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ISBN : 2070309185
Éditeur : Gallimard (02/06/2005)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 772 notes)
Résumé :
L'univers de Jean-Christophe Rufin pourrait être celui d'un Nouveau Monde. Une démocratie compartimentée, régie par un calendrier où chaque jour a sa valeur, habillée de bulles de verre, assurant une température agréable et idéale toute l'année ; des indicateurs au service d'une protection sociale où dominent psychologues et officiers ; la volonté de faire perdurer les existences ; une prosp&... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Krout
  10 août 2016
Voilà pourquoi je ne suis pas Charlie, pourquoi je ne l'ai pas été, pour quoi je me garderai le plus possible de l'être jamais ! Et dans ce beau cortège panurgien dont la plupart n'avaient jamais lu ni un Hara-Kiri, ni un Charlie Hebdo, je n'aurais pas voulu être présent avec un T-shirt affirmant de face JE NE SUIS PAS CHARLIE et arborant de dos, pour rester dans l'esprit du journal, un magnifique pénis tendu à la verticale en guise de doigt d'honneur et en-dessous INTERDIT D' INTERDIRE. Je me serais fait huer, injurier, molester, jeter à la Seine ou dans le meilleur des cas dans un fourgon cellulaire. Au nom de quoi ? Au nom de cette belle liberté ! Dans une totale unanimité démocratique : "SALAUD LE PEUPLE AURA TA PEAU" ! Tout cela parce que j'aurais voulu défendre, adversaire que je suis des dérives du système, à la manière de Charlie Hebdo, la liberté d'expression.
Dans Globalia démocratie mondiale à pleine maturité n'existent ni Hara-Kiri, ni Charlie Hebdo, ni aucun autre journal à tendance satirique, ni presse contestataire, ni ni ! L'Histoire n'existe plus, elle a été abolie, les livres aussi, tout cela n'a plus cours ; des écrans diffusent en permanence et massivement des recommandations, du sport et ... les dernières infos sur les attentats terroristes venus de l'extérieur. Mais ... que l'on vit confortablement surprotégé dans de grands dômes en plastiques sous un contrôle permanent y compris de la température et du climat, et puis longtemps, longtemps, long... avec une fête annuelle différente chaque jour. LOL Participation socialement obligée, sous peine de stage psychologique de réinsertion : la démocratie globalienne c'est la dictature du plus grand nombre ! Du moins le plus grand nombre le croit : c'est donc forcément vrai !
"Vivre vieux, mourir jeune !" moyennant des transplantations d'organes régulières l'allongement de la vie accroît les besoins et la demande sécuritaire mais n'est qu'une phase temporaire. Oui l'objectif ultime, mortalité zéro et son corollaire impitoyable natalité zéro, est en vue. le tout au profit d'un groupe très restreint de super riches qui ont concentré tout le contrôle de l'économie dans leurs mains. Globalia c'est demain, sauf si c'est déjà aujourd'hui ! A lire absolument, à lire car prophétique, à lire même s'il est déjà trop tard (*).
En plus c'est bien écrit et je me demande si Jean-Christophe Rufin ne deviendrait soudain un ours mal léché. En tout cas j'ai adoré la plupart de ses coups de griffes bien distribués. Un livre qui demande de prolonger la réflexion et de méditer sur ce sujet grave. Et pourquoi ne pas relire et méditer aussi la fable de la Fontaine : le chien et le loup ? Comme quoi se référer à l' Histoire ...

(*) "Réalité augmentée, big data, nano-technologies, clonage, transgenisme, exo-squelettes, robots androïdes, transhumanisme, émergence de post-humains, transcendance de l'intelligence artificielle, université de la singularité... autant de nouveautés qui vont révolutionner le futur, autant de bonnes raisons, me semble-t-il, pour lire ou relire ce roman sous un autre éclairage." Citation extraite de la critique par Krout de L'enfant des lumières de Françoise Chandernagor.
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kuroineko
  30 juillet 2017
Avec Globalia, Jean-Christophe Rufin s'inscrit comme héritier des Orwell, Huxley et compagnie. Globalia consiste en une démocratie universelle à l'échelle mondiale. Elle se targue d'assurer la liberté et la sécurité à tous ses citoyens (sujets?). Ceux-ci vivent dans des zones sécurisées par des dômes de verre qui assurent un climat continu autant que la sûreté.
