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EAN : 9782757878514
456 pages
Éditeur : Points (02/04/2020)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Qui a tué l'éminent professeur d'histoire Yitzhak Litvak, de l'université de Tel Aviv ?
C'est la question à laquelle tente de répondre le commissaire Émile Morkus, un des rares hauts gradés arabes de la police israélienne. Mais quelle piste suivre ? Célibataire sans enfant, Litvak semblait vivre seul, surtout préoccupé de l'avancée de ses travaux. Celle d'une mauvaise rencontre ? D'un étudiant voulant se venger d'un échec quelconque ? Ou celle d'un règlement... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Sylviegeo
  06 septembre 2019
Je ne me suis pas perdue mais disons que j'ai refait le chemin plusieurs fois en parsemant celui-ci de petits cailloux....
Je ne suis ni historienne, ni philosophe, ni politicologue, ni spécialiste de cette partie du monde à la politique inextricable et plus que complexe. Pourtant, j'ai apprécié cette lecture parce que j'ai appris dans l'étonnement. Toute cette histoire qui m'est complètement inconnue , toutes ces ramifications de ce passé qui conditionne ce présent et qui lui bloque l'avenir, oui ce fut une lecture enrichissante même si je ne me positionne pas parce que trop ignorante de cette réalité.
Donc, déjà un arabe chrétien travaillant pour la police juive de Tel Aviv est assez particulier. Un universitaire célèbre retrouvé mort. Une enquête qui s'avérera difficile parce que située dans les méandres de la politique tant universitaire que nationale. Toujours des relations raciales/religieuses vécues dans un bon voisinage hypocrite au travail et dans la quotidienneté, les tensions ordinaires quoi dans ce coin du monde!
Malgré un petit côté didactique, une narration intéressante et captivante pour l'ignare que je suis. Un bon polar à l'intrigue sinueuse où les personnages nous semblent vrais et authentiques. Ne vous laissez pas décourager face à la lourde documentation de ce roman policier et vous y trouverez votre plaisir.
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mollymon
  10 juin 2019
Le roman s'ouvre sur le meurtre d'Yithzak Litvak, un historien israélien, auteur d'un ouvrage très controversé démontrant que que les Juifs d'Europe de l'Est descendraient des Khazars et non pas, comme ils le croient, du roi David. Il affirme que, par là même, les palestiniens en seraient les héritiers légitimes. Cette théorie subversive, qui ébranle l'un des fondements de la pensée sioniste en remettant en cause le droit de la diaspora juive à occuper la terre d'Israël, serait-elle à l'origine de la mort de Litvak et de celles qui vont suivre ?
Le commissaire Emile Morkus et ses équipiers chargés de résoudre l'affaire entraînent le lecteur dans une enquête étrangement peu satisfaisante, pour ne pas dire cafouilleuse. Ce n'est que 20 ans plus tard qu'elle va connaître un rebondissement inespéré... Je n'en dis pas plus pour vous laisser "le plaisir" de découvrir toute l'histoire.
En plein coeur de Tel Aviv, entre les murs de l'université et dans les locaux du service de contre-espionnage (le Shabak, plus connu sous le nom de Shin Beth), l'enquête vous emmènera à la rencontre de nombreux personnages qui illustrent bien toute la diversité et la complexité de la société israélienne.

Ce polar politico-historique qui mêle la réalité à la fiction s'avére assez intéressant mais pour être totalement captivé il faudrait faire abstraction des faiblesses de l'intrigue un peu nébuleuse, de quelques longueurs et surtout du fait que derrière cette histoire l'auteur ressasse son thème de prédilection, à savoir que l'histoire du peuple juif telle qu'on la connait n'existe pas. On appréciera ou pas cette idée.
