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EAN : 9782390520481
145 pages
Le Coudrier (10/06/2023)
4.47/5   15 notes
Résumé :
"Huit récits, marqués du sceau énigmatique d’improbables alexandrins holorimes. Huit récits, à l’ombre de la figure tutélaire d’un des « fous littéraires » les plus fascinants : Raymond Roussel. Huit récits, des rizières de la plaine du Pô jusqu’à la cour itinérante de l’empereur Charles Quint.
Et l’ombre de Roussel n’est pas la seule.
Voyez : celle de Lovecraft tissée dans l’épaisseur du silence, celle – ironique et mordante – de Villiers de l’Isle-... >Voir plus
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Ce recueil de huit nouvelles est pour le moins atypique, tant par son contenu que par sa couverture. Couverture d'ailleurs dont il faut s'y prendre à deux fois pour tout distinguer, tellement elle recèle d'éléments. On ne dirait pas comme ça à première vue, figurez-vous d'ailleurs que je n'avais pas vu le serpent tout de suite, alors qu'il est au premier plan. Mais cette couverture est à l'image de son contenu, atypique donc et quelque peu étrange. Pourtant, j'ai pressenti immédiatement que la plume de Philippe Pratx me plairait beaucoup. Et je ne m'étais pas trompée : il manie les mots à merveille !

Je m'étais également préparée à une lecture exigeante, l'expression "Récits rousséliens holorimés" ne mettant pas vraiment en confiance. Elle l'est en fait bien moins que ce que j'avais imaginé. Ces huit textes furent un régal, autant que les holorimes insérées ici et là. Je ne savais d'ailleurs pas ce qu'était qu'une holorime avant d'ouvrir ce recueil, mais comme on dit chez moi : je me coucherai moins bête ce soir ! Sachez, pour ceux et celles qui, comme moi, découvrent ce terme, que des vers holorimes sont en fait des vers qui riment d'un bout à l'autre.

Exemple même de l'auteur :

« Ah ! Laurel, calamistré, s'est mis à m'user ! »
Alors ell' cala, mi-« stressée », mi-amusée

Mais ce n'est pas tout, il faut bien évidemment que ça ait un sens et surtout que ça colle à l'histoire. Philippe Pratx y arrive, à la perfection.

Mais en dehors de cette plume travaillée derrière laquelle on devine une main (et une tête) cultivée, il me faut également parler des huit nouvelles en elles-mêmes. Truffées de références en tout genre, elles nous emmènent toutes ou presque vers des destinations différentes à des époques différentes. Certaines penchent davantage vers l'étrange et le paranormal alors que d'autres se rapprochent plus de la satire ou de l'ironie, parfois c'est un mélange de tout ça. Il peut être question de spiritisme ou de mort-vivant par exemple mais toujours plantés dans des domaines réalistes ou d'actualité, politique ou sociétal, religieux ou artistique. L'auteur aborde également dans chacune de ses nouvelles des sujets plus terre à terre, comme l'amour, la mort, l'adolescence ou encore les racines culturelles par exemple.

Mélange entre l'étrange et la réalité, il n'y a pas d'autres mots que "atypique" pour qualifier ce recueil. Ajoutez à cela des jeux de mots (en plus des holorimes), une pincée d'humour et d'ironie, quelques personnages qui ont réellement existé (comme Stan Laurel ou Jean-Martin Charcot), des messages cachés (ou pas) et quelques opinions bien senties sur notre gouvernement actuel (notamment sur la gestion de la crise sanitaire par le "Monarque" de la République), on ne peut que passer un bon moment.

Avec ce recueil qui demande un minimum de concentration pour pouvoir déceler et apprécier toutes les subtilités, je me suis fort éloignée de mes lectures habituelles, ce qui ne m'a pas empêchée d'en apprécier toutes les saveurs. Je remercie Philippe Pratx pour l'envoi de son manuscrit et pour m'avoir permis cette découverte hors du commun.
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Voici le 5ème livre que je lis de Philippe Pratx, auteur qui se renouvelle perpétuellement pour nous offrir de belles curiosités. Je ne cache pas que lorsqu'il m'a proposé cet ouvrage, j'ai eu un léger moment d'angoisse. le titre me paraissait énigmatique, de même que le sous-titre et la page de couverture. Mais quelque chose dans la quatrième de couverture m'a attirée :  Lovecraft, Villiers De l'Isle-Adam, et Nerval étaient mentionnés. J'apprécie énormément ces trois auteurs et je me suis dit que la plume de Philippe ferait le reste...

