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EAN : 9782757858417
136 pages
Éditeur : Points (14/04/2016)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 56 notes)
Résumé :
L'Ouzbek muet et autres histoires clandestines Il était une fois, dans les années 60 du siècle dernier, des pays où la politique occupait une place primordiale dans la vie des jeunes gens. Au Chili comme ailleurs, le langage était codé et les slogans définitifs. Mais on est très sérieux quand on a dix-sept ans à Santiago du Chili et qu'on s'attaque au capitalisme avec un succès mitigé. On peut monter une opération contre une banque pour financer une école et utilise... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
michdesol
  28 août 2019
L'auteur dédie son livre à ses "camarades militantes et militants" avec qui il a partagé le beau rêve "d'être jeunes sans en demander la permission". En ces années 70 être jeune au Chili c'était pour Sépúlveda et ses amis s'engager aux côtés d'Allende pour construire un monde meilleur. C'est vite devenu une cause dangereuse et même pouvant s'avérer mortelle après le putsch fasciste de 1973.
Voilà donc quelques histoires de ce temps-là, des aventures parfois coquasses mais toujours sincères, des faits d'armes glorieux ou non, toujours généreux, vécus par ces militants des années de plomb du Chili, que l'auteur nous raconte avec son ton inimitable, empli de nostalgie, d'ironie et de tendresse pour ces vaincus magnifiques, nous offrant une fois de plus, une magnifique leçon de vie.
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litolff
  08 novembre 2015
Des nouvelles drôles et tendres dans lesquelles les jeunes chiliens des années 60 essaient de vivre leurs convictions politiques sans toutefois totalement évacuer les préoccupations propres à leur âge, et c'est parfois désopilant !
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yv1
  05 juin 2015
Luis Sepulveda place ces nouvelles dans les années 60/70 juste avant le coup d'état de Pinochet (qui ne pouvait être totalement mauvais comme disait Pierrre Desproges, car dans Pinochet, il y a hochet). Tous les personnages sont des anonymes qui vont tout tenter pour qu'Allende arrive au pouvoir et qui vont combattre l'extrême droite et la droite chilienne. Beaucoup passeront dans la clandestinité après le coup d'état, perdront la vie. Je présente ci-dessous quelques nouvelles du recueil, celles qui m'ont le plus plu.
- le soldat Tchapaïev à Santiago du Chili : la difficulté d'organiser une action d'éclat commune aux jeunesses communistes et socialistes, surtout lorsque certains ont d'autres préoccupations comme un rendez-vous amoureux.
- L'Ouzbek muet : la vie d'un étudiant chilien à Moscou qui rêve d'aller à Prague et se retrouve à Tachkent en Ouzbékistan.
- Blue Velvet : braquer une banque, ça ne s'improvise pas. Enfin, normalement...
- Moustik : Un autre braquage, mais pour sauver l'économie chilienne menacée, mené par Moustik une jeune femme qui ne supportera pas le coup d'état de Pinochet.
- L'autre mort du Che : le récit du transport de deux condors offerts par le Chili à Cuba et la nasissance d'un petit longtemps après nommé Che.
- le déserteur : les derniers moment d'Ernesto Guevarra, dit le Che.
Luis Sepulveda fait preuve de beaucoup d'humour, de dérision mais également d'une grande tendresse pour ses personnages, ces héros anonymes qui ont lutté contre la dictature et la force. Pour beaucoup ils sont des loosers avec idéaux, qu'ils veulent atteindre ; ils y réussissent parfois mais pas toujours et presque par hasard. Il suffit d'un tout petit rien pour que la chance ou la malchance fasse capoter ou réussir une opération mal préparée pour ne pas dire improvisée. Les premières nouvelles sont drôles, à l'image de ce roman de l'auteur que j'ai adoré, L'ombre de ce que nous avons été, et les dernières se font plus dures, plus politiques.
