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ISBN : 2266288598
Éditeur : Pocket (07/06/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.82/5 (sur 1635 notes)
Résumé :
Victor Frankenstein, scientifique genevois, est recueilli sur la banquise par un équipage faisant route vers le Pôle Nord. Très tourmenté, il livre son histoire au capitaine du bateau : quelque temps auparavant, il est parvenu à donner la vie à une créature surhumaine. Mais celle-ci sème bientôt la terreur autour d'elle...
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Critiques, Analyses et Avis (187) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
  03 septembre 2013
Fade et suranné.
Une petit livre écrit par désoeuvrement et par défi qui finit comme un classique ( et non un chef d'oeuvre), détonnant avec ce qui se faisait à l'époque de son écriture.
Tout le monde connaît le "monstre" de Frankenstein, immortalisé à l'écran par Boris Karloff (encore que les boulons et les électrodes ne soient pas dans le livre), un beau bébé à la peau de momie de près de 2 mètres 50 (8 pieds, pour plus de facilité lors de sa fabrication). Tout le monde sait, que le monstre n'a pas de nom et que Frankenstein est celui du savant qui lui a donné la vie. Mais qui a lu l'oeuvre originale ? Ben pas moi, voilà une erreur réparée...
L'histoire d'un savant maudit (dépassé par son oeuvre) et non d'un savant fou et machiavélique, ayant percé le secret de la vie et qui crée une créature pensante de toute pièce. Une créature qu'il rejettera immédiatement. Cette créature autodidacte, sensible et parlant très bien (contrairement à l'image qu'on se fait d'elle) sera également rejetée par ceux qu'elle tentera d'approcher, recherchant leur compagnie. Ne pouvant s'intégrer, rejetée par son créateur qui lui refusera même une compagne, il choisira, la mort dans l'âme, la haine, persécutant son créateur qui trouvera la mort en le pourchassant.
Le roman est un mix de roman épistolaire et d'une narration à la première personne que j'ai trouvé extrêmement fade, sans relief et, pour le coup ce n'est pas la faute de l'écrivaine, dans un style terriblement vieilli. C'est long à démarrer (alors que le livre ne fait que 250 pages), il y a des longueurs, des répétitions, des descriptions qui n'apportent rien au récit. Bref à mon sens, il ne faut pas lire ce livre pour sa capacité à tenir le lecteur en haleine (qui suis-je pour critique sa qualité littéraire ?). Je me suis ennuyé.
Au delà du style, reste ce que représente l'histoire. Un intérêt historique indéniable pour la science-fiction, point de départ du mythe de Frankenstein qui obligera des générations d'auteurs de sf à se faire retourner contre leur créateur, les êtres ou intelligences artificiels. Heureusement qu'Isaac Asimov passera par là et mettra fin à cette terrible série en créant les trois lois de la robotique (dont la première interdit au robot de porter atteinte à un être humain).
Restent la mise en lumière des peurs humaines de l'inconnu et de l'étranger, les dangers de la recherche non contrôlée ou la création non assumée.
Trois étoiles, pour son caractère "historique" et culture générale, mais deux étoiles si on lui retire sa célébrité.
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Hyelana
  15 octobre 2015
Livre lu dans le cadre du club de lecture du mois d'octobre.
Pour moi qui suis novice en classiques, je dois avouer que ce roman est une vraie découverte, et plutôt une très bonne.
Ce roman nous raconte donc la vie de Victor Frankenstein et du monstre qu'il a créé et qui va lui apporter tant de malheurs. Je ne vais pas m'étendre sur le résumé puisque beaucoup connaissent cette histoire célèbre de deux siècles.
Pour ma part j'ai beaucoup aimé le style et le genre, c'est un roman précurseur pour l'époque à laquelle il a été écrit et je trouve ça vraiment agréable à lire.
Je n'ai pas beaucoup aimé le personnage de Victor Frankenstein qui a mon sens est un modèle d'égoïsme et égocentrisme. Il fait des choix qu'il n'assume pas, il est irresponsable et très apitoyé sur le sort qu'il s'est lui-même provoqué.
Par contre j'ai eu énormément d'empathie pour son monstre, il m'a émue et touchée, même s'il commet des actes répréhensibles, il donne vraiment de l'impression d'agir sous le coup du désespoir et du chagrin. Jusqu'au bot du roman ça aura été un personnage qui m'a surprise et que j'ai admiré par son charisme, ses sentiments, son empathie, sa franchise et sa sincérité. Pour moi c'est un être entier et je trouve que malgré l'aspect physique horrifiant, il est d'une beauté d'âme qu'aucun humain ne pourrait égaler.
Enfin pour moi ce sont 4 étoiles, la seule chose qui m'a manquée serait probablement l'action. On assiste tout le long du roman a une succession de personnes qui nous raconte leur histoire et donc il y a peu de mouvement, mais cela reste un très beau roman.
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Kirzy
  18 mai 2018
Ce qui est fascinant lorsqu'on lit un ultra classique sur le tard, c'est de confronter son texte avec tout ce qu'il a engendré de discours, de fantasmes lorsque les arts les plus variés s'en sont emparés. Et là, avec Frankenstein, on se régale tant le roman est fondateur de tout un pan de notre imaginaire fantastique.