Et ce fut le cas... Quel travail ! J'ai non seulement aimé ses nouvelles mais j'ai d'autant plus apprécié les références littéraires et les jeux sur les vers holorimes, étayés par le récit lui-même. Belle prouesse à la fois technique et littéraire ! Philippe, vous m'étonnerez toujours ! Un grand bravo ! Tout ceci m'a rappelé ces grands écrivains ayant appartenu à l'OULIPO (par ailleurs, l'auteur en parle à la fin de son recueil, lorsqu'il explique son travail) ou l'ayant côtoyé : Queneau, Tardieu. Nul doute qu'ils seraient fiers de voir que d'autres jouent avec la langue pour en faire quelque chose d'abouti.
Lien : https://promenadesculturelle..
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Holoï, Philippe Pratx*****
(cinq étoiles très différentes mais tout aussi étincelantes pour chacune de ses oeuvres écrites)
lecture en juin-juillet 2023
Livre défi, et moi d'ajouter sacré défi. Il m'a fouettée, enrubannée (pas pour la déco mais pour serrer mon cerveau qui a failli exploser), laissée interdite pendant des jours entiers et provoquée à sillonner, slalomer entre techniques, mondes oniriques, fantastiques, freaks au grand coeur, hurluberlus attendrissants et zombies revenus sans même pouvoir faire peur. Autant perdue dans les vers alexandrins holorimés qu'invitée à trouver les sens et les émotions que je cherchais. Comme lectrice j'étais comblée.
J'ai lu trois romans de Philippe Pratx, le soir Lilith, le Scénar et Karmina Vltima pour mon plus grand plaisir de lecture et de découverte, et à chaque fois la langue et le récit m'ont tenue en haleine, par des détours et des détournements, par un pas de côté de la ligne droite (qui est souvent idéalisée mais ne me donne pas le vertige que je cherche dans l'écriture).
Holoï fut difficile, avoue l'auteur, branle-bas de combat avec mots, rimes, phonétique, détours à contre courant, « contorsions » sans nombre, ne pas lâcher le sens, en trouver d'autres plausibles  et acceptables par notre « matière grise ».
La jonglerie purement technique et oh combien redoutable, s'est emparée de moi, en crise au désespoir, pour me gratifier finalement d'un moment de lecture réjouissant.
Huit chapitres, huit contes fantastiques ou huit holoïs, comme vous voulez, chacun une histoire venue d ‘ailleurs avec des personnages clowns tristes ou arlequins sans masque, Lilith à la beauté démoniaque et quelques agents secrets des années soixante.
J'ai commencé la lecture par la fin où Philippe Pratx nous dévoile sa technique d'écriture et aussi le travail à la fois herculéen et bénédictin, accompagné, naturellement, de doutes, d'hésitations, du plaisir du jeu et du devoir du sérieux sous le costume facétieux de l'Arlequin.
Cameraman dans l'ombre, Philippe Pratx fait glisser son objectif sur ses personnage au ralenti la plupart des fois, ou en loupe furieusement grossissante quand un éclat dans les yeux, un ride au coin de la bouche ou un rictus à la commissure des lèvres l'invitent pour un arrêt d'un long paragraphe : « Cette bordure de la partie médiane de la lèvre supérieure qu'on appelle « arc de Cupidon », juste sous le philtrum et couronnant une pulpe charnue, était chez cette jeune beauté un objet d'admiration absolue pour l'artiste, et il en ferait un des points les plus troublants de son tableau. »p.133
En lisant les holoïs, « des vers qui riment tout entiers, de la première à la dernière syllabe », Haruki Murakami me revient à l'esprit, et en particulier Kafka sur le rivage que j'ai lu récemment : personnages qui cherchent à revivre un souvenir, à trouver ou retrouver un équilibre, un sens, une lumière dans leur nuit intérieure, une source d'eau fraîche pour leur grande soif de connaissance. Sur le chemin le lecteur est accueilli par «des suites de mots souvent insanes et baroques », selon les mots de Philippe Pratx, un fil rouge caravanier, guide et lien entre les pages, les contes et leurs héros : c'est l'esprit de l'auteur, le jeu libérateur et le sens indispensable conducteur. Tout rime du début à la fin.
