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ISBN : 2246855888
Éditeur : Grasset (16/08/2017)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 185 notes)
Résumé :
1949 : ancien médecin SS à Auschwitz, coupable d'expérimentations atroces sur les déportés, Josef Mengele s'enfuit en Argentine. 1979 : après trente ans de traque, il meurt mystérieusement au Brésil. Caché derrière divers pseudonymes, protégé par ses réseaux et par l'argent de sa famille, soutenu à Buenos Aires par une communauté qui rêve du Quatrième Reich, Mengele croit d'abord pouvoir s'inventer une nouvelle vie... En Allemagne, l'heure est à la reconstruction, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  13 septembre 2017
Josef Mengele est souvent considéré comme l'un des pires criminels nazis, « le symbole de la cruauté nazie », pour le président du tribunal de Yad Vashem, le procureur général du procès d'Eichmann. Un tortionnaire de la pire espèce qui, comme Klaus Barbie et beaucoup d'autres, a bénéficié d'aides et de complicités pour se cacher en Amérique latine. A commencer par celle de l'argentin Peron, favorable aux nazis, qui rêvait pour son pays d'une destinée exceptionnelle, quand les Soviétiques et les Américains se seraient anéantis à coups de bombes atomiques.
Mengele a aussi été soutenu financièrement par sa famille, des riches industriels de Günzburg en Bavière qui ne souhaitaient pas qu'il soit arrêté parce qu'ils risquaient d'être associés à lui. Mais après une période relativement sereine, Mengele a vécu constamment sur le qui vive, dans la peur d'être pris et jugé, et probablement exécuté comme Eichmann qu'il a croisé dans son exil. Car Mengele est surtout un lâche, un sociopathe narcissique et paranoïaque dont la monstruosité s'est épanouie avec la guerre.
Mais tout ça, on le sait plus ou moins, alors pourquoi écrire encore un livre, un roman de surcroît, sur un criminel nazi ? On espère pour les bonnes raisons. Pour ne pas oublier. Pour que ça ne recommence jamais. Pour rendre hommage aux victimes de Mengele et à leurs familles parce qu'il n'y ait pas eu de procès pour leur donner la parole, " un procès nécessaire pour analyser l'Histoire et l'assumer pour le présent " comme l'a écrit le Die Ziet après le procès Barbie.
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canel
  01 octobre 2017
Josef Mengele était médecin dans le camp d'extermination d'Auschwitz. Ce chercheur zélé affectionnait particulièrement les expériences sur les jumeaux et les nains. Il collectionnait les yeux bleus, qu'il épinglait tels des papillons sur les murs de son bureau.
Comme de nombreux criminels nazis, Mengele est parti se cacher en Amérique du Sud après la guerre, où il a bénéficié du soutien de pairs également en exil, et de l'aide financière de sa famille - des riches industriels - restée en Allemagne.
Comment et pourquoi, à la fin des années 40, le gouvernement argentin acceptait de recueillir ces hommes et éventuellement leurs proches, leur épargnant ainsi les procès qu'ils auraient dû affronter en Europe ?
Olivier Guez explique cela dans cette biographie romancée parfaitement documentée, en exposant le contexte politique argentin : dans sa mégalomanie, Juan Perón entendait profiter de la Guerre froide qui opposait l'est et l'ouest pour tirer son épingle du jeu et créer un IVe Reich, aidé en cela par de jeunes et fringants fascistes, brillants scientifiques, issus d'Allemagne ou d'Italie, et dont le bel avenir promis en Europe avait été fauché en plein vol...
J'ai parfois peiné dans ma lecture, le contexte géopolitique est assez complexe (Guerre froide, conflit israélo-palestinien), d'autant que les personnages sont nombreux (noms allemands, et parfois plusieurs pseudonymes pour un même individu)... Quoi qu'il en soit, le portrait de ce criminel en fuite lâche et geignard est saisissant. On espère que sa frousse et sa paranoïa croissantes l'ont autant torturé qu'un procès et quelques années de détention ? Car des remords, il ne semble pas en avoir eus...
