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ISBN : 2867468256
Éditeur : Liana Lévi (15/04/2016)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Dick Wilson a quitté ce bout de terre misérable au Nord-Ouest de l'Oklahoma avec sa mère alors qu'il était tout juste adolescent. Quinze ans plus tard, le voici de retour avec chapeau et fine moustache, dans une belle voiture aux pare-chocs chromés. Retrouver la petite ferme familiale ne va pas de soi, d'autant que des événements déconcertants se sont produits en son absence. Annie Mae, son amie d'enfance, vit à présent avec le vieux Samuel, le père de Dick, un homm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
belette2911
  10 juillet 2016
Bon sang, qu'elle est âpre et sèche, la terre de l'Oklahoma des années 30 et plus particulièrement celle sur laquelle vécurent cinq fermiers qui, après toutes les sécheresses et les multiples Dust Bowl, s'en sont allé voir ailleurs si l'herbe n'était pas moins jaune et le climat moins hostile.
N'est resté qu'un irréductible, le vieux Samuel Wilson dont sa femme et son fils s'étaient enfuis quelques années auparavant. le vieux est resté sur cette terre qu'il avait abreuvé de sa sueur et de son sang.
Annie Mae, 14 ans, la fille d'un des voisin, n'a pas voulu partir avec ses parents car elle attendait toujours le retour du fils Wilson, Dick. Alors elle est restée chez Samuel. Et justement, voilà Dick qui s'en revient au pays, mais 15 ans après et dans une belle bagnole.
En peu de pages l'auteur a su insuffler dans son récit toute l'aridité et la dureté de ce petit trou perdu en Oklahoma dans les années 30 – 1935 pour être précise.
La crise financière est passée, les tornades de poussière aussi et le pays est à genou, exsangue, comme ses habitants.
Là aussi, en peu de phrases, l'auteur nous montrera toute la misère des gens qui vivaient des dans camps de fortune, crevant de faim et vivotant avec rien dans des cabanons de fortune.
En peu de mots, en peu de détails, il a su aussi nous montrer combien Samuel Wilson était une brute pour sa femme, son fils et sa mule Jessie, le tout à l'aide de quelques flash-back qui se sont insérés au bon endroit dans le récit, lui donnant encore plus d'émotion et une atmosphère encore plus prononcée.
Chez Samuel Wilson, il n'y a pas que la terre qui est sèche, lui aussi pratique l'âpreté des sentiments envers les siens et quand il a une idée en tête, il ne l'a pas ailleurs.
Sans pour autant donner des circonstances atténuantes à Samuel, le portrait que l'auteur nous brossera de lui ne sera pas non plus tout noir, l'homme a aussi, dans sa vie, morflé et il s'est vengé de la manière la plus salope de son tortionnaire en mettant la main sur sa fille et de ce fait, sur ses terres.
C'est l'histoire d'une vengeance, d'une rédemption, d'une haine larvée, d'un fils qui est devenu plus fort que son père, d'un fils qui voulait retrouver son amour d'enfance, d'un fils qui est devenu une sorte de voyou friqué, d'une fille qui est devenue une femme et une mère de famille et d'un père qui ne veut pas reconnaître ses torts.
Un roman court mais qui m'en a foutu plein la gueule pour moins de 20€, qui m'a emporté sur une terre aride, sous un soleil implacable et m'a fait plonger dans la misère des gens qui avaient tout et qui ont tout perdu à cause des banquiers.
Sans oublier ces pauvres fermiers qui travaillaient sans relâche, du matin au soir, sur une terre qui ne leur donnait pas grand-chose pour la sueur qu'ils y avaient laissée et pour bien souvent tout perdre à cause des Dust Bowl successifs.
Il est court, il est extrêmement bon, mais j'aurais aimé plus de pages tant on aurait pu encore en dire plus sur cette famille éclatée, sur les souffrances de Dick et sur la vie d'errance qu'il a mené après s'être enfui avec sa mère.
Un roman aussi noir que le pétrole qu'on extrayait de certaines terres et qui, en peu de pages, esquisse un portrait peu flatteur des années 30 et d'une partie de ses conséquences.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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fuji
  17 juin 2016
D'emblée l'incipit donne la saveur et la senteur de cette histoire âpre comme peut l'être la vie et les hommes...Votre gorge se dessèche, vos yeux piquent et la sueur poisse.
L'Oklahoma fait parti de ces états du Nord-Ouest américain touché par le "Dust Bowl", bassin de poussière, où la sécheresse et l'érosion des sols règnent en maître et impactent la vie et les caractères.
