AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Marie-Claire Pasquier (Traducteur)
ISBN : 2070120163
Éditeur : Gallimard (01/10/2009)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 250 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Gallimard, Du monde entier - 08/2009)
ISBN : 9782070120161


Après onze ans de réclusion volontaire dans la campagne du Massachusetts, Zuckerman remet les pieds à New York, pour une intervention bénigne mais qui le renvoie à sa déchéance physique.

Dans la ville accablée par la réélection inattendue de George W. Bush, trois rencontres vont bouleverser ses plans : Amy Bellette, vie... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  18 septembre 2018
Je ferai court, par pudeur, pour témoigner de mon admiration pour ce roman qui m'a bouleversée.
Retrouver Nathan Zuckermann, le double fictionnel de Philip Roth, vingt ans après avoir fait sa connaissance et avec toujours - mais seulement - vingt ans de moins, dans cette complexion-là de corps et d'esprit est en soi un moment d'émotion intense et éprouvant : retiré du monde depuis dix ans, diminué physiquement, Nathan Zuckermann fait l'expérience douloureuse à l'occasion d'un passage à New York d'avoir de nouveau et contre toute attente, envie d'une femme.
Loin du caractère libidineux et voyeuriste qu'on a pu reprocher à ce livre, je me suis retrouvée en empathie profonde avec cet homme vieillissant, lucide face à la mort qui s'annonce et si élégamment désespéré de n'avoir plus rien à mettre en face d'une dernière pulsion de vie, ni illusions ni mécanique d'un corps devenu défaillant.
Comme quoi, n'en déplaise aux pourfendeurs "d'intellos", une émotion cérébrale peut résonner aussi puissamment dans le corps qu'un coup au coeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
medsine
  01 octobre 2012
Exit le fantôme tinte comme le glas célébrant un grand auteur, Philip Roth, et son double littéraire, le non moins révéré Nathan Zuckerman. Ce dernier décide après onze ans d'ermitage dans le Massachusetts de revenir quelques jours à New-York pour tenter une opération qui, espère-t-il, lui permettra de recouvrer un usage maîtrisé de son pénis. Après avoir subi une intervention ayant réussi à vaincre son cancer de la prostate le vieil homme a malheureusement été réduit à l'impuissance et l'incontinence. Il supporte très mal cette dégradation physique qu'il ressent davantage qu'un handicap, comme « une tâche », une grande humiliation. Son retour à New-York est bouleversé par deux rencontres.
La première est une vieille connaissance, la muse de son ancien mentor E. I. Lonoff, depuis longtemps mort et oublié. Amy Belette, n'est plus la jeune fille qui l'avait troublé dans sa jeunesse il y a près de 50 ans. Elle aussi a connu le cancer. Elle est en rémission d'une tumeur à la tête. Celle-ci est harcelée, comme Zuckerman, par un jeune écrivain débordant d'ambition et voulant écrire une biographie de Lonoff. Veut-il réhabiliter la puissance littéraire de leur idole ou faire simplement un « coup » en dévoilant un sombre secret sur la jeunesse de l'auteur ? Zuckerman et Amy Belette se confient et tombent d'accord pour ne pas aider le jeune biographe.
La deuxième rencontre est Jamie, une jeune femme, écrivaine, héritière d'une grande famille texane mais néanmoins révoltée par la réélection de George W. Bush. Zuckerman est immédiatement sous le charme. Renvoyé à son impuissance il ne peut que regretter l'homme qu'il était il y a quelques années. Jamie admire l'écrivain Zuckerman, elle est troublée par les avances du vieil homme.
Ce roman est plein de fantômes. Chacun a le sien. Certains sont des êtres chers disparus, comme Lonoff pour Amy Belette. Pour Zuckerman, il s'agit de lui-même, l'homme qu'il n'est plus et dont il ne parvient plus qu'à se rappeler par bribes (il est affecté par des pertes de mémoire de plus en plus préoccupantes) ou dont il perçoit des traits dans le comportement et l'enthousiasme du jeune écrivain biographe. Pour Jamie, le fantôme qui la hante est son père, riche Texan sec, souvent odieux qu'elle a rejeté mais qui revient sans cesse dans les histoires qu'elle raconte.
