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EAN : 9782253262237
384 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (25/03/2020)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.62/5 (sur 676 notes)
Résumé :
1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa. Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (206) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  26 décembre 2018
Quel roman !! Hitler, comme beaucoup de dirigeants avait peur d'être empoisonné. Il pris quelques femmes au hasard dans la population pour que celles -ci lui servent de gouteuses.
Ces dernières ne savaient jamais si la bouchée qu'elle prenait serait la dernière ou non.
Je reconnais que c'est un côté de l'histoire que je connais peu… et je me suis aussi vite rendue compte que la vision de ce roman me semblait étrange. Tout d'abord parce que je n'ai jamais envisagé l'histoire allemande nazi sous cet aspect. Celui ou le peuple allemand, non juif, subissait aussi cette violence du dirigeant de l'Etat. Celui ou ce peuple vivant sous la peur de la gestapo et surtout celui ou tout refus de collaboré était réprimé par une violence extrême.

C'est aussi un roman qui malgré tout parle d'amour, d'amitié, de respect, de peur, d'abnégation , d'égoisme aussi.
En somme un roman avec des chapitres courts, qui semble anodin comme ça , mais qui est un roman fort.. un roman qui marque.
Un grand merci a Babelio et aux éditions Albin MIchel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          12020
Cancie
  20 janvier 2019
Rosa Sauer, née le 27 décembre 1917, dont le père était cheminot et la mère couturière, doit aller vivre seule chez ses beaux-parents, à Gross Partsch, son mari s'étant engagé dans l'armée. Ce village se situe en Prusse orientale, près du Quartier général d'Hitler, pendant la seconde guerre mondiale. Celui-ci craint qu'on veuille l'empoisonner.
En 1943, une dizaine de goûteuses vont être recrutées et Rosa ne peut rien faire d'autre que de suivre les SS venus la chercher pour l'emmener à la caserne Krausendorf, près du bunker, tester avec les autres jeunes femmes la nourriture destinée au dictateur.
J'ai beaucoup aimé ce livre, inspiré de l'histoire de Margot Wölk, beau roman historique qui mêle amour et paranoïa.
Tous les sentiments, les craintes et les doutes que ressent cette jeune allemande sont superbement décrits et analysés. J'ai découvert, avec ce roman, un pan d'histoire de la seconde guerre mondiale que j'ignorais.
Petit plus : une très belle couverture !
Commenter  J’apprécie          1146
Fandol
  15 décembre 2018
Elles sont dix, dix femmes devant une assiette, la faim au ventre mais surtout la peur nouant leurs entrailles et on leur ordonne de manger ! Elles ont été recrutées de force pour goûter les plats qui vont être servis à Hitler, à Gross-Partsch, en Prusse orientale. C'est près de ce village que se trouve Wolfsschanze, la Tanière du Loup, où le Fürher a passé plus de huit cents jours. Après une heure d'attente pour voir si aucun poison ne fait effet, celui qui met l'Europe et le monde à feu à sang, peut manger tranquille…
Rosella Postorino commence ainsi un roman découvert grâce à Babelio, un livre étonnant, prenant, passionnant, intrigant, bouleversant. Elle s'est appuyée sur le témoignage très tardif, à 95 ans, de Margot Wölk, la dernière goûteuse d'Hitler en vie. C'est elle qui lui a inspiré son personnage principal : Rosa Sauer.
Celle-ci a 26 ans, son mari, Gregor, est sur le front russe et elle a quitté Berlin sous les bombes pour se réfugier chez ses beaux-parents : « Je préférais mourir dans un endroit étrange, plutôt que dans ma ville, où je ne n'avais plus personne. »
En alternance avec les scènes de dégustation obligatoire sous la surveillance sévère des SS, Rosella Postorino m'a plongé dans la vie quotidienne du peuple allemand sous le IIIe Reich, à Berlin puis dans ce village où Rosa croyait trouver paix et sécurité. Tout au contraire, voilà « la Berlinoise », comme on l'appelle, prise dans un engrenage mêlant attirance physique, crainte et peur du pire à chaque instant.