Parfois ardu, mais passionnant.
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nadiouchka
  02 août 2017
« Mengele », « le médecin de la mort », « l'ange de la mort », voici de quel abominable personnage Olivier Guez a choisi de nous parler dans son livre de la rentrée littéraire 2017 : « La disparition de Josef Mengele ».
Cet ancien médecin nazi qui avait effectué, à Auschwitz, d'atroces expérimentations sur les déportés, a réussi à s'enfuir en 1949 et se cacher en Amérique du Sud. Mais après quelques années de tranquillité et sous couvert de différents pseudonymes, la traque reprend et le reste de sa vie va être constitué de fuites en fuites, de déguisements, d'angoisses et cela jusqu'à sa mort en 1979.
Je dois dire que, bien que n'ayant pas connu cette période plus qu'abominable, mes parents eux l'ont connue et en ont souffert. Cela fait que ce genre de livres sur un tel sujet m'intéresse énormément et, de toute façon, même sans cela, c'est un pan de l'Histoire qui restera à tout jamais gravé dans les esprits.
Quand on lit ce dont été capable - et coupable – Josef Mengele, obsédé par la gémellité, les yeux bleus (entre autres), c'est une vision barbare de ce bras droit d'Hitler qui se considérait comme un visionnaire de la science.
On voit que ce bourreau a bénéficié de multiples aides aussi bien financières que de logements pour se cacher, de divers papiers d'identité et lui qui croyait avoir enfin trouvé le calme et le repos, va se retrouver en cavale.
Il faut dire que le Mossad a toujours gardé un oeil sur ce personnage et nombreux étaient ceux qui ne croyaient pas à sa disparition.
Mengele va donc devenir un être aux abois, qui repense toujours aux fastes d'antan et à la gloire qu'il a connue. Va-t-on pouvoir dire « tel est pris qui croyait prendre ? ».
Olivier Guez ne lésine pas sur les descriptions atroces des tortures et autres « expérimentations médicales ». Avec son style très fluide et convaincant, on n'éprouve qu'un sentiment, le dégoût et celui de voir disparaître ce personnage abject. On ne risque pas du tout de compatir devant ses tourments lorsqu'il apprend que ceux qui le recherchent se rapprochent et que d'autres criminels de guerre comme lui, perdent la vie.
Tout ce que l'on désire, c'est lire enfin la conclusion et se débarrasser de lui.
L'auteur s'est très bien documenté pour écrire ce livre si puissant et il en parle à la fin dans ses « Sources de bibliographie ». D'ailleurs, j'aurais pu commencer ma critique par un extrait :
« Ce livre relate l'histoire de Josef Mengele en Amérique du Sud. Certaines zones d'ombre ne seront sans doute jamais éclaircies. Seule la forme romanesque me permettait d'approcher au plus près la trajectoire macabre du médecin nazi »(page 233).
Je pense que ce livre fera couler beaucoup d'encre après avoir vu couler tant de sang d'êtres humains qui avaient la malchance d'être nés juifs à cette époque-là.
Mais je pense aussi que, malgré les nombreux ouvrages déjà écrits sur ce thème, d'autres restent à venir car comment oublier cette période aussi terrible ? Non, plus jamais ça, mais est-ce possible ?
D'ailleurs, cela a inspiré des films, par exemple « Nuit et Brouillard » d'Alain Resnais et qui n'a pas lu « Le journal d'Anne Franck » ?
Mais « Nuit et Brouillard » m'a aussi fait penser à la chanson de Jean Ferrat qui me venait, lancinante, à l'esprit pendant ma lecture.
J'en donne juste quelques vers :
« Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe, il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été
La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir »(...)
A mon humble avis, c'est un excellent ouvrage de cette rentrée littéraire 2017 déjà bien riche.
