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ISBN : 2867465508
Éditeur : Liana Lévi (19/08/2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 122 notes)
Résumé :
Jim Lamar? « Quand je dis que c'est pas lui, je veux dire que c'est plus lui. » Voici le commentaire qui accueille après treize ans d'absence le revenant, le rescapé de la guerre du Vietnam. Un pays dont on se soucie peu ici à Stanford: l'interminable Mekong est si loin du boueux Mississippi. Et le retour tardif de Jim - Saigon a été abandonné depuis de longues années par les troupes américaines - n'est plus souhaité par personne. Son intention de se réapproprier la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
carre
  28 janvier 2015
Quand un vétéran du Vietnam rentre au pays, on imagine l'accueil festif ou du moins chaleureux. Ben, pas là ! Il faut dire que Jim Lamar a pris son temps pour rentrer, ces parents sont morts et la ferme familiale a été vidé par de sympathiques voisins.
Et son retour du coup est vu d'un sale yeux. Mais Billy un jeune ado de treize ans, contre l'avis de son père va se lier d'amitié avec Jim.
Voilà un roman original puisqu'il puise dans le collectif américain et est écrit par un auteur français. Roman d'apprentissage, on s'attache facilement à ces deux héros, l'homme brisé par la guerre, l'enfant en manque d'affection paternel. Jim dévoile ces lourds secrets, Billy se forge un caractère. Lionel Salaun avec beaucoup de justesse nous offre une histoire sensible, très agréable à lire.
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Crossroads
  26 juin 2016
Il est des rencontres décisives, marquantes.
Celle du petit Billy, alors juvénile et frêle bambin, tout particulièrement.
Jim Lamar était un gars du pays parti défendre les intérêts de son très cher Oncle Sam au Vietnam pour finalement disparaître durablement des écrans radars une fois la boucherie en dépôt de bilan.
La vie est pleine de surprises, dit-on.
Son retour dans la maison familiale abandonnée, que les délicats et attentionnés voisins s'étaient préalablement chargés de piller du sol au plafond, en constitua une de taille.
Bien décidé à reconquérir ce qui lui revenait pourtant de droit, c'est à une hostilité larvée qu'il allait désormais devoir faire face, ne pouvant alors compter que sur le solide soutien de son unique partisan, le petit Billy.
Comme un doux parfum d'enfance flotte sur ce retour gagnant...pour le lecteur.
Ode à l'enfance perdue particulièrement nostalgique.
Période bénie à jamais encrée dans la chair et l'esprit.
Jim Lamar, le taiseux, le paria, peut-être bien le seul véritable ami que Billy ait jamais eu.
Perçu comme un paternel de substitution, c'est avec des mots puissants, furieux et intenses qu'il s'épanchera sur ses maux devenus obsédant.
Sous nos yeux bienveillants, Salaün tisse une amitié aussi improbable que sincère, offrant à notre tout jeune acteur le rôle finalement le plus enviable, celui de détonateur cathartique, de bouée de secours lancée à un homme que plus rien ne retient parmi les vivants.
Très beau moment.
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Acoun
  19 octobre 2016
Comme chaque année à la fin de l'automne, ma petite ville a le bon goût d'organiser un sympathique petit salon du livre, qui, s'il ne peut rivaliser avec les monstres connus et médiatisés, a le mérite de pouvoir nous faire rencontrer écrivains essayistes, auteurs et illustrateurs BD et de littérature jeunesse dans une ambiance très décontractée.
En parcourant la liste des auteurs invités, un nom m'a rappelé que j'avais lu une critique de Lehan-Fan sur un de ces bouquins , il y a quelques mois.
Vérification faite, l'ami Gildas a aimé, le Carré aussi... Ca vaut le coup d'aller voir...
D'après sa bio, Lionel Salaün est plus montagnard que fluvial. On devine cependant un attrait pour le fleuve Mississipi dont il nous conte au fil des pages, les odeurs, les bruits, les goûts.... un arrière goût de Mark Twain dont le jeune Huckeberry Finn pourrait être un lointain aïeul de Billy, le narrateur.
Il est assez rare de voir nos auteurs français aller planter le décor de leurs récits dans l'Amerique profonde. On m'objectera qu'il eut été difficile de narrer le retour d'un vétéran du Vietnam dans son bled paumé de la Bretagne ( Stop les com, les bretons, je vous adore...^^).
Salaün nous raconte donc le retour de Jim au pays, 7 ans après la fin du conflit.
Ce qui s'est passé entre la fin de la guerre et son retour au bercail, Jim va le raconter à Billy... petit à petit, prenant le temps d'apprivoiser le jeune ado qui découvre en lui la figure paternelle qu'il aurait aimé connaître...
Roman initiatique, tant pour Jim, qui va découvrir l'Amérique à travers la guerre, que pour Billy qui sera cet été là temoin de la confession du vétéran.
