AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070309185
Éditeur : Gallimard (02/06/2005)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 734 notes)
Résumé :
L'univers de Jean-Christophe Rufin pourrait être celui d'un Nouveau Monde. Une démocratie compartimentée, régie par un calendrier où chaque jour a sa valeur, habillée de bulles de verre, assurant une température agréable et idéale toute l'année ; des indicateurs au service d'une protection sociale où dominent psychologues et officiers ; la volonté de faire perdurer les existences ; une prosp&... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
Krout
10 août 2016
Voilà pourquoi je ne suis pas Charlie, pourquoi je ne l'ai pas été, pour quoi je me garderai le plus possible de l'être jamais ! Et dans ce beau cortège panurgien dont la plupart n'avaient jamais lu ni un Hara-Kiri, ni un Charlie Hebdo, je n'aurais pas voulu être présent avec un T-shirt affirmant de face JE NE SUIS PAS CHARLIE et arborant de dos, pour rester dans l'esprit du journal, un magnifique pénis tendu à la verticale en guise de doigt d'honneur et en-dessous INTERDIT D' INTERDIRE. Je me serais fait huer, injurier, molester, jeter à la Seine ou dans le meilleur des cas dans un fourgon cellulaire. Au nom de quoi ? Au nom de cette belle liberté ! Dans une totale unanimité démocratique : "SALAUD LE PEUPLE AURA TA PEAU" ! Tout cela parce que j'aurais voulu défendre, adversaire que je suis des dérives du système, à la manière de Charlie Hebdo, la liberté d'expression.
Dans Globalia démocratie mondiale à pleine maturité n'existent ni Hara-Kiri, ni Charlie Hebdo, ni aucun autre journal à tendance satirique, ni presse contestataire, ni ni ! L'Histoire n'existe plus, elle a été abolie, les livres aussi, tout cela n'a plus cours ; des écrans diffusent en permanence et massivement des recommandations, du sport et ... les dernières infos sur les attentats terroristes venus de l'extérieur. Mais ... que l'on vit confortablement surprotégé dans de grands dômes en plastiques sous un contrôle permanent y compris de la température et du climat, et puis longtemps, longtemps, long... avec une fête annuelle différente chaque jour. LOL Participation socialement obligée, sous peine de stage psychologique de réinsertion : la démocratie globalienne c'est la dictature du plus grand nombre ! Du moins le plus grand nombre le croit : c'est donc forcément vrai !
"Vivre vieux, mourir jeune !" moyennant des transplantations d'organes régulières l'allongement de la vie accroît les besoins et la demande sécuritaire mais n'est qu'une phase temporaire. Oui l'objectif ultime, mortalité zéro et son corollaire impitoyable natalité zéro, est en vue. le tout au profit d'un groupe très restreint de super riches qui ont concentré tout le contrôle de l'économie dans leurs mains. Globalia c'est demain, sauf si c'est déjà aujourd'hui ! A lire absolument, à lire car prophétique, à lire même s'il est déjà trop tard (*).
En plus c'est bien écrit et je me demande si Jean-Christophe Rufin ne deviendrait soudain un ours mal léché. En tout cas j'ai adoré la plupart de ses coups de griffes bien distribués. Un livre qui demande de prolonger la réflexion et de méditer sur ce sujet grave. Et pourquoi ne pas relire et méditer aussi la fable de la Fontaine : le chien et le loup ? Comme quoi se référer à l' Histoire ...

(*) "Réalité augmentée, big data, nano-technologies, clonage, transgenisme, exo-squelettes, robots androïdes, transhumanisme, émergence de post-humains, transcendance de l'intelligence artificielle, université de la singularité... autant de nouveautés qui vont révolutionner le futur, autant de bonnes raisons, me semble-t-il, pour lire ou relire ce roman sous un autre éclairage." Citation extraite de la critique par Krout de L'enfant des lumières de Françoise Chandernagor.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          415
Giwago
21 novembre 2007
A lire ! A lire ! A lire ! J'ai à la fois adoré et détesté ce livre. Adoré parce que ce livre est d'une part très bien écrit, et d'autre part, parce qu'il fait prendre conscience de ce que pourrait devenir le monde. Je l'ai détesté pour les mêmes raisons ! En le lisant je me suis dit à plus d'une reprise : « mais c'est ce qui est en train de se passer », à savoir une uniformisation de la pensée, un nivellement par le bas, un culture qui va s'appauvrissant inexorablement. Dans Globalia le pouvoir n'est plus aux mains des politiques mais aux mains des grands patrons et si l'on regarde bien autour de nous…
C'est un livre essentiel car il fait réfléchir et prendre conscience que l'on peut encore se battre pour ne pas, à notre tour, être enfermés dans Globalia
Commenter  J’apprécie          421
Glesker
07 décembre 2012
"La plus grande menace sur la liberté, c'est la liberté elle-même.