Si le personnage du savant démiurge Victor Frankenstein est finalement très falot, lâche et souvent agaçant avec ses atermoiements permanents, ce n'est que pour mieux mettre en évidence le magnifique personnage de la créature. Quelle richesse, quelle complexité pour nous dépeindre son âme. Car dans le roman, il en a une. Ce n'est pas le monstre stupide avec des boulons dans la tête, s'exprimant par borborygmes serviles. Non, il est doué de raison, de sentiments, d'un raffinement de pensée et dispose d'une éloquence distinguée.
Mary Shelley élude complètement le comment scientifique de sa création, il est là, point final, mais nous laisse tout comprendre de ce qui l'agite et le tourmente. Victor Frankenstein, n'est pas un savant fou, c'est juste un être humain avec toutes ses faiblesses, un homme maudit à cause des ses erreurs à l'égard de sa créature. C'est elle qui est touchante, abandonnée par son créateur horrifié devant la laideur qu'il a produite, seule et ayant conscience de sa solitude, cherchant à la rompre en allant vers les hommes mais repoussée de tous à cause de sa monstruosité physique. Et c'est ce rejet qui la pousse à plonger dans le crime, son trop plein d'humanité va la conduire à sa déshumanisation.
Passionnant thème en plein dans le courant romantique qui naît à cette époque. Et c'est d'autant plus impressionnant que ce roman a été écrit par une jeune fille de 18 – 19 ans ( certes au beau pedigree littéraire ) lors d'un moment de désoeuvrement entre amis.
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bilodoh
  21 mars 2014
Les femmes ne sont pas si nombreuses dans la science-fiction. C'est donc tout à fait étonnant de constater qu'une jeune anglaise de 19 ans a écrit en 1816 un des premiers « classiques » du genre.
Il faut dire que Mary avait de qui tenir, son père était l'écrivain William Godwin et sa mère, Mary Wollstonecraft, était la célèbre pionnière du féminisme britannique, auteure de « Défense des droits de la femme ».
Le texte de Mary Shelley ne ressemble cependant pas beaucoup au monstre retenu par le cinéma et l'imagerie populaire. C'est l'ambiance de la littérature anglaise du 19e siècle, dans un ouvrage qui ne vise pas qu'à avoir peur de la « créature », mais amène aussi la réflexion sur la vie et la responsabilité scientifique.
Plus tard, des monstres réels ont été créés par la science et des Nobel ont été effrayés par ce qu'ils avaient mis au monde. de nos jours, les docteurs Frankenstein font couramment des greffes de coeur, de rein et même de visage et s'aventurent même dans le bricolage génétique…
Un roman de science-fiction rédigé à la lueur de la chandelle, un texte fondateur, à lire pour se rappeler les origines et mesurer le chemin parcouru…
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Aelinel
  29 janvier 2016
À l'instar de Dracula, le Docteur Frankenstein et sa créature sont des personnages récurrents du Septième art. Tout et (surtout) n'importe quoi ont été édités sur ces figures emblématiques : je voulais donc découvrir par moi-même le texte original de Mary Shelley.
Victor Frankenstein est un jeune homme féru de sciences dès son plus jeune âge. A peine rentré dans sa vie d'adulte, il quitte sa ville natale de Genève et sa famille pour s'installer en Allemagne et débuter des études à l'université d'Ingolstadt. Deux professeurs vont alors l'initier à la chimie et aux sciences naturelles : à partir de ce moment-là, le jeune homme n'aura pas d'autres but que de découvrir l'origine de la vie. Au terme d'un travail acharné, il parviendra lui-même à donner la vie à une créature. Mais, à force de vouloir jouer à Dieu, le cours de son existence s'en trouvera complètement bouleversé, les choses allant de mal en pis.
Le roman est composé de trois récits mis en abîme, c'est à dire qu'ils s'imbriquent les uns dans les autres comme des poupées russes. le premier narre l'exploration polaire de Walton qui a recueilli sur son bateau Victor Frankenstein ; le second rapporte l'histoire de ce dernier et le troisième fait état de la survie et de l'apprentissage de la créature. Cette composition offre un grand dynamisme à l'intrigue tout en distillant dans le récit des éléments de compréhension, éclairant le lecteur sur l'histoire des personnages.
Quant à ces derniers, Mary SHELLEY a beaucoup travaillé sur leur psychologie. Ils sont profondément humains et échappent à tout manichéisme. J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour eux : certes, le Docteur Frankenstein souffre des exactions commises par sa créature, mais ne l'a-t'il pas au départ rejeté? Ne lui dédaigne-t'il pas sa part de bonheur en refusant de lui créer une semblable? Certes, le "monstre" a commis des actes impardonnables mais ne souffre-t'il pas de son aspect repoussant qui lui vaut rejet et solitude alors même qu'il possède un esprit fin et raffiné?
