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EAN : 9782351782491
544 pages
Éditeur : Gallmeister (01/04/2021)
4.12/5   167 notes
Résumé :
Depuis plusieurs décennies, la Sardaigne est le théâtre de meurtres rituels sauvages. Enveloppés de silence, les corps de jeunes filles retrouvés sur les sites ancestraux de l’île n’ont jamais été réclamés. Lorsque les inspectrices Mara Rais et Eva Croce se trouvent mutées au département des “crimes non élucidés” de la police de Cagliari, l’ombre des disparues s’immisce dans leur quotidien. Bientôt, la découverte d’une nouvelle victime les place au centre d’une enqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
4,12

sur 167 notes
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Kirzy
  07 mai 2021
Une jeune fille retrouvée la gorge tranchée en pleine forêt, un masque zoomorphe sur le visage, à genoux comme en prière, recouverte d'une peau de mouton. Ce meurtre énigmatique et glaçant réactive des cold cases vieux d'une vingtaine d'années. A partir de ce point de départ classique, Piergiorgio Pulixi construit un ethnopolar envoûtant, habité de la présence imposante que constitue la Barbagia, région reculée et montagneuse de Sardaigne
L'immersion est totale, entre les superbes descriptions de cette Sardaigne sauvage loin des flux touristiques et l'inscription de l'enquête dans une ambiance mythologique en relation avec la culture nuragique qui s'est épanouie sur l'île durant le Paléolithique autour de cultes et rituels ancestraux liés à la déesse Mère. L'expérience de lecture est même très sensorielle : senteurs, saveurs, images, dialectes transpercent les pages et arrivent directement au lecteur, l'enveloppant des mystères d'une Sardaigne peu connue, à la fois terrible et enchanteresse.
La construction du récit est impeccable, alternant passages crus et descriptions presque lyriques, rythme frénétique du présent et atmosphère immuable du passé. Tout cela monte crescendo jusqu'à un dénouement surprenant et totalement cohérent.
En fait, l'auteur est aussi à l'aise dans les scènes d'action qui vous font trembler que dans les scènes intimistes qui vous serrent la gorge d'émotion, et pour ma part, c'est cet équilibre-là que je recherche de plus en plus dans les thrillers. Cela passe par des personnages forts. Il n'y a que cela dans ce roman. A commencer par le vieux flic à la retraite, dont le coeur et l'âme sont corrompus par le poison de ses deux enquêtes non résolues. Puis le duo explosif des deux inspectrices qui risquent de se faire avaler par le vortex de cette enquête hors norme, elles qui ne savent pas encore à quel point une obsession professionnelle peut être cruelle et vous engloutir.
Avec ce duo de forces polaires, la perspicacité cérébrale de l'une s'alliant à l'instinct impétueux de l'autre, Piergiorgio Pulixi propose un superbe double portrait féminin en construction tout au long du roman, dévoilant progressivement dans le bon tempo le passé douloureux de chacune avec une intensité dingue lorsqu'il s'agit d'Eva ( le personnage de Mara est un peu plus monolithique). Ce dévoilement déchirant nourrit l'intrigue policière qui gagne en densité à mesure qu'on commence à en apercevoir les enjeux et les conséquences sur les deux femmes.
Ce roman rude infusé de mysticisme et de superstitions m'a emballée avec sa densité à la True Detective ( saison 1 ) qui explore les racines du mal au plus profond de l'âme humaine.
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BillDOE
  31 mars 2021
Il a surgi du temple lorsque le gamin et son chien se sont approchés du cadavre ensanglanté de cette femme. C'est un géant, une torche dans une main, un couteau à la lame recourbée et maculée de sang et d'eau dans l'autre. La victime est couverte de peaux de chèvres et a le visage caché par un masque carnavalesque en bois représentant une bête cornue. Sa gorge est tranchée comme pour un sacrifice païen. Elle n'est pas la première… Elle ne sera pas la dernière…
Cette série de meurtres sacrificiels qui s'étale sur près de quarante années fait partie des affaires classées jamais résolues de l'île sarde. Moreno Barrali, inspecteur en chef de la police d'état, a passé le plus gros de sa carrière à essayer d'élucider ce mystère. En phase terminale d'un cancer, il est soulagé lorsque sa hiérarchie crée le service des « gold cases » avec l'aide de deux inspectrices, Mara Rais et Eva Croce.
