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ISBN : 1408883449
Éditeur : 1st Edition (26/02/2019)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 78 notes)
Résumé :
La maison Berethnet règne sur l'Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d'elle...
Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages. Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l'usage d'une magie interdite s'impose ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
florencem
  08 mars 2020
Je suis enfin parvenue à la fin de cette « petite » brique. J'avoue qu'en voyant l'épaisseur du Prieuré de l'oranger, j'avais un peu peur de me lancer dans l'aventure. Je n'aime pas particulièrement abandonner un roman, et devoir me « forcer » à lire un tel volume…C'était un peu angoissant. Fort heureusement, j'ai assez vite accroché à l'histoire de Samantha Shannon.
Pour moi, le Prieuré de l'oranger est une oeuvre typique de fantaisie. On y retrouve beaucoup d'éléments qui en font un classique du genre. L'univers, la quête, la touche de magie qui n'étouffe pas l'ensemble, des personnages forts, un monde complexe mais abouti. J'ai aussi beaucoup aimé le fait que nous suivons plusieurs personnages principaux et qu'au fur et à mesure leurs destins s'entremêlent. C'est un peu comme assister à la construction d'un puzzle.
Le début est un peu lent. Surtout, n'ayez pas peur de cela. Il faut mettre en place un vaste univers et pas loin de cinq personnages principaux. Cela prend du temps, mais je ne me suis pas ennuyée pour autant. Les intrigues se faufilent dès le départ, même si elles ne sont pas dans la lignée de la principale, elles donnent tout de suite envie de poursuivre. Elles construisent les personnages, nous permettent de mieux les connaître et surtout, elles les poussent dans leurs retranchements.
Ead, Loth, Sabran, Roos et Tané se retrouvent tous les cinq dans une aventure d'envergure : sauver le monde du Sans-Nom, une créature maléfique dont le retour est proche. Si tout tourne autour de cela, ce n'est pour moi qu'un fil conducteur pour une plus vaste chamboulement. Bien que le tout soit très bien dosé, j'ai trouvé que le roman avait ce côté révolutionnaire, en brisant de nombreuses règles et traditions. Bien que l'époque soit assez semblable au Moyen-Âge, il y a un vent de nouveauté qui souffle et qui prouve que les jeunes générations peuvent aller de l'avant et surtout porter moins de préjugés, être plus ouverts d'esprit. C'est vraiment un point que j'ai apprécié. On sent que l'ensemble des peuples que l'on découvre veulent briser leurs chaînes. D'autres sont plus réticents et il y a un processus intéressant qui se déroule.
Concernant le Sans-Nom et tout ce qu'il y a autour. C'est la quête, le but ultime, mais aussi le moyen pour nous de voir des légendes prendre vie ainsi que leurs ramifications. Tout est lié, et au fur et à mesure que nous avançons, les pièces du puzzle se mettent en place. J'adore cela, encore une fois. le Prieuré de l'oranger joue sur plusieurs plans : religieux, magique, politique, gouvernance… avec une question : comment des êtres que tout oppose peuvent s'unir face à un ennemi commun ? Et c'est quelque chose qui est aussi contemporain et avec laquelle on arrive facilement à s'immerger.
Côté personnages. Ead, Loth et Sabran ont été un régal à suivre. Ils évoluent tous les trois de façons intelligentes et ce sont des êtres avec lesquels il est facile d'avoir de la sympathie. Il n'y a pas de sublimation d'ailleurs, on voit autant les défauts que les qualités de chacun, ce qui les rend plus humains. Ce ne sont pas des surhommes. Tané et Roos… j'ai eu plus de mal. Tané est trop centrée sur elle-même, tout comme Roos. Les deux ont consacré leur vie à leurs rêves et cela les rend trop égocentriques. Même si Tané est plus nuancée à ce niveau-là, elle est parfois trop froide, trop distante. Elle évolue, fort heureusement, et l'on comprend pourquoi elle est devenue qui elle est, ce qui atténue le tout. Roos est trop en colère, trop aigri… Il est obligé de sombrer encore et encore pour qu'une faible étincelle apparaisse à un moment donné. Mais franchement… Je trouve qu'il a malgré tout une bonne étoile bien trop conciliante au-dessus de sa tête.
