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EAN : 9782743648442
Éditeur : Payot et Rivages (18/09/2019)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 24 notes)
Résumé :
La jungle de Calais vient d'être démantelée et Lucille, qui avait plaqué son métier d'enseignante pour venir en aide aux migrants, se retrouve désemparée. Cherchant un "point de chute", elle arrive chez un vieux loup solitaire nommé Anatole. Ce dernier lui loue une caravane sur son terrain.
Anatole est chasseur. Il passe des heures à bricoler des oiseaux en bois destinés à servir de leurre. Il n'attrape jamais grand chose, mais rêver lui suffit. Une étrange ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  16 décembre 2019
Lucille s'est retrouvée bien désemparée après le démantèlement de la jungle de Calais. Alors bénévole et ayant claqué la porte de l'Éducation Nationale, elle croise Anatole, un drôle de bonhomme. Retraité, passant son temps à sculpter des oiseaux en bois flotté ou à bâtir une sorte de hutte mobile pour la chasse, il l'accueille volontiers chez lui. Un chez-lui constitué d'un mobil-home que lui-même occupe, une caravane dans laquelle s'installera Lucille et une baraque à frites. Un duo improbable bientôt rejoint par Loïk, par pur hasard. Ensablée non loin du terrain d'Anatole, sa voiture s'est tout simplement enflammée. Et c'est tout naturellement que le retraité lui propose la baraque à frites. Avec son passé de taulard, le jeune homme attire la méfiance de Lucille. Mais, tous les trois en marge de la société,ils vont apprendre à cohabiter...
C'est dans un espace naturel, entre Gravelines et Dunkerque, que Pascal Dessaint plante son décor. L'on y fait la connaissance de trois marginaux, de trois âmes cabossées qui vont, bon gré mal gré, cohabiter tous ensemble. Lucille, ex-institutrice qui a tout plaqué pour venir en aide aux migrants ; Anatole, un passionné de sculptures et de chasse ; Loïk, ex-taulard au caractère imprévisible. Des portraits profondément humains et justes, avec leurs failles, leurs blessures et leurs souffrances. Des portraits ancrés dans une société désoeuvrée et déchirée et au coeur d'une Nature omniprésente. Des personnages qui se remettent en question dès lors que leurs rêves de liberté s'effritent. L'auteur aborde divers thèmes tels que les douloureux rapports entre humains, la violence, la chasse, l'écologie, les migrants... Roman noir et social, à la fois sombre et vivifiant, dans lequel on croise Gabin, des libellules, des hiboux, Mamie Crevette ou encore Capdevielle. Un roman un brin nostalgique servi par une plume humaine et tendre...
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ValerieLacaille
  10 avril 2020
Soyons clairs, j'ai choisi ce roman parce qu'il se situe là où j'ai grandi. J'avais déjà entendu parler de l'auteur sans l'avoir déjà lu, et je n'avais aucune connaissance de l'intrigue.
Question description, des lieux, j'ai été ravie, plongée dans mes propres souvenirs : « Cette mer se retirait si loin parfois que l'on pensait que même en courant à perdre haleine, des heures, une journée entière, on ne pourrait jamais atteindre les vagues qui se confondaient longtemps avec les brumes de chaleur. ». Cette mer du Nord, qui se mérite à coups de longues marches dans le sable, la réserve naturelle du platier d'Oye, la Tour penchée, le cochon Noir, le café du Col Vert à Marck sont des lieux que j'ai foulés et fréquentés durant trente ans, avant de descendre en Occitanie. Quel plaisir de les retrouver sous une plume qui a su les apprécier !
Mais niveau intrigue, je suis restée sur ma faim…
Nous sommes en présence de Lucille, jeune institutrice qui vient de démissionner de l'Education nationale pour s'occuper des migrants dans la jungle de Calais. Elle vient de faire un burn- out et cherche un lieu où se réfugier ; ce sera dans une caravane que lui loue Anatole. Ce vieux monsieur ne vit que pour la chasse (il vit mal le fait de ne jamais avoir pu s'acheter une hutte), les films de Jean Gabin et les bons de réduction valables au supermarché de la ville d'à côté. C'est un bon bougre qui a le coeur sur la main. D'ailleurs, Loïk, sorti de nulle part (enfin, de « zonzon » quand même), va en profiter en venant s'installer dans le troisième « logement » de l'impasse, c'est-à-dire l'ancienne baraque à frites d'Anatole.
