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ISBN : 2253073806
Éditeur : Le Livre de Poche (22/08/2018)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 845 notes)
Résumé :
1949: Josef Mengele arrive en Argentine.

Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu’à sa m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (264) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  13 septembre 2017
Josef Mengele est souvent considéré comme l'un des pires criminels nazis, « le symbole de la cruauté nazie », pour le président du tribunal de Yad Vashem, le procureur général du procès d'Eichmann. Un tortionnaire de la pire espèce qui, comme Klaus Barbie et beaucoup d'autres, a bénéficié d'aides et de complicités pour se cacher en Amérique latine. A commencer par celle de l'argentin Peron, favorable aux nazis, qui rêvait pour son pays d'une destinée exceptionnelle, quand les Soviétiques et les Américains se seraient anéantis à coups de bombes atomiques.
Mengele a aussi été soutenu financièrement par sa famille, des riches industriels de Günzburg en Bavière qui ne souhaitaient pas qu'il soit arrêté parce qu'ils risquaient d'être associés à lui. Mais après une période relativement sereine, Mengele a vécu constamment sur le qui vive, dans la peur d'être pris et jugé, et probablement exécuté comme Eichmann qu'il a croisé dans son exil. Car Mengele est surtout un lâche, un sociopathe narcissique et paranoïaque dont la monstruosité s'est épanouie avec la guerre.
Mais tout ça, on le sait plus ou moins, alors pourquoi écrire encore un livre, un roman de surcroît, sur un criminel nazi ? On espère pour les bonnes raisons. Pour ne pas oublier. Pour que ça ne recommence jamais. Pour rendre hommage aux victimes de Mengele et à leurs familles parce qu'il n'y ait pas eu de procès pour leur donner la parole, " un procès nécessaire pour analyser l'Histoire et l'assumer pour le présent " comme l'a écrit le Die Ziet après le procès Barbie.
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Titania
  16 décembre 2017
On ne sort pas indemne d'une telle plongée en enfer.
Affronter l'histoire de l'ange de la mort d'Auschwitz, c'est comme regarder le diable en face, le mal absolu, la négation de l'Homme. J'ai pensé très fort à ceux qui l'ont croisé, pour leur plus grand malheur, Violette en particulier, tous ceux qui ne sont plus là maintenant pour témoigner.
Olivier Guez nous emmène à la chasse au nazi dans l'Amérique du sud complaisante de l'après guerre où se cache le sinistre Mengele, mais aussi un nombre impressionnant de ses compatriotes, dont Barbie ou Eichmann. Il nous détaille réseaux et complicités. Mengele s'est abrité derrière ce mur de solidarité et de silence et a survécu grâce à l'armée d'avocats et la fortune de sa famille dans des dictatures peu regardantes. Incroyable qu'il ait pu revenir se balader en Europe et visiter ses parents !
L'auteur nous livre ce récit avec un style dépouillé et une structure simple. Il est précis sur les faits et la seule concession faite au romancier c'est quand Il entre dans le cerveau de son personnage arrogant, dépourvu d'émotion et de regret seulement préoccupé de sa personne, imbu de lui-même.
c'est la chronique de l'inhumanité incarnée, un discours raciste porté jusqu'à la tombe, la rencontre entre une idéologie mortifère et un psychopathe, un homme froid qui ne se réfugie pas dans l'excuse de l'obéissance aux ordres.
Inquiétant que personne n'ait songé à trahir quelqu'un de si détestable. Ces ambiguïtés et ces silences en disent long sur les fidélités fondées sur des convictions partagées. le Mal n'est peut-être qu'endormi…
Les contingences géopolitiques, la guerre froide, puis les conflits du Proche Orient, ont ralenti la justice internationale, et Mengele est mort bêtement à la plage . Toutefois, s'il n'a pas été jugé comme Eichmann, il a vécu dans une prison à ciel ouvert, de plus en plus mal au fur et à mesure de ses changements d'identité, misérable paranoïaque se brouillant avec tout le monde, ressassant son passé et justifiant ses crimes.
Les prix littéraires me laissent perplexe la plupart du temps, je ne vois pas trop les raisons de leur subite promotion. Pour ce récit simple et fort, j'approuve le choix du jury. Au moment où des nazis entrent au Bundestag, Olivier Guez interpelle notre présent à la lumière d'un passé terrible.
Méfions nous, les vieux démons mutent comme les virus, leurs habits neufs ne sont que des leurres.