Comme je ne suis pas historienne , je me garderais donc bien d'émettre la moindre opinion sur le sujet... Toujours est-il que l'écriture d'un polar facile à lire permet à Shlomo Sand non seulement d'exprimer ses opinions en critiquant certains aspects de la politique et de la mentalité israéliennes mais aussi de populariser ses idées déjà largement développées dans des essais souvent jugés trop indigestes par bon nombre de ses lecteurs. Il en profite aussi pour éreinter le milieu universitaire où il n'a pas que des amis. Bref, c'est tellement lourd que ça finit par devenir pénible. Pour ne pas frôler l'embarras gastrique, je n'ai que survolé les cent dernières pages, pressée d'en terminer avec Shlomo Sand et sa théorie complotiste.
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de
  09 août 2019
Seules les plantes ont besoin de racines, tandis que les femmes et les hommes veulent se faire pousser des ailes
La première fois que j'ai entendu parler d'Yitzak Litvak c'est à Nice dans un appartement situé non loin de l'hôtel où je logeais. Il était à la fois bien présent et pourtant déjà assassiné (« Ligoté, le corps du professeur Yitzhak Litvak gisait sur le lit défait », 1987). C'est la force de la littérature de permettre cette interpénétration des temporalités, comme par ailleurs l'activation de personnages en ressemblance non fortuites.
Sauf erreur, il n'y avait pas de musique en cet fin d'après-midi là. J'invite cependant les lectrices et les lecteurs à écouter une pièce de Bela Bartok avant d'ouvrir l'ouvrage. Iels découvriront plus tard pourquoi…
Cordoue-Tolède (1157-1180) en prologue, une rencontre avec de jeunes Khazars. le temps oublié ou maquillé par les histoires modernes construites rétrospectivement « exploitant des traditions anciennes, les retournant sur elles-mêmes, leur conférant une signification nouvelle, tout en se prévalent de s'inscrire directement dans leur lignée »…

Pour débuter, une histoire que certain·es, par mollesse d'esprit, désignerait comme juive.
« Vous connaissez l'histoire de la compétition entre le FBI, le KGB et le Shabak pour attraper un lapin dans la forêt ?

Au bout d'une demi-heure, les trois agents sortent d'entre les arbres. L'américain et le Russe ont chacun un lapin en main, l'Israélien, en revanche tient un écureuil. « C'est quoi ça ? » lui demandent les deux autres. « Il a avoué qu'il était un lapin au cours de l'enquête »
Des meurtres, du sexe, des services secrets, des universitaires et des recherches… Ne comptez pas sur moi ni pour flairer et poursuivre des pistes, ni pour réaligner les temps de 1987 à 2007, ni vous guider sur les routes de Tel-Aviv à Jaffa ou dans les rues de Paris.
Shlomo Sand nous plonge dans des réalités de la société israélienne, les mythes et les fantasmes – dont le récit biblique – qui la structure, le groupe révolutionnaire « le Flambeau », le milieu universitaire, les services secrets, les liens invisibles qui lient les institutions dans le clandestin, des ami·es, des amant·es et des traitres…
Un policier, « un étranger au sein de la police », son histoire dans l'histoire, ses souvenirs et ses convictions, « Il n'avait jamais compris pourquoi on respectait ceux qui s'adressent à Dieu dans la prière et que l'on traite de fous ceux qui affirment que Dieu leur a parlé », sa capacité à saisir et douter…
Des livres publiés dont le volumineux L'empire khazar du VIIe au XIIIe siècle, des portraits de femmes et d'hommes sculptés finement au scalpel et d'autres dans leurs méprisables préjugés et mesquins intérêts, la rhétorique révolutionnaire « empreinte de religiosité », la réinterprétation permanente contre l'immobilisation et la fixation, le double et les variations qu'il permet, les descendant·es de descendant·es d'ancêtres, le puzzle dont les morceaux ne s'accordaient pas tout à fait, les entrailles de la guerre en permanence, ce gant de fer de la raison « qui finissait toujours par maitriser l'imagination » et chez l'auteur les plats épicées mêlant imagination et réflexion, le faux coupable pour (dé)raison-d-état, la Nakba qui n'a jamais pris fin, une lettre et des documents « si tu veux bien » signée le Khazar rouge, des personnages laissé es comme en jachère…
Vingt ans, une histoire se répète, un filament nouveau colore des fils anciens. Certains personnages dessinés par Shlomo Sand sont particulièrement séduisant·es par leurs oscillations ou leur intégrité.
