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Marianne Millon (Traducteur)
EAN : 9782742765188
259 pages
Actes Sud (03/01/2007)
3.89/5   282 notes
Résumé :
Sur un îlot perdu de l'Atlantique sud, deux hommes barricadés dans un phare repoussent les assauts de créatures à la peau froide. Ils sont frères par la seule force de la mitraille, tant l'extravagante culture humaniste de l'un le dispute au pragmatisme obtus de l'autre. Mais une sirène aux yeux d'opale ébranle leur solidarité belliqueuse.

Comme les grands romanciers du xrxe siècle dont il est nourri — Conrad, Lovecraft ou Stevenson —, l'auteur de La ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
3,89

sur 282 notes

Foxfire
  21 mars 2017
Un homme, en fuite de lui-même, est dépêché pour 1 an sur une île loin de tout en tant que climatologue. Là, se trouve Batis Caffo, un homme taciturne, sauvage. Réfugiés dans le phare, les 2 hommes vont subir les attaques nocturnes d'étranges créatures marines.
"La peau froide" est un très bon roman fantastique qui mêle habilement action et réflexion.
La mise en place est rapide. L'auteur ne perd pas de temps et propose un récit rythmé qui se lit très vite.
Il parvient à renouveler régulièrement son intrigue, ce qui n'était pas gagné d'avance au vu de l'argument de départ. En effet, le huis-clos est un art délicat, ici très bien maîtrisé. L'auteur dose parfaitement la tension. le côté routinier des attaques des créatures auraient pu facilement donner lieu à des redondances et s'avérer ennuyeux. Il n'en est rien. A chaque fois, un nouvel élément vient renouveler le récit.
Les créatures marines sont à la fois effrayantes et fascinantes. La "mascotte", avec sa sensualité envoûtante et ses chants mystérieux, m'a évoqué une sirène.
Les personnages sont bien campés. Ils ont de l'épaisseur, tout en gardant une part de mystère. L'évolution du climatologue est particulièrement intéressante, à l'image du récit qui semble former une boucle.
Au delà du divertissement efficace, "la peau froide" décortique subtilement les mécanismes de la peur de l'autre. L'auteur ne désigne ni victimes, ni coupables, il raconte simplement comment la peur de l'inconnu, les préjugés et l'absence de communication engendrent la violence.
Voilà un récit très intéressant et bien mené, servi par une belle écriture, simple et élégante. Je ne connaissais pas du tout Albert Sanchez Pinol mais il ne fait aucun doute que ma route de lectrice croisera de nouveau un de ses livres.
Challenge Multi-défis 2017 - 18 (33- un livre d'un auteur du pourtour méditerranéen)
Challenge Atout-prix 2016-2017 - 20 (prix ojo critico de narrativa 2003)
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Sesheta
  18 juillet 2009
Les aventures d'un naufragé volontaire sur une île peuplée d'un type acariâtre et de créatures étranges. Si l'auteur use de certaines caractéristiques de la littérature dite d'horreur/fantastique, le propos de ce roman n'est pas là puisque les monstres ne sont, ici, que prétexte à réflexion... miroirs où se reflète notre propre bestialité. Outre une aventure palpitante, l' intérêt du roman réside donc dans la confrontation du personnage à la solitude, à l'inconnu, à la peur de l'autre, de la différence... Une exploration intelligente des profondeurs de l'âme humaine et des logiques ancestrales des conflits. Un roman habile, bien construit (même si, au début, l'histoire peut paraître un peu longue à se mettre en place), que vous ne pourrez reposer avant de l'avoir fini et qui ne vous quittera plus.
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jamiK
  14 mars 2017
Une île perdue dans l'océan, un phare, une maison, quelques arbres... et deux hommes sur cette île.
Notre héros (le roman est raconté à la première personne) est un ancien révolutionnaire irlandais, déçu par l'humanité, qui vient s'isoler sur cette île pour un an en tant que climatologue. Et il y a Batis Caffô, être énigmatique, taciturne, inamical...