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Ziliz
  01 octobre 2017
Josef Mengele était médecin dans le camp d'extermination d'Auschwitz. Ce chercheur zélé affectionnait particulièrement les expériences sur les jumeaux et les nains. Il collectionnait les yeux bleus, qu'il épinglait tels des papillons sur les murs de son bureau.
Comme de nombreux criminels nazis, Mengele est parti se cacher en Amérique du Sud après la guerre, où il a bénéficié du soutien de pairs également en exil, et de l'aide financière de sa famille - des riches industriels - restée en Allemagne.
Comment et pourquoi, à la fin des années 40, le gouvernement argentin acceptait de recueillir ces hommes et éventuellement leurs proches, leur épargnant ainsi les procès qu'ils auraient dû affronter en Europe ?
Olivier Guez explique cela dans cette biographie romancée parfaitement documentée, en exposant le contexte politique argentin : dans sa mégalomanie, Juan Perón entendait profiter de la Guerre froide qui opposait l'est et l'ouest pour tirer son épingle du jeu et créer un IVe Reich, aidé en cela par de jeunes et fringants fascistes, brillants scientifiques, issus d'Allemagne ou d'Italie, et dont le bel avenir promis en Europe avait été fauché en plein vol...
J'ai parfois peiné dans ma lecture, le contexte géopolitique est assez complexe (Guerre froide, conflit israélo-palestinien), d'autant que les personnages sont nombreux (noms allemands, et parfois plusieurs pseudonymes pour un même individu)... Quoi qu'il en soit, le portrait de ce criminel en fuite lâche et geignard est saisissant. On espère que sa frousse et sa paranoïa croissantes l'ont autant torturé qu'un procès et quelques années de détention ? Car des remords, il ne semble pas en avoir eus...
Parfois ardu, mais passionnant.
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nadiouchka
  02 août 2017
« Mengele », « le médecin de la mort », « l'ange de la mort », voici de quel abominable personnage Olivier Guez a choisi de nous parler dans son livre de la rentrée littéraire 2017 : « La disparition de Josef Mengele ».
Cet ancien médecin nazi qui avait effectué, à Auschwitz, d'atroces expérimentations sur les déportés, a réussi à s'enfuir en 1949 et se cacher en Amérique du Sud. Mais après quelques années de tranquillité et sous couvert de différents pseudonymes, la traque reprend et le reste de sa vie va être constitué de fuites en fuites, de déguisements, d'angoisses et cela jusqu'à sa mort en 1979.
Je dois dire que, bien que n'ayant pas connu cette période plus qu'abominable, mes parents eux l'ont connue et en ont souffert. Cela fait que ce genre de livres sur un tel sujet m'intéresse énormément et, de toute façon, même sans cela, c'est un pan de l'Histoire qui restera à tout jamais gravé dans les esprits.
Quand on lit ce dont été capable - et coupable – Josef Mengele, obsédé par la gémellité, les yeux bleus (entre autres), c'est une vision barbare de ce bras droit d'Hitler qui se considérait comme un visionnaire de la science.
On voit que ce bourreau a bénéficié de multiples aides aussi bien financières que de logements pour se cacher, de divers papiers d'identité et lui qui croyait avoir enfin trouvé le calme et le repos, va se retrouver en cavale.
Il faut dire que le Mossad a toujours gardé un oeil sur ce personnage et nombreux étaient ceux qui ne croyaient pas à sa disparition.
Mengele va donc devenir un être aux abois, qui repense toujours aux fastes d'antan et à la gloire qu'il a connue. Va-t-on pouvoir dire « tel est pris qui croyait prendre ? ».
Olivier Guez ne lésine pas sur les descriptions atroces des tortures et autres « expérimentations médicales ». Avec son style très fluide et convaincant, on n'éprouve qu'un sentiment, le dégoût et celui de voir disparaître ce personnage abject. On ne risque pas du tout de compatir devant ses tourments lorsqu'il apprend que ceux qui le recherchent se rapprochent et que d'autres criminels de guerre comme lui, perdent la vie.
Tout ce que l'on désire, c'est lire enfin la conclusion et se débarrasser de lui.
L'auteur s'est très bien documenté pour écrire ce livre si puissant et il en parle à la fin dans ses « Sources de bibliographie ». D'ailleurs, j'aurais pu commencer ma critique par un extrait :
« Ce livre relate l'histoire de Josef Mengele en Amérique du Sud. Certaines zones d'ombre ne seront sans doute jamais éclaircies. Seule la forme romanesque me permettait d'approcher au plus près la trajectoire macabre du médecin nazi »(page 233).
