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ISBN : 2246855888
Éditeur : Grasset (16/08/2017)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 64 notes)
Résumé :
1949 : ancien médecin SS à Auschwitz, coupable d'expérimentations atroces sur les déportés, Josef Mengele s'enfuit en Argentine. 1979 : après trente ans de traque, il meurt mystérieusement au Brésil. Caché derrière divers pseudonymes, protégé par ses réseaux et par l'argent de sa famille, soutenu à Buenos Aires par une communauté qui rêve du Quatrième Reich, Mengele croit d'abord pouvoir s'inventer une nouvelle vie... En Allemagne, l'heure est à la reconstruction, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
palamede
13 septembre 2017
Josef Mengele est souvent considéré comme l'un des pires criminels nazis, « le symbole de la cruauté nazie », pour le président du tribunal de Yad Vashem, le procureur général du procès d'Eichmann. Un tortionnaire de la pire espèce qui, comme Klaus Barbie et beaucoup d'autres, a bénéficié d'aides et de complicités pour se cacher en Amérique latine. A commencer par celle de l'argentin Peron, favorable aux nazis, qui rêvait pour son pays d'une destinée exceptionnelle, quand les Soviétiques et les Américains se seraient anéantis à coups de bombes atomiques.
Mengele a aussi été soutenu financièrement par sa famille, des riches industriels de Günzburg en Bavière qui ne souhaitaient pas qu'il soit arrêté parce qu'ils risquaient d'être associés à lui. Mais après une période relativement sereine, Mengele a vécu constamment sur le qui vive, dans la peur d'être pris et jugé, et probablement exécuté comme Eichmann qu'il a croisé dans son exil. Car Mengele est surtout un lâche, un sociopathe narcissique et paranoïaque dont la monstruosité s'est épanouie avec la guerre.
Mais tout ça, on le sait plus ou moins, alors pourquoi écrire encore un livre, un roman de surcroît, sur un criminel nazi ? On espère pour les bonnes raisons. Pour ne pas oublier. Pour que ça ne recommence jamais. Pour rendre hommage aux victimes de Mengele et à leurs familles parce qu'il n'y ait pas eu de procès pour leur donner la parole, " un procès nécessaire pour analyser l'Histoire et l'assumer pour le présent " comme l'a écrit le Die Ziet après le procès Barbie.
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nadiouchka
02 août 2017
« Mengele », « le médecin de la mort », « l'ange de la mort », voici de quel abominable personnage Olivier Guez a choisi de nous parler dans son livre de la rentrée littéraire 2017 : « La disparition de Josef Mengele ».
Cet ancien médecin nazi qui avait effectué, à Auschwitz, d'atroces expérimentations sur les déportés, a réussi à s'enfuir en 1949 et se cacher en Amérique du Sud. Mais après quelques années de tranquillité et sous couvert de différents pseudonymes, la traque reprend et le reste de sa vie va être constitué de fuites en fuites, de déguisements, d'angoisses et cela jusqu'à sa mort en 1979.
Je dois dire que, bien que n'ayant pas connu cette période plus qu'abominable, mes parents eux l'ont connue et en ont souffert. Cela fait que ce genre de livres sur un tel sujet m'intéresse énormément et, de toute façon, même sans cela, c'est un pan de l'Histoire qui restera à tout jamais gravé dans les esprits.
Quand on lit ce dont été capable - et coupable – Josef Mengele, obsédé par la gémellité, les yeux bleus (entre autres), c'est une vision barbare de ce bras droit d'Hitler qui se considérait comme un visionnaire de la science.
On voit que ce bourreau a bénéficié de multiples aides aussi bien financières que de logements pour se cacher, de divers papiers d'identité et lui qui croyait avoir enfin trouvé le calme et le repos, va se retrouver en cavale.
Il faut dire que le Mossad a toujours gardé un oeil sur ce personnage et nombreux étaient ceux qui ne croyaient pas à sa disparition.
Mengele va donc devenir un être aux abois, qui repense toujours aux fastes d'antan et à la gloire qu'il a connue. Va-t-on pouvoir dire « tel est pris qui croyait prendre ? ».
