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ISBN : 2707190373
Éditeur : La Découverte (17/03/2016)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Historien israélien de renommée internationale, Shlomo Sand a fait irruption dans le débat intellectuel français avec ses ouvrages Comment le peuple juif fut inventé et Comment la terre d’Israël fut inventée. Renouant avec ses premières amours, il se consacre dans ce nouveau livre à la figure de l’intellectuel français.
Au cours de ses études à Paris, puis tout au long de sa vie, Shlomo Sand s’est frotté aux « grands penseurs français ». Il connaît intimement... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Indosand
  07 juin 2016
Cet ouvrage est un brillant essai de l'historien israélien Shlomo Sand. Critique à la fois par sa position et ses arguments, il donne d'entrée de jeu le ton en posant le postulat que la figure de l'intellectuel contemporain a-t-elle encore lieu d'exister ?
Cette réflexion ne pouvait pas mieux tomber quand justement cela faisait un petit moment que je m'interrogeais sur la figure de l'intellectuel d'aujourd'hui…et ce constat que je dressais en parcourant ma bibliothèque où j'avais élu mes auteurs et mes histoires favorites. Grave ou heureux constat, il n'y avait que des écrivains classiques et très peu de contemporains ! Mon petit panthéon perso ne contenait pas Patrick Modiano, Michel Houellebecq, ou encore Tatiana de Rosnay mais plutôt Balzac, Duras, Zweig ou Céline…Ce constat me faisant penser… mais est-ce-qu'ils y a encore aujourd'hui une pensée, une âme, un univers qui soit encore capable de me bouleverser intellectuellement au point de renier les anciens maitres ?
Est-ce-qu'un écrivain contemporain est-il capable de m'émouvoir en me jetant à la figure son style telle une claque vivante qui puisse me faire frémir et me transporter dans un ailleurs ? J'attends encore ce moment décisif qui me montrera la voie de la vraie littérature retrouvée comme j'aimerais l'entendre venir jusqu'à moi… Cette affirmation n'est pas une prétention, mais un désir profond ; un espoir de voir naître enfin un esprit éclairé qui puisse venir catalyser toutes ces valeurs perdues, sinon dissimulées. Ou est-moi qui suis aveugle pour ne pas savoir reconnaître une pépite parmi toutes celles… Oh où est donc la littérature avec un grand « l'» qui avait le monopole avant ? Je veux dire par là, une littérature dépouillée de ces parasites que sont les médias et la politique. Ainsi à la lecture de cet essai, j'aime à voir ici, à travers le défi de poser cette question polémique, les prémisses d'un plaidoyer pour défendre la figure de l'intellectuel responsable et surtout sincère envers les problèmes de son temps. Cette envie de lecteur coïncide avec, je pense, les aspirations de ce livre de Shlomo Sand qui est là pour nous faire réfléchir ensemble sur la question. Une question sérieuse qui vaut le coup, au moins d'être posée. Son analyse apparait au fil de la lecture des chapitres lucide et bien documentée.
La fin de l'intellectuel français pose en effet la question de la sacralité que l'on pose et que l'on associe à l'écrivain. En cela l'analyse de Paul Bénichou dans son « Sacre de l'écrivain », permet à posteriori de se poser encore actuellement la question de la pertinence de trouver réunis sous une même intelligence, des personnes capables de réfléchir à l'unisson sur de vrais sujets et pas seulement des romans cinématographiques ou des essais politiques surmédiatisé grâce à la position ethnarque de leurs auteurs.
Mais là où l'essai est très intéressant à lire, c‘est aussi dans la remise en cause des principes acquis avec les intellectuels du XXème siècle. Dans son avant-propos, l'auteur défie les mythes en faisant le désolant constat que les auteurs que l'on a su estimer, aduler, surenchérir même dans notre jeunesse n'ont pas été si sincères que cela avec nous…et qu'il est un temps où nous aussi nous avons grandi et où nous nous sommes réveillés en nous disant : "mais en fait, c'était un leurre, un mensonge, une mascarade ?". Alors on nous aurait dupés comme on l'a fait quand on était petit avec les contes de fées ? La littérature au même titre que les contes et le théâtre est-elle, elle aussi, une merveilleuse fable ? N'y a-t-il pas une chose plus terrible pour un auteur que de perdre son propre public en perdant son « aura » auprès de lui ? Perdre sa confiance peut-être vécue comme une désolation voire une défaite pour l'auteur.