La fin est épique comme on pouvait s'y attendre. Elle est aussi assez rapide et un peu expéditive en un sens. Il y a eu un long processus pour parvenir à ce moment, et je pense que le fait d'arriver à un moment si intense fait qu'on le voit défiler rapidement. Mais j'aurais surtout aimé qu'on est une conclusion plus « définitive » concernant certains personnages. Samantha Shannon ne semble pas avoir renoncé à poursuivre l'aventure du Prieuré de l'oranger, elle se donne ainsi la possibilité de continuer. Alors je ne perds pas espoir d'avoir les réponses à mes questions.
Une belle épopée qui joue avec la modernité et les règles du genre. Des personnages féminins forts, une gestion de la religion et de la sexualité plus libre et diverse, une quête prenante, un style fluide et un univers riche et abouti. Une découverte fort sympathique et prenante.
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Tachan
  10 décembre 2019
Ce n'est pas une chronique facile que je m'apprête à rédiger, en premier lieu parce que le prieuré de l'oranger est le dernier titre à la mode dont tout le monde parle et que tout le monde semble avoir aimé, ce qui n'est pas mon cas... et ensuite parce que c'est tout de même une belle brique de plus de 950 pages qu'il n'est pas forcément facile à résumer.
Le prieuré de l'oranger de Samantha Shannon est le dernier phénomène en date de la blogosphère amatrice de roman de Fantasy. Publié dans la petite maison d'édition de Saxus, ces derniers ont fait une grosse campagne de pub sur les réseaux sociaux à renfort de comparaison avec des titres comme Game of Thrones et des auteurs comme Tolkien, Robin Hobb ou G.R.R. Martin. Sauf que malheureusement, comme je le pressentais ce titre est totalement survendu et qu'on est bien loin de la qualité des titres et auteurs cités.
Le prieuré de l'oranger est un titre de fantasy tout à fait classique, se déroulant dans un monde coupé en deux (voire plus, on le verra ensuite) autour de la question de la vénération ou non des dragons, le tout autour d'une légende de grands personnages les ayant affrontés. On s'y retrouve bien des siècles après la dernière grande bataille alors que le plus terrible d'entre eux semble se réveiller. On y suit d'un côté la Reine Sabran dont le règne est perturbé par de multiples complots et de l'autre Tané, une jeune dragonnière en devenir qui tente de gravir les échelons malgré ses origines modestes. Voilà pour résumer très brièvement le début et le contexte.
Au fil des pages, on va suivre de nombreuses péripéties, de nombreux complots, de nombreuses trahisons et de nombreux voyages. On va en apprendre plus sur l'histoire et la mythologie de cet univers. L'autrice va tenter de nous surprendre avec des revirements et des découvertes brutaux, etc. Mais personnellement, dès le début, j'ai trouvé tout cela bien faible. Contrairement à ce qui est annoncé par l'éditeur, nous ne sommes pas avec un titre de fantasy pour adultes, mais plutôt avec un titre dans la lignée des Young Adult sortant chez nous et ça change tout ! Personnages mal définis et bien plus jeunes dans leurs actions et pensées que leur âge semble l'indiquer, actions téléphonées, grosses ficelles utilisées à multiples reprises pour faire avancer l'histoire ou surprendre le lecteur. Les plus de 900 pages du titre ont été bien mal employées....
J'ai d'emblée eu énormément de mal avec les personnages de l'histoire. Je les trouve trop archétypaux et pas bien construits. Ils ne sont pas développés comme peu le faire une Robin Hobb ou un G.R.R. Martin à qui on veut comparer l'autrice. Ici, ils sont fades, sans personnalités et enchainent des actions ma foi fort prévisibles tout en se comportant souvent comme des ados ou des très jeunes adultes malgré leur âge. J'ai été déçue. Je sais que beaucoup ont aimé qu'on retrouve des relations LGBT de façon très naturelle dans ce titre, mais ça ne suffit pas à en faire un bon titre, un titre marquant. Ça a déjà été fait ailleurs et mieux. Lisez les titres de Lynn Flewelling !