Globalia représente également la garantie de la démocratie et du bonheur absolus. Ce monde sous verre coule les Globaliens dans une béatitude artificielle. Consommer est l'activité principale. Les écrans omniprésents vantent à tout instant les mérites des produits à acquérir d'urgence. L'espérance de vie a été repoussée à des limites à peine imaginables grâce à la chirurgie esthétique et le remplacement des organes et éléments défectueux par des pièces renouvelables. Ça m'a fait penser au film Immortel, ad vitam d'Enki Bilal en 2004.
Avec ce processus de régénérescence s'est opéré un renversement des préférences. La jeunesse est dénigrée, voire haïe, au profit de la maturité. L'âge moyen pour son premier enfant est d'environ soixante ans. Certains jeunes subissent des opérations pour se vieillir et échapper à l'opprobre anti-jeune.
A côté de ces cités idéales fusionnées en un seul et même État existent des territoires sauvages, à l'air libre, indéfinis. Tant et si bien qu'ils sont appelés "non-zone". Il existe bien évidemment une propagande globalienne à propos de ces espaces. Et qui se met un peu trop en contradiction avec les valeurs de la cité se retrouve exilé dans ces non-zones.
L'histoire de Baïkal le rebelle, Kate sa fiancée et Puig un journaliste remercié avant que d'être permettent au lectorat de lever le voile des réalités de cette planète Terre à la fois si proche et si éloignée de nous. Manigances politiques et militaires parcourent le roman, chassant un terrorisme omniprésent créé par eux-mêmes. Et oui, la peur fédère plus que tout autre chose et c'est le constat cynique sur lequel se base une sorte d'éminence grise plénipotentiaire.
Globalia est une uchronie où se mêle aventures et réflexion. le roman se lit sans ennui et offre du grain à moudre pour penser l'avenir. Tant d'un point de vue politique (cette démocratie absolue produit plus d'effroi que d'envie) que de l'humanité. En le lisant, j'ai songé aux divers articles lus à propos du transhumanisme et de l'humanité améliorée. Ici, on est en plein dedans avec la mort sans cesse repoussée grâce à la technologie médicale. le Globalien, en vieillissant, devient un assemblage de pièces détachées, rivé à ses écrans, à ses achats et aux fêtes qui ponctuent quasi quotidiennement le calendrier de Globalia.
Jean-Christophe Rufin a créé un monde plausible et bien orchestré. Il reste des zones d'ombre sur lesquelles il a vite passé (les voyages d'une zone sécurisées à l'autre notamment et d'autres plus importantes). En même temps, il se devait de coller à son intrigue sans se perdre dans les explications didactiques. On suit avec intérêt ses personnages principaux, bien qu'ils souffrent parfois d'aspect caricatural. J'ai beaucoup apprécié l'association Walden et le personnage de Monsieur Wise (un nom qui lui va comme un gant).
Un petit bémol pour l'écriture, comme pour Katiba. Je n'ai pas trouvé son style extraordinaire. Efficace et agréable à lire mais sans plus. le fond rattrape sans problème la forme et Globalia restera, je crois, longuement fixé dans ma mémoire.
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Giwago
  21 novembre 2007
A lire ! A lire ! A lire ! J'ai à la fois adoré et détesté ce livre. Adoré parce que ce livre est d'une part très bien écrit, et d'autre part, parce qu'il fait prendre conscience de ce que pourrait devenir le monde. Je l'ai détesté pour les mêmes raisons ! En le lisant je me suis dit à plus d'une reprise : « mais c'est ce qui est en train de se passer », à savoir une uniformisation de la pensée, un nivellement par le bas, un culture qui va s'appauvrissant inexorablement. Dans Globalia le pouvoir n'est plus aux mains des politiques mais aux mains des grands patrons et si l'on regarde bien autour de nous…
C'est un livre essentiel car il fait réfléchir et prendre conscience que l'on peut encore se battre pour ne pas, à notre tour, être enfermés dans Globalia
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viou1108
  12 septembre 2012
Imaginez (dans quelques siècles ?) un monde où il n'y a plus d'Etats, mais seulement une société unique, civilisée, enfermée sous d'immenses cloches de verre protégeant de la pollution et du Grand Ennemi. En dehors de ces bulles, ce sont les non-zones, qui font figure de taudis moyenâgeux dans un paysage post-apocalyptique façon « la route » de Cormac McCarthy.