Un livre sur la mémoire et la finitude des hommes.
27 septembre 2012
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
cprevost
  13 décembre 2009
Avec son dernier roman traduit en français, Philip Roth fait preuve, une nouvelle fois, d'une singulière virtuosité. « Exit le fantôme » est à la fois mélancolique et moqueur, ancré dans le réel le plus brutal et méditatif. L'histoire pourtant qu'il nous sert est d'une invraisemblable banalité. Quelques peccadilles et quelques jours passés à New York. Nathan Zukerman – le vieil homme, double en papier de l'auteur – lutte avec les séquelles de son cancer de la prostate. Il a en effet accepté une intervention chirurgicale. Voila qu'il se remet à espérer, voila que ressurgit le désir… Mais la libido de ce vieux et irrémédiablement impuissant séducteur est ce que cela nous intéresse ?
Philip Roth heureusement joue en maître avec le récit, il est comme toujours époustouflant d'intelligence. Certes, Zuckerman décide de faire un échange d'appartement et tombe bien amoureux de Jamie la jeune et riche apprentie écrivain. Trois coups de patte de l'auteur suffisent cependant à réintroduire de la complexité dans le texte : Zuckerman croise Amy Belette ancienne et mourante compagne de l'écrivain E.I. Lonoff qu'il admirait ; le jeune et agressif Richard Kliman écrit la biographie scandaleuse de cet écrivain ; le très médiocre fils Bush est inexplicablement réélu pour la deuxième fois … le tour est joué !
Philip Roth est universel lorsqu'il traite de la finitude de l'Etre humain et du renoncement qui l'accompagne. Il nous touche lorsqu'il dit la douleur de vivre vieux, les dernières velléités du corps et l'inquiétude de la mémoire qui flanche. le séjour à New York de Zuckerman, après onze ans de solitude, va ouvrir de vieilles plaies, en révéler de nouvelles.
Zuckerman va être confronté à la violence du monde qu'il a fuit il y a plus d'une décennie. Il croise d'anciennes connaissances et voila qu'instantanément il se retrouve plongé dans le champ des luttes littéraires. Il n'admet pas la marchandisation de l'art d'aujourd'hui qui s'attache aux sordides secrets plutôt qu'aux mystères profonds de la création. L'écriture peut être un sport de combat mais la bagarre avec Richard Kliman qui viole l'intimité de Lonoff est décidément épuisante et sans plaisir. Autre violence, le vieil écrivain est plongé dans un monde qui a changé et qu'il réprouve. Il observe avec beaucoup de justesse ce peuple qui réélit un idiot. Il s'agace de ces fous pendus à leur kit main libre dans les rues et qui parlent tout seul. L'auteur peint décidément le monde d'aujourd'hui avec beaucoup de sagacité.
Philip Roth est aussi un virtuose de la construction et sans cesse il nous surprend. Un exemple. Un banal rendez-vous manqué au restaurant avec Amy Belette et c'est le doute. le narrateur n'est plus sûr de lui et nous synchroniquement ne sommes plus sûrs du narrateur. Nous partageons de façon saisissante son incertitude. Est-ce que Zuckerman est amnésique ?
Enfin, Philip Roth est préoccupé de littérature et cela donne quelles très belles pages. Zuckerman écrit, à la suite de ses rencontres avec Jamie, des dialogues fantasmatiques, confidentiels et amoureux. C'est une merveilleuse trouvaille littéraire qui permet au lecteur de s'interroger sur la fiction, le ressort autobiographique et le mensonge. Amy a écrit un article et c'est une réflexion de Philip Roth sur la critique . Zuckerman relit ses classiques et c'est, cette fois, des pensées sur la lecture.
« Exit le fantôme » est un livre bilan que seuls permettent la plume incisive et le trait vif d'un grand écrivain, une grande oeuvre accomplie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Vianna
  30 décembre 2014
Nathan Zuckerman , soixante et onze ans, écrivain reconnu et personnage récurrent chez Philip Roth, , s'est exilé depuis onze ans en rase campagne dans le Massachusetts.
