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ISBN : 2070376656
Éditeur : Gallimard (30/08/1985)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 43 notes)
Résumé :

" Marc Frocin. C'est mon nom. J'ai quarante ans. Je n'ai pas de métier, pas d'argent, pas d'amis, pas de maison, je vis aux crochets des femmes, et quand les crochets sont émoussés je m'en vais. Mes ambitions de jeunesse ont sombré.

J'espérais faire une œuvre d'art, j'ai fait la guerre entre-temps, un peu de placard, un peu de prison - terminé pour l'art.

J'ai trois drogues : la poésie, le pastis et la nuit. Le sexe a fini... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Corboland78
  08 juin 2017
Yann Queffélec (de son vrai prénom Jean-Marie), né à Paris en 1949, est un écrivain français. Il est le fils de l'écrivain Henri Queffélec, le frère de la pianiste Anne Queffélec et du mathématicien Hervé Queffélec. Il a été marié à la pianiste Brigitte Engerer avec laquelle il a eu une fille, Léonore (1985). Amoureux de la mer et de sa Bretagne, il a pu naviguer avec Eric Tabarly. Il n'entame véritablement sa carrière d'écrivain qu'en publiant à 32 ans une biographie de Béla Bartók et quatre ans plus tard, il reçoit le prix Goncourt pour son roman Les Noces barbares. Il est l'auteur de nombreux romans et d'un recueil de poèmes. le Charme noir, son premier roman, est paru en 1983.
C'est l'histoire d'un mec. Marc. Enfant, il n'a pour ainsi dire pas connu sa mère partie vivre sa vie ailleurs. Plus tard un de ses frères se suicidera, et entre son père pharmacien et son autre frangin, l'embryon de famille ne lui voue pas un grand amour. Il faut aussi reconnaitre, qu'il n'y met pas du sien, quand il ne court pas la gueuse ou ne biberonne pas ses pastis, il passe ses journées à glander. Envoyé en Algérie, pendant la guerre du même non, il va en baver des ronds de chapeau et quand il reviendra en France, c'est une Sylvia qui va beaucoup souffrir d'avoir eu le malheur de le rencontrer.
Disons le tout net, Marc, le héros de ce roman est du genre sale mec ! Un personnage assez épouvantable dont je n'ai pas réussi à isoler la moindre qualité qui pourrait sauver son personnage. du coup j'ai passé tout mon temps de lecture à trépigner d'agacement devant ses faits et gestes.
Le roman est en trois parties. La première revient sur son enfance et adolescence dans l'Eure, dressant le portrait de l'homme en devenir : l'alcool et les femmes pour l'action, le glandage pour occuper ses temps libres. Ambiance. La seconde partie est très dure. La guerre d'Algérie avec tout ce que cela induit, la guerre sale par excellence, tortures, viols, humiliation des populations par les soldats, humiliation des soldats par leurs officiers. Dans la troisième section, vingt ans après son retour d'Afrique du nord, Marc croise le chemin de Sylvia laquelle va entretenir avec lui des rapports tenant du sadomasochisme, traitée comme une moins que rien, il vit à ses crochets comme un vulgaire gigolo tandis qu'elle s'accroche néanmoins à lui par amour… le coeur a ses raisons que la raison ignore comme dit l'autre.
Un roman avec un héros particulièrement détestable mais un bon roman pour deux raisons : il est très bien écrit, un peu à l'ancienne, avec des néologismes euphoniquement très réussis et du vocabulaire d'époque, mais surtout il fait réagir le lecteur tant il est dur et révoltant, or n'est-ce pas là le but de la littérature ?
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dechosal
  18 août 2018
Le premier roman de Queffelec, avant son Goncourt, et peut-être le meilleur...
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laurentgui
  29 avril 2012
L'histoire d'un homme marginal vivant au crochet des femmes qu'il abandonne une fois celles-ci épuisées...
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
sylou83sylou83   15 novembre 2012
Trois ans. Tu écris " trois ans" sur une feuille blanche - et tu déchires. Ecoute le bruit que font trois années d'amour quand tu les déchires. C'est l'harmonie du désespoir. Déchirure et déchirement. C'est encore une fois les appels, les pas, les noms, les chansons, les mains, les rires de ceux qui t'unifiaient, qui s'unifiaient à ton contact, même si tu faisais le fou la nuit. Trois ans. Plus c'est doux , plus çà hurle, plus çà hante et çà revient. Tu te meus en toi comme un revenant, comme un pillard traqué par le bonheur qu'il a mis à sac. Nos actes nous suivent : ce sont de sacrés limiers. Des souvenirs qui s'estompent ou de ceux qui perdurent, têtus comme des ressacs, je ne sais lesquels font le plus mal.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   17 septembre 2014
Un freluquet génial, Rimbaud pour ta gouverne, a beau soutenir que "je" est un autre, on n'est pas plus avancé. S'il n'est domicilié, cet autre, dans aucun moi profondément voulu, tu restes un étranger.
L'astuce, elle est répandue, consiste à s'identifier à un métier : je suis boucher, je suis pâtissier, ... , et l'homme, à défaut de jamais devenir ce qu'il est, devient ce qu'il fait.
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darkdaysdarkdays   18 octobre 2018
"[...] On s'en veut de manger du foie gras quand on pense à tous ces pauvres gens qui n'ont même pas une boulette de riz à se mettre sous la dent."
