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ISBN : 2070367894
Éditeur : Gallimard (26/04/1976)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.27/5 (sur 1615 notes)
Résumé :
"Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...
- Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta:
- Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
- Vous avez l'air effaré. Pourtant, l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve.
- Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (168) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  04 mars 2013
Un excellent roman historique. Mais ce livre est très noir, très dur puisqu'il nous conduit dans les chambres à gaz et les fours crématoires d'Auschwitz. Obéîr sans réfléchir, sans activer sa conscience, uniquement pour faire son devoir, peut amener à des conséquences dramatiques, désastreuses, voilà la leçon que nous enseigne entre-autres Robert Merle. Un texte qui émeut, qui ne laisse pas indifférent. Un livre capital à découvrir absolument. Je le recommande à tous les lecteurs qui se sont déjà documentés sur la shoa et on lu par exemple des témoignages comme ceux de Primo Levi. Ce roman me semble être un excellent complément à tous les témoignages des survivants des camps de la mort.
Lien : http://araucaria.20six.fr
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Gwen21
  29 novembre 2012
La terrifiante réalité des atrocités de la Seconde Guerre Mondiale servie par la plume brillante et sans concession d'un auteur rompu à tous les exercices de style, cela vous donne un grand roman tel que "La Mort est mon métier".
Sans chercher à stéréotyper l'homme allemand, Robert Merle cherche à nous faire partager la pensée d'un individu endoctriné parmi d'autres, comme tant d'autres. Un homme prisonnier d'un passé de souffrance, d'un présent de conviction et d'un avenir d'espérance ; un avenir à construire sur les ruines d'un monde décrété corrompu.
Tel un bon ouvrier appliqué à sa tâche sur le chantier d'un Etat à reconstruire, le personnage principal (je ne peux quand même pas le nommer "héros") nous glace le sang par ses actes et par ses pensées mais nous permet de mieux "comprendre" ce qui s'est passé dans la tête et l'existence de millions d'Allemands dans l'entre-deux-guerres pour aboutir à cette catastrophe humaine et politique qui n'a pas encore fini de nous traumatiser.
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Ellane92
  17 novembre 2013
Comment appelle-t-on un homme qui fait du massacre en masse ? Un bourreau ? Un tyran ? Un "génocidaire" ? La réponse de Robert Merle donne son titre à l'ouvrage : il s'agit d'un homme dont "La mort est le métier". Sur la base des rapports de psychiatrie de Rudolf Hess et des rapports du procès de Nuremberg, Merle nous livre la vie, l'histoire et les pensées de Rudolf Hoss, commandant du camp d'extermination d' Auschwitz-Birkenau.
Au premier abord, on est pris de sympathie pour l'enfance du futur nazi, auprès d'un père chrétien intégriste qui le voue à la carrière religieuse et d'une mère et de soeurs transparentes. On suit avec soulagement son adolescence et son entrée dans le régiment des dragons. Puis l'on devient inquiet lorsque, las du chômage et de la misère qu'il connait lors de son retour en Allemagne, il sympathise avec un groupe politique qui commence à prendre de l'importance, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (ou parti nazi). Car après un séjour en prison et une période de calme, Rudolf est ravi de déposer sa vie, son obéissance et son honneur aux pieds de ses supérieurs, eux qui ont une vue stratégique de l'ensemble des actions demandées à leurs subalternes, eux dont les décisions, quelles qu'elles soient, sont justes et eux qui, enfin, légitiment toutes les conséquences des actions qu'ils auront demandées. Y compris lorsqu'il s'agit de rendre opérationnel et de faire un modèle de rendement du futur camp d'extermination d'Auschwitz.
Robert Merle est un conteur, lui qui mêle dans ce livre, sur le même ton et avec la même précision clinique, des morceaux de vie de famille et d'horreur. Cet ouvrage fait partie des livres qui ne se lâchent pas, que l'on dévore, qui nous obsèdent tant qu'ils ne sont pas finis, et bien après encore. Merle ne nous épargne aucune image, ni la misère des camps, ni les fumées asphyxiantes de la graisse versée sur les corps pour brûler les os, ni les stratégies pour convaincre les juifs d'entrer en bon ordre dans les chambres à gaz. Parce qu'au final, le problème "de la solution finale", c'est l'optimisation du rendement des camps comme celui d'Auschwitz : ce n'est pas de tuer en masse qui est compliqué, mais de savoir quoi faire des corps de façon à tuer encore plus encore plus vite.
Et que tout ce qui est décrit est réel, a eu lieu, dans un passé dont des rescapés nous parlent encore.
Au final, je ne sais pas si je suis convaincue par la thèse de Merle sur la naissance d'un bourreau. Pour moi, l'énigme demeure sur le déroulement qui amène un homme, au choix : à tuer, à torturer ses semblables, à massacrer, à ignorer sa part d'humanité pour mieux nier celle de l'autre. Je ne peux pas croire que tous les nazis étaient des « fous ». Alors, comment se peut-il… ? Ce roman de Merle m'a marquée, en décrivant un parcours possible. Et s'il me laisse toujours aussi démunie face à la folie de certains hommes, il permet au moins d'informer et de faire se poser quelques bonnes questions.
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gill
  27 avril 2012
Rudolf Lang a existé.Il s'appelait en réalité Rudolf Hoess.
Ce livre écrit le récit de sa vie durant laquelle il devint un bourreau nazi.
Écrit de 1950 à 1952 il est contemporain du conflit, ce roman est complexe et peut donner de l'espèce humaine une opinion désolée.
Il fallait tout le talent de Robert Merle pour donner sa force à ces lignes qui dénoncent la soumission à l'ordre, l'impératif catégorique, la fidélité au chef et le respect pour l'état lorsqu'ils mènent au pire de la tragédie.
Ce grand livre courageux et philosophique est écrit par un des plus grands auteurs français de son époque.
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palamede
  03 février 2016
Obéir aux ordres, fussent-ils les plus fous, les plus inconcevables, les plus atroces, c'est la défense des criminels de guerre nazis, ils ont obéi aux ordres. Quand on est militaire cela fait partie des règles de base, et quand on est allemand cela fait partie des gènes dit-on. Seulement là, ce n'est pas recevable, le crime est trop horrible, trop grand, ils sont impardonnables et responsables du sentiment de culpabilité des générations suivantes.
Rudolf Höss (Rudolph Lang dans le roman), le commandant du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, fait partie de ces hommes, un militaire à qui Himmler a ordonné d'appliquer la solution finale aux Juifs et qui s'est acquitté de sa tâche avec « soin », sans affect pour les victimes quelles qu'elles soient, il dira d'ailleurs face à ces juges : " vous comprenez, je pensais aux Juifs en termes d'unités, jamais en termes d'êtres humains. Je me concentrais sur le côté technique de ma tâche ".
La Mort est mon métier est remarquable dans ce qu'il illustre parfaitement cette attitude qui conduit à la banalité du mal dont parle la philosophe Hannah Arendt. Envoyée spéciale du New Yorker en Israël au procès d'Adolf Eichmann, elle a estimé que l'homme était tristement banal, un petit fonctionnaire ambitieux et zélé, entièrement soumis à l'autorité, incapable de distinguer le bien du mal.
Eichmann comme Rudolf Höss ont cru accomplir un devoir, ils ont suivi les consignes et cessé de penser. Et le seul moyen d'échapper à l'inhumain qui se loge en chacun n'est-il pas bien de penser, de réfléchir à nos actes en dehors de toute pression extérieure ?
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Citations et extraits (82) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   19 janvier 2018
On parcourut environ cent mètres, puis une fosse large et très profonde s’ouvrit sous nos pieds. Des centaines de corps y étaient entassés sur trois rangs parallèles. (...)