Ce n'est pas très réjouissant mais tellement instructif et ça vous retourne l'estomac.
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Eve-Yeshe
  07 octobre 2017
Olivier Guez nous propose ici de découvrir comment Mengele a disparu des écrans radars à la fin de la guerre.
Il nous parle de sa deuxième vie en exil, tout en la reliant avec le passé, la décryptant à la lumière des évènements de sa première vie dans l'Allemagne nazie, car les deux sont intriquées, imbriquées, l'une expliquant l'autre.
On approfondit le rôle joué par Perón, et d'autres dictateurs d'Amérique du Sud, tel Stroessner au Paraguay. Perón recueille tous les nazis et comparses, « veille personnellement au déroulement de la grande évasion », constituant « un Quatrième Reich fantôme » (P 39 à 41)
Il pense que la guerre froide va dégénérer et que la troisième guerre mondiale est proche, donc il a toutes les cartes en mains pour tenir le monde….
Mengele vit comme un roi à Buenos Aires alors que l'entreprise familiale, à Günzburg, prospère allègrement, réjouissant l'économie allemande, sans jamais être inquiétée, elle emploie tellement de salariés…
Mais la vie de château ne dure qu'un temps, les consciences s'éveillent et la chasse aux nazis commence, avec Eichmann notamment. Il doit fuir au Paraguay, puis au Brésil. Lui qui a terrorisé tant de déportés, tremble à l'idée d'être découvert, le moindre bruit le fait sursauter, il se cache dans des maisons de plus en plus précaires, va jusqu'à se faire construire un blockhaus, d'où il regarde au loin avec ses jumelles pendant des heures. Il est surarmé, se déplace avec une meute de chiens dressés évidemment.
Ce mec (désolée, je ne peux pas dire cet homme, tant il est abject) est vraiment un minable qui manipule tout le monde, y compris ses proches, passe son temps à se plaindre et à gémir, demande de l'argent à tout le monde : famille, autres exilés… son comportement avec son fils est révoltant…
Il est dans le déni : Auschwitz était un camp de travail et il veillait au bon fonctionnement, fier de sa mission. Il n'a rien fait de mal donc pourquoi se sentirait-il coupable ? Voici ce qu'il pense au moment de l'arrestation d'Eichmann selon Olivier Guez :
« Honte aux Allemands, ramassis de mauviettes et de lâches, nation de boutiquiers médiocres aveulis par des dirigeants de pacotille, vendus aux plus offrants, aux marchands du temple : ils ont lâché Eichmann ! ils lui ont tiré une balle dans le dos, alors qu'il n'avait fait que son devoir et que nous nous étions contentés d'obéir aux ordres, au nom de l'Allemagne, pour l'Allemagne, pour la grandeur de notre chère patrie. » P 137
Jamais, pas une seule seconde il n'éprouve le moindre regret, la moindre compassion, pour les êtres qu'il a envoyé à la mort, torturé pour ses pseudo expériences scientifiques, et il ne renoncera jamais à son rêve d'une race aryenne pure, ni à son führer bien-aimé.
Il va se comporter de façon abjecte, dans les actes comme dans la pensée, jusqu'à la fin, et pas une seconde, en lisant ce roman, je n'ai éprouvé la moindre compassion pour lui. Je me demanderai toujours comment des médecins peuvent faire des choses aussi abominables au nom de la science…
Olivier Guez cite, au passage, des extraits particulièrement émouvants du livre de Nyizli, qui fut « le scalpel de Mengele », publié sous le titre « Médecin à Auschwitz ».