C'est justement le gros point noir du titre pour moi : on nous enrobe l'univers tout un tas d'éléments qui flattent le lecteur mais au final tout sonne creux. L'univers semble prometteur sur le papier. On nous appâte en couverture avec de très beaux dragons, mais ceux-ci n'ont qu'un rôle mineur dans l'histoire au final. Si vous voulez de vrais bons titres où les dragons sont mis en valeur, allez lire Robin Hobb, au moins ils ont une personnalité et leur rôle ne tient pas sur 10 pauvres pages dans l'histoire ! On nous appâte avec une mythologie reposant sur d'anciens personnages avec des pouvoirs qui se sont défiés et ont mis le monde à mal, mais c'est résolu en deux coups de cuillères à pot avec presque aucune conséquences importantes. Un vrai pétard mouillé. Si vous voulez des Dieux qui mettent le monde à mal, allez lire N.K. Jemisin ! On nous parle aussi d'une magie à base de feu, de joyaux et d'arbres donnant des pouvoirs, mais là aussi ce n'est pas du tout visuel. La magie n'a rien de percutant et marquant pour le lecteur. Vous voulez lire des titres avec des systèmes de magie à vous chambouler la tête et de l'action quasi cinématographique, allez lire Brandon Sanderson et son Fils des Brumes ! Enfin, on nous promet des complots de cour à la G.R.R Martin mais c'est du pipi de chat en comparaison, ici. Tout est évident et il n'y a aucune surprise ni renversement dramatique avec nos personnages chéris mis à mal. Les quelques bouleversements qu'ils subissent sont un vrai pis aller en comparaison aux Noces Pourpres du maitre, allez plutôt lire l'original ! Bref un titre vraiment trop survendu !
Alors là, je viens de déverser toute ma frustration de lectrice déçue et on pourrait croire que je n'ai rien aimé dans le titre mais ce n'est pas le cas. C'est juste que je m'attendais à tellement plus vu le matraquage marketing que le banal titre de Fantasy pour grands ados que j'ai lu fut une grande déception.
Cependant, je reconnais que la plume de l'autrice fait que le titre se lit bien. Les chapitres, assez courts, s'enchainent rapidement. le changement régulier de point de vue fait qu'on ne se lasse pas malgré la longueur du titre. On a envie de découvrir quel nouveau coup du sort va leur tomber dessus et comment ils vont s'en sortir. On voyage beaucoup dans les terres et les mers de cet univers. Et même si on reste beaucoup trop en surface pour moi, il y a de vraies bonnes idées dans la mythologie du titre, avec la création du Reinaume d'Inys, ainsi que la manipulation faite de l'Histoire par les différentes puissances qui peuplent ces terres. J'ai aimé les quelques moments où on a entraperçu les dragons et où ils ont agit. La relation entre Tané et sa dragonne était touchante. L'autrice met en avant des valeurs qui me sont chères telle que l'amitié et l'amour au-delà des castes et des différences. Cette lecture ne fut donc pas un total calvaire loin de là, juste pas le chef d'oeuvre annoncé.
Pour conclure, si de Saxus n'avait pas fait un tel matraquage en disant partout que le prieuré de l'oranger était un nouveau "monument de la fantasy et de la littérature" (cf la 4e de couverture...), j'aurais peut-être plus apprécié ma lecture. Là, je m'attendais à recevoir une claque et le lire juste après l'excellent Roue du Temps de Robert Jordan, titre vraiment à destination des adultes, fait paraitre celui-ci bien fade et révèle tous ces défauts dont j'ai parlés en long en large et en travers plus haut. le prieuré de l'oranger est une lecture jeunesse honnête mais ça s'arrête là. Il ne tient absolument pas la comparaison avec les auteurs et les titres à côté desquels son éditeur veut le placer...
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
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Latulu
  05 mars 2020
Inspiré du mythe d'Excalibur en beaucoup plus soft, normal, on est sur une lecture young-adult, ce gros roman (presque 1000 pages) offre un peu de dragons, un peu de magie, un peu de batailles. En bref, un peu de tout et néanmoins rien de bien nourrissant pour un imaginaire un peu exigeant.
L'histoire en elle-même n'est pas très originale.
Dans les Abysses, le Sans-Nom, un dragon version bête de l'enfer dont le but est de détruire l'humanité, s'apprête à s'éveiller au bout d'un millénaire de sommeil.
D'un côté de la carte, un reinaume où la monarque est vénérée puisque, selon la croyance locale, son existence seule empêcherait le réveil du Sans-Nom. de l'autre, un peuple qui adore les dragons comme des dieux vivants et au centre un oranger qui délivre ses fruits aux seuls mages dignes de goûter à sa chair et à son pouvoir.
Ces différents récits donnent lieu à pléthore de protagonistes disséminés sur la carte avec des allers et retours entre les histoires. J'ai trouvé difficile d'identifier les personnages car on saute sans arrêt de l'un à l'autre. Ils ont tous des croyances différentes entre l'Ouest où sont adorés les saints courage, justice etc et l'Est où ce sont les dragons et Ead au palais qui a elle-même une croyance différente bref… J'ai eu du mal à adhérer et à m'y retrouver.
