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EAN : 9782955412008
Éditeur : Editions Horlane (30/11/-1)
4.12/5   4 notes
Résumé :
Le vingtième siècle de Robida n'est pas le vingtième siècle que nous connaissons. Plutôt un post-dix-neuvième siècle étonnant, ayant déployé partout les innovations technologiques de la révolution industrielle. Aérocab, téléphonoscope, voyage en tube ; pas de doute, nous sommes bien dans un autre monde, un monde qui inspirera tout un courant culturel : le steampunk. Côté histoire, nous suivons la jeune Hélène Colobry en proie au doute sur son avenir dans un monde qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Le_chien_critique
  02 juillet 2018
Anticiper, c'est souvent se tromper et parfois...
Il y a cent trente cinq ans, Albert Robida inventait CNN, Skype et l'Hyperloop ! Et émancipait la femme.
Un roman d'anticipation satirique, caricaturant les travers de son époque, et imaginant un avenir possible de manière visionnaire. le tout avec humour et second degré.
Trois jeunes femmes reviennent à Paris, leurs études terminées, après plusieurs années d'absence. Leur avenir est tout guidé, leur père étant à la tête d'une grande banque internationale . Seule la dernière, fille adoptive, ne sait pas encore à quelle carrière se vouer. L'occasion de découvrir Paris, la société, les différents métiers et les nouvelles technologies qui se sont déployés durant leur absence.
Côté technologie, Robida invente Skype via son téléphonoscope, on peut s'abonner à des flux d'informations ou alors regarder les chaines d'infos en temps réel, on peut voyager rapidement grâce au tube qui ressemble étrangement à l'hyperloop, et au quotidien, on utilise des aéronefs.... Et l'auteur nous offre même pour le final une "terraformation" continentale !
Côté culture, on peut utiliser le drive culturel : on déambule dans les galeries des musées via des trams, plus besoin de perdre son temps à déambuler dans les galeries. Avec ce vingtième siècle technologique, le temps manque pour se cultiver, heureusement, il y a les Classiques Concentrées, où comment lire une pièce de Shakespeare en 160 caractères. Ou même regarder une pièce de théâtre joué simultanément en trois langues.
Côté sociétal, la femme est émancipée, elle a le droit de vote, peut briguer les grandes carrières. Fini les prénoms féminins trop réducteur, place à Barbe et Barnabette, beaucoup plus sérieux. Plus besoin que bobonne passe des heures à la cuisine, désormais, on s'abonne à des plats préparés qui arrivent directement dans la cuisine.
Son univers futuriste est crédible, car loin d'être une simple énumération d'inventions, il en tire les conséquences possibles, comme les modifications architecturales dû à l'utilisation des aéronefs comme transport personnel.
Et ceci n'est qu'un bref aperçu de cette folle inventivité et ne déflore qu'une petite partie du roman. Il sera aussi question de vie politique, de guerre, de géopolitique...
Critique sociale, mais difficile de savoir où commence la satire, la critique ou le pamphlet. Et à certains moments, difficile de ne pas se demander si ce roman ne cache pas un côté conservateur, voir réac. Pour preuve l'épisode autour des prisons ouvertes et modernes, dont bien des sous entendus parsèment le récit sur la réelle réadaptation sociale des voleurs et des criminels. Ceci dit, la caricature fonctionne et fait sourire.
Le roman pèche cependant sur les personnages rapidement esquissés : un trait de caractère, une profession et basta ! En outre, chaque chapitre met en avant une thématique, une profession via la recherche de travail de la fille adoptive. Cela permet d'avoir une vue d'ensemble de cette société future, mais crée une répétition assez lourde dans l'ensemble et donne une impression de récit épistolaire.
Autre grief, l'auteur parle de la bourgeoisie, celle de la haute, mais ne s'attarde pas sur une vision futuriste des classe laborieuses. Premier tome d'une trilogie, suivront La Guerre au XXe siècle et La Vie électrique, peut-être y trouverais-je un autre regard ?
Le Vingtième Siècle vaut pour son imagination et inventivité assez visionnaire, et satisfera tous les férus d'anticipation, si l'odeur de naphtaline ne les dérange pas néanmoins.
En outre, Albert Robida a illustré lui-même son roman.
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Ys
  27 juillet 2017
Par une belle journée de septembre, trois demoiselles fraîchement émoulues du lycée de Plougadec-les-Cormorans, où elles ont passé les dix dernières années de leur jeune existence, débarquent en gare centrale de Paris pour retrouver leur famille et faire leur entrée dans la vie active.
Actif, il l'est indubitablement, ce glorieux vingtième siècle et les femmes y ont désormais leur place aussi bien que les hommes, pouvant prétendre à des postes aussi prestigieux qu'avocates ou politiciennes. Ce qui convient très bien à Barbe et Barnabette, appelées depuis toujours à reprendre des succursales étrangères de la prestigieuse banque paternelle - mais beaucoup moins à la plus sensible Hélène, parente pauvre protégée par les Ponto, que le droit désarçonne, que la politique consterne, que la finance ennuie, et qui va avoir bien du mal à trouver quelle carrière embrasser. Son regard candide est en revanche parfait pour faire découvrir au lecteur les mille merveilles du Paris de l'an 1952, enlevé tout entier vers les airs depuis que les moyens de communication ont brisé les vieilles limites de la pesanteur.
