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EAN : 9782413001799
220 pages
Éditeur : Delcourt Littérature (10/01/2018)

Note moyenne : 2.67/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Une saga ukrainienne moderne. L'histoire de quatre générations de femmes en butte aux cahots politiques de leur pays. « Pendant que j'écrivais ce roman, le sang a coulé pour une Ukraine libre, or c'était celui de personnages fictifs. C'est tristement devenu réel en février 2014. » Durant l'été 1988, Marianna, sublime soprano de l'Opéra de Lviv, est emportée par une balle, lors d'une manifestation de patriotes ukrainiens contre le pouvoir soviétique. Sa fille, encore... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
krzysvanco
  13 mai 2019
Second livre (après Retour à Lemberg de Philippe Sands) centré sur cette ville d'Europe centrale qui fut tour à tour polonaise, autrichienne, ukrainienne, à nouveau polonaise, allemande, russe pour enfin redevenir ukrainienne. Elle porta plusieurs noms : Lwów (en polonais), Lemberg (en Allemand), Lvov (en russe) et aujourd'hui Lviv depuis l'indépendance ukrainienne.
J'ai lu ici de nombreuses critiques assez négatives et, quoique je sois parfois taxé de sévère dans mes évaluations, je fais une exception pour ce roman qui m'a plu !
Mes liens avec l'Europe de l'Est - mon épouse est Polonaise, une de mes plus grandes amies est Ukrainienne; j'étudie la langue russe - et mon intérêt pour l'Histoire expliquent certainement cela.
Le roman débute par un événement tragique, Marianna, la mère de la narratrice est tuée par un sniper alors qu'elle manifestait contre le régime soviétique. D'emblée nous voici plongés dans l'histoire de l'Ukraine, se glissent furtivement ci et là des personnages ayant marqué cette histoire tél que Vlatcheslav Tchornovil. La narratrice a onze ans lors de cet épisode. Nous suivrons son évolution humaine, artistique, politique et sexuelle.
Un seul homme dans ce récit, Mikolaj ex-amant de Marianna et qui deviendra celui de sa fille !
Sinon tout est centré sur d'une part, les quatre femmes de ce foyer et d'autre part la ville de Lviv.
Quatre femmes : l'arrière grand-mère, Mémé Stasia, dont le mari fut enlevé par les Bolchéviques, qui a fui Léningrad pour Lviv, la grand-mère, Aba, la mère, Marianna et la narratrice dont nous ne connaîtront pas le nom. Mélange de personnalités fortes, s'affrontant l'une à l'autre, ayant des difficultés à partager leurs sentiments, ayant toutes une fibre artistique, la plus accomplie en ce domaine étant Marianna, mezzo-soprano à l'opéra de Lviv, dont la réputation est grande. Marianna sera confrontée à un dilemme : l'art ou l'engagement politique.
La multiculturalité de la ville se retrouve dans le cercle familial {Stasia a vécu en Russie; Aba se sent polonaise et Marianna abandonne l'usage de la langue russe pour l'ukrainien).
Parallèlement à leur parcours, nous suivons celui de la ville de Lviv, à travers des turbulances de l'Histoire, la narratrice nous détaille le nom des rues, son architecture, l'état des bâtiments, les églises, l'opéra, les sous-terrains, le déboulonnement de la statue de Lénine. Lviv est un véritable personnage.
Importance aussi du vitrail qui orne leur demeure - le titre original du livre en polonais est « Dom z witrażem » (la maison au vitrail), vitrail ancien, de toute beauté. Mikolaj le fera admirer par la narratrice et voudra le sauver.
NB: intéressant de noter qu'en allemand, le titre devient «Das Licht der Frauen« (La lumière des femmes). Chaque titre me semble justifié !
J'ai lu les critiques faites quant au caractère décousu du livre ; il est vrai que l'on saute d'un chapitre à l'autre sans souci de chronologie, nous suivons plutõt le fil des pensées et des souvenirs de la natratrice, (et de plus, à ces souvenirs s'ajoutent les moments passés avec Mikolaj) mais cela n'a pas gâché mon plaisir de lecture.