Payée pour manger, La goûteuse d'Hitler doit s'y habituer. J'ai aussi fait connaissance avec les autres femmes qui se retrouvent régulièrement dans ce réfectoire. Des affinités se créent mais il y a la jalousie, l'hostilité et des révélations qui m'ont maintenu en haleine.
La relation de Rosa avec le lieutenant Ziegler crée un climat morbide et anxiogène. Elle est aussi attirée, intriguée par Elfriede, femme secrète et dure à qui elle voudrait se confier mais elle doit reconnaître : « Je pensai à nouveau que nous n'avions pas le droit, nous, de parler d'amour. Nous vivions une époque infirme, qui bousculait les certitudes, démembrait les familles, mutilait tout instinct de survie. »
On revient sur les années d'avant-guerre, Dachau ouvert en 1933, les Einsatzgruppen et la Shoah par balles, pour arriver aux journées caniculaires de juillet 1944 et cet attentat fomenté par Stauffenberg contre Hitler. Hélas, il n'atteint pas son but. Hitler est vivant et Rosella confie : « Je pensai à mon père, quand il disait que le nazisme avait dissous la lutte des classes dans la guerre des races. »
Dans cette façon très originale d'aborder l'histoire, Rosella Postorino est allée au fond de l'intime, dans la vie quotidienne des gens au plus près du monstre et de tous ceux qui l'ont aidé, soutenu, montrant un peuple abusé et tant de vies souillées, brisées, sacrifiées… Pourquoi ?
Au cours de ma lecture, j'ai été sensible à la tendresse et à l'émotion bien traduites par l'auteure. J'ai beaucoup aimé sa façon d'écrire sans rien occulter de la vie, mettant en avant tous les sentiments, des plus forts aux plus contradictoires.
+ Lire la suite
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Nastie92
  16 décembre 2018
Parmi les hantises récurrentes d'Hitler, il y avait la peur d'être empoisonné. Aussi, une dizaine de "goûteuses" étaient à son service, testant tous les plats, tous les ingrédients qui passaient par sa cuisine.
Ces femmes, enrôlées de force, avaient le devoir de manger, que cela leur plaise ou non. le Führer s'attablait une heure plus tard... s'il n'était rien arrivé à ses goûteuses. Celles-ci servaient littéralement de cobayes, et devaient être prêtes à mourir empoisonnées à tout instant pour préserver celui qui ravageait le monde.
Qu'une nation soit prête à sacrifier ainsi des êtres humains, qui plus est appartenant à son propre peuple, est très révélateur de l'endoctrinement massif qui avait cours à cette époque : rien n'était trop beau pour le Führer, tout lui était dû, y compris des vies humaines.
D'un côté, on pourrait se dire qu'elles en ont de la chance ces goûteuses : en ces temps de privations, elles sont royalement nourries. Mais elles paient très cher cet "avantage".
Par l'angoisse d'abord. Une angoisse permanente : celle de mourir empoisonnées. En effet, si quelqu'un s'était avisé d'introduire une quelconque substance nocive dans la nourriture du Führer, c'est elles qui auraient servi de fusibles, c'est elles qui auraient sauté, sauvegardant la vie du chancelier.
Les goûteuses mangent ainsi tous les jours à leur faim, mais la boule au ventre. Rosella Postorino nous fait très bien comprendre et ressentir leur angoisse permanente. Curieuse situation, alors que tant de monde meurt de faim, que d'avoir peur de mourir parce que l'on a mangé !
Ensuite, confinées chaque jour de longues heures dans la "Wolfsschanze", le quartier général d'Hitler en Prusse-Orientale, elles sont condamnées à vivre avec des compagnes d'infortune qu'elles n'ont pas choisies, sous la surveillance de soldats peu empathiques et pour beaucoup d'entre eux, très brutaux.
J'ai trouvé ce livre très intéressant, car il m'a fait découvrir un épisode de la seconde guerre mondiale que je ne connaissais pas du tout.
Le personnage principal est inspiré de Margot Wölk, qui a vécu deux ans au service (forcé) d'Hitler, deux ans pendant lesquels pour elle et ses compagnes, manger pouvait entraîner la mort.