Le roman de Mary SHELLEY permet de développer également plusieurs pistes de réflexion non dénuées de philosophie, comme la haine, la vengeance, la solitude, l'amitié, le bonheur ou la Nature Humaine. Est-on humain parce que l'on vit et pense? Est-on humain parce que l'on ressent des émotions et possédons des sentiments? Est-on humain parce que l'on est capable de développer des relations sociales?
Enfin, le style d'écriture de Mary SHELLEY m'a beaucoup surprise au départ : comme l'a fait remarqué Fnitter, le style est pompeux et suranné. Je suis d'accord et il m'a fallu quelques pages pour m'y habituer. Mais passé cela, j'ai complètement adhéré : le style est d'une incroyable beauté et d'une grande diversité. le lyrisme qui s'en dégage donne au lecteur une impression de poésie et le rapproche complètement des narrateurs.
Bref, vous l'aurez compris, le roman de Mary SHELLEY m'a beaucoup séduite par son style d'écriture, son réalisme et ses pistes de réflexion. Il est bien plus étoffé que l'idée de départ ne le laisse supposer. Si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à faire le détour, il vaut le coup d'oeil.

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Citations et extraits (145) Voir plus Ajouter une citation
Astrid_et_la_plumeAstrid_et_la_plume   19 juin 2018
Par la sympathie qu’il exerce sur moi, j’ai laissé parler mon cœur, j’ai dit avec toute l’ardeur de mon âme combien je serais heureux de sacrifier ma fortune, mon existence même, si cela devait contribuer à la réussite de mon entreprise. […] Alors que je parlais, une profonde tristesse apparut sur le visage de mon interlocuteur. Je constatai d’abord qu’il essayait de maîtriser son émotion et il plaça les mains devant ses yeux. Ma voix trembla et me manqua lorsqu’à travers ses doigts je vis couler des larmes. Il eut un gémissement. Je me tus. Puis il prit la parole, la voix éteinte :

– Malheureux ! Est-ce que vous partagez ma folie ? Avez-vous également bu ce breuvage étourdissant ? Ecoutez-moi, laissez-moi vous raconter mon histoire et vous jetterez la coupe loin de vos lèvres !

De telles paroles, vous pouvez le concevoir, excitèrent fortement mon imagination. Mais le paroxysme de douleur qui avait saisi l’étranger eut raison de ses forces chancelantes et plusieurs heures de repos et de tranquillité furent nécessaires à son rétablissement. Après cette crise violente, il donna l’impression de se maudire pour s’être laissé emporter par la passion.

Dominant la sombre tyrannie de son désespoir, il me parla de quelques sujets qui me tenaient à cœur.
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PiertyMPiertyM   08 juillet 2014
Elle mourut paisiblement, conservant sur ses traits éteints l'image de la tendresse. Je n'ai pas besoin de décrire les sentiments de ceux dont les liens les plus chers sont ainsi rompus, la douleur qui s'empare des âmes, le désespoir qui marque les visages. Il faut du temps avant de se rendre compte que l'être aimé que l'on voyait chaque jour près de soi n'existe plus, surtout lorsque sa vie même semblait être une partie de la nôtre, que l'éclat des yeux qu'on a admirés s'est évanoui pour toujours et qu'une voix familière et douce ne vibre plus à nos oreilles. C'est à quoi l'on pense les premiers jours mais quand le temps prouve la réalité du malheur, s'installe l'amertume du chagrin subi. À qui la main effroyable de la mort n'a-t-elle pas enlevé un être cher ? Pourquoi devrais-je décrire une peine que tout le monde a ressentie ou devra ressentir ?
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PiertyMPiertyM   08 juillet 2014
Un être humain qui veut se perfectionner doit toujours rester lucide et serein, sans donner l'occasion à une passion ou à un désir momentané de troubler sa quiétude. Je ne pense pas que la poursuite du savoir constitue une exception à cette règle. Si l'étude à laquelle vous vous appliquez a tendance à mettre en péril vos sentiments et votre goût des plaisirs simples, c'est que cette étude est certainement méprisable, c'est-à-dire, impropre à la nature
humaine. Si cette règle avait toujours été observée, si les hommes renonçaient à toute tâche qui serait de nature à compromettre la tranquillité de leurs affections familiales, la Grèce n'aurait pas été asservie, César aurait épargné son pays, l'Amérique aurait été découverte par petites étapes, sans que fussent anéantis les empires du Mexique et du Pérou.
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fnitterfnitter   05 septembre 2013
Apprenez donc, sinon par mes préceptes, du moins par mon exemple, combien il est redoutable d'acquérir certaines connaissances, et combien plus heureux que l'homme qui aspire à devenir plus grand que sa nature ne l'y destine, est celui qui s'imagine que sa ville natale est le pivot de l'univers.
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fnitterfnitter   05 septembre 2013
Oh ! Vous, les étoiles, et les nuages, et la brise, que vous importent mes tourments ? Si vous avez vraiment pitié de moi, débarrassez-moi de mes souvenirs, de ma sensibilité, et laissez-moi sombrer dans le néant. Sinon, écartez-vous de moi, et laissez-moi seul dans mes ténèbres.
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Vidéo de Mary Shelley
Bande annonce du film Mary Shelley (2018), film biographique sur l'auteur
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