La fin du holoï Arlequin  est comme un nouveau départ, ou plusieurs, avec tous les adams de a à z, vers un point initial, originel, non pas vers la pomme mais vers ses pépins en rosace aux 5 carpelles.
Une invite brillante et réjouissante à quelques interrogations, chacune en appui sur une losange de l'Arlequin.
La perfection n'est pas aimable (« lovable »), et les maladresses qui s'écartent, même imperceptiblement, de la perfection, ne font que rendre encore plus précieuse la qualité imparfaite de l'oeuvre, cette recherche permanente, comme un sablier qu'on n'arrête de tourner, de mettre la barre encore plus haut, de fouiller tous les recoins de la langue , de la littérature, de l'histoire, des arts, de la création, d'une transmission qui nous lie à ceux comme nous de tous les temps.
La contrainte oulipienne que s'est donné Philippe Pratx, celle de placer à proximité l'un de l'autre les alexandrins holorimés, et non au début et à la fin du récit comme son poète d'inspiration Raymond Roussel, fut pour moi lectrice une belle musique de lecture, une contrainte technique imposée à la création, que je salue bien bas, et quelques sens surprise dans la langue des oiseaux.
La langue de Philippe Pratx est jouissance intellectuelle, sensorielle, émotionnelle , elle provoque, danse, tourbillonne, se met en funambule sur la corde raide et descend après avec un énorme éclat de rire devant les yeux des lecteurs, épatés et souvent incrédules.
Ce fut pour moi « Un comprimé effervescent » qui  « m'a sacré,
Incompris. Mais FRV-100 est massacré !»p.99
Fouillée, recherchée, exploitée, poussée dans ses retranchements les plus cachés , dosée, équilibrée, autrement dit : soigneusement maniée pour en faire une immense émotion.
La lecture de Holoï en lenteur exigée, je l'ai faite en dégustant un texte prolifique en clins d'oeil évocateurs, abondants, même surprenants, références, comparaisons, détours, tours et détournements autour du rêve et du cauchemar, sans eux où en serait le discours ?, des désirs les plus fous et des audaces périlleuses des personnages et de leur créateur, et des questions en nombre grisant profondément ancrées dans le vivant d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Adam Z. du Holoï Arlequin tente un voyage incroyable et improbable dans le passé, car « Le futur ne le tentait pas du tout. Réémerger dans un avenir lointain sur une terre ravagée par l'avidité et l'arrogance des humains ne suscitait en lui qu'angoisses et cauchemars. Un avenir plus proche ne lui inspirait pas de pensées plus positives : agonie de la nature malmenée, essayant de se défendre avec la violence du désespoir ; règne de bêtes brutes gavées de fortunes insolentes et n'ayant plus d'humain que le nom ; misère morale et souvent matérielle de hordes désolidarisées, infantilisées, robotisées, trépanées de leurs âmes, sous contrôle absolu et permanent, réduites à une fonction d'avaleurs de graisses, de décibels abrutissants, de téraoctets, d'addictions frelatées ; chaos technologique ; agonie de la culture vidée de sa substance… »p.121
Vers holorimés, travail d'arrache-pied , technique audacieuse rendue vibrante par l'indispensable élément de souffle et de chair qui respire dans toute l'oeuvre de Philippe Pratx, la citation qui suit, décrivant une héroïne de ses holoïs, me semble-t-il, lui va comme un gant : « personnalité marquée du sceau de l'exigence en toute chose, du dépassement de soi-même » p.14.
Et pour finir, un très grand Merci à Philippe pour m'avoir offert la réjouissance de cette lecture.
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En ce moment, je traverse une mauvaise passe en matière de lectures. Je mets beaucoup de temps avant de terminer un livre, même si je l'apprécie et même s'il est court. Manque de concentration ? Fatigue ? Je n'en sais rien. Toujours est-il que j'ai quelques lectures en cours (dont deux pavés) qui n'avancent pas beaucoup alors qu'elles me passionnent.

