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ISBN : 2070364429
Éditeur : Gallimard (14/09/1973)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 85 notes)
Résumé :
L'oeil inconsciemment gris-bleu, la molletière galamment embobinée avec inconscience, le soldat Brû promenait naïvement avec lui tout ce qu'il fallait pour plaire à une demoiselle ni tout à fait jeune ni tout à fait demoiselle. Il ne savait pas. Julia pinça le bras de sa soeur Chantal et dit : - Le v'là. Tapies derrière un entassement brut de bobines et de boutons, elles le regardèrent passer, muettes.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
GuillaumeTM
  08 juin 2013
« Le dimanche de la vie », publié en 1952, est le roman le plus philosophique de Raymond Queneau, le titre étant emprunté à une expression de Hegel citée lors d'un de ses cours sur l'esthétique, au sujet de la peinture flamande du XVIIème siècle.
Queneau se sert de la « Phénoménologie de l'esprit » pour illustrer une histoire finalement assez banale mais aux personnages au caractère bien trempé.
Julia Ségovie, commerçante d'un certain âge, s'éprend d'un jeune soldat (Valentin Brû) dont elle ignore à même le nom et fera tout pour retrouver la trace et se marier avec. Elle finira par arriver à ses fins et vivra avec jusqu'à la mobilisation militaire de celui-ci.
L'évolution du protagoniste Valentin Brû se passe en trois étapes dans ce qui est une sorte de cheminement initiatique. Tout d'abord, il est inconscient de lui-même et donc c'est pour cette raison qu'il n'apparaît pas dans le registre de l'armée. Il obtient une existence à partir du moment où Julia porte un regard sur lui mais ne restant pourtant qu'un jouet entre ses mains, ne faisant qu'obéir à tous ses désirs selon la dialectique maitre-esclave de Hegel. Puis, Valentin commence à apprendre le métier de commerçant et passe à l'étape de l'auto-conscience. Dans la dernière partie du roman, il arrive enfin à une sorte de sagesse ainsi qu'à une connaissance de l'humanité et du monde et c'est pour cette raison qu'il passe presque pour un prophète, car il parvient à prédire l'imminence de la guerre alors que personne n'y croit vraiment. Ces trois étapes peuvent également se situer à un niveau social : le simple soldat inconscient devient un mari, devient un commerçant et ensuite part faire la guerre.
Il y a également cette fascination angoissante du temps qui passe, Valentin n'arrêtant pas de scruter les aiguilles de l'horloge, cherchant à surveiller le temps s'écoulant inexorablement.
Le style de Raymond Queneau, facilement reconnaissable, est toujours aussi plaisant et agréable à lire, n'oubliant jamais de verser dans le second degré malgré l'actualité sulfureuse de l'époque à laquelle se situe l'histoire du livre.
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saphoo
  04 janvier 2018
Queneau j'ai lu il y a fort longtemps c'est avec plaisir que je le retrouve avec ce petit roman. J' apprécie le style déjanté de l'auteur, les personnages un peu loufoques, ainsi que l'ambiance en générale.
C'est un langage qui prête à sourire, et donne de l'humour à l'histoire, même si parfois ça semble un peu tiré par les cheveux, on adhère pour le spectacle qui se joue entre les pages.
Si vous avez envie d'une parenthèse détente, humour, burlesque, lisez un Queneau.
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Nadouch
  14 mars 2019
J'avais oublié à quel point Queneau était drôle ! Invention de mots, situations ubuesques, natation dans l'absurde tout en restant dans un univers très terre-à-terre... Ce roman m'a rappelé Zazie dans le métro (là aussi quelques pérégrinations parisiennes), mais avait aussi quelque chose de sensible et de cruel dans la description d'un couple improbable et bancal.
Une chouette lecture !
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charlottelit
  16 octobre 2019
oui un petit moment amusant
mais trop long léger ennui nous gagne ...
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Esorlecram
  05 octobre 2018
Une couverture cartonnée, un format réduit comme jadis, des pages jaunies qui sentent le vieux papier: des souvenirs de jeunesse sont remontés à la surface. Et j'ai pris plaisir aussi à me plonger dans l'univers surréaliste de Queneau, du moins dans les deux premiers tiers car la fin m' a semblé poussive.
L'histoire de Valentin est délicieusement loufoque, rafraîchissante: je n'ai pas eu besoin de références à Hegel pour l'apprécier. Valentin est un jeune militaire qui passe tous les jours devant la mercerie tenue par deux soeurs, dont l'une, "vieille fille", tombe amoureuse sans rien connaître de notre héros. La différence d'âge ne joue pas et le mariage a lieu, et donc un voyage de noces s'impose. Mais voilà, les affaires avant tout: pas question de fermer la mercerie. Valentin effectuera donc son voyage de noces tout seul!
Cette anecdote donne le ton du bouquin: pour les amateurs du genre absurde, bien entendu!
