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Pierre Ménard (IV) (Traducteur)
ISBN : 2253139548
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1996)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 70 notes)
Résumé :
Au début de ce siècle, une jeune Danoise débarquée en Angleterre, Asta Westerby, confie ses déceptions et ses peines à son journal intime. Quelques décennies plus tard, publié par les soins de Swanny, une de ses filles, le Journal d'Asta est devenu un best-seller. Mais qui donc a écrit à Swanny, des années plus tard, lui affirmant qu'elle n'était pas la fille d'Asta ? Quels liens celle-ci peut-elle avoir avec le fait divers survenu dans une maison voisine - un meurt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
MarcelineBodier
  29 août 2017
"Le journal d'Asta" est certainement le livre qui m'a fait le mieux fait ressentir ce que "coup de foudre" signifie. J'ai eu le coup de foudre pour ce roman. Mais, me suis-je souvent demandé, pourquoi ? Qu'est-ce qui, dans ce livre, a bien pu susciter cela ? Après tout, l'histoire n'est pas spécialement originale, elle repose sur un pitch ténu, des livres à suspense plus complexes sont légion de nos jours... Et puis il est lent. Non, plus exactement, il est exaspérément lent par rapport au désir qu'il suscite de savoir la suite. Donc on ne peut pas le lire : on doit le dévorer. Mais pourtant, qu'est-ce qu'on désire si ardemment savoir... on veut savoir qui était le père biologique d'une vieille dame qui vient de mourir. N'est-ce pas dérisoire ? Comment se fait-il qu'on en ait envie au point d'y passer une nuit blanche ? J'ai toujours eu le sentiment que ce n'était pas uniquement parce que c'était le premier "roman psychologique à suspense" que je lisais, mais qu'il y avait autre chose. Que ce n'était pas uniquement parce qu'il est bien écrit (bien traduit), intelligemment construit, toutes choses qui pourraient tout aussi bien qualifier une rédaction qui mériterait 20/20.
D'abord, on peut – on pouvait, quand je l'ai lu, au 20ème siècle – l'acheter dans une gare. C'est ce que j'ai fait : je n'avais donc pas d'attente particulière par rapport à ce livre. C'est sans doute la meilleure configuration : lire en s'attendant à quelque chose de tiède, de jetable, voire à une légère déception, permet d'être démenti avec d'autant plus de force. Mais si ce n'était que cela, alors en vingt ans, il aurait été enseveli dans mon souvenir par tous les Harlan Coben que j'ai lus – que j'ai consommés, devrais-je dire ! Je n'aurais pas eu envie de le relire plusieurs fois, alors même que pour moi, il n'y a plus aucun suspense sur le dénouement ! Or, Harlan Coben m'a laissé le souvenir de nuits blanches, certes, mais rien sur le contenu de ses romans : je les ai oubliés, je ne les ai jamais relus, ou pire, je les ai peut-être relus sans même m'en rendre compte. Donc il y a autre chose.
On lit en parallèle l'histoire de trois générations : Asta, la mère venue du Danemark un siècle plus tôt, Swanny, la fille dont le père est inconnu, Ann, la petite-fille qui veut comprendre ses origines. Leurs émotions sont mêlées, le livre leur confère à toutes la même actualité, en les faisant toutes ressentir par une seule et même personne, la petite-fille : tout cela donne au lecteur une illusion d'immortalité, le temps de la lecture. Ce livre repousse les limites du temps imparti à une existence humaine. N'est-ce pas l'essence même de la littérature ?