Dans un cas comme celui-là, je sais d'expérience qu'il est plus facile de se tourner vers les recueils de nouvelles, plus faciles à gérer car permettant, comme une amie lectrice québécoise me l'avait conseillé, de lire une seule nouvelle par jour avant de refermer le livre jusqu'au lendemain. L'avantage est double : on ne perd pas le fil du récit, comme se serait le cas avec un roman, et on avance enfin – certes petit à petit, mais on avance – dans une lecture en cours, ce qui fait du bien au moral.

Par conséquent, quand Philippe Pratx m'a proposé un exemplaire d'Holoï/Oλoɩ contre une critique, j'ai tout de suite accepté car il s'agit justement d'un recueil de nouvelles. Huit récits, différents mais liés entre eux, complétés d'une postface de l'auteur expliquant comment les Oλoɩ ont été écrit (clin d'oeil à Raymond Roussel dont l'oeuvre posthume « Comment j'ai écrit certains de mes livres » a servi d'inspiration à Philippe Pratx).

Huit nouvelles, donc, et entre elles, certains points communs que je me suis amusée à relever.
Il y a tout d'abord les holorimes qui, comme l'explique Philippe Pratx, doivent rimer « en entier, de la première à la dernière syllabe » (citation tirée de la postface, p. 140). Chacune des nouvelles contient des vers holorimes, qui surgissent quand le lecteur s'y attend le moins et viennent le surprendre comme le ferait un rebondissement bien placé lors de la lecture d'un thriller. Admirable prouesse technique, les holorimes d'Holoï sont à savourer : il faut les relire plusieurs fois, lentement d'abord, en se concentrant sur chaque mot, et en en découpant les syllabes, ensuite éventuellement à voix haute (sans hésiter à les déclamer au besoin) pour en apprécier la rime comme il se doit. Comme l'explique l'auteur c'est autour des holorimes que chaque nouvelle a été construite : une fois composées les rimes, il a fallu trouver un récit cohérent, qui permettent de faire le lien entre les deux lignes des vers.

Ensuite, il y a des similitudes que j'ai relevées (peut-être à tort, si c'est le cas j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas) entre certaines des nouvelles.
- La nouvelle 1 (Oλoς du Beau Lérot) et la nouvelle 8 (Oλoς d'Arlequin et de quelques autres) comprennent quelques éléments fantastiques ;
- La nouvelle 4 (Oλoς des Deux Chats) et la nouvelle 8 (encore elle) évoquent toutes deux le risque de vacuité qui s'attache au monde moderne, à la surconsommation et aux prouesses technologiques. Ce sujet est central dans la nouvelle 4 et n'est qu'évoqué dans la nouvelle 8, mais il est bien là ;
- La nouvelle 2 (Oλoς calamistré) et la nouvelle 5 (Oλoς de l'Engoulevent) parlent d'amour… ;
- La nouvelle 5 et la nouvelle 7 (Oλoς de la Maison à encorbellement) mettent en scène de jeunes héros : un adolescent, pour la première et de jeunes adultes pour la deuxième ;
- L'intrigue de la nouvelle 8 rappelle certains classiques de la science-fiction, l'atmosphère de la nouvelle 5 ravira les fans de Daphné du Maurier et d'autres auteurs passés maîtres dans le suspense psychologique et l'ambiance gothique, et la nouvelle 6 (Oλoς effervescent) est digne des romans noirs et d'espionnages du XXe siècle : James Bond ou Philippe Marlowe (le héros de Raymond Chandler) pourraient surgir au détour d'une page, sans étonner.

D'ailleurs, si vous aimez les bons jeux de mots, je vous conseille de lire la nouvelle 6 à voix haute : vous serez agréablement surpris. Et admiratifs, aussi, du travail de Philippe Pratx qui, pour ce texte, s'est imposé la double contrainte des vers holorimes et des acronymes un peu spéciaux qui constituent le nom des agents secrets.

Un autre point commun est l'art qui se retrouve dans de nombreuses nouvelles. Cinéma, peinture, et bien entendu littérature, sont présents et il est toujours passionnant d'en trouver des traces d'une page à l'autre.

Enfin, j'ai beaucoup apprécié le petit clin d'oeil au « Scénar », le roman de Philippe Pratx, que l'on retrouve dans la nouvelle 7.