Comment défendre la liberté contre elle-même ?
En garantissant à tous la sécurité. La sécurité, c'est la liberté. La sécurité c'est la protection. La protection c'est la surveillance. La surveillance, c'est la liberté.
La protection ce sont les limites. Les limites, c'est la liberté."
C'est en partant de ce sophisme dérangeant, que J.-C. Rufin décrit une société future imaginaire dont il s'agit du credo : Globalia, .
Un monde dans lequel la démocratie mondialisée est portée jusqu'à un paroxysme tel, qu'elle paraît bien plus effrayante que la plus sournoise des dictatures communistes. Un monde où toutes les libertés sont accordées, à l'exception de celle de réfléchir par soi-même. Un monde où l'hypocrisie est un mode de vie, menée à grand renfort d'euphémismes. Un monde où le passé de l'humanité est censuré, car jugé trop subversif. Un monde constitué d'un ensemble de cités construites sous d'immenses coupoles de verre, totalement coupées du monde extérieur, nié : les non-zones.
Les non-zones dans lesquelles s'entassent un tiers-monde refoulé et diabolisé par Globalia.
Dans ce monde, J.-C. Rufin conte l'histoire d'un jeune Globalien qui cherche à en savoir davantage et qui tente sa chance de l'autre côté des grandes verrières.
Ce que j'ai trouvé intéressant ici, c'est son écho avec notre monde. Il y dénonce les dérives de la mondialisation et l'abondante production de lois et règles destinées à combattre l'insécurité sans jamais traiter le problème à la racine.
J'ai évidemment beaucoup aimé ce roman, et qui conforte mon grand intérêt pour la production de cet auteur, qui appréhende des questions complexes dans des décors variés, le tout avec un style simple et élégant.
Allez, pour terminer une petite citation, tellement vraie ! :
"Les démocraties cultivent leurs ennemis, elles liquident leurs adversaires. Car...
Les ennemis sont ceux qui vous haïssent et qui veulent nous détruire. Alors que...
Les adversaires sont ceux qui nous aiment et qui aimeraient nous transformer."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          281
viou1108
12 septembre 2012
Imaginez (dans quelques siècles ?) un monde où il n'y a plus d'Etats, mais seulement une société unique, civilisée, enfermée sous d'immenses cloches de verre protégeant de la pollution et du Grand Ennemi. En dehors de ces bulles, ce sont les non-zones, qui font figure de taudis moyenâgeux dans un paysage post-apocalyptique façon « la route » de Cormac McCarthy.
Imaginez (dans quelques décennies ?) une société mondialisée, démocratie auto-proclamée, dont la devise serait « Liberté, sécurité, prospérité ». Où la « liberté » est telle qu'on est libre d'être obèse si ça nous chante, mais où les cartes géographiques et les livres ont disparu, et où la liberté des médias est une vaste blague (façon Berlusconi). Où la seule culture est celle de l'ignorance. Où la « sécurité » est devenue « sécuritarisme » paranoïaque et où la cohésion sociale n'est maintenue que grâce à la peur d'un « Ennemi » désigné voire créé de toutes pièces par la Protection Sociale (façon G.W. Bush). Où la « prospérité » se traduit par un hyper consumérisme renforcé par l'obsolescence programmée, par des trafics douteux avec ceux qui règnent sur les non-zones (façon mafia russe), par un contrôle de la démographie où les femmes enceintes sont mises à l'index (façon chinoise), où la jeunesse est une tare et où il faut « vivre vieux et mourir jeune ».
Imaginez (dans quelques années ?) des couloirs aspirants, des vêtements thermoréglables, des canons à beau temps, des aliments synthétiques et des déplacements Los Angeles – Shanghai instantanés.
Imaginez…Ca y est, vous visualisez ? Vous êtes en Globalia, monde idéal qui évoque furieusement les Etats-Unis.
Idéale, cette société aseptisée, sans âme et sans espaces ? Baïkal n'est pas de cet avis. Rebelle, ce jeune homme rêve de s'échapper pour découvrir les non-zones. Parvenu à ses fins en étant manipulé à son insu par la Protection Sociale, il fera connaissance avec les populations locales et se verra contraint à mener la révolte contre Globalia.
Bon roman d'anticipation, fort différent des autres écrits de Rufin. L'auteur crée ici une sorte de « démocratie totalitaire », montrant les dérives et effets pervers de la démocratie actuelle si elle était poussée à l'extrême. Je ne suis pas d'accord avec l'éditeur, qui parle, d'un « grand roman d'amour et d'aventures ». J'ai trouvé le récit des péripéties de Baïkal plutôt ennuyeux, et l'histoire d'amour peu convaincante, j'ai eu l'impression qu'elle ne servait qu'à justifier l'étiquette « roman » plutôt que « essai ». L'humour tombe un peu à plat, et les références aux objets du passé censées drolatiques sont trop pédagogiques pour être vraiment amusantes. La fin du roman n'est pas non plus des plus brillantes et est bien trop gentille à mon goût.