On pourrait s'attendre à un peu plus de la part de cet auteur, je reste un peu sur ma faim, me disant qu'il y avait matière à faire des histoires plus construites, plus longues, des petits romans, c'est un peu comme s'il se contentait du minimum pour faire un livre. Et puis, je me dis dans la seconde qui suit que le minimum de Luis Sepulveda vaut très largement le maximum de certains autres écriveurs de livres, alors ça me console.
Lien : http://lyvres.fr
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nunux34
  05 juin 2015
Parfois maladroits, souvent naïfs, toujours pleins d'entrain et de bonne volonté, les jeunes révolutionnaires dépeints avec bienveillance par l'auteur sont particulièrement attachants.
Les courtes nouvelles retracent quelques épisodes de la vie de ces femmes et de ces hommes de la Révolution socialiste avec humour et nostalgie : révolution pacifique, révolution par les urnes, révolution nourrie d'utopie. Les actions et les frasques sont brillamment narrées et si leurs aventures nous font souvent sourire, il n'en reste pas moins qu'une étrange sensation (arrière goût amère) nous accompagne discrètement tout au long de la lecture.
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LN
  21 juillet 2015
Parce qu'il fallait se battre coûte que coûte, parce que aimer la vie signifiait résister, au Chili dans les années 60, tous les jeunes étaient révolutionnaires. Toujours courageux, quelquefois ingénieux, souvent imprudents, ils créaient des groupes, quitte à n'être que deux, et se lançaient à coeur et corps perdu dans la lutte pour ébranler le pouvoir en place. Comme les Farch, ce groupe de quatre jeunes gens qui décident de braquer une banque : "ou d'exproprier au nom du peuple les biens accumulés par la bourgeoisie, après une lecture passionnée de Que faire ? de Lénine et un coup d'oeil sur la réalité environnante. (...) L'heure était venue pour les FARCH de répondre "Présent !" dans le panorama insurectionnel du cône Sud Latino-américain." p. 39 A peine sorti de l'adolescence, El Flaco, l'un d'eux chante Blue velvet pendant l'attaque de la banque, pour apaiser les tensions (sic) mais aussi parce qu'il saisit là sa seule chance d'avoir un vrai public ! D'autres décident de placer des bombes dans des statues-lions, avant de se rendre compte que ce sont des trompe-l'oeil. Leur enthousiasme n'a d'égal que leur maladresse !
Dans ces nouvelles clandestines, on rencontre le Che, des condors fuyants, des chanteurs attendant leur heure de gloire, des activistes à l'instinct maternel très développé...
Mais derrière l'humour et la tendresse que Sepulveda éprouve envers ces jeunes têtes brûlées, se cache de beaux portraits d'hommes sincères et profondément humains : "Camilo s'appelait José Ramon Ramirez Candia? Il était né à Curico en 1948 dans une famille modeste et avait étudié la mécanique aux Arts et Métiers? Anna connaissait sa vie dans les moindres détails. Il n'était ni ombrageux ni orgueilleux et peu lui importait que les autres Chiliens comprennent ou non qu'il ne se battait pas pour la liberté mais pour ne pas oublier qu'il était un homme libre, qu'il ne se battait pas pour la justice, mais pour ne pas oublier qu'il était un homme juste."
Un bel hommage rendu au temps où on pouvait rêver "d'être jeune sans en demander la permission."
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   28 août 2019
Che, le condor chilien, cubain et argentin fut lâché sur les flancs de la cordillère à Yerba Loca, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Santiago. Avant de le laisser s'envoler, on l'équipa d'un émetteur afin de connaître ses déplacements et, avec ses sept camarades, il déploya ses puissantes ailes, courut et s'éleva jusqu'aux cimes entourant le Cajón del Maipo. Che planait, porté par les courants d'air dans le silence solennel du ciel. Son vol était le symbole de l'Amérique latine, la liberté sans limite ni frontières, le défi d'un continent qui peut voler avec pour seule force le courage de le faire.
