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EAN : 9782021460650
224 pages
Seuil (13/05/2022)
3.76/5   94 notes
Résumé :
Dans un village perché en haut des Pyrénées, on conserve la mémoire des drames familiaux, des persécutions guidées par l’ignorance, des exécutions sommaires de la guerre civile. Mais rien, jamais, ne vient altérer la profonde beauté du lieu, terre propice à l’imagination, à la poésie, aux histoires transmises de génération en génération. Chaque voix raconte : d’abord les nuages, puis l’éclair qui foudroya Doménec, le paysan poète. Dolceta, qui ne peut s’empêcher de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
3,76

sur 94 notes
Voilà un de ces romans dont l'entrée en immersion est déterminante afin d'en apprécier la magie et la poésie. J'ai raté ma première plongée. La deuxième me permit de pleinement apprécier cette symphonie pastorale emplie de lumière et de vitalité.

Je chante et la montagne danse raconte sur plusieurs générations l'histoire d'une famille frappée par la tragédie en s'inspirant de l'histoire, du folklore et de nature des Pyrénées catalanes espagnoles, quelque part dans la province de Gerone, tout proche de la frontière française.

Avec une énergie débordante, Irene Solà propose un récit kaléidoscopique tissé d'un dialogue permanent entre les hommes, le monde végétal, le minéral et le végétal. Et c'est totalement surprenant, insolite même de découvrir la voix de l'orage porteur d'un drame à venir, des champignons en pleine poussée, de la montagne éternelle, du chevreuil en fuite, à côté de la voix des femmes et hommes confrontés à leur destin, le cherchant ou le fuyant. Les bouches de l'auteure sont multiples et ouvrent énormément de possibilités dirigées vers un réjouissant panthéisme.

Le chant des champignons naissant ou plutôt renaissant sous la pluie m'a particulièrement charmé :

« La pluie nous réveille, un réveil frais, un renouveau. La pluie nous fait grandir, elle nous fait croître. Soeurs ! Amies ! Mères ! Moi qui suis vous toutes. Bonjour. Bon voyage. Bienvenues. Bien revenues. Nous sortons . Nous sortons comme nous sommes sorties tant de fois. Maintenant. Maintenant. Toute doucement, si nous tenons compte du petit trou, tout doux, délicat, sombre, que nous faisons dans la terre noire, dans la mousse verte . Notre toute petite excroissance. Minuscule. Tout doucement, si nous tenons compte des déambulations de la forêt, des millions et des millions de pluies qui nous sont tombées dessus, des millions de réveils, de petites têtes, de matins, de lumières, de bêtes, de jours. Bienvenues. Et nous nous souvenons de la forêt. Notre forêt. Et nous nous souvenons de la lumière. Et nous nous souvenons des arbres. Nos arbres, chacun d'entre eux. Et nous nous souvenons de l'air, et des feuilles, et des fourmis. Parce que nous avons toujours été ici et nous serons toujours ici. Parce qu'il n'y a ni début ni fin. Parce que le pied de l'une est le pied de toutes. le chapeau de l'une est la chapeau de toutes. Les spores de l'une sont les spores de toutes. L'histoire de l'une est l'histoire de toutes. Parce que la forêt appartient à celles qui ne peuvent pas mourir. Qui ne veulent pas mourir. Qui ne mourront pas, parce qu'elles savent tout. Parce qu'elles transmettent tout. Tout ce qu'il faut savoir. Tout ce qu'il faut transmettre. Tout ce qui est. Semence partagée. L'éternité, une chose légère. Petite, quotidienne. »

Chaque chapitre porte sa propre voix, très inclusive . Toutes se répondent pour élaborer une histoire brillamment construite, emplie de détails qui s'écoutent et s'emboîtent au fil des chapitres. le temps y est conçu comme une accumulation de couches comme si l'avenir se bâtissait sur le passé. La mémoire de la Retirada ( exil des Républicains espagnols après la guerre civile ) est ainsi très vivace. Les blessures résonnent dans le présent, les traumatismes trainent sur les années, les souvenirs vivent dans le paysage comme celui des Dones d'aigua ( sorte de naïades guérisseuses, les Dames de l'eau, les fantômes ont des voix persistantes.

Pour accompagner une telle ambition narrative, l'écriture se devait d'être à la hauteur. Elle l'est, hypnotique, pleine de textures créant des images superbes à la poésie contagieuse, souvent lyrique. Sa beauté formelle est éclatante de plasticité lexicale, visuelle et sonore. Il faut lire ce texte à voix haute car les mots sont gourmands et se savourent encore plus en bouche.

On ne quitte pas ce livre de la même façon qu'on y est entré.

Lu dans le cadre d'une Masse critique privilégiée.
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C'est ce genre de livre, étonnant, surprenant, qui a le don d'éveiller ma sensibilité poétique et de me faire aimer la vie plus intensément. le don de me faire écrire des vers tant l'émotion affleure, en vagues ondulantes, à fleur de peau. Oui, j'éprouve un énorme coup de coeur pour ce magnifique livre « Je chante et la montagne danse » d'Irène Solà. C'est exactement la poésie que j'aime, libre et contagieuse, à la fois originale et simple. Sandrine (@Hundreddreams) avait vu juste lorsqu'elle me disait que j'allais très certainement aimer cet écrit comme elle-même l'avait aimé, elle avait raison, et je l'en remercie infiniment.