Olivier Guez ne lésine pas sur les descriptions atroces des tortures et autres « expérimentations médicales ». Avec son style très fluide et convaincant, on n'éprouve qu'un sentiment, le dégoût et celui de voir disparaître ce personnage abject. On ne risque pas du tout de compatir devant ses tourments lorsqu'il apprend que ceux qui le recherchent se rapprochent et que d'autres criminels de guerre comme lui, perdent la vie.
Tout ce que l'on désire, c'est lire enfin la conclusion et se débarrasser de lui.
L'auteur s'est très bien documenté pour écrire ce livre si puissant et il en parle à la fin dans ses « Sources de bibliographie ». D'ailleurs, j'aurais pu commencer ma critique par un extrait :
« Ce livre relate l'histoire de Josef Mengele en Amérique du Sud. Certaines zones d'ombre ne seront sans doute jamais éclaircies. Seule la forme romanesque me permettait d'approcher au plus près la trajectoire macabre du médecin nazi »(page 233).
Je pense que ce livre fera couler beaucoup d'encre après avoir vu couler tant de sang d'êtres humains qui avaient la malchance d'être nés juifs à cette époque-là.
Mais je pense aussi que, malgré les nombreux ouvrages déjà écrits sur ce thème, d'autres restent à venir car comment oublier cette période aussi terrible ? Non, plus jamais ça, mais est-ce possible ?
D'ailleurs, cela a inspiré des films, par exemple « Nuit et Brouillard » d'Alain Resnais et qui n'a pas lu « Le journal d'Anne Franck » ?
Mais « Nuit et Brouillard » m'a aussi fait penser à la chanson de Jean Ferrat qui me venait, lancinante, à l'esprit pendant ma lecture.
J'en donne juste quelques vers :
« Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe, il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été
La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir »(...)
A mon humble avis, c'est un excellent ouvrage de cette rentrée littéraire 2017 déjà bien riche.
Ce n'est pas très réjouissant mais tellement instructif et ça vous retourne l'estomac.
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tynn
07 septembre 2017
Sur les traces de l'un des plus fameux criminels nazis, Olivier Guez produit un roman plus proche du travail d'investigation que de la fiction. Si l'auteur s'autorise une interprétation du personnage, les faits sont eux parfaitement documentés et reconstituent au plus près la fuite en Amérique du Sud et la traque.
La lecture est ainsi addictive, telle serait celle d'un thriller avec un "héros" nauséabond. le triste Sire s'impose dans toute sa pathologie de folie, de violence, de rancoeurs et d'auto apitoiement. Ses années de fuite éclairent ce que l'histoire a déjà retenu: la complaisance du régime des Perón pour la communauté nazie qui se reconstitue en Argentine, les années confortables pour d'improbables individus qui refont leur vie, remontent des affaires, délirent de projets de reconquête, sans jamais être capables de se remettre en question et faire quête de rédemption.
Bien légitime ensuite qu'ils vivent une cavale sans fin, en reclus et bêtes traquées.
Et c'est là le meilleur du roman, cette capacité à être dans les basques et la tête du fugitif, d'attendre la chute, alors que se développe le mythe d'un insaisissable personnage.
Au-delà de l'individu, il est intéressant aussi de comprendre les difficiles circonvolutions des recherches, au fil des contraintes géopolitiques et diplomatiques.
Une continuité d'intérêt pour moi qui ai beaucoup apprécié le film "Fritz Bauer, un héros allemand" (2016) sur le parcours du juge/procureur, infatigable traqueur de criminels nazis.
Olivier Guez en était le co-scénariste et ce roman est la suite logique de son travail de réflexion sur cette page dramatique de l'histoire de l'Europe.
Dérangeant, captivant, remarquable.