Il vola librement pendant presque un an jusqu'au jour où son importante silhouette se trouva dans la ligne de mire d'un lâche, d'un misérable plein d'alcool et de haine envers ce que Che symbolisait, tout comme en 1967 quand Mario Terán, un autre lâche, ivre de haine, pointa son fusil sur l'autre Che, le commandant Ernesto Che Guevara, emprisonné et blessé dans une petite école de La Higuera, en Bolivie, au cœur de l'Amérique latine. Il utilisa son arme méprisable et le vol de Che se brisa dans le ciel infini des Andes.
Che, le condor chilien, cubain et argentin fut assassiné le 20 août 2002 . Certes, il reste un énorme vide dans le ciel, il nous manque quelque chose et c'est douloureux, mais son vol n'a pas de fin, il continue de planer dans les hauteurs comme la fière vigie du destin latino-américain, car un être du nom de Che peut tomber mille fois, il se relève mille autres fois et vole, vole toujours, toujours, toujours.
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michdesolmichdesol   28 août 2019
La vie a continué, plus complexe mais moins belle.
Un jour de décembre 1973, quelques mois après le coup d'Etat, el Chino a été tué. Alors Moustik a craqué. Un big bang interne qu'elle était la seule à sentir l'a poussée dans une direction incertaine comme le mouvement du cosmos dont on ne sait s'il va ou vient.
Des prothèses ont remplacé le mot vie. Elle s’est appelée terreur, prison, torture, exil, adieux, lettres de plus en plus espacées, photos regardées en silence.
Au cours de cette vie, Moustik a décidé un jour de revenir à ce qui était perdu, elle est entrée dans la machine du temps et s’est mise à parcourir les maisons des camarades mais les maisons et les camarades n’étaient plus là, les cafés fréquentés par les camarades mais les cafés et les camarades avaient disparu, les lieux où chantaient les camarades mais elle ne trouva que poussières de voix et guitares mortes.
Un jour, l’univers s’est arrêté, lassé de pousser des galaxies, et tout s’est immobilisé. Moustik est alors restée à regarder sans voir, sans sentir les mains qui caressaient sa longue chevelure, insensible au souvenir brûlant et préservée de l’oubli glacé.
Jusqu’à la fin précoce de sa vie, son unique geste consistait à montrer ses mains ouvertes comme pour soutenir encore le corps fragile des belles années, des dures années, des années heureuses.
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rkhettaouirkhettaoui   19 septembre 2015
D'après ce que nous avons compris, la méthode Djoutché enseignait, semble-t-il, que les hommes étaient les seuls responsables de leur destin et que, pour être heureux, il fallait en finir avec les différences de classe, avec les classes, afin de construire une société où le Leader Bien-Aimé serait au sommet, viendrait ensuite l'armée populaire chargée de défendre la souveraineté et la liberté du peuple et, finalement, le peuple travaillant dans la joie sous la direction du Leader Bien-Aimé.
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rkhettaouirkhettaoui   19 septembre 2015
On l'a toujours appelée Moustik et elle était belle. Elle trouvait ce surnom contradictoire car elle était grande, d'une taille au-dessus de la moyenne des Chiliennes du peuple. De plus, elle était altière, insolente, téméraire. Elle affirmait qu'elle était exactement une de ces bestioles avec du poil sur le dos, une trompe et cinq mille yeux qui voyaient tout.
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rkhettaouirkhettaoui   19 septembre 2015
Dans le pays de l'égalité, certains étaient plus égaux que d'autres. Les étudiants des deux universités percevaient tous la même bourse mensuelle de 90 roubles mais ceux de la Lomonossov recevaient en plus des vêtements, des livres, de la culture, des repas et des hébergements de premier choix. Par contre, les lumumbistes devaient tout acheter avec la même somme en tirant la ficelle et en traficotant avec tout ce qui leur tombait entre les mains.
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