Piergiorgio Pulixi invente avec beaucoup d'imagination une série de faits divers à la limite du surnaturel. En rédigeant son roman avec de très courts chapitres il donne un rythme infernal à son histoire. Celle-ci, très bien documentée, mêle archéologie, anthropologie, civilisation nuragique basée sur le culte de la déesse mère (la vie), le dieu taureau (la fertilité) et le sacrifice d'une vierge dont le sang est censé ensemencer la terre. Si l'on rajoute l'atmosphère, celle d'une terre brulée sous les assauts d'un soleil caniculaire qui exhale les senteurs de thym, de romarin, de serpolet, sur fond de mer méditerranée dont le bleu azuréen inonde de petites criques où l'on rêve d'y passer des journées à lézarder, on rend grâce à l'auteur d'avoir eu ce talent de nous immerger dans ce véritable paradis terrestre qu'est la Sardaigne. de même il a su décrire parfaitement le caractère rustique de l'autochtone. Jusque-là, le dépliant touristique est parfait, on achète le séjour pension complète pour une durée indéterminée. le roman de Piergiorgio Pulixi réunit les principales qualités d'un « nature writing ».
En ce qui concerne le polar, l'auteur organise son roman comme un jeu d'échec, il avance chacun des pions qui vont être déterminant lors de cette intrigue policière. Mais il faut attendre la seconde partie du roman, soit après la présentation de tous les éléments de l'intrigue, pour que l'enquête démarre vraiment. Et quand elle démarre, c'est pour emporter le lecteur dans ses méandres les plus obscurs et pour son plus grand plaisir, ce qui sauve ce roman. Ce n'est qu'à ce moment-là que l'histoire prend toute sa dimension dramatique et que l'intrigue atteint une tension paroxystique. Inutile d'essayer de trouver le ou les coupables, le dénouement est insoupçonnable.
Le texte est persillé de mots et expressions sardes, ce qui ne rend pas toujours la lecture fluide et casse le rythme imposé par la succession des brefs chapitres. Heureusement le plus souvent ils sont suivis de leur traduction en français, mais pas toujours.
Certains dialogues n'ont pas la maturité ni la vraisemblance pour donner un accent dramatique à cette histoire. Au contraire, ils tournent parfois à la digression et éloignent le lecteur de la noirceur de ce roman.
Concernant les personnages, l'auteur nous laisse deviner des caractères bien trempés, des natures brisées par des accidents de la vie, mais dans les faits, on ne remarque pas suffisamment tôt dans le récit que nos héros en soient particulièrement traumatisés. Ce n'est que par la suite que l'on découvre les blessures psychologiques qu'ils ont subies. Et elles ne sont pas des moindres.
« L'île des âmes » est certainement un très bon roman policier pour lequel il ne faut pas s'attarder sur la première partie mais foncer sur la suite qui est passionnante et addictive.
Concernant le choix éditorial, c'est une réelle bonne idée qu'ont eu les éditions Gallmeister que d'ouvrir leur offre à d'autres destinations que les états unis d'Amérique, d'arpenter le monde afin de dénicher l'Oeuvre.
« C'est pourquoi fault ouvrir le livre et soigneusement peser ce que y est déduict. [...] Puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l'os, et sugcer la substantificque moelle, [...]. » Rabelais (source Wikipédia).
Merci aux éditions Gallmeister et à masse critique babelio, pour la découverte de cet auteur en gestation et de son roman ethno-policier « L'île des âmes ». On attend une suite, bien évidemment…
Traduction de Anatole Pons-Reumaux.
Editions Gallmeister, 536 pages.
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alexb27
  28 juillet 2021
Ne vous laissez pas désarmer par la première partie un peu poussive, l'île des âmes est un excellent roman tellurique, de rituels et d'atmosphère où la Sardaigne, terre de croyance, semble immuable et ancrée dans des millénaires de traditions archaïques.
Le synopsis est assez simple : Eva et Mara, 2 inspectrices en charge du suivi des cold case, sont sollicitées par un enquêteur en fin de vie, pour résoudre une vieille affaire de meurtres rituels sur des jeunes filles datant de 1975 et 1986.
