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EAN : 9782877067966
158 pages
Editions de Fallois (09/05/2012)
3.77/5   31 notes
Résumé :
Quatrième de couverture :
Quelques années après les événements de Mai 1968, où le doute s'était emparé des esprits - crise universitaire, crise sociale, crise des valeurs -, Jacqueline de Romilly a tenu à nous dire, dans un texte bref et plein de fougue, ce que la crise lui avait au contraire révélé, sa foi dans l'homme, son esprit, sa liberté, son goût de la vérité et du bien, bref, ses convictions.
Resté inédit jusqu'à aujourd'hui, ce livre permettr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Dans un ouvrage plus récent (petites leçons sur le grec ancien), la célèbre helléniste rendait hommage à la langue grecque et à ses grands auteurs et expliquait comment cette langue ancienne a pénétré tout notre vocabulaire en permettant même la construction de mots nouveaux adaptés à l'évolution technique et scientifique. Ainsi le préfixe Télé vient du grec « têle », signifiant « au loin, à distance ». On le retrouve dans télégraphe (1792), téléphone (1834), télévision (1913) et téléchargement (1985). Des mots nés au Ve siècle et que l'on prononce ou entendons tous les jours ! En somme une langue morte dont l'âme a survécu jusqu'à nos jours !

Dans son livre « Ce que je crois », rédigé au début des années 1970, « années de transition ou de mutation » comme on dit souvent de toutes les décennies, Jacqueline de Romilly s'exprime non pas seulement en tant qu'historienne ou spécialiste du monde grec, mais comme simple témoin de son époque. Elle tente de trouver dans les méandres de notre temps un fil conducteur qui relie le passé au présent pour mieux appréhender le futur. Elle témoigne de son optimisme malgré les épreuves qui entravent la marche de l'humanité. Guidée par la passion de comprendre, qui représente à ses yeux une des plus hautes fonctions de l'homme, elle nous explique comment la littérature grecque l'a aidée depuis toujours à vivre une vie pleine et heureuse. Elle démontre la finesse et la précision de la langue grecque et regrette le relâchement de la qualité de l'expression moderne : « On se parle peu de nos jours, et les mots, pour chacun, s'inscrivent dans des registres différents, d'où naît un perpétuel malentendu ».

Elle aime l'importance que les Grecs donnaient à la lumière, elle évoque notamment la métaphore de la caverne de Platon. Selon elle les Grecs aimaient par-dessus tout la justice, qui était pour eux la vertu cardinale, à laquelle devaient obéir et les dieux et les hommes, et l'univers et les cités. Elle nous enjoint de s'imprégner de cette culture non pas dans un retour en arrière nostalgique, car elle est elle-même résolument tournée vers le temps présent et l'avenir, mais afin de s'abreuver d'une sagesse et d'un esprit utile à notre temps.

Cet essai publié en 1974 nous parle encore même si Jacqueline de Romilly reste humble sur l'impact que pourrait avoir son livre qu'elle présente simplement comme un témoignage personnel qui vise à faire entendre sa voix dans une époque ou tout le monde parle de malaise : malaise des jeunes et malaise des adultes, malaise des arts et de la politique, malaise de la société. Elle a trouvé naturel de présenter sa vision des choses, sa manière d'aborder la vie. Il ne s'agit pas d'un texte philosophique, mais d'un simple témoignage qui ne prétend pas apporter un remède ou une solution toute faite à nos problèmes, mais propose simplement d'appliquer le baume apaisant de la littérature et plus généralement de la culture grecque sur nos plaies.

– « Ce que je crois », Jacqueline de Romilly, le livre de poche (2014, première édition 1974), 156 pages
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Voici un essai criant de vérité. Cette Académicienne nous amène à nous interroger sur notre façon de vivre un peu trop individualiste. Tout au long de ces pages, elle nous lance un appel à une conscientisation d'un «humanisme moderne» qui r...epose sur la pensée grecque, sur le retour de cette valeur oubliée qui est le respect, de l'importance de l'enseignement, de la littérature et de l'Histoire. Il est des livres qui vous inspirent, en voici un.