Des passés, les temps du prosélytisme, le royaume judéo-yéménite, l'ancien mythe chrétien de la « Dispersion », le monde universitaire et « les semi-mensonges transformés en lieux communs », le récit imaginaire et le mythe national, Yitzak Litvak enfoui sous terre et cette part de lui-même désormais conservée dans le cloud, les relations d'ordre religieux à des lieux et leur accaparement exclusif, le récit d'un nouveau genre généré par l'addition d'« un Khazar rouge, une étudiante gauchiste et un Yéménite bien roulé », une piste avant de passer à la suivante, la possibilité de « remonter lentement en arrière pour comprendre les autres meurtres », celles et ceux qui peuvent être tué·es et la doctrine bafouée « en aucun cas, on ne tue des juifs »…
2008, la parution d'un essai rédigé « collectivement » par les deux assassinés à vingt ans d'intervalle et par une étudiante devenue professeure, l'amour envers la « gazelle » ou le « faon »…
L'érudition et l'ironie mises au service de la création littéraire pour le plus grand plaisir de la lectrice et du lecteur. Un roman qui vous entraine bien plus loin que la résolution d'énigmes meurtrières. Une incitation à percer les nuages des fumigènes qui obscurcissent nos vues, à questionner l'invention du passé.
« Vous savez pourquoi Dieu n'a pas été admis au professorat ?
Non…
Parce qu'il n'a écrit qu'un seul livre en hébreu, et qu'il n'est même pas certain qu'il en soit réellement l'auteur. »
Lien : https://entreleslignesentrel..
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jbicrel
  20 avril 2019
Le titre de ce roman policier est déjà plein d'intrigue : Certes la mort est attendue dans un roman policier, mais le Khazar ancien empire d'Asie centrale et son qualificatif rouge emplissent le titre de mystère ! Si c'était le titre d'un essai historique pourquoi pas mais l'enquête d'un détective de roman policier peut-elle vraiment concerner la disparition d'un empire nomade turc au VIIIe siècle ?
C'est que ce roman policier est l'oeuvre d'un historien israélien qui à travers ce récit traite de ses sujets de prédilection parmi lesquels le prosélytisme juif qui fait que les juifs ont des origines plurielles ce qui contredit le récit national.
Loin de ce VIIIe siècle médiéval, l'intrigue se déroule dans un cadre spatio-temporel troublé, celui de la première Intifada et de la fondation du Hamas, des accords d'Oslo, de l'assassinat d'Yitzhak Rabin, de l'arrivée au pouvoir de Benjamin Netanyahou, de la deuxième Intifada et de l'enlisement des espoirs de paix israélo-palestinienne. C'est aussi le temps de la décriminalisation de l'homosexualité en 1988.
Dès lors l'intrigue de ce roman tourne autour du meurtre en 1987 d'un universitaire israélien Yitzhak Litvak, qui justement s'était intéressé à cette théorie du prosélytisme. Peu après le jumeau de Litvak est assassiné à son tour or ce dernier ne menait aucune recherche historique : il était en hôpital psychiatrique ! Et puis Avivit, une jeune femme étudiante à l'université et impliquée dans des groupuscules de gauche est également assassinée sauvagement sur une plage de Tel-Aviv. C'est le commissaire Émile Morkus, un arabe chrétien époux d'une ukrainienne, qui est chargé de l'enquête. Or aucune de ces enquêtes n'aboutit avant le départ en retraite du commissaire.