Je pense que ce livre fera couler beaucoup d'encre après avoir vu couler tant de sang d'êtres humains qui avaient la malchance d'être nés juifs à cette époque-là.
Mais je pense aussi que, malgré les nombreux ouvrages déjà écrits sur ce thème, d'autres restent à venir car comment oublier cette période aussi terrible ? Non, plus jamais ça, mais est-ce possible ?
D'ailleurs, cela a inspiré des films, par exemple « Nuit et Brouillard » d'Alain Resnais et qui n'a pas lu « Le journal d'Anne Franck » ?
Mais « Nuit et Brouillard » m'a aussi fait penser à la chanson de Jean Ferrat qui me venait, lancinante, à l'esprit pendant ma lecture.
J'en donne juste quelques vers :
« Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe, il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été
La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir »(...)
A mon humble avis, c'est un excellent ouvrage de cette rentrée littéraire 2017 déjà bien riche.
Ce n'est pas très réjouissant mais tellement instructif et ça vous retourne l'estomac.
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Eve-Yeshe
  07 octobre 2017
Olivier Guez nous propose ici de découvrir comment Mengele a disparu des écrans radars à la fin de la guerre.
Il nous parle de sa deuxième vie en exil, tout en la reliant avec le passé, la décryptant à la lumière des évènements de sa première vie dans l'Allemagne nazie, car les deux sont intriquées, imbriquées, l'une expliquant l'autre.
On approfondit le rôle joué par Perón, et d'autres dictateurs d'Amérique du Sud, tel Stroessner au Paraguay. Perón recueille tous les nazis et comparses, « veille personnellement au déroulement de la grande évasion », constituant « un Quatrième Reich fantôme » (P 39 à 41)
Il pense que la guerre froide va dégénérer et que la troisième guerre mondiale est proche, donc il a toutes les cartes en mains pour tenir le monde….
Mengele vit comme un roi à Buenos Aires alors que l'entreprise familiale, à Günzburg, prospère allègrement, réjouissant l'économie allemande, sans jamais être inquiétée, elle emploie tellement de salariés…
Mais la vie de château ne dure qu'un temps, les consciences s'éveillent et la chasse aux nazis commence, avec Eichmann notamment. Il doit fuir au Paraguay, puis au Brésil. Lui qui a terrorisé tant de déportés, tremble à l'idée d'être découvert, le moindre bruit le fait sursauter, il se cache dans des maisons de plus en plus précaires, va jusqu'à se faire construire un blockhaus, d'où il regarde au loin avec ses jumelles pendant des heures. Il est surarmé, se déplace avec une meute de chiens dressés évidemment.
Ce mec (désolée, je ne peux pas dire cet homme, tant il est abject) est vraiment un minable qui manipule tout le monde, y compris ses proches, passe son temps à se plaindre et à gémir, demande de l'argent à tout le monde : famille, autres exilés… son comportement avec son fils est révoltant…
Il est dans le déni : Auschwitz était un camp de travail et il veillait au bon fonctionnement, fier de sa mission. Il n'a rien fait de mal donc pourquoi se sentirait-il coupable ? Voici ce qu'il pense au moment de l'arrestation d'Eichmann selon Olivier Guez :
« Honte aux Allemands, ramassis de mauviettes et de lâches, nation de boutiquiers médiocres aveulis par des dirigeants de pacotille, vendus aux plus offrants, aux marchands du temple : ils ont lâché Eichmann ! ils lui ont tiré une balle dans le dos, alors qu'il n'avait fait que son devoir et que nous nous étions contentés d'obéir aux ordres, au nom de l'Allemagne, pour l'Allemagne, pour la grandeur de notre chère patrie. » P 137
Jamais, pas une seule seconde il n'éprouve le moindre regret, la moindre compassion, pour les êtres qu'il a envoyé à la mort, torturé pour ses pseudo expériences scientifiques, et il ne renoncera jamais à son rêve d'une race aryenne pure, ni à son führer bien-aimé.
Il va se comporter de façon abjecte, dans les actes comme dans la pensée, jusqu'à la fin, et pas une seconde, en lisant ce roman, je n'ai éprouvé la moindre compassion pour lui. Je me demanderai toujours comment des médecins peuvent faire des choses aussi abominables au nom de la science…
Olivier Guez cite, au passage, des extraits particulièrement émouvants du livre de Nyizli, qui fut « le scalpel de Mengele », publié sous le titre « Médecin à Auschwitz ».