S.Shand résume bien cette idée : « L'accumulation de petites vérités est susceptible de corroder et de remettre en cause de grandes mythologies. Beaucoup de héros des lectures de jeunesse sont amenés à perdre de leur aura lorsque leurs lecteurs parviennent à maturité. le mythe de l'intellectuel que je m'étais forgé à un âge relativement jeune m'a bien poussé à acquérir un savoir, il a stimulé mon engagement politique et m'a ouvert les portes de l'écriture ». C'est ça, oui c'est ça on s'est forgé un mythe autour de l'intellectuel car il a su à un instant T nous stimuler l'intellect, nous faire réfléchir dans le bons sens pour nous élever et nous épanouir l'esprit en ravissant notre imaginaire.
Seulement cette admiration a montré ses limites une fois grandissant et nous nous sommes mis à s'intéresser aussi à l'homme, au-delà d'une simple appréhension de l'oeuvre… et là quelques déceptions dans l'enclos sacré de notre mystification de l'auteur : ce qu'il a écrit ne lui ressemble pas, c'est un autre « moi » qui l'a écrit. Bien sûr tous les écrits n'ont pas forcément besoin d'être sincères mais quand ils le sont et qu'ils « collent » parfaitement à la personnalité et à l'esprit de l'écrivain, c'est encore mieux et rajoute à son estime. Qui sont-ils vraiment ? Leurs écrits sont-ils le miroir de leur être ? Comment des écrits qui nous ont touchés peuvent nous dégouter en grandissant ? Ou alors pour éviter ce fléau, il faut faire cette part distinctive entre l'oeuvre et l'écrivain, l'oeuvre et la vie ? Nécessairement je pense que oui si on ne veut pas être victime de la déchéance de notre idole. Une dualité qui doit séparer ou bien rassembler ? Soit disant au passage, cette dualité serait intéressante de transposer dans un exercice muséographique. Puisque le style est devenu de moins en moins perceptible dans les livres, ne peut-il pas l'être au sein d'une maison d'écrivain qui devrait respirer justement l'esprit, l'âme de l'écrivain en ses lieux ? Comment (l'auteur donne l'exemple de Sartre) être moins sûr de Sartre tout d'un coup ? Désillusion ou lucidité ? Ainsi même avec les auteurs classiques, la remise en cause reste possible.
L'essai pointe sur d'autre problèmes intéressants : notamment sur les relations de pouvoir qu'exercent les intellectuels. Avis mitigé sur leurs gouvernances, le chapitre « Marx et sa descendance Capital symbolique ou politique » traite de cette question en émettant l'existence à la fin du XIXe siècle en plus d'un « capital économique », d'une toute autre arme à destruction massive, « le capital du savoir » : « le capital du savoir a été utilisé par des hommes comme moyen de domination sur d'autres humains ». Mise en avant ici d'une vision moins brillante de l'intellectualisme. Un côté, à mon sens, intéressant d'aborder car il fait partit de cette histoire qui semble vivre un déclin sinon une crise. Ce sont au moment des Affaires Dreyfus que plusieurs points de vue sur l'intellectuel émergent, rendant encore plus complexe cette figure. L'auteur insère ici plusieurs définitions croisées afin de nous restituer le vrai visage de l'intellectuel du XIXe-XXe siècle; du moins le visage qu'il a bien voulu se donner en fonction du contexte politique du moment.
Autre question primordiale soulevée et qui a toute sa place dans un essai réflexif comme celui-ci, celle de la figure de l'intellectuel de demain : à quoi ressemblera-t-il dans un monde aussi globalisé que le nôtre ? Cette interrogation est légitime car elle induit une rupture avec la conception d'il y a encore quelques décennies ; une réflexion nourrie des exemples précédents de figures marquantes. L'intellectuel dans la société post-contemporaine : un beau sujet sur lequel méditer quand lorsque chaque semaine, s'organise en France des manifestations et des grèves qui tournent parfois aux émeutes populaires et n'ont plus rien à voir avec l'objet de revendication de départ : les droits au travail et à la liberté… Quelle figure intellectuelle aujourd'hui peut se hisser au-dessus du politique pour pouvoir répondre à toutes ces questions essentielles ? Shlomo Sand donne un constat : l'intellectuel d'aujourd'hui est moins engagé et donc moins au service de l'intérêt général. Les causes en sont la montée de l'individualisme, la mondialisation, l'émergence des mass-média et d'internet. Somme toute, un cocktail prévisible qui allait marquer de son empreinte cet impact irrémédiable. C'est à partir de là que l'essai, prend à mon sens peut-être une trop forte dimension politique…Mais une partie, qui je le reconnais est nécessaire pour démontrer que c'est certain, l'intellectuel ne sera plus appréhendé comme un "mage". Techniquement c'est impossible.