A sa suite, nous découvrirons les remarquables technologies dont peut s'enorgueillir une grande maison bourgeoise, les nouveaux spectacles et les nouveaux grands monuments, les nouvelles prisons aussi et les étonnantes spécialités des avocates féminines, les arcanes du journalisme moderne et de la politique. Nous nous glisserons sur les bancs De l'Académie Française, assisterons à une révolution, partirons en vacances, pousserons jusqu'en Angleterre mormonne, évoquerons quelques éléments d'histoire et de géopolitique avant de nous envoler pour un grand tour du monde improvisé, où l'homme manifestera une fois de plus que sa formidable inventivité ne connait plus de limites.
A première vue, il est sacrément plus séduisant que le vrai, le vingtième siècle imaginé par Robida ! Bien plus léger, bien plus heureux sans doute, et comment ne pas rêver devant ces fabuleuses créations de la science réinventée, devant ce Paris aérien où l'on vole de tourelle en tourelle loin au-dessus des toits et des ponts, où l'on déjeune sur des terrasses magnifiques avec le monde à ses pieds, où tout semble luxe, plaisir et raffinement. Sauf que ce monde tourné tout entier vers le plaisir, le confort, le progrès, la rentabilité, l'action, est aussi un monde qui relègue aux oubliettes la poésie et le mystère, l'art inutile, la spiritualité et même, semble-t-il, toute forme de réflexion un tant soit peu approfondie. Un monde diablement superficiel, en somme, dans sa folle effervescence, droit héritier de la Belle Epoque et du triomphe sans âme de la grande finance.
Cela reste un livre d'inventif divertissement, où la critique sociale est plus sous-entendue que réellement esquissée, mais le ton un rien pince-sans-rire de l'auteur montre bien qu'il n'est pas entièrement dupe des merveilles qu'il décrit, malgré leur indiscutable séduction, et que certaines formes du progrès sont bien proches du ridicule ou de l'absurde.
Son inventivité, en tout cas, est vraiment formidable, assez visionnaire parfois. Sont ici déjà imaginés l'émancipation féminine, le triomphe de l'énergie électrique, l'accélération des transports (quoique considérablement exagérée !), la conquête de l'air, une certaine mondialisation des échanges et de la culture européenne,une première guerre mondiale, une révolution chinoise, les monstrueuses mégalopoles, la généralisation du téléphone, des équivalents au cinéma, à la télévision, à Skype, le sensationnalisme croissant des spectacles et des actualités vécus en direct live... le tout, évidemment, dans une sauce bien particulière, assez réjouissante à comparer à la réalité des faits qu'on connait aujourd'hui.
Et si les personnages et l'histoire, en eux mêmes, ne sont pas d'un grand intérêt, le plaisir sans cesse renouvellé de la découverte compense largement ce petit défaut. D'autant plus que l'auteur est aussi dessinateur, et a semé son roman d'illustrations aussi abondantes que délicieuses !
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Le_chien_critiqueLe_chien_critique   02 juillet 2018
- En résumé, n'est-ce pas, vous n'êtes bonne à rien !
- J'en ai peur, gémit la pauvre Hélène.
- Bon, ce point nettement établi, la route à suivre est toute tracée…
- Vraiment ? dit Hélène.
- Sans doute ! vous allez prendre la carrière politique…
- Mais…
- Puisque vous ne montrez pas d'aptitudes particulières, puisque vous ne vous sentez pas de dispositions pour autre chose ! Après tout, la carrière politique est une carrière comme une autre et même la plus commode ! c'est la plus belle conquête de 89, mon enfant !... Avant la grande Révolution, on n'avait pas cette ressource, et quand on manquait d'aptitude pour un art, une science ou un métier quelconque, dame, on restait forcément Gros-Jean comme devant !… Maintenant, cette bonne politique est là, qui tend les bras à ceux qui ne pourraient réussir dans une autre carrière…
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   02 juillet 2018
- Enfin, ma chère Hélène, jurisprudence à part, vous voici bachelière ès lettres et ès sciences !
- Oh ! Vous savez qu'il n'est pas bien lourd, le bachot ès lettres. Pour faciliter et abréger les études littéraires, on a inventé les cours de littératures concentrées... Cela ne fatigue pas beaucoup le cerveau... Les vieux classiques sont maintenant condensés en trois pages...
- Excellent ! Ces vieux classiques, ces scélérats grecs et latins ont donné tant de mal à la pauvre jeunesse d'autrefois !
- L'opération qu'on leur a fait subir les a rendus inoffensifs, tout à fait inoffensifs : chaque auteur a été résumé en un quatrain mnémotechnique qui s'avale sans douleur et se retient sans effort... Voulez-vous la traduction concentrée de l'Iliade avec la notice sur l'auteur ?
La voici :
HOMÈRE, auteur grec. Genre : poésie épique. Signe particulier : aveugle.
Sous les murs d'Ilion, dix ans passés, hélas !
Les Grecs ont combattu, conduits par Ménélas,
Ulysse, Agamemnon et le fils de Pelée.
Hector, fils de Priam, périt dans la mêlée.
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