Les envies et les besoins des uns et des autres vont s'entrechoquer et produire de bien tristes événements, qui seront le prétexte pour l'auteur de construire une espèce de morale à cette large fable basée sur la misère sociale : « L'humanité est en train de muer en quelque chose de singulièrement détestable. »
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anniefrance
  04 novembre 2019
Un auteur trop discret , fin ornithologue, il écrit des livres "noirs écolo" dit Michel Quint. Jamais déçue, souvent émue, j'attends sa venue à Lille bientôt...il a quitté le Nord pour Toulouse. Les personnages principaux reviennent ainsi que les lieux, proches de la jungle. le vieil Anatole, chasseur de plage, vit dans un mobile home qu'il a maquillé en chalet; dans son garage il fabrique des appeaux dans le bois flotté qu'il ramasse, il y a aussi construit un abri pour la chasse aux oiseaux. Sur le terrain vague on trouve aussi une caravane que Lucille va lui louer:"j'ai vingt-six ans et je suis fatiguée de vivre"; institutrice, elle a quitté l'éducation nationale pour s'investir auprès des migrants; la destruction de la jungle l'a déstabilisée, ainsi que sa rupture avec Thibaut. Loïk est arrivé ensuite, sa voiture ayant cramé, Anatole lui propose d'occuper son ancienne baraque à frites.
Loïk prévient d'emblée qu'il n'est pas un cadeau ! mais Anatole "aurait fait confiance à un pitbull"! Pourtant Loïk prévient qu'il a tué.
Il trouve un travail: il conduit un concasseur.
Quand Lucille travaillait auprès des migrants, elle fuyait parfois la misère en se promenant dans les dunes, elle a rencontré un hibou...
Thibaut souffrait que la jungle détruise les dunes, Lucille avait attaqué: l'homme ou la nature, c'est ça?.
Il lui avait répondu qu'il y avait aussi des veaux marins et des phoques
et "pendant ce temps là de pauvres gens crevaient de désespoir"
Anatole et Lucille, un peu moins Loïk, adoraient Gabin et tous les trois citaient des phrases de ses films," il avait toujours la classe."
Anatole ne se fait pas beaucoup prier pour raconter des histoires: 40, ses différentes vies professionnelles, Mamie crevette et son explosive crémation etc.
"Ce n'était pas le monde que nous voulions, et pourtant nous y vivions, sans trop de désir mais avec une certaine volonté."
Martin, policier, amoureux de Lucille va involontairement troubler le trio; en prison Loïk a étudié puis s'est évadé, il pourrait être suspecté. Des cadavres apparaissent dans un blockhaus, dans la berge, dans la vasière...Anatole a du aider.
Beaucoup d'aventures et une fin que je n'avais pas prévue.
Cinq parties et 31 chapitres bien écrits qui nous emmènent dans des lieux peu connus avec des personnages insolites . Une réussite.

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cathulu
  28 septembre 2019
Dans un espace naturel , miraculeusement préservé, entre Dunkerque et Gravelines, trois marginaux tentent de cohabiter. le premier installé, Anatole, retraité, fabrique des oiseaux de bois flotté, supposés être des leurres destinés à la chasse.La deuxième, Lucille, institutrice en rupture avec l'Éducation Nationale, est désabusée depuis le démantèlement de la jungle de Calais où elle s'était investie auprès des migrants. Quant au dernier, Loïk, il est bien trop imprévisible pour ne pas retomber dans ses anciens travers qui l'ont déjà mené derrière les barreaux.