Leurs investigations vont les mener sur les traces du passé, dans une Sardaigne de rites ancestraux, et surtout bien plus loin qu'elles ne l'imaginaient…
J'ai aimé ce roman, son mysticisme envoûtant, ses paysages escarpés et sauvages, sa nature primitive, son duo d'enquêtrices improbable au passé chargé.
Et sa fin inattendue.
Que demander de plus ?
Une suite peut-être ?
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Zakuro
  20 juillet 2021
Le jour des morts, jour crucial en Sardaigne où le culte des défunts est ancien, la questure de Cagliari est en ébullition depuis la disparition inquiétante de Dolores Murgia une jeune étudiante citadine. Hanté jusqu'à l'obsession par d'anciens meurtres rituels non élucidés dont les victimes sont des femmes inconnues, Moreno Barrali convainc ses pairs de confier l'enquête à 2 femmes spécialistes en la matière. La sarde Mara Rais et la milanaise Eva Croce fraîchement débarquée du continent vont former dans cette enquête particulière mêlant crimes sordides et mysticisme un duo imprévisible et détonnant.
Il faut dire tout de suite que je n'ai jamais rien lu de pareil ! L'île des âmes est un formidable roman de Piergiorgio Pulixi ancré dans le paysage et les croyances de l'arrière pays sarde des pierres sèches et des rituels, loin si loin de la paisible ville côtière de Cagliari.
Entre modernité et rites païens, ce thriller aux racines telluriques est un incroyable et exaltant voyage par delà les frontières et le temps, dans une Sardaigne multiple et silencieuse. Mais le silence a aussi une voix que l'auteur fait seulement et uniquement entendre au lecteur laissant ses personnages se débrouiller avec leurs hypothèses et leurs croyances. Et ce faisant, nous sommes les témoins impuissants mais témoins quand même des visions sortilèges de la montagne Barbagia. Pris au piège de la loi du silence.
Le duo d'enquêtrices Mara Rais et Eva Croce est performant et efficace mais les difficultés inhérentes aux femmes dans leur vie professionnelle parce qu'elles sont femmes ne sont pas effacées.
La tension dans ce thriller singulier est constant mais impalpable car elle se nourrit de fausses pistes pour draper d'un voile de matérialité ce qui est étranger et inconnu.
Le point fort de ce roman policier ethnologique ne se trouve pas dans la résolution de l'énigme. Ce qui rend ce livre incroyablement attirant et totalement addictif est l'abondance d'informations sur ce qui est caché, fait peur et envoûte inconsciemment, le culte sacré de la nature, les masques et les rituels, l'anthropologie.
On pénètre en Sardaigne par la langue, le décor grandiose et changeant d'une île encore sauvage, la survie d'une communauté agropastorale, les croyances anciennes et les rituels.
C'est complètement immersif et d'une beauté noire inoubliable.

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Agneslitdansonlit
  25 juin 2021
Les éditions Gallmeister sont réputées à juste titre pour leur introspection sans concession d'une Amérique déclassée où la nature, sauvage, s'accapare la part belle. Mais avec "L'île des Âmes", elles s'exilent en terre sarde.
C'est donc en Sardaigne que nous convie Piergiorgio Pulixi, écrivain italien cagliaritain, qui fut d'abord libraire, puis, déçu de l'absence de polars qui se dérouleraient sur sa terre natale, a pris la plume pour nous livrer cette Île des Âmes. Et c'est effectivement une écriture qui dépeint avec attachement et presque fascination une île aux paysages bruts, écrasés de chaleur, aux senteurs puissantes du maquis; une île encore très ancrée dans ses traditions, où malgré la modernité d'un 21ème siècle qui s'infiltre partout, perdurent des racines profondes.
Et c'est sûrement la grande force de ce roman que de se placer sous les auspices d'une culture ancestrale, conférant à ce récit une teinte envoûtante, presque sépulcrale.
Voilà pour la toile de fond. Il ne faudrait pas pour autant se leurrer, car il ne s'agit pas d'un voyage d'agrément.
Piergiorgio Pulixi confie avoir puisé son inspiration dans la série "True Détective", ainsi qu'auprès d'auteurs comme Joe Lansdale et Cormac Mac Carthy, virtuoses du roman noir et plus spécifiquement pour Mac Carthy, du "Southern Gothic". On retrouve tout à fait dans "L'île des Âmes" cette veine littéraire américaine qui valorise des particularismes typiques d'une région, comme leurs paysages, leurs coutumes ou croyances, mais en se focalisant sur le côté sombre, instillant une ambiance pesante et glauque.