J'ai eu le sentiment que ce récit était la synthèse de plusieurs débuts de romans que l'auteure a fini par assembler pour former un récit unique.
On n'est pas dans un roman adulte pour sûr. L'ensemble reste très convenu avec des personnages tous empreints de loyauté et de ferveur. Trop lisses et animés d'une volonté de faire le bien.
Ajoutez à cela une pointe d'incohérences sur l'intrigue et plusieurs longueurs sur certaines séquences et vous terminez avec un pavé qui certes se laisse lire et se révèle même plutôt divertissant mais vu tout le tapage médiatique à sa sortie et les épithètes ronflants l'accompagnant je m'attendais à des scènes beaucoup plus denses.
L'écriture a un bon rythme dommage que l'action démarre lentement avec une accélération seulement après un bon tiers (c'est-à-dire vers la 300ème page). Ce n'est pas un récit à haute tension et les intrigues restent très « bateau ».
On est loin, très loin, d'une Marie Pavlenko qui avec la Femme sortilège saura vous raconter une toute aussi belle histoire et bien plus cohérente sur seulement 400 pages.
Une agréable lecture mais sans plus.
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Igguk
  21 novembre 2019
Il y a quelques mois j'ai acheté The priory of the orange tree de Samantha Shannon, un énorme pavé en VO, en grande partie à cause de la couverture sublime d'Ivan Belikov (même si j'ai un peu regardé les avis, faut pas déconner). Je l'ai posé dans ma bibliothèque et l'ai laissé trainer là jusqu'à ce que j'apprenne qu'il sortait en français chez de Saxus fin Octobre. Voilà l'occasion de plonger dans cette aventure, alors j'ai plongé.
Le prieuré de l'oranger (en VF) est une grande fresque de fantasy contenue dans un (gros) one-shot. Ça nous change des séries à rallonge. L'histoire nous fait faire des allers-retours entre l'est et l'ouest du monde créé par Samantha Shannon. À l'est, Seiiki, continent martial qui vénère les dragons, à l'ouest, le Virtudom (je sais pas comment ils ont traduit ça en français), où les dragons sont craints et chassés. On suivra principalement les aventures de deux femmes : Tané est apprentie dans la prestigieuse garde de Seiiki, et s'apprête à passer son épreuve finale avec l'espoir de devenir une des rares élues à chevaucher un dragon. Mais elle va transgresser un interdit, ce qui pourrait tout faire capoter. de l'autre côté de l'abysse, Ead est une dame de compagnie auprès de la reine Sabran, mais on se rend vite compte qu'elle a une mission secrète et que ses capacités dépassent largement celles de son rang.
On apprend petit a petit que ce monde a été traumatisé par l'arrivée d'un dragon et de ses potes il y a des siècles, et tous les mythes et religions sont plus ou moins basés sur cette période. À l'ouest, on vénère les saints qui on vaincu le gros bourrin, et tout le système de valeurs du Virtudom en découle. Et il est dit que tant que la lignée de la reine Sabran perdurera, le Sans Nom restera banni de ce monde. La reine n'ayant pas encore d'enfant ni de compagnon, on lui met un peu la pression quand même. Mais petit à petit les dragons s'éveillent, la menace semble refaire surface et un certain prieuré pourrait apporter la solution à ce fléau.
Il est impressionnant de constater avec quel talent l'autrice parvient à nous plonger dans son univers qui, certes, utilise quelques archétypes bien classiques (le retour du grand méchant banni, les élu(e)s, etc…) mais distille informations et révélations avec habileté au fil des pages du mastodonte. Oui, un des enjeux de cette aventure est d'explorer à la fois le présent pour nous faire comprendre l'équilibre de ce monde, mais aussi le passé parce que pour sauver ce monde, il va falloir creuser dans ses mythes pour en démêler le vrai du faux. Et tout le monde n'a pas les mêmes valeurs. C'est dense, il y a beaucoup d'informations à digérer, et beaucoup de trames scénaristiques à suivre (Non, ce n'est pas que du déballage de background), c'est remarquablement bien amené pour que le lecteur lise ça avec le grand plaisir de la découverte.