Même si la fraternité existe entre ces personnages qui partagent un goût certain pour Jean Gabin, on est bien loin  de l'esprit d'Ensemble c'est tout . Ici, la tension est quasi permanente et l'on sent bien, entre une tournée de moules-frites ou un concours improvisé de décorticage de crevettes, que tout peut basculer sur un malentendu car "Quand il n'y a plus rien à gagner, on peut continuer à tout perdre...".
Un roman noir, ponctué de chansons des  Rubettes et autres Mike Brant, où l'on arpente les plages du Nord, où l'on suit une chouette, où l'on découvre ce qui fait la culture populaire d'un territoire marqué par L Histoire , l'industrialisation et la crise économique. du grand Dessaint.
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MadameTapioca
  27 septembre 2019
Retrouvailles
En lisant le dernier livre de Pascal Dessaint j'ai eu l'impression d'avoir passé des années sans voir un ami, de le retrouver enfin et de me rendre compte que rien n'avait changé.
Dessaint, je l'ai découvert à ses débuts en 1999 quand il publie « du bruit sous le silence », polar dont l'action se déroule dans le monde du rugby.
J'ai suivi pendant quelques temps ses publications, jamais déçue par son écriture, et puis sans explication (sans doute parce qu'il y a tant d'auteurs à découvrir) je ne l'ai plus lu.
Dans « L'horizon qui nous manque », le nordiste devenu Toulousain situe son histoire dans un ilot de nature, entre Gravelines et Calais. C'est sur un petit bout de terrain qui a par magie échappé à l'industrialisation, à quelques encablures de la fameuse jungle de Calais, que l'on rencontre trois abîmés de la vie, habitant dans des caravanes.
Il y a Lucille, celle qui venait en aide aux migrants, totalement désorientée suite au démantèlement de la jungle et à la fin brutale de son histoire d'amour.
Il y a le vieil Anatole, chasseur solitaire, qui connait toutes les répliques de Gabin par coeur.
Il y a Loïk, celui qui a eu maille à partir avec la justice, qui chantonne tout le temps du Jean-Patrick Capdevielle.
Il y a même un flic qui lit Proust mais ça, c'est le début de la fin.
Par petites touches intimistes et sublimes l'auteur nous entraine dans un roman noir et social où il exprime sa sensibilité et ses engagements.
Comme dans mon souvenir, Pascal Dessaint ne fait pas dans le sensationnel.
C'est une histoire où il ne se passe rien de cataclysmique, rien de sordide en soi.
Tout est dans le quotidien, dans la banalité qui va virer au tragique.
Avec ses trois vies en friche, Pascal Dessaint dépeint l'humain dans toutes ses dualités, dans sa dignité et dans ses bassesses.
C'est du noir, du très beau, du très juste.
Que j'aime la voix singulière de cet écrivain...
Promis Pascal, maintenant que l'on s'est retrouvé, je ne te lâche plus.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   16 décembre 2019
Quand un gars récidive, c'est pas qu'il est plus con qu'un autre. C'est seulement qu'il est con plus souvent. Nuance.
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marina53marina53   16 décembre 2019
On a une mauvaise vue d'ensemble quand on voit les choses de trop près...
[Gabin dans Le président d'Audiard]
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ZephirineZephirine   16 décembre 2019
Un bateau qui passe, c'est toujours un rêve possible. J'ai pris entre mes doigts un gazier, un pétrolier, un porte-conteneurs et, pendant un long moment, un vieux gréement toutes voiles gonflées, une frégate peut-être. Les falaises ont semblé s'amincir, puis se diluer et se fondre dans l'horizon. Quand la nuit est complètement tombée, c'est devenu très beau. Les navires étaient tout illuminés. Il y avait moins de lumière sur la côte si bien que la mer paraissait plus vivante
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marina53marina53   17 décembre 2019
La vie m’a appris qu’il ne peut y avoir toutes les qualités en une seule personne, ni tous les défauts.
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marina53marina53   17 décembre 2019
Ce qui serait bien avant de mourir, ça serait d'être heureux, un peu, tu ne crois pas ?
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