Holoï est donc particulièrement agréables à lire, non seulement parce qu'ils sont admirables de technicité, mais aussi parce qu'ils fourmillent d'indices et de petites allusions à de grands classiques de la littérature. Ils gagnent (selon mon humble avis) à être lus lentement : cela permet d'en apprécier à la fois la sonorité (celle des vers holorimes et autres – voir la nouvelle 7), les références culturelles, l'humour et l'ironie (très présents). L'idéal étant sans doute de prendre le temps de les lire à haute voix. L'auteur propose d'ailleurs, sur son site Internet, de publier les pistes audios envoyées par les lecteurs qui voudraient tenter l'expérience (http://www.philippepratx.net/indexholoi.htm).

Après « Le Soir, Lilith » et « le Scénar », Philippe Pratx a donc composé une oeuvre très différente mais tout aussi fascinante. Lisez-la, et vous serez convaincus !
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Ὅλοι - Holoï, récits rousséliens holorimés – Philippe Pratx

Vous découvrirez ici huit récits, huit nouvelles parfois surnaturelles et à d'autres moments pleins de suspense. Ὅλοι veut dire « tout entier », tout en rimes et ce fût tout un défi pour notre auteur, qu'il a relevé avec brio.

** Dans le premier récit, nous faisons la rencontre de Danilo, alias « Beau Lérot », mort il y a déjà une semaine. Un mystère plane sur sa mort, mais le suspense est surtout tout autour de la fameuse nuit où tout a basculé. C'est, lors de cette notoire et obscure nuit, où une silhouette encapuchonnée profana une tombe et invoqua le cadavre de notre homme dans son costume Armani. Tout au long de notre nouvelle, nous en apprenons davantage sur la vie de « Beau Lérot » et sa voix dérangeante, son visage difforme. Nous en savons plus également en passant par l'histoire de sa mamma, de sa grand-mère ainsi que par sa rencontre avec la belle et contrôle Marie.

« Elle ne se montra pas froide. Enjouée, rieuse même, plus belle que jamais, mettant de côté sans aucune hypocrisie son orgueil habituel qui la faisait passer pour arrogante, elle se comporta avec un tact et une gentillesse irréprochables, en camarade parfaite. En amie. »

** Une deuxième histoire nous entraîne dans les Années Folles où nous apercevrons Arthur, acteur de cinéma (le mort) et Dora (la rigolote). Et comme dans un film (un instant au ralenti) se rencontreront en tombant l'un sur l'autre. LA rencontre, où d'un regard, on tombe amoureux… En tout cas, pour l'un des deux. Mais pendant que notre Arthur essaie de conquérir le coeur de sa dame, il y a une ombre qui les suit… Est-ce Betty, l'accompagnatrice de Dora? À vous de le découvrir.

« Elle ne peut que constater la confusion sur la figure de cet homme, ni beau, ni laid, qui semble perturbé, largement plus que de raison, par cet épisode insignifiant. Et puis surtout le regard d'Arthur Jefferson. le regard d'un mort d'amour. »

** Dans le troisième récit, nous apprenons la mort d'un certain professeur Charcot, très différent des autres, et nous avons un narrateur qui s'exprime à la première personne, un narrateur féminin. Elle nous parle de la maladie de sa soeur, de certains souvenirs qu'elle avait avec cette dernière ainsi que divers moments de leur enfance. Mais c'est lors d'une soirée où les esprits ont été invoqués, peut-être même avec une touche de « Sortilège » qui les ont perturbés…

« Mais il n'y avait pas d'amoureux à genoux au milieu des herbes et des fleurs, et tu te dis que tu aurais voulu savoir si c'était tant mieux, ou si c'était tant pis. »

** Dans cette nouvelle, nous faisons la rencontre de deux inséparables : Natacha et Yves. Yves et Natacha. Ils ont comme philosophie de profiter de chaque instant et, dans leur développement spirituel, savent ce qui est bien… et mal. D'abord fiancés, et après mariés, tous les deux se retrouveront dans le Domaine, un petit « paradis »… mais l'est-il vraiment?

« Tous deux – nos deux héros ! – avaient donc compris dès leur plus jeune âge ce qui est beau et qui est bon et qui est vrai. »

** Cette fois-ci, notre auteur nous entraîne dans l'histoire de Willbur Wellbeck, qui vient d'une longue lignée du même nom. Et le jeune homme est un rien maltraité par son père qui ne rêve que de le voir prendre sa relève. Et le jeune homme a une imagination débordante… jusqu'à ce qu'il la rencontre Elle. Alors, afin de la charmer, il lui écrit une lettre… Lui répondra-t-elle?

