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Marianne Millon (Traducteur)
ISBN : 2742769072
Éditeur : Actes Sud (03/09/2007)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 79 notes)
Résumé :
1914. L'Empire britannique est à son zénith et Londres s'apprête à subir les foudres du Kaiser. Thommy Thomson œuvre dans l'ombre pour un plumitif mégalomane quand un avocat lui propose un marché insolite : écrire l'histoire de son client, Marcus Garvey, un gitan accusé d'avoir assassiné au Congo les fils du duc qu'il servait. Publié avant le procès, le récit concourt par son immense succès à sauver de la potence celui que tout accuse. Il met au jour le détail de l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
christianebrody
  09 février 2012
Nous sommes à la veille de la Grande Guerre, à Londres. Thomas Thomson, dernier maillon d'une longue chaîne de nègres pour le compte d'un auteur dont l'oeuvre prolifique ( 3 livres/semaine) se situe principalement en Afrique, vient de perdre sa principale ressource de revenus. Ambitionnant d'être un jour écrivain, il est abordé à la sortie d'un enterrement par Edward Norton, un avocat qui a la tâche difficile de défendre un pauvre hère accusé du meurtre de deux aristocrates. Contre une rémunération substantielle et la perspective d'écrire un livre qui bouleverserait sa vie et le monde, il lui propose de recueillir la confession de Marcus Garvey, un gitan condamné à la potence. Entre la menace d'une guerre mondiale imminente et l'ouverture prochaine d'un procès perdu d'avance, Thomas Thomson, pressé par le temps, consigne scrupuleusement les souvenirs de cet assassin.
Après une vie d'errance en compagnie de ses parents, subitement devenu orphelin, Marcus Garvey est employé aux écuries et aux cuisines à la résidence du Duc Craver où il fera la connaissance de ses fils; William, membre d'un conseil d'administration d'une banque poursuivi pour escroqueries et malversations et, Richard, renvoyé de l'armée pour ses moeurs dévoyées. Peu enclin à attendre que la justice décide de leur sort, les frères Craver mettent sur pied une expédition au Congo, pays inconnu qui offrirait aux plus téméraires gloire et richesses. Ayant des notions de français, Marcus Garvey les accompagne dans cette aventure qui se transformera en cauchemar. Au delà de la découverte d'une mine d'or généreuse, ils feront la connaissance d'une autre civilisation venue des entrailles de la Terre, celle des Tectons, des êtres d'une blancheur absolue, gigantesques et visiblement belliqueux. La rencontre entre ces deux civilisations atteindra un point de non-retour lorsque les conflits d'intérêts se cristalliseront autour d'une captive.
Albert Sánchez Piñol nous offre une histoire dans le plus pur style des romans du XIX siècle. Hymne à la littérature populaire, il mélange habillement et pour notre plus grand plaisir, le fantastique, le roman d'aventures, l'exotisme, le thriller, le romanesque, et ménage savamment le suspense et les coups de théâtre. Il rend compte aussi d'un certain état d'esprit ou de mentalité des colons britanniques avec leurs préjugés et leurs idéaux. Plus qu'un excellent roman de gare, c'est un livre dans le livre, un livre à tiroirs dont il maîtrise toutes les ficelles. le lecteur est mené par le bout du nez sans qu'il n'y prenne garde et à l'instar de Thomas Thomson, s'enlise sans résistance aucune dans cette épopée rocambolesque. Albert Sánchez Piñol nous balade entre Londres et le Congo, entre Marcus, Thomas à 19 ans lors des faits et Thomas 60 ans après, Edward Norton, et notre serviteur, l'auteur lui-même. le lecteur bascule dans cette fantasmagorie avec une joie indescriptible quasi infantile. Sa faconde, son imagination débridée lui permettent de poser des questions sur l'utilité de la guerre, les relations entre les peuples, la ligne étroite qui départage la fiction, le réel et l'imaginaire, la manipulation intellectuelle, le pouvoir incontestable de la presse, le racisme, le caractère de l'homme et la notion du destin.
