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ISBN : 2072721784
Éditeur : Gallimard (20/04/2017)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 71 notes)
Résumé :
L'oeil inconsciemment gris-bleu, la molletière galamment embobinée avec inconscience, le soldat Brû promenait naïvement avec lui tout ce qu'il fallait pour plaire à une demoiselle ni tout à fait jeune ni tout à fait demoiselle. Il ne savait pas. Julia pinça le bras de sa soeur Chantal et dit : - Le v'là. Tapies derrière un entassement brut de bobines et de boutons, elles le regardèrent passer, muettes.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
GuillaumeTM
  08 juin 2013
« Le dimanche de la vie », publié en 1952, est le roman le plus philosophique de Raymond Queneau, le titre étant emprunté à une expression de Hegel citée lors d'un de ses cours sur l'esthétique, au sujet de la peinture flamande du XVIIème siècle.
Queneau se sert de la « Phénoménologie de l'esprit » pour illustrer une histoire finalement assez banale mais aux personnages au caractère bien trempé.
Julia Ségovie, commerçante d'un certain âge, s'éprend d'un jeune soldat (Valentin Brû) dont elle ignore à même le nom et fera tout pour retrouver la trace et se marier avec. Elle finira par arriver à ses fins et vivra avec jusqu'à la mobilisation militaire de celui-ci.
L'évolution du protagoniste Valentin Brû se passe en trois étapes dans ce qui est une sorte de cheminement initiatique. Tout d'abord, il est inconscient de lui-même et donc c'est pour cette raison qu'il n'apparaît pas dans le registre de l'armée. Il obtient une existence à partir du moment où Julia porte un regard sur lui mais ne restant pourtant qu'un jouet entre ses mains, ne faisant qu'obéir à tous ses désirs selon la dialectique maitre-esclave de Hegel. Puis, Valentin commence à apprendre le métier de commerçant et passe à l'étape de l'auto-conscience. Dans la dernière partie du roman, il arrive enfin à une sorte de sagesse ainsi qu'à une connaissance de l'humanité et du monde et c'est pour cette raison qu'il passe presque pour un prophète, car il parvient à prédire l'imminence de la guerre alors que personne n'y croit vraiment. Ces trois étapes peuvent également se situer à un niveau social : le simple soldat inconscient devient un mari, devient un commerçant et ensuite part faire la guerre.
Il y a également cette fascination angoissante du temps qui passe, Valentin n'arrêtant pas de scruter les aiguilles de l'horloge, cherchant à surveiller le temps s'écoulant inexorablement.
Le style de Raymond Queneau, facilement reconnaissable, est toujours aussi plaisant et agréable à lire, n'oubliant jamais de verser dans le second degré malgré l'actualité sulfureuse de l'époque à laquelle se situe l'histoire du livre.
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saphoo
  04 janvier 2018
Queneau j'ai lu il y a fort longtemps c'est avec plaisir que je le retrouve avec ce petit roman. J' apprécie le style déjanté de l'auteur, les personnages un peu loufoques, ainsi que l'ambiance en générale.
C'est un langage qui prête à sourire, et donne de l'humour à l'histoire, même si parfois ça semble un peu tiré par les cheveux, on adhère pour le spectacle qui se joue entre les pages.
Si vous avez envie d'une parenthèse détente, humour, burlesque, lisez un Queneau.
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Sarah_DD
  09 juin 2008
Le style ne se présente plus mais l'histoire était peut-être plus construite ici. Il y avait une "vraie" trame narrative, c'est bien aussi.
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cruzado
  16 février 2012
Queneau avec humour et désinvolture casseur de langage oui, mais cette fois ci avec des personnages bien réels...
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ceanothusceanothus   18 décembre 2013
-Ton mariage ne tiendra pas debout.
Julia dévisagea sa soeur, puis la dépoitrina et enfin la déjamba. Elle lui dit :
- Tu me trouves moche ?
- Non, non tu tiens le coup. Mais vingt, vingt-cinq ans de différence, c'est quelque chose. (...)
-Réponds-moi : tu me trouves déglinguée ?
- Pas du tout.
- Ma frimousse ?
- ça va.
- Mes totoches ?
- ça tient.
- Mes gambettes ?
- Au quai.
- Alors ?
- C'est pas seulement le physique qui compte, dit Chantal, c'est le moral.
- Oh, oh, dit Julia, où as-tu pêcher une bourdante pareille ?
- Cherche pas, je l'ai trouvée toute seule.
- Alors, explique voir.
Chantal faisait allusion aux moeurs des hommes, des hommes mariés, et singulièrement à celles du sien, Paul Boulingra : l'alcoolisme buté, la tabagie autistique, la paresse sexuelle, la médiocrité financière, la lourdeur sentimentale. Seulement voilà, Julia trouvait que sa soeur avait été particulièrement mal servie en la personne de son Popol. Elle cita des types qui ne buvaient que de l'eau comme le mari à la Trendelino, qui ne fumaient comme celui de la Foucolle, qui braisaient à houilles rehaussées comme celui de la Panigère, qui gagnaient largement leur vie comme celui de la Parpillon et qui pouvaient avoir pour leur épouse de délicates attentions comme celui de la Foucolle, déjà cité. Sans compter ceux qui savent remettre un plomb, porter les paquets, conduire la voiture, baisser les yeux lorsqu'ils croisent une pute. Julia pensait bien que son militaire serait de cette espèce, et elle en sourit de plaisir. Ce qui agaça Chantal.