C'est là l'originalité du roman : grâce au point de vue omniscient, le lecteur connaît bien avant le commissaire le nom du coupable. Avant son départ en retraite le commissaire fera chou blanc sur toutes ses enquêtes. Or en 2007 un nouvel assassinat a lieu, celui d'Yéhouda Guershoni. Il s'agit encore d'un universitaire qui lui aussi travaillait sur le prosélytisme juif et sur le récit national. L'enquête est reprise par le successeur de Morkus. Elle piétine. Morkus s'associe en secret à l'enquête. Cependant Gina, une jeune universitaire de Tel-Aviv également a récupéré les documents de travail de la victime et entreprend de poursuivre ses travaux ce qui lui vaut quelques agressions dont on ignore encore l'origine. Plus précisément, la police en ignore encore l'origine mais le lecteur sait bien que cet agent ultra-sioniste du Shabak (sécurité intérieure) que le narrateur suit depuis le début est forcément mêlé à ces affaires. Étrange ironie dramatique dans un roman policier. La fin du roman nous réserve pourtant des surprises !

Lien : http://www.lirelire.net/2019..
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JeanLibremont
  27 juin 2020
Pour un premier roman, c'est un coup de maitre. Ce beaucoup-plus-qu'un polar est surtout une réflexion sur la difficulté de déconstruire le mythe fondateur biblique de l'État moderne d'Israel, domaine de prédilection de l'historien et professeur d'université israélien Shlomo Sand. Parallelement a la dimension criminelle, le récit met donc en scene le profond malaise que provoque, dans le milieu universitaire israélien, la remise en cause de l'histoire officielle du peuple juif. Dans le livre, ce malaise est lié chez certains au refus de ce qui est percu comme un mensonge justifiant occupation territoriale et discriminations ethniques alors que, chez d'autres, il est beaucoup plus lié au danger que représente une telle remise en cause subversive pour leur carriere académique.
Roman a l'intersection entre histoire, idéologie et politique, c'est aussi une observation psychologique fine et décapante du milieu académique israélien rayon histoire, avec lequel le professeur Shlomo Sand avait apparemment un compte a regler.
Ce livre se veut un message de paix dans le contexte du conflit israélo-palestinien sous la forme d'une fiction criminelle autour d'une remise en question historique qui, elle, n'est pas fictive. Une telle remise en question est inévitablement percue par certains comme une atteinte a leur identité et, de ce fait, déchaine leur fureur ou, tout au moins, une forte réprobation et c'est la que la fiction rejoint peut-etre la réalité, crimes en moins heureusement.
Apres avoir lu ce livre, je me fais la réflexion que les juifs sont comme une grande famille animée de relations passionnelles et parfois conflictuelles mais toujours subordonnées a l'appartenance familiale. Moi qui ai perdu mes racines, me prends alors a regretter de ne pas faire partie de cette famille meme si, comme toute grande famille, celle-ci contient des secrets pouvant etre perturbants. En tout cas, je me réjouis de lire le prochain roman de Shlomo Sand.
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critiques presse (1)
Actualitte   17 avril 2019
L’historien israélien Shlomo Sand délaisse les notes de bas de page pour un roman noir débridé où l’assassin cherche à s’en prendre … à des idées.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
SylviegeoSylviegeo   05 septembre 2019
Les convictions rationalistes d'Émile eurent sur lui deux effets: une allergie instinctive à la bêtise et une adhésion totale à la laïcité. Le manque d'intelligence dans les comportements humains ne cessa jamais de le tourmenter, et même davantage au fur et à mesure qu'il avançait en âge. Il se résignait tant bien que mal à l'irrationalisme quand il ne nuit pas à son prochain, mais il demeurait intransigeant face à la stupidité et à l'aveuglement qui portent préjudice à autrui. C'est pourquoi, il détestait les institutions religieuses et, davantage encore, la flamme de leurs croyants convaincus.