Toutes ces remarques posent la question de sous quel visage prendra la figure de l'intellectuel du XXIème siècle, si on peut encore parler pour ce siècle, de forme d'intellectualisme ? "C'est la définition même du mot "intellectuel" qui est mis à mal par ces nouvelles figures, comme ces "lanceurs d'alerte", qui ont émergé grâce à internet". Cette réflexion nous permets donc d'y voir peut-être non pas la disparition mais l'émergence d'une nouvelle forme, encore inconnue, de l'intellectuel. C'est sur cela que le livre clôt. Si la société évolue en même temps que ses paradigmes, à quoi ressemblera l'intellectuel du futur ? Évoluera-t-il en marge des institutions qui le contrôle ou du moins, l'influe dans ses pensées ? Devra-t-il nécessairement être engagé ? L'archétype idéal que l'on se faisait de l'intellectuel du XIXe-XXe siècle n'est pas forcément le même attendu pour les générations à venir. Un nouvel âge d'or est toujours possible…
Ainsi, une vision qui donne le point de vue corsé mais compréhensif de l'auteur.
Je conseille, pour compléter cette lecture et prolonger le débat, de consulter aussi l'essai de Philippe Vilain "La littérature sans idéal". Pour un autre plaidoyer cette fois-ci…celui du style en littérature L'ouvrage permettra de retrouver ce même type de problématique et ce même constat sur le désenchantement de la littérature aujourd'hui.
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de
  27 avril 2016
Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes
« J'ai simplement voulu projeter quelques faisceaux de lumière sur certaines périodes et quelques formes de discours, choisies dans cette brève histoire particulière »
Dans son avant-propos, qui résonne particulièrement pour moi, Shlomo Sand parle, entre autres, de son malaise « face à une partie des matériaux inclus dans le concept d'« intellectuel ». », de sa passion de la lecture, « voguer joyeusement vers des contrées magiques », de livres qui excitaient sa curiosité et « nourrissaient mon imagination quelque peu poétique », des errances de Jean Paul Sartre et de Simone de Beauvoir (et du souvenir de Bianca Lamblin), des intellectuels « parisiens », d'Albert Camus
L'auteur analyse certains mythes à défier, comme le film de Claude Lanzmann Shoah et l'oubli des persécution des populations juives à l'ouest du Rhin. Il indique « L'accumulations de petites vérités est susceptible de corroder et de remettre en cause de grandes mythologies » et rend hommage à Simone Weil, André Breton, Daniel Guérin ou George Orwell, « ils ont tenu bon face aux trois plus grands crimes du siècle : le colonialisme occidental, le stalinisme soviétique et le nazisme allemand, sans dédouaner aucun d'eux à l'aide d'une quelconque justification philosophique à base libérale, nationale ou de classe ».
Je m'attarde sur son introduction « La cité et la plume », les interventions des intellectuels (il est dommage que l'auteur ne traite pas du caractère fortement genré de ce groupe social), « Après l'instauration du suffrage universel masculin, dans les années 1870, et de l'enseignement obligatoire, dans les années 1880, on a assisté à la lente constitution d'un collectif intellectuel autonome, d'un genre nouveau, qui accompagnera la vie politique pendant près d'un siècle, et accédera à un statut privilégié dans le champ culturel français », le caractère « extraordinaire » du traitement de Louis Althusser étrangleur de sa femme (voir sur ce sujet le superbe article, « La banalité du mâle », de Francis Dupuis-Déri dans Nouvelles questions féministes : Imbrication des rapports de pouvoir… et sa caractérisation : « un tueur de femme plutôt banal »), les caractéristiques (et leurs causes historiques) du statut de l'intellectuel en France, la définition comme « intellectuel parisien ».