Dans les fait, une grosse partie du bouquin se passera aux côtés d'Ead, à la cour de la reine Sabran. La jeune femme va devoir éclaircir quelques complots, protéger la reine tout en voyant le monde partir en vrille depuis son château. Cette ambiance de fantasy de cour qui cache une fantasy épique en seconde main m'a beaucoup fait penser à l'excellent Véridienne de Chloé Chevalier. Tané à un rôle qui met un peu plus de temps à trouver sa voie, une fois son épreuve passée on a l'impression de mettre en pause la guerrière pendant quelques centaines de pages. Pourtant ça ne m'a pas forcément gêné vu que tout se met en place de manière subtile pour nous amener vers une grande scène finale, un dénouement satisfaisant même si la grande baston épique promise peut manquer de souffle et décevoir, mais finalement la force du roman n'est pas spécialement dans l'action.
La force du roman, c'est son échelle gigantesque pour un one-shot. C'est aussi cette manière d'amener les révélations avec un timing diabolique, cette remise en question des dogmes et de l'ordre établi en allant au-delà de ce que nous disent les textes sacrés pour découvrir la vraie histoire et pas les mythes qu'on a déformés. Coucou le christianisme. L'autre force du roman est cette superbe galerie de personnages fouillés et attachants, que ce soit Ead la puissante et humble, Tané la guerrière en devenir, mais aussi Loth le noble en exil. Et surtout, surtout, la reine Sabran, tiraillée entre ses drames personnels, son devoir et son coeur. L'ensemble du casting est un plaisir à voir évoluer, leurs caractères et leurs interactions sont crédibles et touchantes. On comprend chaque perspective et la manière dont elles s'opposent, ou se recoupent. Chacun a ses propres enjeux, son histoire à lui qui s'intègre dans le grand ensemble.
Et bien sûr, le prieuré de l'oranger est un roman féministe par essence, il est un portrait croisé de femmes qui remettent en question l'ordre qu'elles subissent et qui dirige leur vie malgré elles. Même la mythologie de l'univers a le féminisme comme moteur au travers de découvertes que je ne spoilerai point. Mais tout ici va parler des femmes, de leur pouvoir, de leur rôle, de la pression systémique d'une société qui a glissé leur importance sous le tapis. C'est fait avec adresse et subtilité, et c'est drôlement bien joué.
Le prieuré de l'oranger est un excellent roman de fantasy massif, dense, qui explore un monde, ses mythes et ses codes. Il les remet en question dans une quête de vérité par le regard de plusieurs personnages forts qui nous sont présentés. Tout y est, les protagonistes, l'univers, le rythme, la découverte, et le fond. Et je salue l'éditeur français de Saxus qui sort son one-shot de 1000 pages sans chouiner pour le découper en 12, et ose même balancer un collector en relié couverture rigide. Chapeau.
Lien : https://ours-inculte.fr/le-p..
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Torellion
  06 janvier 2020
La maison Berethnet règne sur l'Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX, malgré son fort désir d'indépendance, doit se résoudre à se marier pour donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des ombres menaçantes se rapprochent d'elle...
Ead Duryan est une dame de la cour, appartenant à une société secrète de mages. Sa mission : protéger la Reine, quel qu'en soit le prix.
De l'autre côté de la terre, Tané s'est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues.
L'Est et l'Ouest devront faire face ensemble au plus grand péril que la terre est portée…
Samantha Shannon nous livre une gigantesque saga d'héroïc-fantasy, où se mêle religion, dragons, chevalerie, magie noire et blanche. Un sacré cocktail.
Je ne me suis jamais ennuyé tout au long de ces neuf cents et quelques pages. Une gageure !
Ce roman épique est une excellente surprise de fin d'année. Un très bon moment de lecture. Les personnages sont bien construits et leurs psychologies, essentielles dans le déroulement des intrigues, parfaitement dessinées. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et n'envahissent pas inutilement l'intrigue principal.
La mise en place des intrigues, l'alternance Est-Ouest jusqu'à la réunification des trames, sont parfaitement maîtrisées. Un bémol cependant, la bataille finale est un peu raccourcie. On aurait aimé des scènes d'actions plus flamboyantes (sans mauvais jeux de mots). La mort de la soeur du Sans-nom par exemple, est bâclée en deux lignes. La fin dans son ensemble aurait mérité un traitement plus approfondi.
Le côté LGBT est rafraîchissant et ajoute de la profondeur aux personnages concernés.
Le personnage de Tané reste un peu à la traîne en comparaison du développement de ceux de Sabran et Ead. C'est la limite d'un One shoot mais c'est aussi le parti pris de l'autrice.
Point particulier de l'oeuvre : son côté féministe ! Suffisamment rare pour le souligner.
Une oeuvre entière, forte et maîtrisée que je vous conseille, malgré ses faiblesses.
P-S :Effectivement, si vous souhaitez comparer avec Tolkien, Jordan ou encore Martin...