« L'instrumental à la fin de la chanson l'exaltait toujours, et cette fois il le fit pleurer à gros sanglots. Cette nuit-là, il rêva d'Elle. L'impression de Sa présence auprès de lui était si intense ! »

** Dans cette sixième nouvelle, nous tombons dans les années 60 et notre principal personnage est membre de « l'armée », des services secrets... Ne sait-on jamais. Beaucoup de mystères planent autour de sa mission. Son but est de récupérer une surprenante recette… mais était-ce seulement une recette ou plus encore? Des secrets, du mystère et du flirt sont au menu.

« Il faudrait sans doute marcher sur des oeufs le long de la corde raide, mais le jeu en valait la chandelle, selon moi… »

** Une autre histoire nous invite dans le monde de Kevi et Olivier, où ils ont tous les deux sympathisés. Alors imaginez-vous colocataires dans le temps de la pandémie… (Il fût intéressant de voir l'un de nos personnages lire le Scénar, précédent livre de notre auteur). Tandis que Kevi est charmant, doux… Olivier est amer et de mauvaise foi et la recherche de travail est difficile. Par chance que la tante de Kevi est là.

« Olivier était plus déterminé que jamais à poursuivre sur sa voie de perdition : l'erreur est humaine, mais cette persévérance dans l'erreur semblait vraiment diabolique, et Danielle Leblanq eut bien du mérite à ne pas baisser les bras. »

** Dans cette dernière nouvelle, notre auteur nous fait visiter l'ancienne blanchisserie du nouveau propriétaire et talentueux bricoleur, Adam… qui le fait voyager à travers les époques. Il vivra une expérience originale et, comme un songe, à chaque fois. Mais comment expliquer sa présence lors de ces voyages?

« On ne joue pas impunément avec le temps. »

La première fois que j'ai lu un roman de Philippe Pratx, j'ai été déroutée et surprise. Son livre « le Scénar » m'a propulsée dans un road trop plein d'interrogations… sans réponses. Eh bien, cette fois-ci, je suis dans le même état : déboussolée et stupéfaite. Notre auteur a beaucoup de références que je ne connais et/ou comprends pas, j'ai donc dû faire des recherches à plusieurs moments… mais c'est ce que j'aime de cet auteur : son travail de recherches. Nous sommes rapidement envoûtés par son histoire, par ses nouvelles toutes différentes. Huit histoires, beaucoup de contradictions dans chacune d'elles, entourées de mystères, « d'illusion au réaliste tout en étant du fantastique ».

Je fais une petite parenthèse ici en ajoutant ceci : la page (site) de ces récits est bien intéressante. Vous y trouverez des extraits divers, des holorimes et une SUPERBE galerie photos que je vous conseille de regarder tout au long de votre lecture.

Philippe Pratx a une plume entraînante, éloquente et mystérieuse. Avec une touche de suspense, de mystère et une légère touche de réaliste, notre auteur nous entraîne dans un monde, dans divers mondes (excusez-moi) surprenants, pleins d'énigmes. Quelle sera votre nouvelle préférée?

Merci pour ce nouveau service presse!
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Résumé :
Huit récits, marqués du sceau énigmatique d'improbables alexandrins holorimes. Huit récits, à l'ombre de la figure tutélaire d'un des « fous littéraires » les plus fascinants : Raymond Roussel. Huit récits, des rizières de la plaine du Pô jusqu'à la cour itinérante de l'empereur Charles Quint.
Et l'ombre de Roussel n'est pas la seule.
Voyez : celle de Lovecraft tissée dans l'épaisseur du silence, celle – ironique et mordante – de Villiers de l'Isle-Adam, et cette parodie d'ombre effrayée de prêter à rire et riant de cette frayeur, et celle de Nerval et de cent autres, filles du feu aux longues chevelures de jais, aquarelles fuligineuses percées d'éclats de lune.
Du vivant plaqué sur du mécanique. Ou : quand le squelette mal articulé d'une mécanique narrative, vacillante mais implacable, s'anime d'une chair bouleversée au point d'en devenir âme…