Shlomo Sand analyse les caractéristiques des « producteurs de biens symboliques », la notion et l'histoire de l'« intelligentsia », la place « des événements consécutifs au procès militaire d'Alfred Dreyfus », les définitions variables historiquement des « intellectuels », l'« intellectuel » producteur de « haute culture », les « érudits », le capital symbolique comme rapport social, la démocratisation de l'enseignement supérieur et ses effets, l'univers des symboles, les marges d'autonomie des intellectuels par rapports aux pouvoirs institutionnels ou économiques…
L'auteur rappelle la défense « des pratiques criminelles, appliquées en URSS » par maint-e-s intellectuel-le-s prestigieuses/eux, les éminents érudits ayant soutenu le régime nazi Allemagne, ou les béquilles du « maoisme et de ses gardes rouges, précisément durant les années les plus totalitaires de la Chine », etc. Je pourrai allonger la liste des forfaitures…
Shlomo Sand parle aussi des intellectuels publics, « La plupart des intellectuels n'ont rien contre l'image que leur renvoie le miroir, et l'autocritique se fait rare dans leurs propres écrits », de la dérive conservatrice, de l'assimilation « anti-intellectualisme » et « anti-totalitarisme » et interroge : « quelle est la motivation principale de la production intellectuelle » ?
Transformation des rapports sociaux, du climat idéologique, « Autrement dit : la place et le statut de l'intellectuel dans l'arène publique sont-ils les mêmes qu'à la fin du XIXe siècle, tandis que seules ses valeurs auraient changé ? Les « moyens de production » classiques de l'intellectuel sont-ils encore la source de ses modes de manifestation dans notre univers spirituel ? ».
Sans négliger pour autant les paroles peu audibles dans les médias et la place publique, le bouillonnement réflexif sur de multiples blogs, sites et parfois ouvrages, je partage cette appréciation de l'auteur en fin d'introduction : « alors que l'intellectuel parisien moderne est né dans le combat contre la judéophobie, le crépuscule de l'intellectuel du début du XXIe siècle s'inscrit sous le signe d'une montée de l'islamophobie »
Dans la première partie « Les clercs dans la tourmente du siècle », Shlomo Sand revient en détail sur les affaires Dreyfus (il explique pourquoi, il considère qu'il y a deux affaires), la première apparition des « élites érudites » sous la forme d'un groupe organisé. (Je note que l'engagement des écrivains et des peintres en 1848 et en 1870 est omis).
L'auteur analyse la place sociale des intellectuel-le-s, de celles et ceux qui prennent parole publique. Il y reviendra dans son développement pour mieux cerner la base matérielle (y compris les dimensions idéelles) de leurs actions. le « producteur de culture » n'est pas désincarné et ne peut être abordé par ses seules « motivations idéologiques ».
L'auteur brosse un tableau d'un certain nombre d'intellectuels, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Auguste Comte, Alexis de Tocqueville, parle de l'essai de Julien Benda « La trahison des clercs », de celui de Paul Nizan « Les Chiens de garde » et du « Plaidoyer pour les intellectuels » de Jean-Paul Sartre. Je n'ai pas les compétences pour entrer dans le détail de toutes ces analyses. Ni dans celles des positionnements de certains comme Raymond Aron ou Michel Foucault. Mais d'autres textes, comme ceux de Paul Nizan ou Pierre Bourdieu, me sont plus familiers. Je connais quelques unes des « errances » de certain-e-s et leur soutien à des états dictatoriaux.
Quoiqu'il en soit, les analyses, souvent pleines d'humour, de Schlomo Sand ouvrent sur des réalités trop souvent mises sous le tapis.
Il convient, en effet, de mener une analyse sociologique des « fractions pensantes », de l'« intelligentsia corporatiste », de l'« intellectuel étatique », de l'intelligentsia « hors classe », ou de l'« intellectuel organique », de leurs intérêts ou de leurs statuts.
Il me semble utile de rappeler les insertions dans les rapports sociaux, les motivations ne pouvant être réduits à la politique de la parole. Reste que la réduction sociologique ne fait pas justice à l'autonomie de la pensée, ni à l'épaisseur de l'intervention politique. Même si, pour reprendre une juste expression de Jean-Pierre Terrail, il convient de ne pas induire une sous-estimation de la consistance sociale des fractions de certains groupes sociaux.
La discussion devrait se poursuivre. Je ne suis pas sûr que le pessimisme soit de rigueur aujourd'hui (Voir le rôle joué par les étudiant-e-s ou les personnes diplômées et privées d'emploi, dans de multiples révoltes et luttes de part le monde.