Roman sur l'altérité. L'incipit nous plonge très rapidement dans la boue de l'Amérique profonde : « Je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'jui, mais à Stanford, à l'époque, on n'aimait pas bien les étrangers. »
Loin d'être un pamphletaire donneur de leçons, Salaün brosse à petits traits l'état des lieux d'une Amérique raciste, nombriliste, méfiante...
Les nègres, on veut bien fraterniser avec eux dans un trou d'obus, mais quand tout ça sera fini, s'agira que chacun reprenne sa place...
Jim Lamar, il a beau être natif de Stanford, il est quand meme pas comme nous, hein...
Finalement Jim n'est coupable que de s'être fait piller sa ferme pendant sa longue abscence... Mais la culpabilité des habitants de Stanford ne peut se décharger qu'à travers une hostilité grandissante envers le fils du pays revenu...trop tard...
Un moment de lecture très agréable avec ce premier roman récompensé par plusieurs prix.
J'ai hate de rencontrer Lionel pour qu'il me parle de ses autres bouquins.
Je vous raconterai... si vous voulez...
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Edwige94
  01 juin 2013
La rencontre d'un jeune garçon issu d'une famille d'agriculteurs et d'un vétéran du Vietnam de retour « au pays » plus de dix ans après la fin de la guerre se fait à Stanford au coeur des terres fécondes du Mississipi. Voici le fil conducteur du livre sur lequel viennent se greffer les thèmes de l'émancipation sociale par les études, le rejet des vétérans du Vietnam par une partie de la population américaine, la survie après les horreurs d'une guerre et l'amitié initiatique.
Le défaut de ce livre est une écriture foisonnante et maîtrisée au service d'un gamin de 13 ans évoluant dans une famille de « bouseux » dont on imagine mal qu'il possède un tel talent. le récit est fait par Bill à la première personne : c'est la seule erreur de l'auteur.
Sinon je conseille fortement la lecture de ce livre, écrit par un français, qui projette une image inédite de la société rurale américaine et dont l'originalité est emprunte d'humanisme.
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Herve-Lionel
  07 avril 2014


N°523 – Juin 2011.
LE RETOUR DE JIM LAMARLionel Salaün – Éditions Liana Levi.

« Il y a quand même une chose que tu dois savoir. Il y a trois sortes de gars qui sont revenus de là-bas: les vivants, les morts et les morts-vivants ! Et quelque chose me dit que Jim Lamar fait partie de la troisième catégorie... ». Celui à qui s'adressent ces paroles, c'est le jeune Billy qui est aussi le narrateur de ce récit et celui dont il est question, c'est Jim Lamar, parti contre son gré faire la guerre au Vietnam puis rentré, quand personne ne l'attendait plus, dans la maison de ses parents après la mort de ces derniers... mais treize ans après la fin du conflit ! Quant à la bâtisse, elle n'est plus qu'une quasi-ruine puisque les habitants de Stanford, une petite ville perdue du Missouri, se sont appliqués à la vandaliser. Bien entendu, il n'est plus qu'un étranger, un paria et chacun se met à le détester, sauf Billy.
Pour l'enfant que le narrateur est encore, ce Lamar, après avoir été un fantôme absent, est une sorte de mythe. L'homme ressemble davantage à un géant qu'à un gringalet. Il est resté longtemps absent au point qu'on l'a cru mort et ceux qui ont fait la guerre et y ont survécu ont cette sorte d'aura qui les font distinguer du commun des mortels.
A l'occasion d'un banal accident, Billy va faire la connaissance de Jim et cette rencontre va changer son quotidien fait de choses sans importance, d'une existence pauvre et solitaire au sein d'une famille banale et même un peu fruste. Rapidement leurs relations vont devenir différentes quand le jeune garçon découvre que derrière cet homme qu'il imaginait comme un baroudeur inculte se cachait un amateur de poésie, un être sensible, nanti de diplômes acquis depuis son retour du Vietnam. L'aura de cet homme va se transformer en complicité, le garçon trouvant en Jim une sorte de père de substitution que ne lui avait pas apporté sa famille, l'homme découvrant avec ce garçon un auditoire d'exception parmi cette communauté un peu sauvage qui le rejette. Jim lui parle de la guerre, de ses horreurs, de la fraternité d'arme, de l'héroïsme qui est un vain mot, de la chance qui choisit au hasard, comme la mort, mais aussi du racisme qui divise l'Amérique jusque dans l'armée, de ces noirs qui défendent un pays qui ne les reconnaît même pas... Il évoque l'attente de ceux qui restent, le vide laissé par un fils ou un mari silencieux depuis trop longtemps, l'espoir mêlé de crainte face à la mort, l'oubli.... Il lui parle, de cette espèce humaine égoïste, hypocrite et mauvaise et le personnage de son oncle Homer, branche pourrie de son arbre généalogique, est là pour illustrer ses propos.