Des créatures sanguinaires, fantastiques et inquiétantes s'invitent toutes les nuits pour en découdre avec les deux hommes. L'ambiance est angoissante, terrible. On se retrouve un contexte et une mise en place qui n'est pas sans rappeler « l'île du Docteur Moreau », avec un mystère pesant, une animosité entre les protagonistes. Les scènes de luttes sont vraiment bien menées, avec le grand classique de l'angoisse : les créatures qui grimpent de tous bords sur le phare où sont assiégés nos deux hommes (Vikings, Fog, Moi moche et méchant 2...). La tension est toujours au maximum grâce à l'écriture juste et efficace, bien rythmée, ce qui contribue à la qualité du livre. On ne peut que le lire d'une traite tant l'atmosphère nous tient en haleine et nous absorbe.
J'ai littéralement dévoré ce roman, en apnée totale... et cette lutte ne s'arrête pas à la lutte des bons contre les méchants, elle nous laisse plein de questionnements sur l'humanité, les motivations belliqueuses des protagonistes, les préjugés...
Je ferais tout de même quelques reproches : j'ai regretté que le second personnage ne nous ai pas dévoilé un peu plus son histoire, ses états d'âmes, il se maintient dans une sauvagerie trop uniforme, sans jamais ouvrir sa garde, or sur la durée de l'histoire, on a du mal à envisager que la curiosité du personnage principal n'ait pas cherché à le cerner plus profondément. Ensuite, j'ai trouvé la dernière partie moins bien réussie, l'évolution de notre irlandais n'est à mon avis pas suffisamment claire, un peu brouillonne et trop brusque, le chapitre XVI aurait mérité un développement plus lent, plus étendu, pour mieux amener le final.
Malgré ces petits défauts, La Peau Froide reste un bon roman, prenant, bien écrit, que je n'hésiterais pas à recommander.
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Shan_Ze
  19 avril 2017
Un homme, cherchant à se faire oublier, débarque sur une petite île de l'Atlantique Sud. Très rapidement, il est surpris par l'apparition de créatures qui sortent des flots marins dès que le soleil disparait derrière l'horizon. Il s'allie alors avec l'unique autre homme de l'île, Batis Caffo, qui semble habituer à ces batailles nocturnes.
La couverture m'avait marquée : une fille très pâle, nue, avec un crâne bleu avec un air un peu rêveur. J'étais curieuse de ce qui pouvait se cacher derrière une telle couverture. La peau froide est un huis-clos très prenant : les luttes sont acharnées entre les deux camps, ça ressemble beaucoup à un roman d'horreur. le narrateur essaye de décrypter le comportement de ces créatures et le roman tourne au psychologique avec toujours une tension palpable. La fin laisse un goût amer… J'ai beaucoup aimé ce roman qui nous questionne sur nous, notre peur de l'autre. Un auteur que je relirai, j'ai déjà noté Pandore au Congo.
(Je ne savais pas que le film adapté du roman allait sortir, je note pour une prochaine sortie ciné.)
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Charybde2
  19 mars 2013
Un huis clos fantastique, étouffant et barré...
Une nouvelle découverte due à mes ami(e)s et collègues de Charybde... Ce premier roman écrit en 2002 (publié en France en 2004) a rencontré un succès mérité.
Le narrateur, météorologue irlandais, rejoint son poste pour un an, sur une île minuscule et isolée de l'Atlantique Sud, pour y découvrir, après le départ du bateau, que lui et le gardien du phare, uniques habitants de l'île, seront soumis toutes les nuits aux assauts meurtriers de créatures venues de la mer...