Le style est percutant, le livre bien documenté, avec une bibliographie très intéressante si l'on veut en apprendre davantage. Ce roman se dévore.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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critiques presse (7)
Telerama   31 août 2018
Dans cette formidable enquête romancée, Olivier Guez suit un homme dont les contours deviennent ceux d’une ombre sinistre qui ne renie rien, peste et rumine contre tous ceux qui s’en sont bien tirés. Et qui mourra sans avoir été jugé.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   08 novembre 2017
Avec "La Disparition de Josef Mengele", Olivier Guez reconstitue l'exil latino du SS, paria qui fut pacha.
Lire la critique sur le site : LePoint
Culturebox   27 octobre 2017
Plonger dans l’après seconde guerre mondiale pour suivre la vie de l'un des pires criminels nazis évanoui dans la nature, c'est le sujet de "La disparition de Josef Mengele" d'Olivier Guez.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   25 septembre 2017
Le romancier s’est battu trois ans avec le médecin nazi. Trois ans de traque posthume et d’écriture pour donner le roman, âpre et sec, de ses années de fuite.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   22 septembre 2017
Olivier Guez retrace le parcours en Amérique du Sud de Josef Mengele, l’un des bourreaux d’Auschwitz parti se cacher à la fin de la guerre.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LePoint   29 août 2017
Avec "La Disparition de Josef Mengele", Olivier Guez reconstitue l'exil latino du SS, paria qui fut pacha.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeJournaldeQuebec   28 août 2017
En revenant sur le passé d’un tortionnaire SS, ce roman, qui s’inscrit dans la rentrée littéraire, nous est carrément rentré dedans.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (162) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   30 septembre 2017
Rolf Mengele est un jeune homme tourmenté. A chaque fois qu'il se présente, l'accueillent un silence gêné, des regards embarrassés. Mengele, comme... ? Oui, Mengele. Le fils de Satan. Maudit patronyme, sa croix et sa bannière, jamais il n'oubliera sa consternation et son chagrin le jour où il a découvert en lisant les journaux, peu après l'enlèvement d'Eichmann, que l'oncle badin qui lui racontait des histoires de gauchos et d'Indiens à l'hôtel Engel était [en réalité] son père, le médecin tortionnaire d'Auschwitz. Funeste famille : élevé par sa mère, devenu avocat à Freibourg, Rolf fuit le clan de Günzburg. Il méprise le silence des Mengele sur les crimes de son père et leur dédain pour ses victimes. Leur solidarité tribale, leur cupidité, leur lâcheté lui sont odieuses. Rolf se revendique de gauche, en lutte contre le capitalisme et le fascisme, les Mercedes, l'hypocrisie et la conscience tranquille de la bonne société ouest-allemande. Rolf est un enfant contestataire de l'après-guerre, que ses cousins Dieter et Karl-Heinz surnomment 'le communiste'. Un rebelle, mais un rebelle fragile, empêtré dans ses contradictions, torturé par ce père encombrant et venimeux.
(p. 190)
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ZilizZiliz   29 septembre 2017
Le monde découvre peu à peu l'extermination des Juifs d'Europe. De plus en plus de livres, d'articles, de documentaires sont consacrés aux camps de concentration et d'extermination nazis. En 1956, malgré les pressions du gouvernement ouest-allemand qui demande et obtient son retrait de la sélection officielle du Festival de Cannes au nom de la réconciliation franco-allemande, 'Nuit et brouillard', d'Alain Resnais, bouleverse les consciences. 'Le Journal d'Anne Frank' connaît un succès croissant. On parle de crime contre l'humanité, de solution finale, de six millions de Juifs assassinés.
Le cercle Dürer [éditeur allemand en Argentine] nie ce chiffre. Il se félicite de l'entreprise d'extermination mais n'évalue qu'à 365 000 le nombre de victimes juives ; il dément les meurtres de masse, les camions et les chambres à gaz ; les six millions ne sont qu'une falsification de l'Histoire, une énième manigance du sionisme mondial afin de culpabiliser et d'abattre l'Allemagne après lui avoir déclaré la guerre et infligé des destructions épouvantables, sept millions de morts, ses plus belles cités rasées, la perte de ses terres ancestrales à l'est.