Reste que ce monde nouveau est très bien imaginé et décrit, on pense à Orwell et à Huxley, on s'effraie de constater que les multifonctions et la société de consommation existent déjà, et que donc on n'est peut-être pas si loin de Globalia
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
lerital31
12 mars 2015
Je me suis lancé dans cette lecture un peu par hasard en ce début d'année 2015. le moment était-il bien choisi? Face aux événements terribles qui ont eu lieu en France en janvier, la lecture de Globalia est pour le moins perturbante et pousse vos réflexions vers des territoires "maudits": les fameuses théories du complot. L'auteur est un diplomate français, proche de mouvements humanitaires impliqués dans la géopolitique mondiale, on est loin d'un geek fantasmant les rouages cachés d'une société diabolique, ce qui m'aurais plutôt rassuré...
Je vous laisse découvrir l'histoire des personnages, histoire très réussie à mon goût, je vais plutôt m'attarder sur les idées fortes qui émergent de la société Globalia et qui m'ont marqué pendant cette lecture. La principale: afin de maintenir une cohésion sociale et faire fonctionner la démocratie consumériste, le pouvoir globalien, formé de quelques personnes possédant tous les pans de l'économie, a besoin du terrorisme. Il allie donc un terrorisme créé de toute pièce à une propagande omniprésente afin d'annihiler toute remise en question de la société. 2ème idée forte: le brouillage de l'histoire et le nivellement des cultures par le bas afin de détruire les identités non conformes à la société de consommation. 3ème idée marquante: la méthode choisie pour annuler l'aspect subversif de la littérature: noyer les livres de qualité dans la quantité. 4ème idée: la démocratie fait disparaître tout réel opposant susceptible de l'améliorer mais produit des ennemis qui justifient son existence. Ainsi, elle est indépassable car tout mouvement alternatif est dès sa naissance infiltré et contrôlé. le seul espoir pour l'auteur: une prise de conscience chez les quelques dirigeants de la société, une révolution par le haut.
Je n'ose commenté plus ces quelques idées et vous laisse à vos réflexions...
Lecture orwellienne indispensable!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Citations & extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
ManouBManouB25 juin 2017
L'ennemi c'est celui qui vous hait et veut vous détruire. L'adversaire c'est celui qui vous aime et veut vous transformer...
Commenter  J’apprécie          102
ManouBManouB25 juin 2017
Le problème, je vous l’ai dit, c’est que les gens ont besoin de la peur… Pourquoi croyez-vous qu’ils allument leurs écrans chaque soir ? Pour savoir à quoi ils ont échappé… La peur est rare, voyez-vous. La vraie peur, celle à laquelle on peut s’identifier, celle qui vous frôle au point de vous cuire la peau, celle qui entre dans la mémoire et y tourne en boucle jour et nuit. Et pourtant, cette denrée-là est vitale. Dans une société de liberté, c’est la seule chose qui fait tenir les gens ensemble. Sans menace, sans ennemi, sans peur, pourquoi obéir, pourquoi travailler, pourquoi accepter l’ordre des choses ? Croyez-moi, un bon ennemi est la clef d’une société équilibrée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ManouBManouB25 juin 2017
Par bonheur, le retour d'un être n'est pas seulement l'incarnation du souvenir qu'on avait de lui. C'est sa vie tout entière qui revient, son parfum, sa mimique, le son particulier de sa voix. Celui qui apparaît rapporte d'un coup tout ce qu'il est, ce dont nous nous rappelions et ce que nous avions oublié.
Commenter  J’apprécie          10
ManouBManouB25 juin 2017
Globalia, ou nous avons la chance de vivre, proclamait le psychologue, est une démocratie idéale. Chacun y est libre de ses actes. Or la tendance naturelle des êtres humains est d’abuser de leur liberté, c’est à dire d’empiéter sur celle des autres. La plus grande menace sur la liberté, c’est la liberté elle-même. Comment défendre la liberté contre elle-même ? En garantissant à tous la sécurité. La sécurité c’est la liberté. La sécurité, c’est la protection. La protection, c’est la surveillance. La surveillance, c’est la liberté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
ManouBManouB25 juin 2017
L'obsolescence programmée des choses faisait partie de la vie. Il était acquis qu'elle entretenait le bon fonctionnement de l'économie. Acquérir était un droit mais posséder était contraire au nécessaire renouvellement des productions.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Jean-Christophe Rufin (52) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Christophe Rufin
Payot - Marque Page - Jean-Christophe Rufin - le tour du monde du roi Zibeline
autres livres classés : anticipationVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Global Quiz

Qu'est Globalia?

une cité-état
une principeauté
une planète
une cité perdue

10 questions
12 lecteurs ont répondu
Thème : Globalia de Jean-Christophe RufinCréer un quiz sur ce livre
. .