Mais les scrupules, quoiqu'elle en affirmât, n'allaient pas jusqu'à lui couper l’appétit. Sa ration de foie gras, Agnès l'avait descendu d'un coeur et d'un estomac légers. On en comptait pas les tranches de gigots qui avaient défilé dans son assiette. A présent, sa part de vacherin n'ayant fait qu'une brève apparition sous sa fourchette en vermeil, elle faisait pleuvoir les bons sentiments et tartuffait vent portant. Il est ainsi une race d'humains qui nagent dans le sublime, et se croient préposés par nature au redressement du mal chez autrui. Comme Agnès, Pescatore ne pouvait pas résister au plaisir de m'évangéliser.
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darkdaysdarkdays   01 janvier 2019
Car il ronflait, c'était une cathédrale tonitruante, elle n'en revenait pas qu'un personnage aussi menu puisse édifié de telles falaises. Elle avait beau sifflé, tempété, pincé, griffé, rien n'y faisait : Marc ronflait, le monde pouvait s'écrouler. Désemparée, elle examinait ce dormeur assourdissant. La tête enfoncée dans l'oreiller, tournée vers la ruelle, il bavait, la lippe congestionnée, un masque mourant sur les traits. A bout d'arguments, elle se levait et partait de réfugier sur le canapé qu'il venait de quitter. Mais ça ne suffisait pas toujours. Une nuit le vacarme nasal l'avait refoulée jusque dans la salle de bains. Elle avait coincé un matelas mousse entre la baignoire et la penderie. Un moustique l'avait arrachée d'un premier sommeil. Impossible de l'attraper. Ne l'entendant plus et pensant vaguement l'avoir eu, Sylvia s'était recouchée. Pas moyen de dormir. Le silence autour d'elle était maculé de bruits ténus qui l'exaspéraient. Le chauffe-eau ronronnait, le réveil tictaquait, à intervalles réguliers le frigidaire se mettait à vrombir. Elle avait débranché le frigidaire. Elle sombrait quand le moustique était revenu l'asticoter, ravivant au passage tous les bruits dont elle avait réussi péniblement s'abstraire. Il y en avait un de plus, un floc-floc provenant de la cuisine. En allant voir, elle s'était retrouvée les pieds dans l'eau, le frigidaire ayant commencé à dégivrer. Le plus rageant, c'est que Marc avait cessé de ronfler. Mais, bien sûr il eût suffi qu'elle le rejoignît pour qu'il remette ça. Il était plus de quatre heures. Hébétée d’insomnie, elle avait fait couler un bain brûlant où elle avait eu le sentiment de connaître la mort.
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Corboland78Corboland78   08 juin 2017
Il portait une gourmette : Gérald. Un prénom mou comme sa lèvre inférieure. A la naissance on vous enregistrait, à l’école on vous enregistrait, à l’église on vous enregistrait, à l’armée on vous enregistrait, vivre c’était signer, coucher son nom partout, sous des visas, sous des tampons, alors basta, pas de gourmette, une identité de papier ça suffisait, nul besoin de la couler dans l’argent massif.
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Videos de Yann Queffélec (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yann Queffélec
Émission complète : http://www.web-tv-culture.com/naissance-d-un-goncourt-de-yann-queffelec-1317.html
Il est né à Paris mais ses racines sont belles et bien bretonnes. Yann Queffelec a toujours revendiqué cet attachement, il l?a prouvé dans plusieurs de ses ouvrages comme son « Dictionnaire amoureux de la Bretagne ». Plus jeune, il se rêvait aventurier sur les mers, prenant la plume au gré de ses escales. Car si la voile était sa passion, l?envie d?écriture était déjà présente, encouragée par une mère aimante et affectueuse. En revanche, côté paternel, ces velléités n?étaient pas bien vues. Pas facile pour le grand romancier de la mer que fut Henri Queffelec, grand prix de l?académie française en 1958 avec son « Royaume sous la mer » d?imaginer son fils marcher dans son sillon. Ce conflit père-fils qui perdura jusqu?à la mort d?Henri Queffelec a profondément marqué son fils Yann qui en a fait un livre « L?homme de ma vie ». Au-delà de ces souvenirs personnels, Yann Queffelec a aussi bien sûr écrit de nombreuses fictions mais toujours les relations familiales et le mal-amour se répondent en écho. Avec près d?une quarantaine d?ouvrages alternant romans, récits, essais ou poésie, le parcours d?auteur de Yann Queffelec est bien sûr marqué par le prix Goncourt, en 1985, avec « Les noces barbares ». Ce titre reste associé à la rencontre entre Yann Queffelec et l?éditrice parisienne Françoise Verny, une rencontre improbable, un soir d?hiver sur le quai d?un port de Bretagne, quand Françoise Verny eut cette phrase à destination du futur romancier « Toi, chéri, t?as une gueule d?écrivain ». On imagine la scène? Avec humour, tendresse et émotion, Yann Queffelec nous raconte les mois qui vont de cette rencontre portuaire inattendue à l?obtention du Goncourt, cette relation quasi filiale entre ce jeune auteur en devenir et cette éditrice, faiseuse de talents, à la personnalité bien trempée. Dans ce livre où le lecteur est pris à témoin par l?auteur, Yann Queffelec se dévoile, avec ses bons et ses mauvais côtés, il nous parle d?une époque peut-être révolue ou auteur et éditeur ne faisaient qu?un et il lève le voile sur le monde secret de l?édition parisienne. Tout cela avec une écriture pleine d?originalité, de sonorité et de poésie. « Naissance d?un Goncourt » de Yann Queffelec est publié chez Calmann-Lévy.
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