"Dans ces moments, il rappelait un de ces voltairiens qui en faisant des efforts d'imagination parviennent à créer des barricades. C'était le modèle de l'homme circonscrit à une vérité solitaire et unique, mais fondamentale. Il avait le courage de simplifier. On pourrait dire qu'il simplifiait tant et si bien, que même lui était capable de comprendre la base du problème. Quand il abordait les aspects techniques, par exemple, il avait un esprit clair et serein. Dans ce domaine, il était insurpassable, et c'était à cela qu'il devait sa survie. À d'autres moments, en revanche, il se laissait aller et tombait dans une esthétique de cosaque déserteur. Philosophe de la musculature, aux principes hygiéniques plus qu'ordinaires, quand il mangeait il ressemblait à un authentique ruminant."
"Mais je n'avais pas l'obligation de le suivre. C'était par essence la seule liberté humaine qu'il me restait là-bas, au phare. Et dans le cas où l'on démontrerait que ce n'étaient pas des bêtes, l'ordre de Batís serait détruit avec plus de violence que celle que cachaient les arsenaux militaires de toute l'Europe.Cela, je le compris plus tard. Ces jours-là, je voyais un Batís Caffó qui ne faisait pas la part des choses. Mais qui ne serait pas disposé à modifier son angle de vue, quand la vie et le futur dépendent du regard que l'on porte sur l'ennemi ?"
Anthropologue de formation, Sanchez Piñol convoque avec habileté le Jules Verne de "L'île mystérieuse" et le Roy Lewis de "Pourquoi j'ai mangé mon père" (voire le James Cameron d' "Aliens"...) pour nous emmener dans cette fable lancinante, alternant légèreté des journées au soleil paradisiaque et oppression des combats nocturnes incessants, des vagues d'assaut toujours renouvelées alors que munitions et défenses s'épuisent..., tandis qu'un huis clos étouffant s'empare peu à peu du météorologue et du gardien de phare...
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critiques presse (1)
Bibliobs   23 août 2013
A partir d’une idée au fond assez simple, Sánchez Piñol est parvenu à trousser un conte qui ne perd jamais ni son souffle ni sa profondeur et qui a connu un succès fulgurant – quoiqu’ un brin confidentiel chez nous. Son roman est pourtant fantastique, dans tous les sens du terme.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
SeshetaSesheta   01 novembre 2008
La mascotte avait entonné un air d'une lointaine origine balinaise, une mélodie qu'il serait inutile de décrire, une musique qui devait fuir tout pentagramme. Combiens d'humains avaient-ils entendu cette chanson ? Combien d'êtres humains, depuis le début des temps, depuis que l'homme est homme, avaient-ils eu le privilège d'entendre cette musique ? Juste Batis et moi ? Tous ceux qui avaient affronté à un moment donné la dernière bataille ?
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SeshetaSesheta   01 novembre 2008
Qu'avait-il pu arriver ? Une nouvelle guerre de portée mondiale qui aurait interrompu le transit naval jusqu'à la fin des hostilités ? Peut-être. Mais, bien que nous les hommes nous ayons tendance à rejeter la faute de nos peines sur les grandes hécatombes -cela rehausse notre importance en tant qu'individus-, la vérité s'inscrit toujours en lettres minuscules.
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SeshetaSesheta   01 novembre 2008
- Mein Gott, mein Gott... murmura soudain Batis. Les faces de crapaud sont plus nombreux que jamais.
- Où sont-ils ? Je ne vois rien.
Mais Batis ne répondait pas. Il était très loin de moi, bien qu'il fût là, à mes côtés. Il avait les lèvres écartées et humides d'idiot, comme s'il avait regardé à l'intérieur de son esprit au lieu de surveiller les abords du phare.
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SeshetaSesheta   01 novembre 2008
C'était un hymne épouvantable et un psaume barbare, et il était beau dans sa malice ingénue, très beau. Il touchait tout le spectre de nos sentiments, avec la précision d'un bistouri ; il les mêlait, les altérait et les niait trois fois. La musique s'émancipait de l'interprète.
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SeshetaSesheta   01 novembre 2008
Nous ne sommes jamais très loin de ceux que nous détestons. Pour cette même raison, nous pourrions donc croire que nous ne serons jamais au plus près de ceux que nous aimons.
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