Un chapitre est consacré au « charme discret du fascisme », aux intellectuels de droite extrême, leur rôle dans l'entre-deux guerres et la collaboration.
Le dernier chapitre, assez succulent, est consacré au « crépuscule des idoles » à la domestication de certains. Shlomo Sand aborde des questions difficiles, comme par exemple les rapports entre « l'universel et le spécifique ». Il souligne la compartimentation et la professionnalisation universitaire, l'hermétisme des discours théoriques, la langue peu commune de l'université. L'auteur évoque, à travers quelques exemples, le renoncement à l'utopique pour un fantasmatique combat anti-totalitaire, masquant, à peine, un soutien à l'ordre néolibéral, au monde tel qu'il est.
« Autrefois, l'intellectuel universel et subversif se caractérisait par sa force critique des injustices sociales et, en même temps, par une tendance à idéaliser les mondes hostiles au sien. le cours des choses s'est inversé : le nouvel intellectuel, médiatique et consensuel, se reconnaît à son conservatisme, qui célèbre la hiérarchie sociale et la culture politique ambiante, tandis qu'il voue aux gémonies tous ceux qui, de l'extérieur ou de l'intérieur, la défient et la menacent ».
Enfin, l'auteur aborde les mass media, l'espace public, quelques-un des porteurs de parôles (c'est volontairement que je mets un ironique accent circonflexe !), la mise en avant privilégiée du « détail », les promptes réactions le plus souvent confuses et superficielles…
Dans la seconde partie, « Islamophobie et « Rhinocérite » des clercs », Shlomo Sand déploie une incisive critique de Michel Houellebecq. Il souligne la haine des personnes considérées comme musulmanes ou de l'islam distillée par cet auteur. Il mène avec brio une entreprise de démasquage de Charlie. Ses rappels sur l'islamophobie et la judéophobie sont aussi salutaires. Reste que si je partage bien de ses argumentations autour de « Je ne suis pas Charlie » (voir en complément son texte publié sur le blog), je diverge d'avec lui, sur l'appréciation, très unilatérale, de la manifestation après les meurtres autour du journal et de l'hyper-casher.
L'ironie mordante de l'auteur se manifeste dans ses analyses sur Alain Finkielkraut, Eric Zemour, les soutiens à Oriana Fallaci et son livre islamophobe, Bernard-Henry Levy et d'autres dont les signataires d'appels militaristes… Et, l'auteur se remémore un « héros de sa jeunesse : Missak Manouchian »…
Un regard lucide sur des « élites » d'une certaine scène intellectuelle, scène bien trop médiatisée, car la mise en scène en est très médiocre, le texte souvent exécrable, et les acteurs/actrices guère sympathiques dans leurs fantasmes identitaires et leurs mots de haine…
Le titre de cette note est une phrase de Jacques Prévert cité par l'auteur.
Lien : https://entreleslignesentrel..
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critiques presse (1)
NonFiction   06 février 2017
Spécialité de France et de gauche, l’intellectuel peut-il résister à la mondialisation ?
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
dede   27 avril 2016
Autrefois, l’intellectuel universel et subversif se caractérisait par sa force critique des injustices sociales et, en même temps, par une tendance à idéaliser les mondes hostiles au sien. Le cours des choses s’est inversé : le nouvel intellectuel, médiatique et consensuel, se reconnaît à son conservatisme, qui célèbre la hiérarchie sociale et la culture politique ambiante, tandis qu’il voue aux gémonies tous ceux qui, de l’extérieur ou de l’intérieur, la défient et la menacent
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dede   27 avril 2016
alors que l’intellectuel parisien moderne est né dans le combat contre la judéophobie, le crépuscule de l’intellectuel du début du XXIe siècle s’inscrit sous le signe d’une montée de l’islamophobie
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dede   27 avril 2016
Après l’instauration du suffrage universel masculin, dans les années 1870, et de l’enseignement obligatoire, dans les années 1880, on a assisté à la lente constitution d’un collectif intellectuel autonome, d’un genre nouveau, qui accompagnera la vie politique pendant près d’un siècle, et accédera à un statut privilégié dans le champ culturel français
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dede   27 avril 2016
La plupart des intellectuels n’ont rien contre l’image que leur renvoie le miroir, et l’autocritique se fait rare dans leurs propres écrits
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Vidéo de Shlomo Sand
Shlomo Sand - La fin de l'intellectuel français ? : de Zola à Houellebecq
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