C'est un livre sur l'identité, l'éveil sentimental et politique, une belle saga familiale, un portrait de femmes idépendantes et une ode à Lviv.
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isabelleisapure
  23 janvier 2018
Quatre femmes vivent sous un même toit, mémé Stasia l'arrière-grand-mère,
Aba, la grand-mère, Marianna la mère et la narratrice.
Le roman s'ouvre sur la mort de Marianna, tuée par un snipper lors d'une manifestation de patriotes ukrainiens contre le pouvoir soviétique.
Marianna est le pivot de cette histoire, le roman s'articule avant et après sa mort.
Nous découvrons peu à peu le destin contrarié de ces femmes qui à l'instar de la ville de Lviv où se situe l'action, se trouvent ballotées par des évènements qu'elles n'ont pas choisis. Je pense particulièrement à Aba qui se rêvait artiste peintre et a dû se contenter d'entreprendre des études de médecine.
J'étais très impatiente de découvrir ce livre reçu dans le cadre du « Club des explorateurs » organisé par lecteur.com. d'autant plus que j'y voyais une excellente occasion de découvrir la littérature polonaise qui m'est totalement inconnue.
Seulement voilà, rien n'a fonctionné. Est-ce dû au manque de fluidité de la narration où à mon ignorance totale de l'histoire Ukrainienne ?
Je ne sais pas vraiment. Je pense qu'un repère temporel au début de chaque chapitre m'aurait aidée à la compréhension de ce texte.
Je me suis rapidement perdue dans cette lecture au point de la terminer « en diagonale ».
De plus, mis à part quelques belles descriptions dans la première partie du livre, je n'ai pas été sensibilisé par l'écriture que j'ai trouvé assez sèche, peut-être un problème de traduction.
Des rendez-vous ratés, il en existe dans ma vie de lectrice, il n'en reste pas moins que j'en éprouve à chaque fois un léger sentiment de culpabilité et de regret face au travail d'un auteur et d'un traducteur que je n'ai pas su aimer.
Il n'est pas dans mon caractère de rester sur un échec, aussi est-ce avec curiosité que je poursuivrai ma découverte de la littérature polonaise, qui j'en suis convaincue recèle certainement des pépites malheureusement méconnues en France.
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sevm57
  19 février 2019
Ce roman écrit par une journaliste polonaise est avant tout une histoire de famille, avec 4 femmes vivant sous le même toit : Mémé Stasia l'arrière-grand-mère, Aba la grand-mère, Marianna la mère, et enfin la narratrice.
Le titre est pourtant trompeur puisqu'il insiste sur la ville, qui est l'autre héroïne du roman. L'histoire se déroule en effet à Lvov ou Lviv, une ville ballotée entre différents pays au fil de l'histoire.
Je pensais que le livre traiterait plus de ce sujet, et j'ai été un peu déçue à ce niveau-là, à part dans l'introduction qui est plutôt bien faite. Je pensais que l'aspect géopolitique serait plus présent, alors qu'en fait le livre est plus poétique que politique.
Je n'ai malheureusement pas été très sensible à cette poésie, ni au style de l'auteur. Il y a quelques jolies scènes, mais l'ensemble m'a semblé trop décousu. Je n'ai pas vraiment réussi à rentrer dans l'histoire et à suivre le fil des pensées de la narratrice dans ce roman qu'on pourrait qualifier dans une certaine mesure de roman d'apprentissage. J'ai surtout été dérangée par l'absence de repère chronologique au début de chaque chapitre, on ne sait jamais trop à quelle période on se retrouve et le livre aurait gagné en clarté et en fluidité si l'auteur avait précisé des dates par exemple.
Globalement, cette lecture m'a laissé un goût d'inachevé et de confusion, et j'ai l'impression d'être passée à côté de quelque chose alors que j'étais impatiente de le lire et de découvrir l'histoire de cette ville frontière.
Je remercie néanmoins Babelio et les éditions Delcourt pour leur envoi dans le cadre de la dernière opération Masse critique, et je conseillerais plutôt ce livre à des personnes qui rechercheraient de beaux portraits de femmes au lieu de chercher à comprendre l'histoire de l'Ukraine.