Sans être une oeuvre de grande envergure, PANDORE AU CONGO est divinement divertissant. Il nous tient en haleine jusqu'au point final, nous met au supplice car rien ne parait ce qu'il semble être, un livre gigogne en perpétuelles mutations. Ne pas attendre l'été pour s'y plonger, la touffeur du Congo réchauffera nos os en cette période de froid. J'ai été doublement heureuse de le lire car 1) ça a été un moment de pure jouissance, 2) le conseil de mon enfant s'est révélé judicieux.
Lien : http://www.immobiletrips.com..
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Charybde2
  06 janvier 2014
Haletante et matoise, l'essence du roman d'aventure... et de ce que peut être en réalité l'écriture.
Publié en 2005, traduit en français en 2007 par Marianne Millon chez Actes Sud, le deuxième roman du Catalan Albert Sánchez Piñol nous emmène beaucoup plus loin que son déjà très réussi « La peau froide » (2002).
Dans son premier roman, il nous montrait avec un brio rageur sa capacité à jouer avec les codes du roman verno-lovecraftien et avec les rituels romanesques de la survie sur une île (pas si) déserte.
Ici, il s'attaque avec succès à l'essence même de l'écriture romanesque et du roman d'aventures, d'une manière à la fois haletante et matoise qui évoque curieusement, hors tout contexte historique, le talent d'un Iain Banks.
Dans une Londres immédiatement post-victorienne, où la première guerre mondiale approche déjà à grands pas, Tommy Thomson, tout jeune écrivain, survit et apprend les ficelles du métier en réalisant secrètement, pour le compte du nègre de l'auteur à succès Luther Flag, des romans d'aventure à la chaîne, maniaquement scénarisés par le producteur millionnaire de best-sellers. Au décès de son commanditaire, et suite à un scandale au cimetière qui voit Flag refuser de lui confier de nouveaux travaux, Thomson est embauché par un avocat pour écrire les mémoires de son client Marcus Garvey, gitan minable, emprisonné pour avoir – dit-on – assassiné au Congo les frères Craver, deux jeunes nobles bien peu reluisants qu'il y accompagnait dans leur quête de fortune, en espérant que ce récit contribuera, en établissant la vérité et en la faisant partager à l'opinion publique, à l'acquittement de son client.
À chaque entrevue au parloir de la prison, au fur et à mesure que le lecteur prend connaissance, avec Tommy Thomson, des circonstances rencontrées lors du périple dans l'atroce colonie belge, un second roman (« ce qui s'est vraiment passé dans la forêt congolaise ») prend véritablement corps, véritable récit d'aventures où jungle inexplorée, peuple inconnu, terre creuse, amour improbable et sauvetage de l'humanité s'allient en un superbe et passionnant hommage à Edgar Rice Burroughs (dont le premier tome du cycle de Pellucidar et de la Terre Creuse était justement paru en… 1914).
Travaillant parallèlement un incroyable méta-récit sur le rôle judiciaire de ce roman providentiel et sur sa destinée publique, Sánchez Piñol réussit un tour de force de ruse et de mise en abyme de ce que peut être, finalement, une narration – en mobilisant notamment des gaz de combat, de l'observation d'artillerie, une veuve anglaise tenant une pension, un courageux et haut en couleur immigré irlandais, quelques zeppelins agressifs, une épouse de financier suédois et… une increvable tortue sans carapace.
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Beaupied
  20 février 2018
Il y a longtemps qu'un roman ne m'avait fait autant d'effet. Impossible de le lâcher dans les dernières 200 pages.
Pandore au Congo est ce qu'on appelle un Page Turner, pour peu qu'on s'y laisse prendre. Diaboliquement construit, il rebondit et vous perd jusqu'au dernier chapitre qui m'a laissé ébahi. C'est un roman d'aventures victoriennes sans en être un (en hommage à HG Welles ?), un roman fantastique sans en être un, une condamnation du colonialisme et du racisme sans en être une, une réflexion sur la fiction et les rapports de l'humain avec ses désirs.