On peut s'y amuser, mais on perdrait alors tous le plaisir de la lecture en général.
Libre à vous.
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critiques presse (2)
eMaginarock   17 février 2020
Si nombre de lecteurs comparent ce roman à l’œuvre de Georges R. R. Martin ou de Robin Hobb, Samantha Shannon tire son épingle du jeu en utilisant les traditions de nombreux peuples pour son univers. Ainsi, elle recourt aux dragons de feu et aux dragons de mer, en en faisant des ennemis que les humains trop sophistiqués ne distinguent pas et dont ils souhaitent la disparition, se privant ainsi d’alliés fort utiles.
Lire la critique sur le site : eMaginarock
Elbakin.net   18 décembre 2019
Véritable pavé pensé pour finir sous le sapin, Le Prieuré de l’oranger ne démérite pas, bien au contraire. Si l’on n’ira pas aussi loin que l’éditeur, dans son rôle, évoquant un “tour de force magistral”, c’est sans conteste une lecture de qualité, qui, sans tutoyer les sommets les plus solitaires, ne déçoit jamais et se révèle pleinement satisfaisante, pour ne pas dire réjouissante par instants, tout en assumant avec fougue ses racines épiques.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
oceansdelivresoceansdelivres   25 mars 2020
Une tête énorme se dressait au dessus de la clôture d'Orisima.
Elle appartenait à une créature née d'un joyau et de la mer.
[...]
Un dragon. Et alors qu'il s'élevait au-dessus de Cap-Hisan, d'autres s'envolaient depuis l'eau, laissant derrière eux un sillage d'embruns. Niclays porta une main à son coeur qui battait à tout rompre.
"Ça alors, murmura-t-il. Que font-ils ici ?"
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GeeknBookGeeknBook   24 mars 2020
Pour être la sœur d’un dragon, tu dois non seulement avoir une âme d’eau, mais aussi le sang de la mer, or la mer n’est jamais pure. Elle est complexe. Elle recèle des ténèbres, du danger, de la cruauté. Elle peut raser des cités entières sous le coup de la colère. Ses profondeurs sont insondables, et n’ont jamais vu la lumière du soleil. Être une Miduchi, ce n’est pas être pure, Tané. C’est être comme la mer. C’est pour ça que je t’ai choisie. Parce que tu as le cœur d’un dragon.
+ Lire la suite
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Rosabella26Rosabella26   21 mars 2020
- Je ne veux pas te réprimander. J’avais énormément d’affection pour Jannart, mais je n’avais aucun droit sur son cœur. Comme tu le sais, nos familles avaient arrangé notre mariage. » […]
- Mais Jannart a juré dans un sanctuaire, devant témoins, de n’accorder ses faveurs à personnes d’autres qu’à toi, et tu as toujours été une femme pieuse, Ally.
- Je l’étais, et je le suis encore. C’est la raison pour laquelle, même si Jannart avait brisé son serment, j’ai refusé d’en faire autant. J’avais juré, avant toute chose, de l’aimer et de la défendre. » Elle posa une main délicate sur celle de Niclays. « Il avait besoin de ton amour, et la meilleure façon pour moi d’honorer la promesse que je lui avais faite était de le laisser en profiter en paix, et t’aimer en retour. »
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Rosabella26Rosabella26   21 mars 2020
« Pour être la sœur d’un dragon, tu dois non seulement avoir une âme d’eau, mais aussi le sang de la mer, or la mer n’est jamais pure. Elle est complexe. Elle recèle de ténèbres, du danger, de la cruauté. Elle peut raser des villes entières sous le coup de la colère. Ses profondeurs sont insondables, et n’ont jamais vu la lumière du soleil. Être une Miduchi, ce n’est pas être pure, Tané. C’est être comme la mer […] »
+ Lire la suite
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Sorise7Sorise7   21 mars 2020
Enfanter n'est pas toujours facile. J'ai l'impression que c'est le secret le mieux gardé du monde. Nous en parlons comme s'il n'existait rien de plus merveilleux, mais la vérité est autrement plus complexe. Nul n'évoque ouvertement les difficultés. Les désagréments. L'incertitude. Si bien qu'aujourd'hui, vous éprouvez le poids de votre condition, et vous vous pensez seule à en souffrir. Et vous vous le reprochez.
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Videos de Samantha Shannon (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samantha Shannon
A world divided. A queendom without an heir. An ancient enemy awakens. The trailer for Samantha Shannon's The Priory of the Orange Tree is here!
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