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Floyd2408
  29 janvier 2018
Lorsque je navigue sur mon ordinateur sur le site Babelio et flâne sur de nouvelles lectures possibles, celles de 2018, comme un acte fondateur sur la littérature moderne en prise à un sursaut d'une écriture et d'une histoire en harmonie contractuelle émotionnant mon esprit et fissurant un peu mon âme prisonnière d'un passé riche et fécond de lettres sublimes, enterre le modernisme gangréné par une surenchère nauséabonde de mansuétude de consanguin critique littéraire, comme un trophée de pouvoir écrire un papier favorable pour des amis d'éditions, pour un markéting publicitaire au détriment de la belle écriture, alors ma foi vacille à lire ces critiques médiatiques sans valeurs, j'ai craqué sur un roman Une ville à coeur ouvert de Żanna Sloniowska, plébiscité, certes par beaucoup de médias, mais ma passion de découvrir par cette quatrième de couverture fût pesante et enrichissante surtout, certes aiguillé par ceux-ci.
Żanna Sloniowska est d'origine polonaise, langue de ce roman traduit par Caroline Raszka-Dewes, narre une ville, qui sera sous l'emprise de trois nations, selon l'époque, Russe, Polonaise et Ukrainienne, cette trinité historique inscrit trois noms, pour trois nations, Lwów pour les polonais, Lvov les russes et Lviv pour les ukrainiens. Au fil des générations utérines de la narratrice, quatre générations narrent le coeur de celle ville au fil de l'histoire des pays de l'est et son ami-ennemi la Russie, un déferlement d'évènement historique se diffuse dans cette trame familiale.
Żanna Sloniowska est une femme de l'est, polonaise, native de cette ville Lviv en 1978, elle fera des études de journalistes pour travailler pour chaine ukrainienne, ensuite retourne en Pologne pour poursuivre des études de psychologie et y vivre après son mariage à Cracovie. Puis épouse les mots, pour de la poésie puis la littérature avec ce premier roman en 2014, obtenant plusieurs prix, traduit en français en 2018 pour notre plus grand plaisir de découverte.
Lorsque un roman explore au cours d'un siècle les tribulations d'un peuple, d'une ville, d'un pays, d'une famille, des femmes dans une étreinte passionnelle d'une Ukraine, amoureuse de liberté, de douceur artistique slave, la saga familiale tisse sa dramaturge dans ce climat lointain de l'emprise et la chute du communisme russe, ses goulags, cette emprise dictatoriale de l'enclave des pays de l'est, asservissant ces peuples à une doctrine manipulatrice sociale, ce roman caresse la genre historique comme un décor primordial à cette sage familiale.
Le roman a pour préambule un petit précis historique sur cette ville, présentant des faits marquants de cette métropole au vestige trinitaire de la Pologne, de l'Ukraine et de la Russie. Żanna Sloniowska, pour une mise en bouche identitaire de son roman cite James Joyce de son Ulysse et son Irlande qui appartient à son Héros, comme cette ville au triple noms, appartenant à la narratrice et de sa famille qu'elle retrace avec beaucoup de tendresse et de légèreté, un témoin de vie de cette famille poly-identitaire.
En premier lieu, pouvoir être au coeur de cette ville salve à la culture étrangère, inerte à celle française, est comme un voyage de l'esprit vers cette civilisation de l'est au vestige Russe communisme et autres inconnus comme le poète Roman Kupczynski, la cantatrice Solomiya Krushelnytska, le sculpteur Sergey Merkurov, l'architecte Zygmunt Gorgolewski…. Petit à petit s'offre au lecteur une onde cartographique de la ville, de ces rues, ces places, ces monuments ornant le passé tumultueux de cette cité, notre héroïne jalonne de ces pas, les pavés, les avenus, les immeubles, les bâtisses aux fantômes trinitaire de ces trois pays cultivant avec art cette métropole en effervescence. La narratrice raconte les quatre générations de sa famille de la Russie, Kazan, Leningrad, de l'Ukraine et la Pologne avec Lviv et Lwów, cette ville à la triple nationalité. Nous voguons dans cette atmosphère de résistance, cette de la chute du communisme, de la guerre Polono-Ukrainienne, de l'émancipation des femmes et aussi l'art comme la musique, la sculpture, l'architecture et la littérature.