Le style est percutant, le livre bien documenté, avec une bibliographie très intéressante si l'on veut en apprendre davantage. Ce roman se dévore.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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michfred
  19 novembre 2017
Au terme d'une enquête obstinée sur les lieux mêmes de l'action et de la lecture approfondie d'une masse impressionnante de documents, Olivier Guez nous livre cette Disparition de Mengele, centrée essentiellement sur l'exil, la traque et la dégringolade physique, morale et financière de cet immonde criminel nazi dont les recherches « génétiques », à Auschwitz sur les yeux bleus et sur les jumeaux ne sont plus à présenter…
On croyait tout savoir sur l'Ange de la mort d'Auschwitz, et surtout on déplorait que sa calamiteuse existence ne se fût terminée que par une attaque cardiaque survenue au cours d'un bain de mer…
Je tiens à vous rassurer : Josef Mengele en a bavé, et c'est tant mieux !
Pas question de prendre en pitié ce monstre qui s'avère aussi être un pervers narcissique, un fils-à-papa gâté- pourri et protégé à distance par l'argent et la sollicitude d'une riche famille d'industriels- les machines Mengele ont fait, longtemps, un tabac.
Pas le moindre remords non plus, chez ce charmant personnage, pas d'amis : une morgue hautaine et des rapports autoritaires et violents avec ceux qui lui viennent en aide –nazis fanatiques ou « peones » intéressés par l'argent familial, lequel arrive toujours à point nommé quand on ne veut plus de lui : il ne faudrait pas que l'enfant prodigue revienne au pays gâcher le renom d'une entreprise florissante !
J'ai été sidérée d'apprendre les soutiens dont ce salopard a bénéficié : en Allemagne d'abord où il est resté caché quelques années, puis dans des pays aussi accueillants que l'Argentine péroniste, qui rêvait de voir s'entre-dévorer communisme soviétique et libéralisme yankee, pour qu'enfin l'Argentine, perfusée par la science teutonne en exil- belle filière bien huilée pour faire venir à elle tous les petits et grands nazis pourchassés après Nüremberg – que l'Argentine , dis-je, ait son heure de gloire ! Après le déclin et la chute des Peron- do not cry for me, Argentina !- c'est le Paraguay, puis le Brésil qui deviennent terre d'accueil pour les nazis poursuivis par le Mossad, les Klarsfeld ou par le fantasque Simon Wiesenthal..que je croyais plus sérieux !
Plein d'enseignements, écrit d'une plume alerte, rempli d'informations bien digérées et subtilement distillées, La Disparition de Mengele est un récit passionnant qui livre à la Némésis de l'auto-destruction un ogre paranoïaque- à ce point bouffé par l'angoisse d'être pris qu'il ingère, en la mâchouillant, l'énorme moustache stalinienne qu'il s'est fait pousser pour masquer des dents écartées, par trop reconnaissables ( il manque d'en mourir et est opéré d'extrême justesse ) !!
L'image sauvage et folle des poils de moustache, en boulette dans l'intestin obstrué de Mengele, a quelque chose d'exemplaire…
Parfois les punitions que l'on s'inflige sont presque aussi cruelles et répugnantes que celles que l'on mérite…
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critiques presse (6)
LePoint   08 novembre 2017
Avec "La Disparition de Josef Mengele", Olivier Guez reconstitue l'exil latino du SS, paria qui fut pacha.