Imaginez (dans quelques décennies ?) une société mondialisée, démocratie auto-proclamée, dont la devise serait « Liberté, sécurité, prospérité ». Où la « liberté » est telle qu'on est libre d'être obèse si ça nous chante, mais où les cartes géographiques et les livres ont disparu, et où la liberté des médias est une vaste blague (façon Berlusconi). Où la seule culture est celle de l'ignorance. Où la « sécurité » est devenue « sécuritarisme » paranoïaque et où la cohésion sociale n'est maintenue que grâce à la peur d'un « Ennemi » désigné voire créé de toutes pièces par la Protection Sociale (façon G.W. Bush). Où la « prospérité » se traduit par un hyper consumérisme renforcé par l'obsolescence programmée, par des trafics douteux avec ceux qui règnent sur les non-zones (façon mafia russe), par un contrôle de la démographie où les femmes enceintes sont mises à l'index (façon chinoise), où la jeunesse est une tare et où il faut « vivre vieux et mourir jeune ».
Imaginez (dans quelques années ?) des couloirs aspirants, des vêtements thermoréglables, des canons à beau temps, des aliments synthétiques et des déplacements Los Angeles – Shanghai instantanés.
Imaginez…Ca y est, vous visualisez ? Vous êtes en Globalia, monde idéal qui évoque furieusement les Etats-Unis.
Idéale, cette société aseptisée, sans âme et sans espaces ? Baïkal n'est pas de cet avis. Rebelle, ce jeune homme rêve de s'échapper pour découvrir les non-zones. Parvenu à ses fins en étant manipulé à son insu par la Protection Sociale, il fera connaissance avec les populations locales et se verra contraint à mener la révolte contre Globalia.
Bon roman d'anticipation, fort différent des autres écrits de Rufin. L'auteur crée ici une sorte de « démocratie totalitaire », montrant les dérives et effets pervers de la démocratie actuelle si elle était poussée à l'extrême. Je ne suis pas d'accord avec l'éditeur, qui parle, d'un « grand roman d'amour et d'aventures ». J'ai trouvé le récit des péripéties de Baïkal plutôt ennuyeux, et l'histoire d'amour peu convaincante, j'ai eu l'impression qu'elle ne servait qu'à justifier l'étiquette « roman » plutôt que « essai ». L'humour tombe un peu à plat, et les références aux objets du passé censées drolatiques sont trop pédagogiques pour être vraiment amusantes. La fin du roman n'est pas non plus des plus brillantes et est bien trop gentille à mon goût.
Reste que ce monde nouveau est très bien imaginé et décrit, on pense à Orwell et à Huxley, on s'effraie de constater que les multifonctions et la société de consommation existent déjà, et que donc on n'est peut-être pas si loin de Globalia
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Glesker
  07 décembre 2012
"La plus grande menace sur la liberté, c'est la liberté elle-même.
Comment défendre la liberté contre elle-même ?
En garantissant à tous la sécurité. La sécurité, c'est la liberté. La sécurité c'est la protection. La protection c'est la surveillance. La surveillance, c'est la liberté.
La protection ce sont les limites. Les limites, c'est la liberté."
C'est en partant de ce sophisme dérangeant, que J.-C. Rufin décrit une société future imaginaire dont il s'agit du credo : Globalia, .
Un monde dans lequel la démocratie mondialisée est portée jusqu'à un paroxysme tel, qu'elle paraît bien plus effrayante que la plus sournoise des dictatures communistes. Un monde où toutes les libertés sont accordées, à l'exception de celle de réfléchir par soi-même. Un monde où l'hypocrisie est un mode de vie, menée à grand renfort d'euphémismes. Un monde où le passé de l'humanité est censuré, car jugé trop subversif. Un monde constitué d'un ensemble de cités construites sous d'immenses coupoles de verre, totalement coupées du monde extérieur, nié : les non-zones.
Les non-zones dans lesquelles s'entassent un tiers-monde refoulé et diabolisé par Globalia.
Dans ce monde, J.-C. Rufin conte l'histoire d'un jeune Globalien qui cherche à en savoir davantage et qui tente sa chance de l'autre côté des grandes verrières.