Les deux premières parties du livre m'ont vraiment plu, Rosella Postorino ayant su habilement mêler la petite histoire et la grande.
Avec la troisième partie, en revanche, je suis restée sur ma faim. Je l'ai trouvée bien trop courte, et cette fin expéditive m'a laissé un goût d'inachevé. Beaucoup de blancs restent dans l'histoire de Rosa, et j'aurais aimé en savoir davantage. Mais malgré cette déception finale, La goûteuse d'Hitler est un roman très intéressant par son sujet et très agréable à lire parce que très humain.
Un grand merci à Babelio pour cette Masse critique privilégiée et aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ces épreuves non corrigées.
Pour ceux que ça intéresse, une courte vidéo présentant Margot Völk :
https://video-streaming.orange.fr/actu-politique/margot-woelk-95-ans-gouteuse-de-hitler-raconte-CNT0000019cyuA.html
+ Lire la suite
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sandrine57
  18 novembre 2019
A la mort de sa mère, Rosa Sauer fuit Berlin et les bombes pour trouver refuge chez ses beaux-parents à Gross-Partsch, en Prusse orientale. Pourtant le village n'est pas le havre de paix espéré. Pas très loin, dans les bois, se cache la Wolfsschanze, la tanière du loup, le quartier général du führer. Très vite, Rosa est recrutée, avec neuf autres villageoises, par les SS pour devenir goûteuse. Hitler a peur du poison, aussi chaque jour, les dix femmes goûtent tous les plats qui lui seront servis. Pour Rosa, qui n'a jamais adhéré aux thèses nazies, chaque bouchée est une explosion de sentiments contradictoires. En ces temps de guerre, trois repas par jour pourraient représenter une aubaine mais l'angoisse d'être empoisonnée rôde, accompagnée par la honte et l'amertume de collaborer avec un régime qu'elle abhorre. Constamment surveillées par les SS, les femmes mangent et se toisent. Rosa, ''la Berlinoise'' se distingue par son élégance et sa réserve et devient la cible de l'hostilité des autres femmes. Mais au fil du temps, elle s'intègre, développe des affinités avec certaines de ses congénères, se fait des amies. Quand Gregor, son mari, est porté disparu sur le front russe, Rosa chavire et, pour ne pas couler, se raccroche à un officier nazi.
Librement inspirée de la vie de Margot Wölk qui à l'âge de 96 ans s'est décidée à raconter son expérience de la guerre, l'histoire de Rosella Postorino aborde la seconde guerre mondiale de manière à la fois poignante et originale. A travers le destin de Rosa, on en apprend un peu plus sur le peuple allemand assujetti par un dictateur fou. Les SS, la Gestapo, autant d'outils pour brimer, effrayer, soumettre. Pour ces femmes, toute rébellion est réprimée par une violence physique qui s'ajoute à la violence psychologique suscitée par l'épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes, chaque bouchée pouvant être la dernière. Mais l'être humain est ainsi fait qu'il s'adapte à toutes les situations. Malgré l'angoisse et la brutalité, la l'amitié, la solidarité, l'amour survivent et réservent de bons moments au milieu du chaos.
Un roman magnifique. La fin, d'une tristesse infinie, le clôt merveilleusement. Un coup de coeur.