- Le gros problème, dit Schmolde de sa voix apathique, c’est le problème des cadavres. Nous n’aurons bientôt plus de place pour les fosses. C’est pourquoi nous sommes obligés de creuser des fosses très profondes, et d’attendre qu’elles soient pleines pour les fermer. Mais même ainsi, je n’aurai bientôt plus de terrain.

Il promena ses yeux vides autour de lui, fit la moue, et reprit d’une voix découragée :

- Les cadavres sont encombrants.
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RenodRenod   19 janvier 2018
(Himmler) reprit comme s’il lisait :
- J’ai choisi le KL Auschwitz comme lieu d’exécution, et vous-même comme agent. J’ai choisi le KL Auschwitz, parce qu’étant situé à la jonction de quatre voies ferrées, il est d’un accès facile pour les transports. En outre, la région est isolée, peu peuplée, et offre, par conséquent, des circonstances favorables au déroulement d’une opération secrète.
Il abaissa sur moi son regard :
- Je vous ai choisi, vous, à cause de votre talent d’organisateur…
Il bougea légèrement dans l’ombre et articula avec netteté :
- …et de vos rares qualités de conscience.
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ManonRealManonReal   14 janvier 2018
"Je me levai et je me mis à marcher de long en large dans ma cellule. Je m'aperçus, au bout d'un moment, que je comptais mes pas."
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beeshopbeeshop   17 août 2008
Extrait de la préface du livre écrite par Robert Merle signé du 27 avril 1972
Il y a bien des façons de tourner le dos à la vérité. On peut se refugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal !... ».
Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaitre comme la solution la plus rapide à ses problèmes.
Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.
C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’on ne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.
Il y eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites » portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux.
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araucariaaraucaria   02 mars 2013
Notre Führer Adolf Hitler avait défini une fois pour toutes l'honneur SS. Il avait fait de cette définition la devise de sa troupe d'élite : "Ton honneur", avait-il dit, "c'est ta fidélité". Désormais, par conséquent, tout était parfaitement simple et clair. On n'avait plus de cas de conscience à se poser. Il suffisait seulement d'être fidèle, c'est-à-dire d'obéir. Notre devoir, notre unique devoir était d'obéir. Et grâce à cette obéissance absolue, consentie dans le véritable esprit du Corps noir, nous étions sûrs de ne plus jamais nous tromper, d'être toujours dans le droit chemin, de servir inébranlablement, dans les bons et les mauvais jours, le principe éternel : L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout.
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Videos de Robert Merle (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Merle
Malevil est un film français de science-fiction postapocalyptique de Christian de Chalonge sorti en 1981, librement inspiré du roman de Robert Merle, avec Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant, Robert Dhéry et Jacques Villeret
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Roman historique lauréat du prix Goncourt publié en 1949 racontant la retraite d'un groupe de soldats français lors de la défaite franco-britannique lors de la seconde guerre mondiale. Mon titre est "week-end

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