Ce que j'ai trouvé intéressant ici, c'est son écho avec notre monde. Il y dénonce les dérives de la mondialisation et l'abondante production de lois et règles destinées à combattre l'insécurité sans jamais traiter le problème à la racine.
J'ai évidemment beaucoup aimé ce roman, et qui conforte mon grand intérêt pour la production de cet auteur, qui appréhende des questions complexes dans des décors variés, le tout avec un style simple et élégant.
Allez, pour terminer une petite citation, tellement vraie ! :
"Les démocraties cultivent leurs ennemis, elles liquident leurs adversaires. Car...
Les ennemis sont ceux qui vous haïssent et qui veulent nous détruire. Alors que...
Les adversaires sont ceux qui nous aiment et qui aimeraient nous transformer."
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Citations & extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
claireogieclaireogie   25 janvier 2011
On observe attentivement les deux camps qui s'affrontent et on voit comment chacun s'y prend. Il y en a toujours un qui est plus insolent, plus agressif, moins adroit. On déclare que celui-là est le méchant. Peu importe qu'il ait tort ou raison en réalité. Après, on met la machine en route. Tout doit être utilisé pour noircir le méchant : les écrans l'accusent de voler, de violer, de piller, etc. Et l'autre, le gentil, on vous l'habille vite fait en parfaite victime. Ce n'est pas très difficile de commander quelques bons reportages sur les femmes et les enfants qui souffrent. (...) Ensuite, on vous rend le tout, mon général, et vous n'avez plus qu'à taper sur le méchant et à envoyer l'aide humanitaire à la victime.
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claireogieclaireogie   25 janvier 2011
Chaque fois que les livres sont rares, ils résistent bien. À l'extrême, si vous les interdisez ils deviennent infiniment précieux. Interdire les livres, c'est les rendre désirables. Toutes les dictatures ont connu cette expérience. En Globalia, on a fait le contraire : on a multiplié les livres à l'infini. On les a noyés dans leur graisse jusqu'à leur ôter toute valeur, jusqu'à ce qu'ils deviennent insignifiants.
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viou1108viou1108   01 septembre 2012
- Chaque fois que les livres sont rares, ils résistent bien. A l'extrême, si vous les interdisez ils deviennent infiniment précieux. Interdire les livres, c'est les rendre désirables. Toutes les dictatures ont connu cette expérience. En Globalia, on a fait le contraire: on a multiplié les livres à l'infini. On les a noyés dans leur graisse jusqu'à leur ôter toute valeur, jusqu'à ce qu'ils deviennent insignifiants.
Et en soupirant, il ajouta:
- Surtout dans les dernières époques, vous ne pouvez pas savoir la nullité de ce qui a été publié.
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MarcBibliothecaMarcBibliotheca   03 juin 2009
Il était sincèrement convaincu de la chance qu'il avait de vivre dans une démocratie parfaite. Voilà que peu à peu, il se mettait à douter et cela le rendait mal à l'aise. Il trouvait à la foule un air avachi. Comme à l'ordinaire et malgré la fête, des flots de badauds sortaient des centres commerciaux, poussant des chariots remplis de choses inutiles et douces. A peine assouvis, ces désirs artificiels seraient tout aussi tôt trahis : (...) L'obsolescence programmée des choses faisait partie de la vie. Il était acquis qu'elle entretenait le bon fonctionnement de l'économie.
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kuroinekokuroineko   24 juillet 2017
- Chaque fois que les livres sont rares, ils résistent bien. A l'extrême, si vous les interdisez ils deviennent infiniment précieux. Interdire les livres, c'est les rendre désirables. Toutes les dictatures ont connu cette expérience. En Globalia, on a fait le contraire : on a multiplié les livres à l'infini. On les a noyés dans leur graisse jusqu'à leur ôter toute valeur, jusqu'à ce qu'ils deviennent insignifiants.
Et en soupirant, il ajouta:
- Surtout dans les dernières époques, vous ne pouvez pas savoir la nullité de ce qui a été publié.
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Vidéo de Jean-Christophe Rufin
Jean-Christophe Rufin, le Tour du monde du roi Zibeline .Jean-Christophe Rufin présente son livre « le Tour du monde du roi Zibeline » paru aux éditions Gallimard http://www.laprocure.com/tour-monde-roi-zibeline-jean-christophe-rufin/9782070178643.html
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