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
mathilde08mathilde08   15 juin 2016
Alors Valentin a entrepris de lire. Mais quoi ? Et comment ? Attendre le client le nez dans un journal, ça la fout mal. Le nez dans un livre, c'est encore plus étrange. Valentin adopte une solution connue : glisser l'ouvrage ou la publication dans une chemise portant écrit en belle ronde ce mot : Factures. Encore faut-il ne pas trop se laisser absorber par la lecture. A supposer qu'il y ait là une solution de la question du comment, reste encore la question du quoi. Valentin ne se sent attiré par rien de spécial. Il y a les livres nouveaux recommandés par les gazettes mais ils coûtent des prix assez élevés allant jusqu'à des douze quinze francs. Il y a les auteurs anciens, ceux-là on peut facilement les trouver à la bibliothèque municipale, mais ils sont si nombreux. Par lesquels commencer ? Descendre les siècles ou remonter les générations ? Valentin adopte une méthode concrète : il choisit les plus proches, c'est-à-dire ceux qui ont une rue dans le douzième arrondissement : Charles Baudelaire, Taine, Diderot, Ledru-Rollin, par exemple. La bibliothèque municipale du douzième arrondissement ne possède malheureusement aucun ouvrage de Ledru-Rollin ; cet échec décourage Valentin. Entre-temps, il a trouvé autre chose : il va préparer son baccalauréat.
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ceanothusceanothus   18 décembre 2013
-Ton mariage ne tiendra pas debout.
Julia dévisagea sa soeur, puis la dépoitrina et enfin la déjamba. Elle lui dit :
- Tu me trouves moche ?
- Non, non tu tiens le coup. Mais vingt, vingt-cinq ans de différence, c'est quelque chose. (...)
-Réponds-moi : tu me trouves déglinguée ?
- Pas du tout.
- Ma frimousse ?
- ça va.
- Mes totoches ?
- ça tient.
- Mes gambettes ?
- Au quai.
- Alors ?
- C'est pas seulement le physique qui compte, dit Chantal, c'est le moral.
- Oh, oh, dit Julia, où as-tu pêcher une bourdante pareille ?
- Cherche pas, je l'ai trouvée toute seule.
- Alors, explique voir.
Chantal faisait allusion aux moeurs des hommes, des hommes mariés, et singulièrement à celles du sien, Paul Boulingra : l'alcoolisme buté, la tabagie autistique, la paresse sexuelle, la médiocrité financière, la lourdeur sentimentale. Seulement voilà, Julia trouvait que sa soeur avait été particulièrement mal servie en la personne de son Popol. Elle cita des types qui ne buvaient que de l'eau comme le mari à la Trendelino, qui ne fumaient comme celui de la Foucolle, qui braisaient à houilles rehaussées comme celui de la Panigère, qui gagnaient largement leur vie comme celui de la Parpillon et qui pouvaient avoir pour leur épouse de délicates attentions comme celui de la Foucolle, déjà cité. Sans compter ceux qui savent remettre un plomb, porter les paquets, conduire la voiture, baisser les yeux lorsqu'ils croisent une pute. Julia pensait bien que son militaire serait de cette espèce, et elle en sourit de plaisir. Ce qui agaça Chantal.
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GuillaumeTMGuillaumeTM   07 juin 2013
Le temps qui passe, lui, n'est ni beau ni laid, toujours pareil. Peut-être quelquefois pleut-il des secondes, ou bien le soleil de quatre heures retient-il quelques minutes comme des chevaux cabrés. Le passé ne conserve peut-être pas toujours la belle ordonnance que donnent au présent l'horloge, et l'avenir accourt peut-être en pagaye, chaque moment se bousculant pour se faire, le premier, débiter en tranches. Et peut-être y a-t-il du charme ou de l'horreur, de la grâce ou de l'abjection, dans les mouvements convulsifs de ce qui va être et de ce qui a été.
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CarotteCarotte   11 mars 2008
Sérieuse comme l’aiguille d’horloge, celle qui marque les minutes. Celle qui marque les heures est plus marrante, elle est rondouillarde, elle s’en fait pas, elle attrape toujours l’autre au tournant.
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GuillaumeTMGuillaumeTM   07 juin 2013
– Madame Saphir, la voyante de la rue Taine. Elle s'est installée il y a six mois environ et toutes les bonnes femmes du quartier vont la consulter. Tu y es pas allée, toi ?
– Je suis pas une bonne femme, dit Julia.
– En tout cas, continua Valentin sans insister, la mère Virole va lui envoyer tout le quartier. Elle voulait même me forcer à y aller.
– Pour quoi faire ?
– Pour tout. La santé, les affaires, l'amour, la chance. Mais moi, j'y crois pas et en plus je m'en fous.
– T'as raison.
– Tu n'y es jamais allée, toi ? demanda-t-il timidement de nouveau.
– Il me semble que je te l'aurais dit.
Valentin ne parut pas avoir entendu cette réponse à laquelle Julia avait donné, non sans efforts, un ton piqué.
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Videos de Raymond Queneau (56) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Queneau
Colette, Louis Aragon, Jean Giono, Jules Renard, Raymond Queneau? lus par chacun des Goncourt, en lien avec la comédienne Isabelle Carré. Tous rendent hommage à ces écrivains qui les ont précédés comme académiciens. Un événement exceptionnel animé par Françoise Rossinot, le 8 septembre 2018 à l'Opéra national de Lorraine.
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