Lire la critique sur le site : LePoint
Culturebox   27 octobre 2017
Plonger dans l’après seconde guerre mondiale pour suivre la vie de l'un des pires criminels nazis évanoui dans la nature, c'est le sujet de "La disparition de Josef Mengele" d'Olivier Guez.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   25 septembre 2017
Le romancier s’est battu trois ans avec le médecin nazi. Trois ans de traque posthume et d’écriture pour donner le roman, âpre et sec, de ses années de fuite.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   22 septembre 2017
Olivier Guez retrace le parcours en Amérique du Sud de Josef Mengele, l’un des bourreaux d’Auschwitz parti se cacher à la fin de la guerre.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LePoint   29 août 2017
Avec "La Disparition de Josef Mengele", Olivier Guez reconstitue l'exil latino du SS, paria qui fut pacha.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeJournaldeQuebec   28 août 2017
En revenant sur le passé d’un tortionnaire SS, ce roman, qui s’inscrit dans la rentrée littéraire, nous est carrément rentré dedans.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
JeanPierreVJeanPierreV   21 novembre 2017
Mengele a un geste d’irritation, on l’interrompt rarement. « Mon devoir, lui dit-il droit dans les yeux, mon devoir de soldat de la science allemande : protéger la communauté organique biologique, purifier le sang, le débarrasser de ses corps étrangers. » Il devait classer, trier et éliminer les inaptes qui arrivaient par milliers tous les jours au camp. « J’ai essayé de désigner le plus grand nombre de travailleurs afin d’épargner un maximum de vies. Les jumeaux avec qui j’ai fait progresser la science me doivent aussi la vie », ose-t-il. Rolf le regarde de travers. Mengele essaie d’expliquer son principe de sélection : dans un hôpital militaire, tous les blessés ne sont pas opérables. Certains doivent mourir, c’est la guerre, ainsi sont régies les lois de la vie, seuls les plus forts subsistent. À l’arrivée des convois, il y avait tant et plus de morts vivants. Qu’en faire ? Auschwitz n’était pas un asile mais un camp de travail, dit Mengele : mieux valait leur épargner d’énièmes souffrances en les éliminant immédiatement. « Crois-moi, ce n’était pas facile tous les jours. Tu comprends ? » Non, Rolf ne comprend pas, absolument pas, mais il ne contredit pas son père. S’il le laisse parler, Mengele va peut-être enfin lâcher un aveu, un regret. « J’ai obéi aux ordres parce que j’aimais l’Allemagne et que telle était la politique de son Führer. De notre Führer : légalement et moralement, je devais remplir ma mission. Je n’avais pas le choix. Je n’ai pas inventé Auschwitz ni les chambres à gaz et les fours crématoires. Je n’étais qu’un rouage parmi d’autres. Si certains excès ont été commis, moi, je n’en suis pas responsable, je… » Rolf se lève et tourne le dos à son père, il n’écoute plus. Il se masse le crâne en regardant par la fenêtre des gamins jouer au ballon.. (P. 205)
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RoggyRoggy   20 novembre 2017
Injecter, mesurer, saigner, découper, assassiner, autopsier : à sa disposition, un zoo d’enfants cobayes afin de percer les secrets de la gémellité, de produire des surhommes et de rendre les Allemandes plus fécondes pour peupler un jour de paysans soldats les territoires de l’Est arrachés aux Slaves et défendre la race nordique. Gardien de la pureté de la race et alchimiste de l’homme nouveau : une formidable carrière universitaire et la reconnaissance du Reich victorieux le guettaient après-guerre.
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JeanPierreVJeanPierreV   21 novembre 2017
Hantés par la guerre, plasticiens, peintres et musiciens fuient l’Allemagne de l’euphémisme, son hypocrisie et ses mensonges, l’histoire méprisable de leurs parents prédateurs, l’Allemagne et sa fureur iconoclaste, chambre de torture, bourbier des péchés humains, l’Allemagne qu’ils associent au panneau de droite du Jardin des délices de Bosch, à l’enfer et au diable, le foyer de la grande peste qui vient de ravager l’Europe, ses usines de la mort, Auschwitz, Treblinka : Mengele. (P. 172)
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JeanPierreVJeanPierreV   21 novembre 2017
Hitler les guidait. Mengele n’était pas le seul à l’avoir suivi, les Allemands s’étaient tous laissé ensorceler par le Führer, par la mission grisante et titanesque qu’il leur avait confiée, guérir le peuple, purifier la race, construire un ordre social conforme à la nature, étendre l’espace vital, perfectionner l’espèce humaine. (P.152)
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JeanPierreVJeanPierreV   21 novembre 2017
En travaillant main dans la main à Auschwitz, industries, banques et organismes gouvernementaux en ont tiré des profits exorbitants ; lui qui ne s’est pas enrichi d’un pfennig doit payer seul l’addition. (P.153)
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