1935 Dick revient dans sa maison natale, au volant d'une belle voiture, costumé et chapeauté comme la réussite qui est la sienne le lui permet.
Que vient-il faire dans ce coin paumé?
Sa voiture stoppe dans un énorme nuage de poussière et il découvre devant la maison de son père, l'amour de sa vie : Annie Mae. Maison qu'il a fui après s'être interposé entre son père, brute épaisse, et la mule Jessie dans un sursaut de courage alors qu'il n'avait que douze ans. Car le père il cogne, cogne,cogne il ne connait que ce langage.
Annie Mae est devenue la femme de ce père haï et ils ont eu une petite fille Maggie. le pourquoi est surprenant...
Samuel (le père) est un taiseux, qu'a-t-il dans sa tête de pioche? L'abjection est-elle dans ses gènes, dans le sol qu'il se détruit à essayer de rentabiliser? Les autres fermiers ont fui pas lui...
Les nuits de Dick sont hantés et ses journées très chargées.
Avec son retour sur la terre natale, le lecteur découvre ce qu'a été l'Amérique des années 20 aux années 35. La prospérité est pour les citadins, l'agriculture est en chute libre.
A la lisière de la prospérité des uns, toute une faune ravagée par la misère, la famine et la maladie est là prête à tout pour une journée de travail. Parmi eux Jasper, jeune géomètre qui va être engagé par Dick.
La grande dépression et la prohibition sont pour les mâlins le moyen de s'enrichir et Dick n'est plus un enfant encore moins un enfant de choeur c'est un "bootlegger".
Il revient pour racheter toutes les terres qui entourent celle de son père.
Sa vengeance ressemble à du fil de fer barbelé et sera déchirante comme les épissures de celui-ci.
Le lecteur ne peut deviner le final de cette histoire sauvage, des personnages indomptés et indomptables, aussi dangereux pour les autres que pour eux-mêmes, qui emportent tout sur leur passage comme le "Dust Bowl" lors du "Black Sunday".
Un coup de maître pour un auteur Français pas seulement passionné par les Etats-Unis mais habité, totalement, par ce pays.
"La terre n'appartient pas à l'homme. C'est l'homme qui appartient à la terre. Tout ce qui arrivera à la terre arrivera aux fils de la terre." Propos attribués à Sitting Bull.
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Jazzynewyork
  17 avril 2016
La terre des Wilson.
L'Oklahoma , dans les années 30. Un endroit paradisiaque pour les tornades. Pas loin d'une quarantaine par an et même plus dans le pire des cas .
Le fameux phénomène " Dust Bowl", ces tornades de poussière qui provoqueront une catastrophe écologique, due aussi en partie à la grande crise de 1929.L'exploitation intensive ayant rendu impropre la culture.La sécheresse et l'acharnement des banques engendreront de nombreuses victimes .Elles mettront à genoux les agriculteurs pendant une longue décennie.
Dick, qui avait fui la région enfant avec sa mère, revient seul, mais enrichi et entouré de mystères . Que veut-il retrouver? Annie Mae , son amour de jeunesse ? L'or noir , le pétrole ? Ou l'or jaune, l'alcool? Car ici la prohibition est toujours en place .
Lionel Salaün nous emmène dans cette Amérique profonde, contant une histoire féroce .Un roman court , poignant, qui a 50 pages du final m'a mené vers une fin complètement inattendue. Un roman qui nous fait découvrir une période de l'histoire Américaine avec une plume digne de Faulkner. Aux personnages attachants. Oú la rédemption est inexistante mais la poussière et la misère bien présentes, jusqu'au fameux " Black Sunday".
Je me prends à rêver que ces tornades relèvent de la colère des indiens et que leurs fantômes, devenus poussière, se réveillent et hantent à jamais leurs terres volées .... Un magnifique roman , une très belle plume à découvrir absolument.
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Montana
  02 décembre 2016
Juste avant la lecture de ce livre "La terre des Wilson" de Lionel Salaün, le hasard a voulu que je m'intéresse au magnifique travail de l'immense photographe que fut Dorothea LANGE (1895-1965).
Elle a choisit de mettre en lumière le côté humain, à savoir la force intérieur et la résistance des plus démunis restés sans ressources après la terrible crise économique des années 30 aux USA aggravée par une terrible période de sécheresse, qui a contraint bon nombre d'entre eux à la migration à travers tout le pays.