Et le pari est réussi pour ce roman car c'est certainement l'aspect qui m'a le plus séduite. Cette île, sous l'écriture de Pulixi, se nimbe, loin des côtes de sable fin, d'une ambiance macabre et lugubre. L'auteur utilise la culture ancestrale sarde nuragique comme vecteur de cette atmosphère et convertit les nuraghes et les sources sacrées nuragiques en scène de crime.
Dans la région de Barbagia sont retrouvées à des périodes différentes des corps de femmes, sur des sites nuragiques, dans des mises en scène de rituels funèbres similaires. Les enquêteurs qui se seront succédés sur les investigations ne parviendront pas à les résoudre, jusqu'à ce que deux inspectrices, "mises au placard" par leur hiérarchie, ne soient affectées sur ces "cold case". Eva Croce et Mara Rais doivent collaborer dans le cadre de ces affaires non- résolues, mais aussi suite à la disparition d'une jeune fille.
Piergiorgio Pulixi manie avec dextérité l'alternance des points de vue et de narration, grâce à des chapitres courts, dédiés aux différents protagonistes : les enquêteurs à tour de rôle, les membres d'une famille sarde ancrée dans le respect des traditions; jusqu'à donner habilement la parole à la jeune fille disparue, ce qui procure un ton saisissant au récit. le rythme reste ainsi très soutenu, tout en "habillant" d'émotions tangibles tous les personnages.
L'auteur réussit un tour de maître en sondant les âmes des enquêteurs. Non seulement en s'attachant à décrire les blessures intimes de ces deux femmes enquêtrices, très dissemblables et pourtant si proches dans leur résilience. Mais également (et c'est selon moi la réussite majeure de ce roman), en "dépeçant jusqu'à l'os" l'essence même de ce qu'est un enquêteur. Oui, son âme, ce qui fait sa fibre la plus profonde, ce qui resterait de lui lorsqu'il est réduit à sa part congrue, par l'âge, la maladie, la mise au ban par sa hiérarchie. le crime résolu ou non, ne pervertit pas seulement celui qui le commet, mais aussi celui qui pour retrouver le coupable doit plonger dans la noirceur en apnée. Qui dès lors, d'un meurtrier, d'une victime ou d'un détective perd son âme ?
Plusieurs passages saisissants traduisent le lourd tribut que paye l'enquêteur dans sa quête obsessionnelle, cette seconde peau qui finit par le recouvrir, comme après une brûlure un tissu ferait corps avec la chair.
"Toutes les affaires d'homicide ne sont pas identiques. Certaines te collent à la peau pour toujours. Tu les portes en toi comme des cicatrices. Au bout de quelques années, elles cessent de te faire mal et tu n'y prêtes plus attention. Elles deviennent une partie de toi. le tissu cicatriciel s'atténue au point que tu finis par ignorer sa présence. Mais il suffit d'un détail, d'une odeur, d'un regard ou d'un mot pour réinfecter la plaie, pour rouvrir la boîte de Pandore que tous les enquêteurs ou presque gardent en eux, laissant libre cours à des souvenirs corrosifs et à une culpabilité aussi sournoise que des parasites intestinaux".
J'ai été très séduite par cette atmosphère mystique et l'autopsie de ces âmes précipitées dans l'obscurité.
J'ai par contre trouvé plus laborieux et lassant la rencontre entre ces deux policières sur le mode trop répétitif "chien-chat", réduisant leur relation à un dialogue simpliste et primaire. Heureusement l'auteur semble s'en être lui-même lassé, leur offrant enfin un visage authentique lorsqu'il dévoile leur parcours et leur blessure.
Malgré quelques petites incohérences, notamment de ton entre celui, tragique, annoncé en début de roman puis celui final, ouvrant sur une envolée d'espoir, "L'île des Âmes" reste un récit très prégnant, car gorgé d'un climat sombre et funeste, du fait d'une plongée en ces terres d'âmes perdues.
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critiques presse (2)
LeDevoir   22 juillet 2021
Pulixi s’est mis au roman il y a quelques années et cette histoire est sa première traduite — magnifiquement ! — en français. On sera frappé par sa connaissance profonde de la mythologie locale tout autant que par l’élégance et la force de son écriture… et l’on n’oubliera certainement pas ces deux policières improbables que sont Mara Rais et Eva Croce. Encore !