La narratrice, orpheline d'un père inconnu et d'une cantatrice révolutionnaire Ukrainienne Marianna, tuée d'une balle lors d'une manifestation, habite avec sa grand-mère Aba et son arrière-grand-mère Stasia, cette fratrie féminine vit comme des poupées russes ;
« Nous sommes comme des poupées russes, l'une installée dans le ventre de l'autre, sans que l'on sache vraiment qui est à l'intérieur de qui, on sait seulement lesquelles sont encore vivantes…. »
la jeune femme fait revivre sa famille comme une histoire transpirant de ses pores, coulant sur sa chair avec une suavité débordante, chaque scène est un miroir de la vie de ses aïeuls où elle est actrice de ces moments, le passé, le présent s'embrassent dans le mouvement errant de cette narratrice découvrant ces premiers émois et la filiation pesante de ces femmes prisonnières de leur vies.
Ce roman traverse comme un long fleuve tranquille, le destin de quatre femmes à travers leur ville, leur amour, leur choix, leur destin. Cette danse familiale rythmée par les souvenirs culturels de Żanna Sloniowska comme le film Nostalghia d'Andreï Tarkovski, la chanson Gainsbourg Je t'aime moi non plus, Pouchkine, avec son poème Rouslan et Ludmila…
Un roman riche, avec une écriture simple pour une lecture facile, Une ville à coeur ouvert de Żanna Sloniowska est un livre sans surprise, exposant des faits historiques entremêlés d'une histoire de famille, me semble fade avec un manque de vigueur mais celui-ci reste plaisant, je suis déçu tout de même.
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Ogrimoire
  29 avril 2019
L'idée de départ est très séduisante : faire d'une ville l'un des personnages centraux, voire le personnage central d'un livre. Mais, en refermant ce livre, force est de constater que cette histoire m'a laissé sur le bord du chemin. La ville, même lorsque c'est Mikolaj, artiste passionné qui sait lire les traces de l'histoire dans les murs et les façades, me laisse la sensation d'une ville abîmée, salie, dégradée.
Est-ce parce que je ne comprends pas totalement pourquoi ce même Mikolaj, amant de Marianna, devient finalement l'amant de sa fille ?
En fait, tous ces personnages m'ont parus tristes, blasés et peu intéressants. À aucun moment je n'ai réussi à me laisser porter par la poésie de ce texte, qui n'en manque pourtant pas. Et je le regrette, parce que ces villes d'Europe centrale, riche d'une histoire complexe – le synopsis en donne une idée, même si c'est encore très survolé – ont un côté fascinant.
Je n'ai vu que les trous dans les façades, que le crépi qui tombe, que l'usure du temps. Et, chez les personnes, que les sentiments médiocres, la jalousie, l'envie, le renoncement. Je n'ai pas su les voir transfigurés par l'amour ou la volonté de résister. Même le personnage de Marianna, tuée par une balle lors d'une manifestation antisoviétique au tout début du livre, n'échappe pas à cette impression d'inéluctable. Elle, la chanteuse d'opéra, aurait pu être une héroïne, mais elle nous est surtout présentée comme une mère absente, peu investie, assez égoïste, et qui se laisse porter par les événements. Bref, ce livre n'était pas pour moi…
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
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critiques presse (2)
LePoint   04 avril 2018
Lviv, en Ukraine, est la « ville au cœur ouvert », un lieu malmené par l'Histoire et le lien entre les quatre générations de femmes de ce vibrant premier roman.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   22 janvier 2018
Dans Une ville à coeur ouvert, Zanna Sloniowska raconte le combat de femmes à Lviv, en Ukraine, cité sympole des changements politiques de l'Europe. Visite guidée avec la romancière.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
krzysvancokrzysvanco   13 mai 2019
Pour moi, le mot « maman » n’évoque pas une image, mais un son. Il commence dans le ventre, passe par les poumons et la trachée vers le larynx, et se coince dans la gorge. « Tu es vraiment nulle en musique ! » me répétait-elle sans arrêt. Alors je ne chante jamais. Pourtant, la voix qui naît dans mes entrailles est la sienne, un mezzo-soprano. Il faut dire que quand j’étais dans son ventre, j’avais l’impression que cette voix m’appartenait, mais une fois dehors j’ai compris qu’elle n’appartenait qu’à elle, rien qu’à elle. Ce clivage musical entre nous a duré onze années , jusqu’à sa mort. Ensuite, longtemps, ça a été le vide, aucun son, aucune couleur, juste un trou au niveau de l’omoplate. J’si découvert en grandissant que c’était elle qui vivait à l’intérieur de moi. Elle qui ne pouvait rien voir. À nouveau, elle n’était qu’une voix, un merveilleux mezzo-soprano. Et moi, je restais en vain devant le miroir, la bouche ouverte, à tenter de la faire sortir.