Beaucoup moins froid et cérébral, en apparence, que la Peau Froide, Pandore au Congo aurait pu être appelé la Peau Chaude pour son héroïne. Je pense que l'auteur s'en amuse. D'ailleurs, chapeau bas pour l'ironie et l'humour. L'auteur se moque de nous, de son narrateur, et de lui-même aussi sans doute, tout en étant on ne peut plus sérieux.
NB Page, oui, la cousine de Tina.
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Malahide75
  04 mars 2015
Thomas Thomson est un nègre littéraire exploité. Mais son destin va prendre un cours inattendu lors de sa rencontre avec Edward Norton, un avocat talentueux. Car Norton, pour tenter de sauver son client, Marcus Garvey, accusé du meurtre de deux frères aristocrates au Congo, va demander à Thomson de rédiger les aventures de Marcus dans la forêt africaine. Un aventure fantastique, héroïque, pleine de mystères et d'actions, et surtout propre à laver Marcus de tous les soupçons de meurtre.
Fiction ou réalité ? A quel moment le Marcus, homme devient le Marcus personnage littéraire ? Même Thomas Thomson, l'auteur de « Pandore au Congo » finira par ne plus bien distinguer la frontière entre faits et littérature...
Conquise par les critiques dithyrambiques, l'ouvrage d'Albert Sánchez Piñol n'a pas eu le temps de prendre la poussière dans ma bibliothèque. Aussitôt acheté, aussitôt lu... Mais quelle déception !
Je n'ai pas accroché du tout à l'écriture très dense, au style parfois aride. L'histoire est plutôt sympathique et le retournement final bien vu, mais justement parce que cette mise en abyme littéraire est très maîtrisée, j'ai perdu le fil en cours de route, plus concentrée sur les techniques d'écriture que sur l'intrigue. Alors forcément, j'ai trouvé cela un peu long...
Ma rencontre avec cet auteur n'est peut-être pas arrivée au bon moment... Je recommencerai plus tard...
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micetmac
  10 juin 2018
Il est parfois curieux de constater comment certains détails peuvent impacter les ressentis d'une lecture. de Albert Sanchez Pinol, j'avais déjà lu un roman réellement impressionnant de maîtrise : LA PEAU FROIDE. Ce livre est l'un des plus remarquables que j'ai lu ces dernières années. D'une plume ciselée, érotique, la lecture nous laisse abasourdi, quasi pantelant. Je n'ai plus rien lu d'autres de cet auteur espagnol (ou catalan, faites votre choix, je ne veux pas d'ennui avec ceux qui croient leurs cailloux plus jolis que ceux du voisin), jusqu'à ce PANDORE.
Voilà me disais je l'occasion de lire le premier roman de cet écrivain surdoué, savourer, d'une certaine façon, le prequel de LA PEAU FROIDE. Et effectivement PANDORE AU CONGO en porte les prémisses. LA PEAU FROIDE est l'aboutissement de PANDORE AU CONGO. Plus radical dans son écriture, les scène de sexe y sont pleinement et magistralement assumées, la dimension fantastique y est complètement avérée, les saynètes humoristiques ont été évacuées pour se concentrer sur l'intrigue tragiquement fiévreuse.
Sauf que...
C'est l'inverse !
Je n'ai pas voulu croire que LA PEAU FROIDE était un premier roman. PANDORE AU CONGO a été écrit après LA PEAU FROIDE et mon analyse est hors sujet. Les deux romans ne sont aucunement liés, à moins d'imaginer que Albert Sanchez Pinol n'ait voulu s'accorder une récréation, une pause plus légère après l'écrasante réussite de son premier opus.