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Renod
02 septembre 2017
La justice des Hommes est si imparfaite qu'on aimerait parfois croire en une justice céleste qui passerait au crible la vie des défunts pour les diriger au gré de leur moralité vers les cercles de l'enfer, du purgatoire ou du paradis. Nous sommes à la fin des années 40 et des hommes plaisantent en allemand dans un salon bourgeois de Buenos Aires. La vie est belle pour Eduard qui a fait assassiner pendant la guerre trente mille juifs lettons, pour Herbert dont le loisir était d'enfermer des juifs dans leur synagogue avant d'y mettre le feu, pour Gerhard qui a fait gazer soixante-dix mille handicapés ou encore pour Josef qui sélectionnait les déportés à leur arrivée à Auschwitz. Alors bien sûr, les mois qui ont suivi la fin de la guerre ont été délicats pour eux. Il leur a fallu être discrets puis choisir l'exil sur un autre continent. Direction l'Argentine où ils sont accueillis à bras ouverts par le Président Perón. Ce dernier parie sur l'émergence d'une troisième voie, entre les impérialismes américain et soviétique et offre un refuge aux savants et aux criminels de guerre nazis. Si des réseaux ont permis les exfiltrations, d'autres aident à leurs installations. Et certains d'entre eux – bien qu'inscrits sur une liste de criminels de guerre en Allemagne- prospèrent rapidement et envisagent même de reprendre le pouvoir en R.F.A. Mais le vent va tourner. Les chasseurs de nazis et le service de renseignement israélien du Mossad organisent la capture d'Eichmann. Les criminels vont devoir se terrer au cœur de la jungle.
Le livre est centré sur Josef Mengele, surnommé « l'ange de la mort », mais son parcours illustre celui des nombreux criminels exilés en Amérique du Sud. Il a été un des médecins en charge de la sélection au camp d'Auschwitz. le front proéminent, un trou entre les dents, le regard perçant et des sourcils méphistophéliques, il se distinguait de ses collègues par son investissement. Il a mené de nombreuses expérimentations sur les déportés avec un sadisme effrayant. Dans sa fuite, il bénéficiera du soutien de sa famille, de riches industriels de Bavière. Il connaîtra la paranoïa, la solitude et la misère mais jamais, au grand jamais, le repentir. Olivier Guez a opté pour la fiction pour passer outre les nombreux points restés obscurs de cette « disparition » parfaitement orchestrée. Ce roman est un nouvel éclairage opportun sur la période qui suivra la Shoah. Et on s'étonne que la prise de conscience de cette tragédie ait été si tardive dans un monde entré en pleine Guerre froide. L'auteur sait clarifier un contexte politique et peindre des psychologies minées par des conflits personnels ou des inimitiés. Une lecture terrifiante mais salutaire.
Merci à Netgalley et aux éditions Grasset de m'avoir permis de découvrir ce roman.
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lucia-lilas
21 septembre 2017
La disparition de Josef Mengele raconte la fuite et la traque du tristement fameux médecin chef d'Auschwitz surnommé l'« Ange de la mort », bourreau sadique qui, au nom de la science, s'adonnait à des expériences monstrueuses sur des êtres humains ou bien envoyait celles et ceux qui ne l'intéressaient pas se faire gazer. « Ne jamais s'abandonner à un sentiment humain. La pitié est une faiblesse : d'un mouvement de badine, l'omnipotent scellait le sort de ses victimes, à gauche la mort immédiate, les chambres à gaz, à droite la mort lente, les travaux forcés ou son laboratoire, le plus grand du monde, qu'il alimentait en « matériel humain adéquat » (nains, géants, estropiés, jumeaux) chaque jour à l'arrivée des convois. »
Après la guerre, on le sait, bon nombre de nazis sont allés trouver refuge en Amérique latine, c'est le cas de Mengele (encore jeune puisqu'il n'a que 38 ans), qui s'installe sous le nom de Helmut Gregor en Argentine dans un premier temps.
Le roman d'Olivier Guez est une plongée terrible au coeur de ces groupuscules nazis qui ont su profiter de la bienveillance du président Juan Perón, de nombreux réseaux, de multiples combines et de liens avec leur famille. Ainsi, il faut bien le dire, ces criminels ont réussi à vivre, pas trop mal parfois, pendant de nombreuses années.