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mathilde08mathilde08   15 juin 2016
Alors Valentin a entrepris de lire. Mais quoi ? Et comment ? Attendre le client le nez dans un journal, ça la fout mal. Le nez dans un livre, c'est encore plus étrange. Valentin adopte une solution connue : glisser l'ouvrage ou la publication dans une chemise portant écrit en belle ronde ce mot : Factures. Encore faut-il ne pas trop se laisser absorber par la lecture. A supposer qu'il y ait là une solution de la question du comment, reste encore la question du quoi. Valentin ne se sent attiré par rien de spécial. Il y a les livres nouveaux recommandés par les gazettes mais ils coûtent des prix assez élevés allant jusqu'à des douze quinze francs. Il y a les auteurs anciens, ceux-là on peut facilement les trouver à la bibliothèque municipale, mais ils sont si nombreux. Par lesquels commencer ? Descendre les siècles ou remonter les générations ? Valentin adopte une méthode concrète : il choisit les plus proches, c'est-à-dire ceux qui ont une rue dans le douzième arrondissement : Charles Baudelaire, Taine, Diderot, Ledru-Rollin, par exemple. La bibliothèque municipale du douzième arrondissement ne possède malheureusement aucun ouvrage de Ledru-Rollin ; cet échec décourage Valentin. Entre-temps, il a trouvé autre chose : il va préparer son baccalauréat.
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GuillaumeTMGuillaumeTM   07 juin 2013
Le temps qui passe, lui, n'est ni beau ni laid, toujours pareil. Peut-être quelquefois pleut-il des secondes, ou bien le soleil de quatre heures retient-il quelques minutes comme des chevaux cabrés. Le passé ne conserve peut-être pas toujours la belle ordonnance que donnent au présent l'horloge, et l'avenir accourt peut-être en pagaye, chaque moment se bousculant pour se faire, le premier, débiter en tranches. Et peut-être y a-t-il du charme ou de l'horreur, de la grâce ou de l'abjection, dans les mouvements convulsifs de ce qui va être et de ce qui a été.
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GuillaumeTMGuillaumeTM   07 juin 2013
– Madame Saphir, la voyante de la rue Taine. Elle s'est installée il y a six mois environ et toutes les bonnes femmes du quartier vont la consulter. Tu y es pas allée, toi ?
– Je suis pas une bonne femme, dit Julia.
– En tout cas, continua Valentin sans insister, la mère Virole va lui envoyer tout le quartier. Elle voulait même me forcer à y aller.
– Pour quoi faire ?
– Pour tout. La santé, les affaires, l'amour, la chance. Mais moi, j'y crois pas et en plus je m'en fous.
– T'as raison.
– Tu n'y es jamais allée, toi ? demanda-t-il timidement de nouveau.
– Il me semble que je te l'aurais dit.
Valentin ne parut pas avoir entendu cette réponse à laquelle Julia avait donné, non sans efforts, un ton piqué.
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CarotteCarotte   11 mars 2008
Sérieuse comme l’aiguille d’horloge, celle qui marque les minutes. Celle qui marque les heures est plus marrante, elle est rondouillarde, elle s’en fait pas, elle attrape toujours l’autre au tournant.
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Videos de Raymond Queneau (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Queneau
La Part des flammes de Gaëlle Nohant aux éditions Livre de Poche
Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers la charismatique duchesse d?Alençon. Au mépris du qu?en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l?assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d?Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d?une politesse exquise qui vous assassine sur l?autel des convenances, la bonté de Sophie d?Alençon leur permettra-t-elle d?échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l?incendie du Bazar de la Charité. Une langue d?une beauté parfaite, veloutée et élégante, des destins peu communs et l?exploration passionnante d?un monde oublié. Une fresque flamboyante. Bernard Babkine, Marie France.
https://www.lagriffenoire.com/6913-romans-la-part-des-flammes.html


Légende d'un dormeur éveillé de Gaelle Nohant aux éditions Héloïse d?Ormesson
En romancière funambule, Gaëlle Nohant a relevé le défi lancé par Queneau : " Il n'y aura pas de connaissance véritable de Desnos tant qu'on n'en aura pas établi la légende. " Fabuleuse investigation littéraire, Légende d'un dormeur éveillé ressuscite quinze ans d'histoire du poète, des années folles à l'Occupation. Une traversée du xxe siècle, vivante et tumultueuse, sur les traces d'un héros dont on ne peut que tomber amoureux. C'est par la fiction qu Gaëlle Nohant choisit d'explorer la vie aussi héroïque qu'engagée de Robert Desnos. Au plus proche de l'artiste, elle épouse ses pas, des Halles à Montparnasse, non sans quelques détours par Cuba ou Belle-Île ; visite son atelier de la rue Blomet ; écoute sa " Clef des Songes " ; suit les séances animées du Café Cyrano en compagnie d'Antonin Artaud, de Prévert et d'Aragon ; danse des nuits entières aux côtés de Kiki et de Man Ray. Pour ce voyage avec Desnos, elle puise dans son ?uvre, sonde les âmes en medium et, comme lui, " parle surréaliste ". S'identifiant à Youki, le grand amour De Robert, elle l'accompagne jusqu'au bout de la route, au camp de Terezín, en juin 1945.
https://www.lagriffenoire.com/88392-divers-litterature-legende-d-un-dormeur-eveille.html
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