Mais non... ce n'est pas cela non plus car si le roman démarre sur une note satirique, un ton décalé avec la "guerre" (hilarante) que se livrent le narrateur Thommy Thompson et Marie Antoinette la tortue sans carapace (!), le livre adopte ensuite une musicalité différente, plus sombre. La fièvre de l'or s'empare des Lord anglais, creusant la terre, ils font bientôt face à des Morlocks venus d'outre sol. Les sang bleus se révèlent d'une petitesse d'âme sans limite dans le nanisme et un serviteur pourrait se révéler le dernier rempart de l'humanité, son sauveur.
PANDORE AU CONGO est une ode à la littérature, une écriture cristalline, précise, étoffée, de cette étoffe dont on fait les songes éveillés. Et l'Afrique bien sûr...
Ce continent fantasmé, impensé, inconnu où tout est possible et surtout permis ! Les deux frères et Marcus vont donc mener la première guerre verticale de l'histoire contre une armée insolite surgie des entrailles de la terre. Par convoitise pour une de ces créatures, les hommes ouvrent la boîte de Pandore et les intenses tropiques débrident ceux qui ont le malheur de se trouver sur place.
Le dénouement nous retourne, nous abandonne amers et désabusés ; la littérature se doit-elle de refléter une vérité qu'elle qu'elle soit ou peut-elle véhiculer des chimères si belles soient-elles ? Pinol se garde de bien de répondre et on se cogne un peu de la question, réflexion faite.
Si LA PEAU FROIDE nous laissait le gout métallique des embruns sur la langue, PANDORE AU CONGO nous colle une moiteur salée sur l'épiderme.
La peau chaude en quelque sorte.
Lien : https://micmacbibliotheque.b..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   06 janvier 2014
Je m’étais laissé conduire à cette guerre comme un agneau à l’abattoir. Et une fois pris dans un uniforme d’agneau, il était inutile d’esquiver mes responsabilités d’agneau. Les agneaux ne sont pas innocents, ils sont idiots. Que dis-je un jour à Marcus Garvey ? « Moi, je ne serais jamais allé au Congo ». Mensonge. Il n’était pas possible d’imaginer une tuerie générale plus grande que cette guerre, et au cœur même de l’Europe. Le Congo n’était pas un lieu, le lieu, c’était nous. Le jour où je m’enrôlai, je devins le Marcus Garvey qui tendait la main pour que les frères Craver y mettent des bâtons de dynamite. Il lançait les bâtons un par un, je dirigeais des canons de gros calibre vers leur objectif. Qu’est-ce qui était pire, en réalité ?

Je superposai les deux raisonnements. J’aurais dû le comprendre plus tôt. Si j’acceptais mon avenir comme docteur Flag, si je renonçais à la littérature pour me consacrer, simplement, à écrire des feuilletons, ce que je faisais, c’était grossir les rangs de la résignation humaine. Chaque bon livre que je n’écrirais pas serait comme un clocher détruit. Je le compris et me dis : « Merde à Flag, je ne suis pas un nègre de Flag, je ne veux pas être Flag. Ce que je dois faire, c’est retourner à la maison et écrire le livre, le récrire mille fois, et mille autres fois, si nécessaire, avant de produire un grand livre. »

Ce fut ainsi que j’arrivai au septième et dernier jour de mon passage sur le front. Je ne l’oublierai jamais. J’étais à l’intérieur d’un trou qu’avait fait un obus de gros calibre. Il avait la forme d’une saucisse et il était plus gros qu’un préau d’enfants de l’école maternelle. Il recommençait à pleuvoir. Je m’installai comme je pus dans le fond de ce cratère lunaire. Cette nuit-là, un violent duel d’artillerie avait éclaté entre les deux parties. Comme je me trouvais à mi-chemin entre les positions anglaises et allemandes, les projectiles des deux côtés décrivaient une parabole juste au-dessus de ma tête. Ce spectacle pyrotechnique possédait une beauté inégalable qui rivalisait avec un phénomène naturel. Quelle longue nuit. J’étais sous une cloche de feu et en même temps il pleuvait, il pleuvait plus que jamais. Des bords du plateau de mon casque, tombaient des cascades d’eau. Je n’ai jamais été trempé comme ce jour-là. La seule chose que je pouvais faire était de me recroqueviller comme un enfant qui se protège, entourant mes jambes de mes bras.