« A la fin des années 1940, Buenos Aires est devenue la capitale des rebuts de l'ordre noir déchu. S'y croisent des nazis, des oustachis croates, des ultranationalistes serbes, des fascistes italiens, des Croix fléchées hongrois, des légionnaires roumains de la garde de fer, des vichystes français, des rexistes belges, des phalangistes espagnols, des catholiques intégristes ; des assassins, des tortionnaires et des aventuriers : un Quatrième Reich fantôme. »
Voilà, tout est dit et ce sont ces gens-là que l'on va croiser sur les beaux boulevards de Buenos Aires, l'un sirotant une bière à la terrasse d'un café, l'autre digérant un repas gastronomique en dégustant un cigare à l'ombre d'un arbre : de vrais pachas qui se la coulent douce, dans les premiers temps au moins.
Ces nazis, en nombre assez important, vivent en micro-sociétés, se reçoivent, s'entraident, passent d'agréables moments à discuter du bon vieux temps, rêvant de recréer un nouveau Reich en Allemagne, persuadés pour certains que la Guerre Froide se terminera dans un bain de sang entre les deux blocs et que ce sera enfin à leur tour d'entrer de nouveau en scène. C'est cette atmosphère que nous découvrons dans la première partie du livre intitulée de façon très explicite : « Le pacha ». En effet, et grosso modo jusqu'en 1960, Mengele « s'amuse et s'enrichit », il est à la tête d'une charpenterie et d'une fabrique de meubles quand il ne joue pas le représentant de commerce pour aller vendre, au Paraguay, les engins agricoles, moissonneuses-batteuses et autres épandeurs à fumier, fabriqués par l'usine familiale. Quelques avortements clandestins pour arrondir les fins de mois. Il se lancera plus tard dans l'industrie pharmaceutique. Avec ses petits camarades, « bottines luisantes, cheveux laqués », il va au théâtre, au cabaret, au dancing, chez les prostituées. La vida es bella...
Il se remarie, habite une villa somptueuse avec jardin et piscine, s'achète un coupé Borgward Isabella et reprend même son vrai nom (c'est dire comme il est inquiet!). Il part même en vacances au Chili avec ses petits amis : ils explorent « les volcans du désert d'Atacama, nagent nus dans des lagunes turquoises et campent sous des ciels limpides et étoilés. » Lorsque j'ai lu ces lignes pour la première fois, j'ai été saisie, je les ai relues, incrédule. N'étaient-ils pas plus recherchés que ça, ces meurtriers, ces monstres ? le monde entier ne s'était-il pas mis à leurs trousses en déployant tous les moyens possibles et imaginables? Pourquoi ? Pourquoi tout ce temps perdu ?
Le roman d'Olivier Guez donne des éléments d'explication et pourtant, je demeure dans le même état de stupéfaction, moi qui pensais bien naïvement qu'aussitôt après la guerre, TOUT, absolument TOUT avait été mis en oeuvre pour retrouver les assassins. Ce que j'apprends me laisse éberluée, saisie.
Et 1956, Mengele s'organise même un petit voyage en Europe, fait du ski en Suisse (!!!), l'année 1957 se poursuit dans la même douceur : « L'avenir s'annonce prometteur, le pire est derrière lui, Mengele se sent en sécurité. » Je crois rêver… Il se marie : le voyage de noces a lieu en 1958 en Uruguay dans un hôtel superbe face au lac Nahuel Huapi et Moreno. Debout, face au paysage, il en est bien persuadé « dans ce monde de ruines et de vermines déserté par Dieu, il a la liberté, l'argent,le succès, personne ne l'a arrêté et personne ne l'arrêtera. » Finalement, n'a-t-il pas toutes les raisons d'y croire ?
Mais le vent tourne ENFIN et Mengele va devoir fuir au Paraguay puis au Brésil : deuxième partie « Le rat ». Tout s'accélère… Il est temps !