Rendu incontinent et impuissant suite à un cancer de la prostate, il se rend à New York pour y subir une intervention censée le soulager et qui sait peut être lui rendre un regain de vitalité.
C'est là qu'il fait une rencontre improbable en la personne d'Amy , rencontrée 50 plus tôt chez Lonoff, un écrivain dont il était un fervent admirateur.
Le hasard , un brin malicieux, lui glisse sous le nez une petite annonce dans laquelle un jeune couple d'écrivains cherche à échanger son appartement contre une petite maison à la campagne.
Zuckerman prit d'une impulsion subite prend contact illico et rencontre le gentil Billy et sa ravissante et talentueuse jeune femme Jamie .
Cette double rencontre va profondément le troubler, le ramener vers une jeunesse depuis longtemps perdue .
Dans ce roman Il est avant tout question de littérature, de la douleur qui motive l'écriture :
« le lot de douleur qui nous est imparti n'est-il pas en soi assez insupportable pour n'avoir pas à l'amplifier par la fiction, pour n'avoir pas à donner aux choses une intensité qui dans la vie, est éphémère et parfois même non perçue ? »
Mais aussi de l'élection de Georges Bush, des séquelles de l'extermination du peuple juif, de la différence de classe, de désir, du temps qui passe…
Je suis moins emballée par ce texte que par le sulfureux « Théâtre de Sabbath » qui m'a fait découvrir Philip Roth, mais je vais poursuivre la découverte de cet écrivain atypique !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
mariecesttout
  20 avril 2014
Neuvième-et dernier roman mettant en scène un des doubles de l'écrivain, Nathan Zuckerman. Un Nathan Zuckerman parti se réfugier dans la campagne du Massachusetts, après avoir reçu des menaces de mort d'un fanatique religieux antisémite. Onze ans pendant lesquels il a coupé tout lien avec sa vie antérieure, ne s'intéressant plus qu'à une chose, son travail.
"A tout prendre, être affranchi du besoin de jouer un rôle était préférable aux tiraillements, à l'agitation, aux conflits, au sentiment de totale inutilité et de dégoût qui, lorsqu'on vieillit, peuvent rendre moins que désirable cette grande diversité dans les rapports humains qui fait partie intégrante d'une vie riche et bien remplie. ..Je m'étais éloigné de la tyrannie de mon caractère passionné- ou peut être l'avais-je, en vivant retiré pendant plus d'une décennie, simplement cultivé avec délices sous sa forme la plus austère. "
Et qui, opéré d'un cancer de la prostate, avec les conséquences physiques de cette intervention, c'est-à-dire impuissance et incontinence urinaire ( et Roth n'épargne rien à son personnage..) , souffrant aussi d'une mémoire de plus en plus défaillante, va revenir à New York pour tenter un traitement .
C'est le cadre du roman, qui se situe au moment de la réélection de GWB.
Après, l'histoire importe peu, finalement. Ou si, bien sûr, si on l'interprète de façon métaphorique . Mais..:
"Dès que l'on entre dans les simplifications idéologiques et dans le réductionnisme biographique du journalisme, l'essence de l'oeuvre d'art disparaît."
C'est bien sûr beaucoup plus que l'histoire de huit jours d 'ouverture du champ des possibles dans la vie d'un écrivain qui voit disparaître tout ce qu'il était. Ouverture qui se referme vite devant la triste réalité des impossibilités physiques. Reste le fantasme dans l'écriture, mais l'écriture quand la mémoire disparait ..
Parler de tout ce qu'il y a dans ce livre, d'écrit, ou de simplement évoqué, je m'en garderais bien , à chacun sa lecture. Un des thèmes abordés étant d'ailleurs une condamnation ironique de ces biographies qui recherchent à tout prix l'explication de l'oeuvre dans la vie privée de l'auteur.