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jbicreljbicrel   20 avril 2019
S’asseoir sur la terrasse face à la mer avait le don de lui remonter le moral. C’est ainsi que, des heures durant, il pouvait contempler la danse incessante des vagues. La vue des barques de pêcheurs voguant vers le petit port de Jaffa avait pour lui une vertu apaisante. Il s’imaginait un monde composé de pêcheurs et de chasseurs. Les premiers, habitués à affronter la mer, étaient enclins à la modestie, tandis que l’accoutumance des seconds au sang et à la tuerie les avait rendus dominateurs et agressifs. Il se demandait parfois si sa vie le rapprochait davantage des pêcheurs ou des chasseurs.
Il n’aimait pas le quartier léché des artistes qui, sur la droite, lui bouchait la vue. En revanche, le rocher d’Andromède, posé juste en face du port, attirait sans cesse son regard. Dans la mythologie grecque, une belle princesse, offerte en victime au monstre de la mer, avait été ligotée au rocher de Jaffa. Persée, fils de Zeus, était venu la délivrer et l’avait épousée. La falaise surplombant la mer avait été le témoin des conquêtes successives de la cité. Elle avait vu passer les Égyptiens antiques, les Philistins, les Perses, les Phéniciens, les Séleucides, les Asmonéens, les Romains, les Byzantins, les musulmans, les croisés, les mamelouks, les Ottomans, les Français, les Anglais et, finalement, les sionistes. La majorité de la population était cependant demeurée la même depuis la nuit des temps. Jaffa, la belle et l’antique, avait toujours survécu aux vainqueurs successifs, jusqu’à ce qu’advienne l’année 1948.
Tout comme le rocher d’Andromède, Morkus se sentait l’un des derniers survivants de ce lointain passé, qui l’obligeait. Le policier n’avait toutefois jamais imaginé qu’un Persée viendrait le délivrer. Les mythes combattants lui étaient étrangers, mais la seconde Intifada, des années 2000 à 2006, avec ses dures vagues de violence, l’avait rendu plus arabe, et un tout petit peu moins israélien. Il avait éprouvé de la douleur au vu des victimes des deux bords, mais les quatre mille morts palestiniens avaient élargi les fissures dans son sentiment d’identité
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alainmartinezalainmartinez   06 juin 2019
.......même lors d’un dialogue fortuit au supermarché, on peut, bien entendu, tomber sur des vantards qui croient tout savoir sur tout, mais les enseignants, surtout ceux devenus professeurs, ne peuvent s’empêcher de vous faire la leçon, même à l’occasion de la discussion la plus banale. Et le plus exaspérant, c’est qu’ils essaient toujours de vous prouver qu’ils sont nettement plus intelligents que vous !
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yannjouetyannjouet   22 mai 2019
Il fallait avoir confiance en l'avenir de l'humanité pour puiser la force nécessaire de lutter au quotidien. Pour s'investir pleinement, il fallait une éthique stimulée par une ferme croyance. Le combat contre l'injustice était perçu comme un accomplissement personnel mêlé de salut universel. C'est ainsi que des caractères très individualistes pouvaient se soumettre à des diktats aussi collectivistes.
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granadagranada   29 juillet 2019
« -Que proposes-tu? Que nous partions tous d’ici? Demanda théâtralement Ben Basat.
- Non, répondit Shapira. Nous sommes ici comme les descendants des colons sur le continent américain , ou en Australie, et toute tentative pour nous déraciner n’est pas réaliste et risquerait d’engendrer de nouvelles tragédie. J’ai toujours dit à mes amis palestiniens, à l’étranger, qu’un enfant né d’un viol a bien le droit de vivre, et que cela vaut aussi pour le cas de la création de l’ Etat d’Israël. En même temps, il nous faut reconnaître le fait que nous sommes arrivés et nous sommes installés non pas par la force et le droit, mais par la force pure. Les croisés non plus n’avaient pas le moindre droit sur la terre sainte. Une relation d’ordre religieux avec un lieu saint ne confère en aucun cas, un droit de propriété sur lui. Nous devons autant que possible réparer les injustices , payer des dédommagements, et surtout apprendre à partage ce lieu. »
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