Ce qui est intéressant dans ce roman, c'est que l'on vit vraiment la traque de Mengele « de l'intérieur » même s'il ne s'agit pas d'un récit à la première personne, on le suit pas à pas et l'on découvre à quel point cette seconde partie va se révéler être une plongée au coeur de l'enfer, un cauchemar quotidien, la longue cavale angoissée d'un homme devenu une bête traquée et terrorisée.
Je ne vais pas entrer dans le détail de cette chasse à l'homme incroyable, des changements d'identité de Mengele (Peter Hochbichler entre autres), de ces arrestations loupées à un cheveu près ! On en rage ! Il est vraiment passionnant de découvrir la façon dont a été organisée cette traque, notamment par les services de renseignement israéliens, le Mossad, et le chasseur de nazis Simon Wiesenthal, et surtout dans quelles circonstances et pour quelles raisons ils ont manqué de très peu d'arrêter ce grand criminel de guerre.
Certains passages de cette seconde partie mettant en scène un Mengele de plus en plus narcissique et autoritaire sont absolument sidérants : par exemple, son séjour chez les Stammer, un couple de hongrois expatriés chez qui il va se cacher pendant plusieurs années, les menant à la baguette, critiquant leur mode de vie, leur nourriture, l'éducation de leurs enfants, ce qu'ils sont… Une cohabitation insensée qui manque à plusieurs reprises de tourner au drame.
Ce roman montre ainsi l'enlisement progressif de Mengele, transpirant de trouille et de haine depuis qu'il a appris l'arrestation d'Adolf Eichmann en 1960, sombrant dans une terrible paranoïa, vivant avec la peur au ventre, oui, c'est le portrait, au fond, d'un être fondamentalement mauvais, minable, pathétique, malade, complètement fou, tristement perché sur sa tour de guet en tenue d'apiculteur, regardant la route départementale qui mène à la ferme avec des jumelles super puissantes Zeiss, entouré de ses chiens, toujours prêt à se sauver avec, dans sa mallette, ses opéras de Wagner, ses cantates de Bach, ses livres, ses journaux et ses cahiers de notes sur ses terribles expériences, obligé de vivre loin de ceux qu'il aime, seul, profondément seul et plein de haine pour ce que sont les hommes et le monde devenus. Un être abject.
Il ne regrettera aucun de ses crimes. Non, jamais il ne se repent, persuadé qu'il est d'avoir raison, d'être dans le juste, la vérité. Même face à son fils, il dira : « la conscience est une instance malade, inventée par des êtres morbides afin d'entraver l'action et de paralyser l'acteur ».
Comment est-ce possible ?
Mengele s'enfoncera jusqu'au bout, s'enlisant dans une vie qui ne veut plus de lui.
« Mengele, ou l'histoire d'un homme sans scrupules à l'âme verrouillée, que percute une idéologie venimeuse et mortifère dans une société bouleversée par l'irruption de la modernité. »
Un texte extrêmement documenté (l'enquête d'Olivier Guez a duré trois ans), un récit haletant qui nous fait vivre la période de l'après-guerre en Amérique latine, la fuite de ces démons qui vont espérer retrouver ailleurs un nouvel Eldorado.
Terrible et saisissant !
A lire absolument.
Je terminerai par ces mots de Primo Levi : «... dans la haine nazie, il n'y a rien de rationnel : c'est une haine qui n'est pas en nous, qui est étrangère à l'homme, c'est un fruit vénéneux issu de la funeste souche du fascisme, et qui est en même temps au-dehors et au-delà du fascisme même. Nous ne pouvons pas la comprendre ; mais nous pouvons et nous devons comprendre d'où elle est issue, et nous tenir sur nos gardes. Si la comprendre est impossible, la connaître est nécessaire, parce que ce qui est arrivé peut recommencer, les consciences peuvent à nouveau être déviées et obscurcies : les nôtres aussi. »
Si c'est un homme, 1947.


Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Les critiques presse (3)
LaCroix22 septembre 2017
Olivier Guez retrace le parcours en Amérique du Sud de Josef Mengele, l’un des bourreaux d’Auschwitz parti se cacher à la fin de la guerre.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LePoint29 août 2017
Avec "La Disparition de Josef Mengele", Olivier Guez reconstitue l'exil latino du SS, paria qui fut pacha.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeJournaldeQuebec28 août 2017
En revenant sur le passé d’un tortionnaire SS, ce roman, qui s’inscrit dans la rentrée littéraire, nous est carrément rentré dedans.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations & extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
KateMooreKateMoore22 septembre 2017
Ses débris livrés aux manipulations des médecins apprentis de l'université de Sao Paulo : ainsi se termine la cavale de Josef Mengele, plus de soixante-dix ans après la fin de la guerre qui anéantit un continent cosmopolite et cultivé, l'Europe. Mengele, ou l'histoire d'un homme sans scrupules à l'âme verrouillée, que percute une idéologie venimeuse et mortifère dans une société bouleversée par l'irruption de la modernité. Elle n'a aucune difficulté à séduire le jeune médecin ambitieux, à abuser de ses penchants médiocres, la vanité, la jalousie, l'argent, jusqu'à l'inciter à commettre des crimes abjects et à les justifier. Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal.
Puissent-ils rester loin de nous, les songes et les chimères de la nuit.
Méfiance, l'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes.
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sagesse66sagesse6621 septembre 2017
L'Europe vallée de larmes.
L'Europe nécropole d'une civilisation anéantie par Mengele et les sbires de l'ordre noir à tête de mort, pointe empoisonnée d'une flèche lancée en 1914.
Mengele, l'employé modèle des usines de la mort, l'assassin d'Athènes, Rome et Jérusalem, pensait échapper au châtiment.
Mais le voilà livré à lui-même, asservi à son existence, aux abois, moderne Caïn errant au Brésil.
Maintenant commence la descente aux enfers de Mengele. Il va ronger son cœur et s'égarer dans la nuit.
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KateMooreKateMoore22 septembre 2017
Klaus Barbie est prêt à accueillir Mengele. Le "boucher de Lyon" prospère désormais en Bolivie, après avoir renseigné les services spéciaux américains sur les activités des communistes dans l'armée et la zone d'occupation françaises en Allemagne. Deux fois condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de Lyon, il se fait appeler klaus Altmann à La Paz où il a dirigé une entreprise d'exploitation de bois et trafique des stupéfiants et des armes, en cheville avec Rudel. Avec la bénédiction de la CIA et des services allemands, l'ancien gestapiste forme les officiers boliviens aux techniques d'interrogatoire musclées depuis que les militaires ont pris le pouvoir en 1964.
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KateMooreKateMoore22 septembre 2017
Dans la lettre lui annonçant le décès de son frère (Karl), son père (de Josef Mengele) lui raconte aussi que les Alliés se montrent "de plus en plus raisonnables". Depuis quelques mois, ils suspendent les poursuites judiciaires pour crimes de guerre et laissent d'anciens nazis occuper des postes importants au gouvernement et dans l'industrie de la nouvelle République fédérale. "Ils comprennent lentement qui sont leurs véritables ennemis. La guerre froide leur ouvre les yeux. Et nous, Josef, nous oublions la guerre, nous nous attelons à la reconstruction et allons de l'avant. Nous verrons comment ce vieux con d'Adenauer va mener sa barque".
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KateMooreKateMoore22 septembre 2017
Tout le monde a profité du système, jusqu'aux destructions des dernières années de guerre. Personne ne protestait quand les juifs agenouillés nettoyaient les trottoirs et personne n'a rien dit quand ils ont disparu du jour au lendemain. Si la planète ne s'était pas liguée contre l'Allemagne, le nazisme serait toujours au pouvoir.
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Videos de Olivier Guez (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Guez
Comment l'ancien tortionnaire nazi Josef Mengele a t-il pu vivre en exil en Amérique du sud trente ans durant sans être inquiété, avant de trouver mystérieusement la mort sur une plage argentine en 1979 ? C'est une traque au coeur des ténèbres que mène Olivier Guez dans "La Disparition de Josef Mengele".
Photo : © JF Paga / Grasset
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