Cependant un roman qui condense toutes les obsessions de Philip Roth, encore une fois admirable de lucidité ,de finesse et d'intelligence.
Mais à réserver aux inconditionnels- comme moi- c'est de plus en plus désespéré. Et désespérant .

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          142

critiques presse (1)
Lexpress   02 juillet 2011
Un roman taillé comme un diamant noir, où l'auteur de Portnoy et son complexe se livre à une réflexion magistrale sur le vieillissement et sur les ravages du temps.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
AllantversAllantvers   13 septembre 2018
Mais le lot de douleurs qui nous est imparti n'est-il pas en soi assez insupportable pour n'avoir pas à l'amplifier par la fiction,pour n'avoir pas à donner aux choses une intensité qui, dans la vie, est éphémère et parfois même non perçue? Pour certains d'entre nous, non. Pour quelques très, très rares personnes, cette amplification qui se développe de façon hasardeuse à partir de rien, constitue leur seule assise solide, et le non-vécu, l'hypothétique, exposé en détail sur le papier, est la forme de vie dont le sens en vient à compter plus que tout.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
AllantversAllantvers   11 septembre 2018
On s'en va, cependant que d'autres, - ce qui n'a rien d'étonnant - restent sur place et continuent à faire ce qu'ils ont toujours fait , et quand on revient, on est surpris et enchanté, l'espace d'un instant, de voir qu'ils sont toujours là , et puis ça vous rassure qu'il y ait quelqu'un qui passe sa vie dans le même coin sans désir d'en bouger.
Commenter  J’apprécie          110
pyrouettepyrouette   06 mai 2016
L'habitude de la solitude, de la solitude dépourvue d’angoisse, s’était emparée de moi, et, avec elle, le plaisir de ne pas avoir de comptes à rendre et de me sentir libre - paradoxalement, d’être libéré avant tout de moi-même.
Commenter  J’apprécie          130
Corboland78Corboland78   25 mars 2012
Comme si l’incontinence, ça ne suffisait pas, en tant qu’humiliation, il fallait maintenant qu’on s’adresse à vous comme si vous étiez un gosse de huit ans récalcitrant qui refuse de prendre son huile de foie de morue. C’est comme ça que ça se passe, quand un patient âgé refuse de se résigner aux épreuves inévitables et de trottiner bien poliment jusqu’à sa tombe. Les médecins et les infirmières ont sur les bras un enfant qu’il faut calmer et embrigader pour qu’il défende la cause perdue qui est la sienne. C’est en tout cas l’idée que je me faisais quand j’ai raccroché, lessivé de tout orgueil et conscient des limites de mes forces, l’image même de l’homme qui échoue quoi qu’il fasse, soit qu’il résiste, soit qu’il se soumette.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
pyrouettepyrouette   05 mai 2016
Mais le lot de douleur qui nous est imparti n’est-il pas en soi assez insupportable pour n’avoir pas à l’amplifier par la fiction, pour n’avoir pas à donner aux choses une intensité qui, dans la vie, est éphémère et parfois même non perçue ?
Commenter  J’apprécie          80
Videos de Philip Roth (50) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philip Roth
Cette semaine dans Livres&Vous, un immense écrivain est au « Centre » de notre émission ! Philippe Sollers romancier, essayiste et éditeur qui fait paraitre « Centre » chez Gallimard. Philippe Sollers fait fi depuis quelques décennies de la bienséance, promenant sa plume et son ?il du côté d'une littérature obscure, éloignée de la morale. Le Marquis de Sade, Louis-Ferdinand Céline, Michel Houellebecq et bien d'autres... Il se livrera généreusement sur tous ses auteurs fétiches et n'oubliera pas d'évoquer l'auteur américain Philip Roth disparu en mai dernier. Avec : Philippe SOLLERS : Écrivain.
Retrouvez toute l'actualité politique et parlementaire sur http://www.publicsenat.fr Suivez-nous sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/publicsenat Twitter : https://twitter.com/publicsenat Instagram : https://instagram.com/publicsenat
+ Lire la suite
autres livres classés : vieillesseVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1196 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre