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Henri Robillot (Traducteur)
ISBN : 2070364704
Éditeur : Gallimard (17/10/1973)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 688 notes)
Résumé :
Peut-être que si nous posions la question suivante à Alex Portnoy : "Si vous deviez tirer un trait sur une partie de votre anatomie, laquelle choisiriez-vous ?", il nous répondrait : "Mes organes génitaux, mon schlong en yiddish"... juste avant de changer d'avis. Pourtant, la sexualité c'est bien le problème d'Alex... Brillant élève puis cadre supérieur en vue, écrasé par l'autorité de ses parents si démesurément attachés à la tradition juive américaine, Alex n'en r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  05 décembre 2018
Portnoy et son complexe, ou les confessions d'un obsédé sexuel juif américain de 33 ans à son psychanalyste. Car oui, Alexander Portnoy ne pense qu'à ça, et depuis l'enfance, et malgré une mère castratrice, et malgré les conventions sociales qui voudraient qu'il se trouve une gentille fille juive avec qui fonder une gentille famille juive. Mais las ! Mains, chaussettes, bouteilles de lait, tranches de foie de veau (bon appétit), puis plus tard, femmes (quand même), Alex ne manque pas d'imagination quand il s'agit de satisfaire sa fièvre sexuelle. Par contre, il en manque furieusement pour se libérer de la culpabilité, des préjugés et des dilemmes qui l'assaillent. Alors pendant ce monologue sur le divan, il vitupère contre sa mère possessive, son père ignare et sa soeur conformiste, éructe des blasphèmes contre les religions, y compris la sienne, critique violemment l'étroitesse d'esprit de sa communauté convaincue de la supériorité des Juifs sur le reste du monde, méprise les goys tout en rêvant d'être aussi libre qu'eux et surtout de courir les jupons de leurs femmes, se moque de la vie plan-plan des autres mais enrage contre le vide de la sienne, s'emporte contre l'intolérance et la bien-pensance, s'étouffe dans sa propre détresse. C'est peu dire qu'Alex Portnoy n'apparaît pas très sympathique, l'image réductrice qu'il a des femmes ne lui rendant pas service. le bougre est plutôt pathétique à s'acharner dans l'autoflagellation, et le dénigrement constant de son entourage.
Toute cette verve (non, il n'y a pas de faute de frappe) hystérique, soutenue pendant 370 pages (édition poche), fait de ce livre un morceau de bravoure, brillant et audacieux pour son époque puritaine et conservatrice (1967). Mais malgré l'ironie et l'autodérision, l'accumulation d'épisodes salaces et drolatiques, de vulgarité et, parfois, d'élucubrations existentielles, est lassante et écoeurante. Je comprends qu'on puisse tenir ce roman pour un grand livre, mais j'avoue – sans complexe – que pour moi, cette lecture a été plus barbante que jouissive.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Myriam3
  23 mai 2017
Allez, disons-le, un con est un con, et je ne parle pas de l'homme. Alex Portnoy ne s'embarrasse pas de circonvolutions quand il s'agit d'appeler un chat un chat, mais c'est avec un certain lyrisme qu'il aborde ses obsessions sexuelles!
Oui, car le jeune Portnoy, élevé par ses parents juifs dans l'angoisse des microbes, de l'impolitesse, du désordre, de la désobéissance et des Shikse (entendez par là les filles non juives), le gentil Alex donc qui n'a jamais ni bu ni fumé ni absolument rien fait d'illégal, qui a toujours obtenu haut la main tous les diplômes et est aujourd'hui, à 33 ans, un homme important, cet Alex donc au Q.I de 158 est un gros obsédé qui ne pense qu'à ça! le sexe sous toutes ses formes, dans toutes ses positions et si possible avec chacune de ces femmes si pleines d'un potentiel inédit!
Tout à commencé à l'adolescence, ou non, peut-être déjà lorsqu'il était bébé et que sa mère intrusive le bichonnait. La masturbation partout, n'importe quand et surtout aux instants les plus incongrus. Une vraie prouesse narrative!
Le voici donc aujourd'hui, ce jeune homme plein d'idéaux humanitaires, brillant, respectueux et même un peu peureux, chez un psy pour tenter de faire le tour de la question.
On peut être dérangé par l'image réductrice que le narrateur a en général de la femme, en particulier quand ses envies le tiraillent - presque tout le temps, donc- et pourtant, il n'y a aucune trace de machisme ni d'irrespect et malgré des élucubrations parfois lassantes, un humour corrosif et auto-dénigrant est omniprésent et rend le roman franchement agréable!
Mais surtout, Alex pose les bonnes questions sur la place que peut avoir le sexe dans la morale face à l'intolérance, la manipulation et les calculs peu scrupuleux de notre société. On aime ou on n'aime pas, mais c'est un vrai morceau de bravoure littéraire!
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sandrine57
  31 juillet 2012
Dans un long monologue adressé à son psychanalyste, Alexander Portnoy décrit son combat contre lui-même et ses pulsions afin de correspondre à l'image idéale du parfait fils juif tel que le rêve ses parents. Il sait bien que pour leur complaire il lui suffirait d'épouser une gentille fille juive et de lui faire de beaux enfants. Mais est-ce si simple quand on ne pense qu'au sexe et de préférence au sexe avec des femmes goy blondes et pulpeuses?!

La famille juive à la limite du racisme envers les goys, la mère hyper protectrice qui ne recule devant aucune extrémité pour le bien de son fils, le père à peine moins excessif et le fils qui ne pense, ne respire, ne vit que pour le bout de peau qu'il a entre les jambes, tout cela fait sourire, rire même parfois mais on finit par se lasser. Il faudrait pouvoir faire abstraction du sexe et ne retenir que l'amour, la tendresse, l'humour, les réflexions sur la famille, la religion, la culpabilité... Mais c'est bien difficile quand chaque page raconte soit une masturbation, soit un rapport sexuel. Au fil des pages, je me suis ennuyée et j'ai accéléré ma lecture pour en finir au plus vite avec Alex Portnoy et son "schlong".
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carre
  12 avril 2012
Quel bonheur de suivre la vie Alex Portnoy, petit garçon juif de Newark, écrasé
par l'omniprésence maternelle, et les traditions judaiques alors que son père petit représentant de commerce à abdiquer depuis longtemps devant son épouse. Puis, Alex grandit, réussit de brillantes études, Maman espère bientôt le marier et avoir des petits enfants. Mais pourquoi Alex, ne trouve pas chaussure à son pied ?
Mais pardi parce qu'il aime les femmes, le sexe, un obsédé juif certe, mais sacrément obsédé quand même. Philip Roth mèle avec une jubilation totale humour, ironie mais aussi avec une grande dose de tendresse l'histoire de ce sacré Portnoy. Car sous l'amusement pointe aussi une réflexion sur le communitarisme, sur les préjugés raciaux et l'intolérance.
On rit de bon coeur tant les scènes et les anecdotes s'enchainent à un rythme éffréné. Quand aux scènes ou Alex parle avec son sexe, elles sont tout simplement hilarantes. Un tès grand livre qui confirmait déjà l'immense talent de Philip Roth. N'hésitez pas, pas de complexe avec Portnoy.
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Allantvers
  19 janvier 2016
Drolatiques, monomaniaques, urticantes (*), incroyablement gonflées (*) pour l'époque, les aventures de Portnoy et son schlong finissent pourtant par lasser un peu quand on atteint aux limites du comique de répétition.
Un objet littéraire culte et typé qui, bien qu'ayant largement contribué à asseoir Philip Roth sur son trône d'écrivain, est loin d'être, à mon humble avis, le meilleur de sa production(*).
(*) sans jeux de mots graveleux, loin s'en faut.
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Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
JeanPierreVJeanPierreV   30 octobre 2016
"Punaisée au dessus de l'évier des Girardi se trouve une image du Christ qui monte en flottant vers les les cieux en chemise de nuit rose. Ce que les êtres humains peuvent être répugnants ! Les Juifs que je méprise pour leur étroitesse d'esprit, pour leur bonne conscience, pour le sentiment d'une incroyable bizarrerie que ces hommes des cavernes que sont les parents et ma famille ont acquis Dieu sait comment de leur supériorité - mais dans le genre clinquant minable, en fait de croyance dont un gorille même aurait honte, alors pas question de faire la pige aux goyim. À quelle espèce de pauvres connards demeurés appartiennent ces gens qui adorent quelqu'un qui, primo, n'a jamais existé et, secundo, si c'était le cas, avec l'allure qu'il a sur cette image, était sans doute la grande Pédale de Palestine. Avec des cheveux coupés à la page, avec un teint de Palmolive - et affublé d'une robe, je me rends compte aujourd'hui, qui doit venir tout droit de chez Fredericks d'Hollywood ! En voilà assez de Dieu et de toute cette pourriture! A bas la religion et cette humanité rampante ! Vive le socialisme et la dignité de l'homme!" (P. 231)
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laurentguilaurentgui   24 décembre 2012
Mme Nimkin pleurant dans notre cuisine, "Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi nous a-t-il fait ça ?" Vous entendez ? Non pas : qu'avons-nous pu lui faire, oh non jamais ça - pourquoi nous a-t-il fait ça ? A nous ! qui aurions donné nos bras et nos jambes pour qu'il soit heureux, et un grand pianiste de concert par-dessus le marché ! Vraiment, peuvent-ils êtes aveugles à ce point ? Les gens peuvent-ils plonger dans de tels abîmes de stupidité et vivre ? Croyez-vous une chose pareille ? Peuvent-ils être réellement dotés de toute la machinerie complète, un cerveau, une moelle épinière et les quatre ouvertures pour les oreilles et les yeux - un équipement, Mme Nimkin, aussi spectaculaire que la T.V. en couleur - et continuer à traverser l'existence sans que les effleure le moindre soupçon sur les sentiments et les aspirations de quiconque autre qu'eux-mêmes ? Mme Nimkin, pauvre merde, je me souviens de vous, je n'avais que six ans mais je me souviens de vous et ce qui a tué votre Ronald, le futur-pianiste-de-concert, crève les yeux : VOTRE CHIERIE d'EGOISME ET DE STUPIDITE !
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enkidu_enkidu_   15 octobre 2017
Maîtrise de soi, sobriété, sanctions – telles sont les clés d’une vie humaine, proclament toutes les innombrables règles diététiques. Que les goyim plantent leurs dents dans ces viles créatures qui rampent et grognent à la surface du sol malpropre, nous ne contaminerons pas ainsi notre humanité. Ils (vous voyez à qui je fais allusion) se gavent de tout ce qui bouge, si ignoble ou abject soit l’animal, si grotesque ou shumtzig ou stupide puisse être la créature en question. Qu’ils mangent des anguilles, des grenouilles, des cochons, des crabes et des homards ! Qu’ils mangent des vautours et de la chair de singe ou du skunks si ça leur plaît – un régime à base de bêtes abominables convient parfaitement à une branche de l’humanité assez incurablement frivole et écervelée pour boire, divorcer et se battre à coup de poings.

Tout ce qu’ils savent faire, ces mangeurs imbéciles de l’exécrable, c’est plastronner, insulter, ricaner et tôt ou tard cogner. Oh, ils savent également comment s’enfoncer dans les bois avec un fusils, ces génies, et tuer d’innocents chevreuils, des chevreuils qui eux-mêmes nosh tranquillement des baies et de l’herbe et vivent leur vie sans déranger personne.

Stupides goyim ! empestant la bière et, à bout de munitions, vous reprenez la route, un animal mort (auparavant vivant) ficelé sur chaque aile de votre voiture pour que tous les automobilistes le long du trajet puissent voir comme vous êtes fort et viril ; et puis, dans vos maisons, vous amenez ces chevreuils – qui vous ont fait… qui ne vous ont absolument rien fait, pas le moindre mal – vous amenez ces chevreuils, vous les découpez en morceaux et vous les faites cuire dans une marmite. Il n’y a pas assez à manger dans ce bas monde, il faut encore qu’ils mangent aussi les chevreuils ! Ils mangeront n’importe quoi, tout ce qu’ils peuvent saisir de leurs grosses pattes goy ! (pp. 114-115)
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baboittebaboitte   14 janvier 2011
Vous avez un système basé sur l'exploitation et l'injustice, foncièrement cruel et inhumain, fermé aux valeurs humaines, et votre travail consiste à donner à ce système l'apparence de la légitimité et de la morale, en agissant comme si les droits humains et la morale pouvaient réellement exister dans cette société-alors que manifestement c'est impossible.
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Iren40Iren40   26 mars 2015
Quant à moi, jamais je ne m’approcherais de cette piscine, même si on me payait –c’est un bouillon de culture pour la polio et la méningite cérébro-spinale, sans parler des maladies de la peau, du cuir chevelu et du trou de balle –le bruit court même qu’un gosse de Weequahic qui s’était aventuré un jour dans le bain de pieds entre le vestiaire et la piscine était véritablement sorti à l’autre bout sans ongles à ses orteils.
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