Ce vétéran lui parle aussi du respect de la parole donnée, ce serment fait entre quatre soldats : si l'un d'eux survit, il devra aller prendre contact avec la famille des autres pour leur annoncer leur mort. Jim est le seul survivant du groupe, s'acquitte de sa triste tâche et fait prévaloir la vie au point qu'il en oublie ses propres parents qui meurent de chagrin à force de l'attendre.
J'ai lu ce roman avec plaisir du début à la fin. Il est écrit simplement, avec humour et poésie parfois. Avec en toile de fond le Mississipi, c'est un roman sur la tolérance, l'acceptation de l'autre et de ses différences, sur l'espèce humaine qui bien souvent est dénuée d'humanité.



©Hervé GAUTIER – Juin 2011. http://hervegautier.e-monsite.com


























































Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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critiques presse (1)
Telerama   23 février 2012
Une fiction signée d'un auteur français qui respire le blues et la douleur de l'éternel retour.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   03 mars 2015
«  Les étudiants, Butch et son frère, qui ne sont jamais allés plus loin que l'école primaire, en avaient vu à la télévision et ça leur a suffi pour se faire une idée de ce que valent ces gars-là. Il ne les aiment pas, et c'est peu dire. Ne supportent pas leur air suffisant, leur façon de se balader, avec sous le bras des livres dans lesquels ils ont puisé le peu qu'ils savent de la vie, toutes ces conneries dont ils sont si fiers et qui leur donnent le droit de regarder de haut de pauvres bouseux, de leur faire la leçon, qui se gargarisent de noms imprononçables d'écrivains étrangers dont le commun des mortels n'a rien à foutre, de poèmes qui ne veulent rien dire, de grandes théories inutiles au nom de quoi ils passent leur temps à contester toutes les décisions du gouvernement. »
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patrick75patrick75   28 février 2015
Le monde dans lequel je reprenais pied après quatre jours de repos forcé ne m'avait jamais paru aussi beau. Un monde aquatique, gorgé de lourdes exhalaisons de terre détrempées et de bois mouillé, au sol gras où chaque pas marque et s'accompagne d'un bruit de succion, un monde vert, luisant, hanté par la musique monocorde de la pluie ruisselant au goutte à goutte de milliers de feuilles sur autant d'autres feuilles, un monde pris entre deux eaux, celle du ciel, continue, et celle du fleuve gonflé à bloc, terrifiant flot brun déferlant sans bruit, chargé d'arbres morts et de corps incertains.
Deux heures durant, je m'en étais mis plein les yeux, jubilant du goût de la pluie et du vent sur mon visage, de ne plus éprouver à la marche ni gêne ni douleur, réparé, tout neuf, le cœur léger et les bottes empesées chacune d'un bon kilo de boue.
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AcounAcoun   19 octobre 2016
On en avait vu de ces mecs gonflés à bloc à l'idée de ce qui les attendait au pays, la promesse d'un bon job ou les beaux yeux de Molly passer à travers les balles, faire gaffe où ils posaient les pieds, savoir se coucher à temps ou se planquer quand il fallait. Des mois durant, tant que ça valait la peine. Jusqu'au jour où ils recevaient une lettre qui leur disait que la place dont ils rêvaient avait été pourvue, que le petit frère adoré s'était fait le shoot fatal ou que Molly s'atait mariée avec un pote de l'équipe de football. Aucune arme au monde ne remplacera jamais les illusiuons perdues...
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StellabloggeuseStellabloggeuse   17 octobre 2014
Pourquoi nous, qui avions quitté le pays en fanfare, comme des héros, les sauveurs du monde libre, étions-nous revenus aussi discrètement que possible, presque en catimini, ignorés par les politiciens, méprisés par ceux qui après l’avoir soutenue avaient fini par avoir honte de cette guerre, insultés par des gamins de notre âge qui en étaient venus à prendre fait et cause pour ceux que nous avions combattus ? Qu’avions nous fait d’autre que ce pour quoi on nous avait envoyés là-bas : tuer et nous faire tuer ? Une armée de gosses auxquels on a confié le sale boulot, des Blacks, des prolos, des bouseux, cette catégorie d’hommes qu’en temps de paix on appelle le peuple, et dont on fait, quand l’occasion se présente, des soldats, de la chair à canon.
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le-mange-livresle-mange-livres   29 avril 2012
Or ce que je lisais dans les yeux de Jimmy n'avait rien à voir avec le sentiment que j'avais expérimenté. C'était quelque chose d'autre, quelque chose de poisseux, quelque chose qui fait mal, qui fait honte, que rien n'efface jamais. Et pourtant cette chose que je ne parvenais pas à identifier, Jimmy me l'avait laissé entrevoir avant, comme accablé par le poids de ce terrible aveu, de passer une main dans mes cheveux, et de lâcher, grave, presque douloureux : Si on allait faire un tour ?
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