Je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais qu’attendre, je passai donc le temps à penser à elle. Au début, je tentai de reconstruire jusqu’au dernier détail de sa main. La blancheur mate de la peau, les six doigts, des ongles qui entraient extraordinairement dans la chair, jusqu’à la première articulation du doigt. Je peux encore me voir : enroulé comme un fœtus au fond de cette flaque de boue, les vêtements trempés, les bras croisés et un rideau de pluie tombant sur les bords de mon casque. Je pensai ensuite au clitoris d’Amgam. Marcus n’en avait jamais parlé. Comment pouvait-il être ? Aussi blanc que le reste de sa peau ? Pourquoi n’aurait-il pas été noir, aussi noir que ses yeux ? Rouge ? Bleu ? Jaune ? Dans le livre, naturellement, je ne parlais pas du clitoris d’Amgam. Trop obscène. En revanche, pendant que je pensais au clitoris d’une femme tecton, les projectiles de toute l’artillerie des armées anglaise et allemande se croisaient au-dessus de ma tête.
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Malahide75Malahide75   04 mars 2015
Ce qui m'intéressait n'était pas tant de juger ce que Marcus m'avait raconté que ce qu'il avait voulu me raconter. Ce livre élevait des personnes de chair et de sang à la catégorie de personnages littéraires. Aussi, peu importait qu'ils aient prononcé ou non telle ou telle phrase. Qu'ils aient tiré une balle de plus ou de moins. L'important n'était pas ce que faisaient les personnages dans cette histoire, mais ce que l'histoire faisait de ces personnages. Le procès ne se passerait peut-être pas bien et l'on pendrait Garvey, et peut-être que le lendemain un zeppelin égaré nous transformerait en charbon, Norton et moi. Mais tant qu'il existerait des lecteurs Marcus et Amgam continueraient à faire l'amour sur leur arbre. Tout ce que je pouvais faire était de le raconter, et c'était exactement ce que j'avais fait. La seule chose que je regrettais était que ce fût l'histoire d'un autre. D'avoir dû me transformer en parasite des aventures d'un autre pour obtenir un bon récit. Rien n'est parfait, c'était ma consolation et mon tourment.
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Malahide75Malahide75   04 mars 2015
Cela peut sembler insignifiant. Ça ne l'était pas, il y a des tortures très subtiles. Imaginons des yeux qui ne cherchent que les défauts. Des oreilles qui n'écoutent que des blasphèmes. Quelqu'un, en définitive, avec qui il n'est pas possible d'avoir une conversation détendue et banale. Chaque fois que j'ouvrais la bouche, je me forçais à me tenir sur mes gardes, à deviner par où elle allait m'attaquer. Je devais toujours penser à ce à quoi elle pouvait penser. Nous étions comme des joueurs d'échecs professionnels, obligés de prévoir les mouvements de l'adversaire cinq ou six coups à l'avance.
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MED55MED55   17 novembre 2013
L'Afrique nous montre qu'en Angleterre tout est plus faible ; plus léger ; comme si nous ; les habitants du nord ; nous vivions avec des sens de fantômes ; indolents et stériles , le Congo en revanche , amplifiait la puissance du monde . La lumière ne tombait pas du ciel ; elle provenait de toute part ; les odeurs étaient fétides ou splendides ; sans nuance intermédiaire .
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Malahide75Malahide75   04 mars 2015
Pepe leva la tête de l'oreiller. Marcus ne pouvait pas le voir mais il devinait les mouvements, l'haleine de cette bouche noire à seulement quelques centimètres de son visage :
- Tu me vois, Marcus ?
- Non, Pepe, bien sûr que non, répondit Marcus, un peu offensé par la simplicité de la question. Il fait nuit, Pepe. Et tu es noir.
- C'est le problème des Blancs, dit Pepe, qui s'était recouché. Vous ne voyez pas l'obscurité.
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