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Bonjour, un essai aujourd'hui avec "Ce que je crois" de Jacqueline de Romilly. Ce livre écrit en 1974 reste d'actualité. Elle nous parle de la Grèce bien entendu mais pour expliquer son modèle d'humanité. le livre est divisé en 4 parties, j'ai adoré la première sur la lumière, un peu moins les autres mais cela reste très actuel. Une réflexion sur notre monde et celui à venir. Finalement nous en sommes au même stade qu'il y a presque 50 ans. On retrouve la chaleur, la simplicité de l'écriture de Jacqueline de Romilly. l'humanité ne s'améliore pas.
Quatrième de couv.Quelques années après les événements de Mai 1968, où le doute s'était emparé des esprits - crise universitaire, crise sociale, crise des valeurs -, Jacqueline de Romilly a tenu à nous dire, dans un texte bref et plein de fougue, ce que la crise lui avait au contraire révélé, sa foi dans l'homme, son esprit, sa liberté, son goût de la vérité et du bien, bref, ses convictions.
Resté inédit jusqu'à aujourd'hui, ce livre permettra à ses lecteurs fidèles de retrouver sa personnalité chaleureuse et résolue.
Les quatre chapitres de cet essai évoquent successivement l'émerveillement grec devant la lumière, le bonheur qu'assure la solidarité entre les citoyens, les joies et les bienfaits de la littérature, et la nécessité de la transmission du passé pour enrichir la modernité.
Loin de toute polémique, ce livre est un appel à une nouvelle forme d'humanisme, conjuguant rationalisme et affectivité sereine, nourri des acquis du passé, où chacun se sente acteur de sa propre histoire comme de l'aventure collective à laquelle il participe - en somme un appel au sursaut !
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Le livre d'une époque, celle des seventies avec crise universitaire, crise sociale, crise des valeurs et les esprits doutent de tout. Lucide, consciente des mutations en cours et en devenir, Jacqueline de Romilly, philologue, écrivain, professeur et helléniste française, se jette dans l'écriture d'un essai, "Ce que je crois", en fait "Ce que l'expérience grecque peut nous aider à croire, en 1974". Sa foi dans l'homme, son esprit, sa liberté, son goût de la vérité, ses convictions. Appel à une nouvelle forme d'humanisme où cohabiteraient rationalisme et affectivité sereine, nourri des acquis du passé, son récit procure une décharge, voire l'électrochoc, conduit au sursaut: nous devons tous nous sentir acteur de notre propre histoire comme de l'aventure collective. Loin de toute polémique et empli de fougue,
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L'individualisme est perverti, nous n'avons plus l'idée du collectif. J'aime l'idée pour autant que l'individu ne se dilue pas dans le collectif, ce qui est en soi le propre non de l'humanisme mais des dogmatismes et des totalitarismes.
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critiques presse (1)
Lexpress
10 juillet 2012
Incisif, l'ouvrage posthume de l'émérite helléniste sur l'expérience de Mai 68 reste d'actualité.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
"Ce que je crois" signifie pour beaucoup une croyance, religieuse ou positiviste, qui englobe une théorie sur l'évolution de la vie et sur les fins dernières de l'homme. J'avoue ne pas me sentir assez sûre de moi en ce domaine pour révéler mes opinions, qui sont d'ailleurs incertaines et variables. Mais je crois à quelque chose. Et comme nous ne vivons plus, du moins en France, à l'âge des guerres de religion,, j'éprouve au fond de moi le sentiment, peut-être scandaleux, que les diverses formes de foi - fût-ce la foi rationaliste- se rejoignent en un certain sens. Elles traduisent toutes un besoin de transcendance, ou au moins un même recours à des valeurs avec lesquelles on ne transige pas. Or, quelles que soient ces valeurs, la vie ne me paraît digne d'être vécue que si elle possède une telle dimension. Je serais même volontiers intolérante à l'égard de ceux qui ne croient en rien et ne visent à rien.
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... Le civisme commence avant le patriotisme; et il est plus difficile à l'entretenir. Car il implique que l'on pense, d'abord et toujours à l'intérêt commun. Le civisme est de ne pas jeter n'importe où les papiers sales, de ne pas tricher avec le fisc, de ne jamais rien détruire de ce qui est le bien de tous... C'est aussi quelque chose de plus positif, qui consiste à ressentir au coeur, en dépit de tous les tracas et de tous les sacrifices, la chaleur directe de la solidarité.
Cette solidarité est, à mes yeux, irremplaçable.
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Car, s'il est une chose au monde en laquelle je crois, et sans réserve, c'est sans nul doute la littérature. Je crois aux joies et aux leçons qu'elle donne. Je crois aussi à l'aide qu'elle peut apporter dans les rapports entre les hommes et à l'importance qu'elle doit garder - avec la culture, dont elle fait partie - dans toute société humaine.
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Le cri me fait facilement peur, parce qu'il implique une abdication du langage en une violence inarticulée.
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...Ce matin, comme tous les matins de septembre, j'ai été, moi aussi, voir mûrir la figue. J'ai d'ailleurs constaté que les oiseaux s'en étaient régalés avant moi. Mais c'était déjà merveille que le figuier existe, et les oiseaux.
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Videos de Jacqueline de Romilly (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline de Romilly
Affinités électives. Par Francesca Isidori - Avec Jacqueline de Romilly. Le 10 mai 2007, Francesca Isidori recevait la femme de lettres Jacqueline de Romilly pour l’émission “Affinités électives”, diffusée sur France Culture. Photographie : Jacqueline de Romilly © AFP Alexandre Fernandes. Née à Chartres, en 1913 (fille de Maxime David, professeur de philosophie, mort pour la France, et de Jeanne Malvoisin), elle a épousé en 1940 Michel Worms de Romilly. Elle a effectué sa scolarité à Paris : au lycée Molière (lauréate du Concours général, la première année où les filles pouvaient concourir), à Louis-le-Grand, à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (1933), à la Sorbonne. Agrégée de lettres, docteur ès lettres, elle enseigne quelques années dans des lycées, puis devient professeur de langue et littérature grecques à l'université de Lille (1949-1957) et à la Sorbonne (1957-1973), avant d'être nommée professeur au Collège de France en 1973 (chaire : La Grèce et la formation de la pensée morale et politique). Du début à la fin, elle s'est consacrée à la littérature grecque ancienne, écrivant et enseignant soit sur les auteurs de l'époque classique (comme Thucydide et les tragiques) soit sur l'histoire des idées et leur analyse progressive dans la pensée grecque (ainsi la loi, la démocratie, la douceur, etc.). Elle a également écrit sur l'enseignement. Deux livres sortent de ce cadre professionnel ou humaniste : un livre sur la Provence, paru en 1987, et un roman, paru en 1990. Après avoir été la première femme professeur au Collège de France, Jacqueline de Romilly a été la première femme membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1975) et a présidé cette Académie pour l'année 1987. Elle est membre correspondant, ou étranger, de diverses académies : Académie du Danemark, British Academy, Académies de Vienne, d'Athènes, de Bavière, des Pays-Bas, de Naples, de Turin, de Gênes, American Academy of Arts and Sciences, ainsi que de plusieurs académies de province ; et docteur honoris causa des universités d'Oxford, d'Athènes, de Dublin, de Heidelberg, de Montréal et de Yale University ; elle appartient à l'ordre autrichien “Ehrenzeichen für Wissenschaft und Kunst” et a reçu, en 1995, la nationalité grecque et est nommée, en 2001, ambassadeur de l'Hellénisme. Elle a aussi reçu de nombreux prix : Prix Ambatiélos de l'Académie des inscriptions et belles-lettres(1948), prix Croiset de l'Institut de France (1969), prix Langlois de l'Académie française (1974), Grand prix d'Académie de l'Académie française (1984), prix Onassis (Athènes, 1995). Ella est élue à l'Académie française, le 24 novembre 1988, au fauteuil d'André Roussin (7e fauteuil). Son dernier ouvrage : “Tragédies Grecques au fil des ans” paraîtra en juin 2007 aux éditions des Belles Lettres. Il s'agit d'un recueil d'études sur la tragédie grecque du dernier tiers du Ve siècle av. J.-C. et ses rapports avec les mouvements intellectuels athéniens. Jacqueline Worms de Romilly, née Jacqueline David le 26 mars 1913 à Chartres et morte le 18 décembre 2010. Invitée : Jacqueline de Romilly Source : France Culture
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