(p. 82-83)
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JeanPierreVJeanPierreV   21 novembre 2017
Mengele a un geste d’irritation, on l’interrompt rarement. « Mon devoir, lui dit-il droit dans les yeux, mon devoir de soldat de la science allemande : protéger la communauté organique biologique, purifier le sang, le débarrasser de ses corps étrangers. » Il devait classer, trier et éliminer les inaptes qui arrivaient par milliers tous les jours au camp. « J’ai essayé de désigner le plus grand nombre de travailleurs afin d’épargner un maximum de vies. Les jumeaux avec qui j’ai fait progresser la science me doivent aussi la vie », ose-t-il. Rolf le regarde de travers. Mengele essaie d’expliquer son principe de sélection : dans un hôpital militaire, tous les blessés ne sont pas opérables. Certains doivent mourir, c’est la guerre, ainsi sont régies les lois de la vie, seuls les plus forts subsistent. À l’arrivée des convois, il y avait tant et plus de morts vivants. Qu’en faire ? Auschwitz n’était pas un asile mais un camp de travail, dit Mengele : mieux valait leur épargner d’énièmes souffrances en les éliminant immédiatement. « Crois-moi, ce n’était pas facile tous les jours. Tu comprends ? » Non, Rolf ne comprend pas, absolument pas, mais il ne contredit pas son père. S’il le laisse parler, Mengele va peut-être enfin lâcher un aveu, un regret. « J’ai obéi aux ordres parce que j’aimais l’Allemagne et que telle était la politique de son Führer. De notre Führer : légalement et moralement, je devais remplir ma mission. Je n’avais pas le choix. Je n’ai pas inventé Auschwitz ni les chambres à gaz et les fours crématoires. Je n’étais qu’un rouage parmi d’autres. Si certains excès ont été commis, moi, je n’en suis pas responsable, je… » Rolf se lève et tourne le dos à son père, il n’écoute plus. Il se masse le crâne en regardant par la fenêtre des gamins jouer au ballon.. (P. 205)
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PseudoPseudo   08 décembre 2017
Mengele est amer ce jour-là. Il s'apitoie sur son sort, comme toujours, sans remords ni regrets, et déverse son fiel sur des quadrupèdes et sur les baobabs de la forêt vierge qui murmure et chante mais ne l'écoute pas. Arrivé dans une clairière, il s'assoit sur un tronc, la tête entre les mains, et songe à ses confrères d'Auschwitz, vingt médecins SS affectés au camp. Horst Schumann stérilisait hommes et femmes en les irradiant aux rayons X avant de castrer les premiers et de soumettre les secondes à une ovariectomie. Carl Clauberg implantait des foetus d'animaux dans le ventre de ses cobayes humains et les stérilisait en leur injectant des substances à base de formol dans le système génital. Le pharmacien Victor Capesius chapardait les prothèses dentaires encore saignantes des déportés assassinés pour les vendre à l'extérieur du camp. Friedrich Entress inoculait le typhus aux détenus et les éliminait par injections intracardiaques de phénol. August Hirt injectait des hormones aux homosexuels et assassinait pour établir une typologie du squelette juif. Et tous les autres qui sévissaient dans les camps (trois-cent cinquante professeurs d'université, biologistes, médecins) et avaient participé au programme T4 d'euthanasie qu'étaient-ils devenus ? Quelques-uns s'étaient donné la mort ou avaient été condamnés après guerre lors d'un des procès de Nuremberg mais la plupart étaient passés entre les mailles du filet, avaient réintégré leur famille et la société civile puis repris leur carrière, Mengele le savait et il en était malade.

Pages 153-154
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   21 août 2017
Mengele est le prince des ténèbres européennes. Le médecin orgueilleux a disséqué, torturé, brûlé des enfants. Le fils de bonne famille a envoyé quatre cent milles hommes à la chambre à gaz en sifflotant. Longtemps, il a cru s'en sortir aisément, lui, "l'avorton de boue et de feu" qui s'était pris pour un demi-dieu, lui qui avait foulé les lois et les commandements et infligé sans affect tant de souffrances et de tristesse aux hommes, ses frères.
L’Europe vallée de larmes.
L’Europe nécropole d’une civilisation anéantie par Mengele et les sbires de l’ordre noir à tête de mort, pointe empoisonnée d’une flèche lancée en 1914.
Mengele, l’employé modèle des usines de la mort, l’assassin d’Athènes, Rome et Jérusalem, pensait échapper au châtiment.
Mais le voilà livré à lui-même, asservi à son existence, aux abois, moderne Caïn errant au Brésil.
Maintenant commence la descente aux enfers de Mengele. Il va ronger son cœur et s'égarer dans la nuit.
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