Mais alors, de qui "Le journal d'Asta" est-il l'histoire ? Ruth Rendell a choisi un titre centré sur la mère, Asta. C'est la dernière ruse de son roman. Car ce n'est pas elle, l'héroïne : elle n'est plus de ce monde. C'est l'histoire de sa petite-fille, qui lit le journal de sa grand-mère et cherche des témoignages Mais qu'est-ce que l'histoire d'une petite-fille... sinon la sienne propre, doublée de celle de ses ancêtres, triplée des non-dits familiaux, épaissie du monde fantasmatique de toutes celles et ceux qui l'ont fait naître et grandir. Mais alors... On croit lire un livre, et on pénètre en douce au coeur d'une métaphore de la manière dont nous sommes tous structurés à notre insu : des hommes, des femmes, nous ont précédés, nous les avons connus, ou pas, et nous sommes tous héritiers de ce qu'ils ont vécu, aimé, espéré, souffert, occulté. Surtout de ce qu'ils ont occulté, qui resurgit chez nous sous forme de question sans réponse, sous forme de souffrance sans forme. "Le journal d'Asta" est une histoire particulière, unique, simple, qui prend la forme de nos structures élémentaires et rejoint par là l'universel. Peut-il y avoir réalisation plus aboutie en littérature ?
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Chaplum
  13 juillet 2013
J'ai été véritablement emportée par ce récit qui entrecroise habilement le journal que Asta a commencé à écrire dans les années 1910, à la veille d'accoucher de son troisième enfant, et l'histoire de Ann, sa petite-fille, qui hérite du journal au décès de sa tante Swanny et se rend compte que cette dernière doutait d'être la vraie fille d'Asta. Elle va faire des découvertes qui semblent corroborer cette thèse et certaines rencontres fortuites que sa nouvelle fonction d'éditrice des carnets d'Asta va l'amener à faire seront décisives.
J'ai été séduite par l'ambiance de ce roman qui nous transporte dans le Londres du début du siècle, dans les quartiers riches mais aussi dans les plus délabrés. Les habitations sont décrites avec minutie, ainsi que les moeurs. Mais le Londres actuel n'est pas oublié et la maison de Swanny à Hampstead fait rêver. Ruth Rendell avec un véritable talent de conteuse a écrit un roman que l'on peut qualifier de plusieurs manières. Tragédie familiale couvrant trois générations qui traversent de nombreux malheurs : mariage de convenance, pertes d'enfants, les guerres, deuils, maladies et enfin cette suspicion de la part de Swanny de ne pas être la fille légitime de ses parents. Interrogation à laquelle sa mère ne répondra jamais. Il faut dire que Asta est une femme fantasque, autoritaire et qui aime mener son monde à la baguette. Roman policier aussi car l'histoire familiale d'Asta se mêle à celle d'un meurtre qui s'est déroulé non loin de la maison où ils habitaient à leur arrivée à Londres. Un homme a assassiné sa femme et leur petite fille a disparu. Avec ce mystère, la romancière anglaise réussit à nous tenir en haleine tout au long des pages.
Bref, une réussite que ce roman, un de ceux qu'on termine avec regret, en se demandant quel livre sera à la hauteur pour succéder à une telle lecture !
Lien : http://www.chaplum.com/le-jo..
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Henriette
  06 août 2011
Merveilleux récit assez dickensien dans son thème ("mais d'où vient cet enfant?"), qui en plus d'un suspense certain, dresse un portrait rare de la vie d'une femme danoise imigrée en Angleterre au début du siècle dernier. On retrouve toute la finesse psychologique de Ruth Rendell dans la description de ce personnage pas forcement sympathique, mais intéressant.
Un excellent moment de lecture, malgré quelques longueurs (un petit excès de détails sur des anecdotes secondaires)
Commenter  J’apprécie          70
cmpf
  15 juin 2014

Il s'agit de deux textes entrelacés, les extraits du journal d'une Danoise venant de s'installer en Angleterre qui commence en 1905 et se poursuit sur une cinquantaine d'années, et la vie actuelle de la famille.
Un élément qui m'a plu c'est la comparaison entre la personnalité d'Asta perçue à travers son journal et celle perçue par ses descendantes.
Ruth Rendell est auteur de romans policiers, mais même s'il y a un meurtre et un mystère on est, à mon avis, au-delà d'un polar.
Un grand plaisir de lecture.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
CDIMONNET61CDIMONNET61   15 janvier 2015
Asta manque pleurer de bonheur, mais elle ne le fait pas. Elle ne pleure jamais. De longues minutes durant, elle serre Swanny dans ses bras, l'allaite et la regarde s'endormir, en caressant sa joue aussi douce qu'une prune et en lissant ses fins cheveux blonds.
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