+ Lire la suite
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critiques presse (7)
LeJournaldeQuebec   15 juillet 2019
S’inspirant de la vie et de l’étrange métier de Margot Wölk, la journaliste italienne Rosella Postorino raconte de façon magistrale la vie quotidienne des Allemandes qui ont risqué leur vie pour sauver celle d’Adolf Hitler.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique   18 avril 2019
Le roman de Rosella Postorino est inspiré de l’histoire vraie de Margot Wölk. La vie de goûteuse ne fut pas une sinécure même si elles étaient payées pour simplement manger. Mais elles avaient la peur au ventre de mourir empoisonnées.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse   22 mars 2019
Portée par un rythme enlevant, La goûteuse d'Hitler incarne magnifiquement l'instinct de survie qui s'empare de l'être humain lorsqu'il se retrouve au bord du précipice, nous entraînant dans les méandres de ce que signifie réellement choisir et se résigner.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   18 mars 2019
Inspiré d’une histoire vraie, un savoureux roman historique qui a déjà remporté plusieurs prix en Italie [...] Un livre qu’on a dévoré avec plaisir, l’histoire de Rosa parlant aussi des liens très spéciaux qui s’établissaient peu à peu entre les goûteuses, la mort pouvant s’inviter à table absolument n’importe quand.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeFigaro   24 janvier 2019
Rosella Postorino signe un roman d'une puissance incomparable, quelque chose entre La Grande Bouffe et Portier de nuit.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   13 janvier 2019
Rosella Postorino […] exprime sa fascination pour un pan méconnu de l’histoire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeSoir   08 janvier 2019
La goûteuse d’Hitler a tout ce qu’il faut pour satisfaire les appétits d’histoires extravagantes.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (173) Voir plus Ajouter une citation
RoksiePonyRoksiePony   29 mai 2020
Les hommes ne sont pas égaux, la race est l'âme vue de l'extérieur : mettez votre âme dans votre bras, offrez-la au Fürher. Il ne vous la rendra pas, et vous pourrez vivre allégé de ce poids.
Commenter  J’apprécie          10
Nastie92Nastie92   03 juillet 2019
Hitler proscrivait la viande et, à la radio, incitait ses compatriotes à manger du pot-au-feu de légumes au moins une fois par semaine. Il devait penser qu'il était facile de trouver des légumes en ville pendant la guerre.Ou bien, ça ne le regardait pas : un Allemand ne meurt pas de faim ou, s'il meurt de faim, c'est un mauvais Allemand.
Commenter  J’apprécie          240
lyokolyoko   17 novembre 2018
De toute façon il (Hitler) dit aussi qu'il ne supporte pas la cruauté des abattoirs.

(le cuisinier d'Hitler expliquant pourquoi il ne mangeait pas de viande).
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Bruno_CmBruno_Cm   24 novembre 2018
Notre couple dura trois ans, puis on se sépara. Je ne comprends pas les gens qui disent : c'était fini depuis longtemps. On ne peut pas établir avec précision le moment où finit un mariage, parce que mariage finit quand les conjoints décident qu'il est fini ou au moins quand l'un des deux le décide. Le mariage est un système fluctuant, il fonctionne par vagues, il peut toujours finir et toujours recommencer, il ne suit pas un parcours linéaire, ne décrit pas des étapes logiques ; le point le plus bas d'un mariage ne détermine pas obligatoirement son terme : la veille vous étiez dans le gouffre et le lendemain vous êtes revenus au sommet sans savoir comment. Et vous ne vous souvenez pas d'une raison, d'une seule, pour laquelle vous devriez vous séparer. Ce n'est même pas une question de pour ou de contre, d'addition ou de soustraction. En fin de compte, tous les mariages sont destinés à finir, et chaque mariage aurait le droit, le devoir, de survivre.
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baradoz56baradoz56   31 juillet 2019
Le repas terminé, deux SS se sont approchés et la femme à ma gauche s’est levée.
« On ne bouge pas ! Rassieds-toi ! »
Elle s’est laissée retomber comme s’ils lui avaient donné une bourrade. Une de ses tresses roulées en macaron s’est échappée de son épingle dans un léger balancement.
« Vous n’avez pas le droit de vous lever. Vous resterez ici, à table, jusqu’à nouvel ordre. En silence. Si les plats sont empoisonnés, l’effet sera rapide. » Le SS nous a dévisagées une à une, guettant nos réactions. Personne n’a bronché. Puis il s’est adressé de nouveau à celle qui s’était levée : elle portait le Dirndl traditionnel et avait peut-être voulu manifester sa déférence. « C’est l’affaire d’une heure, rassure-toi. Dans une heure, vous serez libres.
– Ou mortes », a souligné un de leurs hommes.
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Videos de Rosella Postorino (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rosella Postorino
Extrait de "La goûteuse d'Hitler" de Rosella Postorino lu par Audrey Botbol. Editions Audiolib. Parution le 15 mai 2019 en téléchargement.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/la-gouteuse-dhitler-9782367629629
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