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TempsdelectureTempsdelecture   27 mai 2020
Aba s'attendait à être convoquée en haut lieu. Elle m'a avoué plus tard qu'elle avait imaginé la scène des dizaines de milliers de fois. Elle s'était accoutumée à l'idée dès sa plus tendre enfance: à sept ans quand elle vivait à Leningrad, ils avaient tué son père, à presque soixante ans elle vivait à Lvov et ils avaient tué sa fille. Dans l'intervalle, elle n'avait cessé de les haïr, plus ou moins ouvertement. Lorsqu'elle s'était retrouvée ici, en 1944, elle avait décidé de former un mouvement de résistance à elle toute seule: elle réalisait des tracts dénonçant Staline comme un criminel et les distribuait dans les boîtes aux lettres. Je ne comprends toujours pas comment elle a pu échapper à la répression, la seule explication plausible c'est qu'elle bénéficiait de la protection rapprochée d'une escouade d'anges. Elle ne s'était rendue qu'une seule fois dans le fameux bâtiment gris de la place Dzerjinski, peu après la mort de Staline: elle n'avait cessé de les harceler de requêtes officielles concernant son père. En se rendant là-bas, elle avait effacé toute trace de haine sur son visage, passé une couche d'apprêt avant d'y peindre une autre expression, dans le seul but de leur arracher une information quelconque. Elle y avait été accueillie par un commandant au petit rictus cynique. Il tenait le dossier de son père entre ses mains, mais, malgré son insistance, elle n'avait pu l'obtenir. Il lui avait annoncé de manière énigmatique que son père était mort "quelque part dans le Nord". Il avait aussi ajouté qu'elle n'avait plus à porter l'estampille de fille d'ennemi du peuple, les victimes de la terreur stalinienne ayant été réhabilitées. Elle ne connaissait toujours pas l'endroit ou son père était mort ni la date d'ailleurs, ils veillaient à ce que les gens vivent longtemps dans l'ombre de leurs proches sans pouvoir faire leur deuil.
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kathelkathel   23 mars 2018
Aussi, plus les gens manifestaient dans les rues de Lvov, plus fort ils parlaient de choses autrefois entourées de silence, plus elle mettait d’acharnement à vérifier, le soir venu, que nos portes d’entrée étaient parfaitement closes.
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OgrimoireOgrimoire   29 avril 2019
Dans la rue Akademicka, il y avait un café, le Sniégourochka, « la fille des neiges », composé de deux salles identiques dans deux immeubles mitoyens, où travaillaient des jumelles monozygotes aux cheveux violets. Elles servaient dans des soucoupes en métal les fameuses glaces plombières à la crème fraîche auxquelles on pouvait ajouter, selon son envie, de la confiture, du chocolat ou des noisettes.
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Floyd2408Floyd2408   28 janvier 2018
Nous sommes l'humus, nous donnons notre vie pour fertiliser la terre, nous n'aurons pas le temps d'en voir les fruits.
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