Grâce à une écriture fluide et originale, les personnages de Lionel Salaün font écho aux photographies de Dorothea LANGE. Il décrit en effet parfaitement les visages fatigués, les attitudes abîmées par des conditions de travail harassantes et inhumaines d'une terre impossible à valoriser et les conditions de vie de ces laissés pour compte.
Lionel Salaün choisit également de mettre en avant l'humain tant dans sa vulnérabilité que dans sa plus grande brutalité et cruauté.
Au fil des pages et grâce à de subtils retours en arrière, on découvre l'histoire de chacun des principaux personnages, leurs motivations et les choix qu'ils ont été amenés à faire pour survivre et faire d'eux ce qu'ils sont devenus.
Une plongée en plein coeur des années 30, période que j'ai trouvé très bien restituée et vivante. Un court roman à découvrir.
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BobPolar
  17 juin 2016
Oklahoma.1935. Annie Mae, suivit par sa fille, n'en revient pas. Dick est de retour au pays. Mais que va dire son père avec qui elle vit désormais ? Quinze années plus tôt, dans son taudis, le vieux Samuel Wilson avait découvert que son fils et sa femme s'étaient enfuis. Pourquoi est-il là et comment est-il parvenu à s'enrichir ?
Comme quoi, parfois, la vie ne tient qu'à une mule. Une mule nommée Jessie. Ce n'est donc pas celle du pape car elle n'a pas de rancune. Non, c'est la mule qui se soumet à Samuel. Et pourtant, que serait-il sans cette mule ? C'est son outil de travail pour parcourir ses terres arides, sur lesquelles il s'acharne à gagner tout juste leur pitance. Alors pourquoi s'acharne-t-il aussi sur elle quand il a le sang qui bouillonne ? D'où vient cette haine et serait-il capable de violence envers quelqu'un d'autre si elle n'était pas là ? Son fils Dick l'a vu faire. Et puis, un jour il s'y oppose. Cependant, il est vrai que leur existence est un enfer car ils ont dû subir ces nuages de poussière qui détruisent tout sur leur passage, que la Grande Dépression est aussi passée par là et que le feu du soleil est un ennemi teigneux pour les récoltes. Ça vous forge un sacré putain de caractère. Samuel c'est la sécheresse des mots, l'âpreté des sentiments, l'inflexibilité des idées. Un puits sans eau avec une corde pour se pendre avant de prendre une volée, semble se dire Dick. C'est ainsi qu'on le retrouve avec quinze ans de plus et une belle automobile alors qu'il pénètre sur le territoire de son père. On pense immédiatement à la vengeance qui doit le tarauder mais il vient faire des affaires (illicites), et puis il y a Annie, celle pour qui il avait une infinie affection et qui vit avec son père.
La suite sur : http://bobpolarexpress.over-blog.com/2016/06/de-la-dignite.html
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Martin1972Martin1972   30 mai 2016
« Imagine, lança-t-il en enveloppant de ses bras écartés l'étendue de son domaine, des rues larges comme des avenues, bordées de boutiques, de coiffeurs pour dames, de restaurants chics et de glaciers, toutes illuminées, le soir venu, par les enseignes des cabarets, les devantures lumineuses des bars et des speakeasy où du crépuscule à l'aube, le jazz sonne comme un coup de fouet sur l'échine de la nuit. Des rues larges et droites, tout un centre-ville consacré au plaisir, à la fête et au jeu, où seul l'instant présent compte pour le pauvre père de famille écrasé par ses responsabilités ou l'ouvrier fatigué d'obéir, la semaine durant, au contremaître, un instant passé à se bourrer la gueule, à perdre sa paye au poker ou avec une des plus belles filles du Middle-West. »
Dos à Jasper, un bras levé devant lui comme pour désigner quelque chose entre ciel et terre, Dick continua sur le même ton :
« Imagine les belles routes tracées au milieu du désert pour irriguer, du Kansas au Nord, du Texas à l'Ouest, au Sud et de l'Oklahoma à l'Est, le cœur palpitant de cette cité sortie de nulle part, la faire pousser, s'entourer de terrains de golf, d'hôtels de luxe, d'un aérodrome et devenir avec le temps une belle, une vraie, une grande ville ! Ma ville ! »
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laurannslauranns   25 janvier 2018
Bien du temps avait filé depuis et les rêves de ces deux-là, comme la rivière au fond de la ravine au terme de cinq années de sécheresse, s'étaient totalement évaporés.
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fannyvincentfannyvincent   11 août 2016
Les tornades, par ici, ce n’est pas ce qu’il manquait.
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Lionel Salaün vous présente : La terre des Wilson.
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