allait se passer...
De plus, il m'a semblé que la mère d'Antoine se culpabilise à outrance parfois, elle est devenue autre, un monstre de culpabilité. C'est devenu une autre nature. Mais je pense que c'est normal et logique.
De temps en temps, surtout au début, on n'échappe pas à quelques poncifs sur l'autisme.
Ce qui est touchant, c'est la petite soeur d'Antoine, qui se fait toute petite, sage et empathique, afin de ne pas rajouter de l'angoisse à ses parents.
Je n'ai aimé que moyennement ce livre, trop de lieux communs, je n'ai pas été touchée par la grâce.
Mais à lire tout de même, un exposé intéressant sur les troubles autistiques.
Merci à Babelio de m'avoir adressé Comme d'habitude de Cécile Pivot, ainsi que les éditions Calmann Lévy. Grâce à eux, j'ai pu connaître ce beau texte.
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Annabelle31
  30 janvier 2017
Merci aux Editions Calman Levy et à Babelio, qui m'ont permis, via l'opération Masse Critique, de recevoir et découvrir "Comme d'habitude" de Cécile Pivot, récit d'une maman sur son enfant souffrant de troubles autistiques.
Je ressorts de cette lecture totalement bouleversée, j'ai été émue aux larmes par ce témoignage poignant d'une relation mère-fils, ce concentré d'Amour d'une maman pour celui qu'elle porte depuis toujours à bout de bras, à bout de coeur devrais-je dire.
Leur parcours à tous les deux, leur isolement face à la peur, voir au rejet de notre société pour tout ce qui est différent, fait que leur relation est une succession de preuves d'amour.
S'il est des livres qui aident les mentalités à changer,alors "Comme d'habitude" est l'un de ceux-là, incontestablement.
A lire et à relire.
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myriampele
  26 mars 2017
Ce livre est le témoignage d'une femme dont le fils, Antoine, souffre de troubles autistiques. Avec beaucoup d'humilité, beaucoup de doutes, elle ne parle pas de lui, non, elle LUI parle et à travers ce monologue maternel, nous sommes concernés par cette douleur, par cette tendresse, par cette histoire.
Il ne guérira pas, Antoine, mais sa mère en écrivant aura probablement pu trouver les moyens de vivre auprès de lui sans se culpabiliser.
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critiques presse (1)
Lexpress   13 février 2017
Avec émotion, humour, ou dans une démarche plus revendicative, des parents d'enfants autistes témoignent.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
prune42prune42   28 mai 2017
Tu m'as poussée à rire de tout pour ne pas tomber, à pleurer pour n'importe quoi parce que tu es comme tu es, à me foutre définitivement de ce que l'on peut penser de moi, à être forte, pour toi, quand on ne m'attendait pas là.
Tu m'as soufflé que tu aurais bien aimé nous rejoindre, mais que tu en étais empêché.
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Annabelle31Annabelle31   30 janvier 2017
Un enfant handicapé paie bien plus cher qu'un autre les erreurs et manquements de ses parents ou des adultes qui l'entourent. Une faute de parcours et il lui faudra des années pour s'en remettre. Sa fragilité aura repris le dessus, la confiance en soi, acquise si difficilement et lentement, disparu. Il aura régressé et il ne suffira pas d'un peu plus d'attention à son égard ou d'une ou deux explications de texte pour que tout rentre à nouveau dans l'ordre. Le mal est fait. Et durable.
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Annabelle31Annabelle31   27 janvier 2017
Lorsque tu n'y arrives plus avec nous, que tout est trop difficile, incompréhensible, retourne dans ta citadelle pour y reprendre des forces, barricade-toi le temps nécessaire, mais reviens parmi nous. Rapproche-toi des bienveillants. Fuis les autres. Cela ne devrait pas être trop compliqué pour toi, qui détectes comme personne la moquerie ou le mépris dont tu peux être l'objet. Ne te laisse pas faire, bats-toi, fais entendre ta voix.
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Annabelle31Annabelle31   29 janvier 2017
Tu as pris conscience tout petit que tu étais différent des autres. Et puis, je ne sais pas te mentir ou faire semblant. J'ai mal et toi, tu as honte de ce que tu ne peux accomplir. Tu lis à chaque fois sur mon visage, avant n'importe qui, ma peine, mes inquiétudes, et alors, tu poses tes mains sur mes yeux, tires mes paupières vers le bas pour voir mes larmes que tu sais prêtes à couler.
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FleurDuBienFleurDuBien   04 février 2017
L'heure des premiers mots, des premiers jeux n'est pas au rendez-vous. Tes gestes sont stéréotypés. Ton regard part on ne sait où. Tu n'es pas avec nous, tu te tiens à la lisière de la vie, et ce depuis la première heure.
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