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeSoir   06 avril 2021
Naissance d’un duo de flics féminins dans une Sardaigne mystérieuse mêlant beauté des paysages, crimes non élucidés et traditions ancestrales.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
MarionBlnMarionBln   13 octobre 2021
Moreno, au contraire, hocha la tête à part lui, satisfait. Pour la première fois depuis des années, il avait la certitude d'avoir enfin trouvé les bonnes personnes à qui passer le témoin.
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MarionBlnMarionBln   07 octobre 2021
L'homme ne cherche pas à dominer la nature, car il la craint. C'est une peur inscrite dans son sang, fille d'époques révolues. Il sait d'instinct que la nature gouverne le destin des hommes et des animaux, et il apprend vite à connaître et à traduire tous les faits naturels qui l'entourent, car, aussi étrange que cela puisse paraître, ce silence parle. Il instruit et met en garde. Il conseille et dissuade. Et malheur à celui qui ne témoigne pas la déférence attendue.
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missmolko1missmolko1   04 avril 2021
En Sardaigne, le silence est presque une religion. L’île est composée de distances infinies et de silences ancestraux qui ont quelque chose de sacré. Tout en est imprégné : les collines de maquis qui se découpent jusqu’à l’horizon, les champs de blé à perte de vue, les plaines recouvertes de ciste, de lentisques, de myrte et d’arbousiers qui saturent l’air de parfums enivrants ; les montagnes qui se dressent timidement vers le ciel, comme par peur de le profaner. Les hauts plateaux et les pâturages où paissent les troupeaux et souffle le mistral. Partout règne un silence pénétrant.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   31 mai 2021
Toutes les affaires d'homicide ne sont pas identiques. Certaines te collent à la peau pour toujours. Tu les portes en toi comme des cicatrices. Au bout de quelques années, elles cessent de te faire mal et tu n'y prêtes plus attention. Elles deviennent une partie de toi. Le tissu cicatriciel s'atténue au point que tu finis par ignorer sa présence. Mais il suffit d'un détail, d'une odeur, d'un regard ou d'un mot pour réinfecter la plaie, pour rouvrir la boîte de Pandore que tous les enquêteurs ou presque gardent en eux, laissant libre cours à des souvenirs corrosifs et à une culpabilité aussi sournoise que des parasites intestinaux. Et peu importe le nombre de kilomètres, physiques ou psychologiques, que tu pourras mettre entre toi et l'affaire, cette dernière te retrouvera toujours, tel un esprit qui ne trouve pas la paix venu te tourmenter pour obtenir justice. Il fait la queue avec toi à la caisse du supermarché, t'observe dans la salle d'attente du médecin, rôde derrière ton dos lorsque tu dînes en famille. Il te hante, semblable à un amour que tu n'as pas eu le courage de vivre. La soif de vérité s'alanguit avec le temps, mais pas pour ces âmes condamnées à une nuit éternelle qu'il te revient tant bien que mal d'éclairer. C'est ton travail. Ou peut-être plus encore : c'est ce que tu es. C'est pour quoi il te semble être né. Ta mission. Ta condamnation. Et si tu cherches à les oublier, les esprits des victimes t'empêchent de dormir. Tu les devines au pied du lit. Ils murmurent tes fautes. Ils t'accusent d'avoir capitulé. À la longue, ils te conduisent à la folie, et tu ferais n'importe quoi pour les chasser. N'importe quoi. (P.428)
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chambrenoirechambrenoire   15 juillet 2021
Il avait attendu la nuit pour opérer. La maison donnait encore l'impression d'être inhabitée. Le matin, il avait fait un tour de reconnaissance pour repérer d'éventuels systèmes d'alarmes: il n'en avait pas trouvé. Le seul obstacle, c'étaient les serrures. Un jeu d'enfant: aucune ne résisterait à son kit de crocheteur, avec un peu de patience et à la faveur des ténèbres.
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Videos de Piergiorgio Pulixi (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Piergiorgio Pulixi
A l'occasion du Quai du Polar 2021, Piergiorgio Pulixi vous présente son ouvrage "L'île des âmes" aux éditions Gallmeister.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2503284/piergiorgio-pulixi-l-ile-des-ames
Note de musique : © mollat
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