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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
On peut difficilement imaginer mieux comme coup de foudre ! Arthur Jefferson avait chaviré dans les affres de la passion la plus soudaine et la plus dévastatrice. Cette sorte d'amour qui vous habite corps et âme et ne vous laisse pas un instant de répit. Non, qui est trop grand pour vous habiter et qui vous oblige, vous, à l'habiter lui, et vous laisse juste une place dans un coin de lui, où vous souffrez, où votre pouls bat de toute une vie plus forte et plus détruite que jamais. Cette sorte d'amour qui vous poursuit dans vos rêves et qui tient vos jours enfermés dans un sac de jute rêche et chaud comme une fièvre, où l'on a jeté avec vous la ville et la mer, les gens et les silences, le monde et le vide, un sac où vous souffrez encore sans jamais, un seul instant, vouloir lâcher cette souffrance, sans jamais, un seul instant, vouloir la trahir car elle est ce qui désormais constitue la seule raison que vous avez de vivre.
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Pour mémoire et pour que tout soit parfaitement clair, rappelons qu'à l'époque à laquelle remontent les faits dont il va être question, le SDUC (Service de Documentation Unilatérale et de Contre-espionnage) dirigé par le Colonel de Guerlasse avait, pour plus de réactivité fine, été scindé en deux entités indépendantes mais orthogonalement complémentaires : le BRIC (Bureau de Renseignements Internationaux Combinatoires) et le BROC (Bureau de Renseignements Ondulatoires et de Contre-espionnage), puis on avait de nouveau fusionné les services, pour plus de finesse réactive, sous le nom de BRUNCH (Bureau de Renseignements Unifié et de Nouveau Contre-espionnage Heuristique). Le BRUNCH était donc fait de BRIC et de BROC, et ce n'est ni plus ni moins que l'incomparable Colonel Pierre d'Acoupadac qui en avait pris la tête, lui qui s'était de nombreuses fois illustré, dans les affaires les plus épineuses, par sa réactivité, sa finesse, son intelligence modulée et son sens giratoire de l'initiative.
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Le futur ne le tentait pas du tout. Réémerger dans un avenir lointain sur une terre ravagée par l'avidité et l'arrogance des humains ne suscitait en lui qu'angoisses et cauchemars. Un avenir plus proche ne lui inspirait pas de pensées plus positives : agonie de la nature malmenée, essayant de se défendre avec la violence du désespoir ; règne de bêtes brutes gavées de fortunes insolentes et n'ayant plus d'humain que le nom ; misère morale et souvent matérielle de hordes désolidarisées, infantilisées, robotisées, trépanées de leurs âmes, sous contrôle absolu et permanent, réduites à une fonction d'avaleurs de graisses, de décibels abrutissants, de téraoctets, d'addictions frelatées ; chaos technologique ; agonie de la culture vidée de sa substance...
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Ah ! Les nids d’espions des années 60 ! La folle existence débridée des séducteurs d’élite et des tireurs irrésistibles ! Les héros grimés glissés furtivement dans les coulisses de la guerre froide ! Les filles fatales, les flirts sans fin, les feux de paille ! Les transfuges de l’un et de l’autre bord, comptes réglés et bains d’acide ! Les agents doubles ! Les gadgets ! Le sort du monde ! Le bouton rouge ! Les couloirs vides du Kremlin à minuit ! L’ovale vide, à minuit, du grand bureau de la Maison Blanche !
Le Caire ! Le Cap ! Rio ! Hong-Kong ! Pleumeur-Bodou ! Carapate dans les Carpates ! Gros gadin en Engadine ! Le KGB, la CIA, le SDUC ! On te meurt comme ça, sans chichi, dans l’instant, dans la voluptueuse légèreté d’un caprice d’inspiration futile, à deux doigts de déclencher l’apocalypse nucléaire ! Mais pschitt, on y échappe encore, à l’apocalypse !
Ils y passent tous, pour sauver le monde, le monde libre. Ou l’autre. Ils se sacrifient pour la juste cause. Non sans avoir au préalable précipité en enfer des flopées de malfaisants. Ils y passent tous tôt ou tard, même si on a l’impression que, tel le phénix, ils renaissent encore et encore.
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La fin d'un printemps n'est jamais une fin. C'est une jeunesse du temps, une jeunesse du ciel, qui se prolonge et qui promet des lendemains plus beaux encore.
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Extraits de Karmina Vltima mis en voix par Béatrice Machet.
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