C'est un roman mu par une poésie animiste. Une poésie qui honore aussi bien la vie que la mort, une poésie qui met à l'honneur la puissance de la nature, faune, flore, minéraux, nuages, tous les éléments ont la parole, expriment leur sensibilité et cela est tellement frais, tellement réjouissant, tellement rare. Vous entendrez la voix des éclairs, celle d'un chevreuil, celle des champignons, celle d'un chien, celle des montagnes. Voyez l'incipit qui immédiatement donne la parole aux éclairs et quelle parole, quelle puissance, quel début de roman…

« Nous sommes arrivés avec nos panses gonflés. Douloureuses. Nos ventres noirs, chargés d'eau sombre et froide et d'éclairs et de coups de tonnerre. Nous venions de la mer et d'autres montagnes, et allez savoir de quels autres endroits, et allez savoir ce que nous avions vu. Nous passions en raclant la pierre des sommets, comme du sel, pour que rien n'y pousse, pas même les mauvaises herbes. Nous choisissions la couleur des crêtes et des champs, et le scintillement des cours d'eau et des yeux qui regardent en l'air. Quand elles nous ont aperçus, les bêtes sauvages se sont tapies dans leurs tanières et ont tendu le cou et levé le museau, pour sentir l'odeur de terre mouillée qui s'approchait. Nous les avons tous enveloppés, comme une couverture. Les chênes, les buis, les bouleaux et les sapins. Chhhht. Et tous, ils se sont tus, parce que nous étions un toit sévère qui décidait de la tranquillité et de bonheur de garder l'esprit au sec ».

Ce côté animiste m'a beaucoup touchée, comme si nous même, lecteurs, ne sachions plus vraiment de quelle chair nous étions fait. Comme si cela faisait vibrer en nous une énergie venue de temps immémoriaux, comme si nous ne formions qu'un avec tous les éléments. Cette sensation d'union en un tout est une sensation, souvent ressentie en fulgurances éphémères que j'ai toujours eu du mal à exprimer et que Irène Solà magnifie…

Empilant des pierres
Je découvre le silence
Des temps primitifs
Le coeur battant à tout rompre
Mes seins comme des oiseaux

Une poésie animiste donc mais aussi régionaliste. Irène Solà chante une montagne, celle des Pyrénées, une région celle du pays basque. Traditions, mythes et légendes, mots basques nous sont offerts, expliqués. Comme ces figures mythologiques des Pyrénées, les dones d'aigua, femmes d'eau, ou les encantades, des guérisseuses, des sorcières, dont on entend la voix et même le rire, présence discrète tout au long du livre.
Une poésie pastorale qui donne envie de déambuler sur ces montagnes tant la nature y est belle.

Une poésie enfin d'une sensualité renversante, voire d'un érotisme électrisant. L'auteure parle du désir féminin, de l'orgasme, des odeurs. Les reniflances du désir, cette vie sous la peau, où je veux me perdre, toutes narines ouvertes, dans l'entrelacs fibreux qui embaument le coeur.

« Mon corps, c'est un bon corps. Un corps qui apprend rapidement. Un corps qui s'habitue tout de suite et qui sait trouver son chemin. Et il savait tirer profit des élans brusques, fermer les yeux, se concentrer et attraper le plaisir comme ça, comme il venait, petit et maigre, comme un filet d'eau qui s'écoule par un trou, et le battre et le battre encore pour le faire grandir, et en faire un ruisseau. Et comme je m'appliquais à garder le plaisir comme un silence. A serrer les dents bien fort quand la vesse-de-loup éclatait à l'intérieur de moi. A le faire grandir et éclater avant que Domènec en finisse. Et si je l'aimais déjà avant, après le plaisir, entre les draps, une fois qu'il s'était endormi, moi, toute seule avec cette chaleur entre les jambes, avec la tête qui me tournait, avec cette respiration si tranquille, si chaude à côté de moi, je l'aimais encore plus. Je m'accrochais à lui comme à un arbre, comme un bébé s'accroche au sein de sa mère ».

Ce désir primaire, puissant, assumé, qui arrive à contaminer chaque élément sur lequel porte notre regard.

Jupe éclaboussée
par des gouttes de rosée
au bord de la rive
les fleurs sauvages choquées
dodelinent de la tête

Avec tout ça, je ne vous ai pas parlé de l'histoire du livre. L'histoire n'est qu'un prétexte, seul a compté pour moi ce que je vous ai dit précédemment. Très brièvement, c'est la touchante histoire d'une poignée de gens d'un village du pays basque sur quelques décennies, des gens frappés par le destin, par le bonheur et le malheur, par le désir. Qu'importe. Juste remercier sincèrement Irène Solà pour ce livre lu d'une traite, hypnotisée. Un livre magique.

Je bois la verdeur
de tes beaux yeux pleins d'ivresse
livre aux rives rousses -
ils enivrent mes iris
pour y broder des fougères

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Je chante et la montagne danse est un livre totalement atypique.
Le texte nous fait connaître un village perché en haut des Pyrénées catalanes.
Des voix parlent, des voix vont raconter. Et celle qui prend la parole au début du récit évoque des nuages qui s'amoncellent brusquement et l'éclair qui foudroya ce paysan poète qui s'appelait Domènec. Plus tard viendra une autre voix, celle qui évoque Dolceta qui fut pendue pour acte de sorcellerie. Leurs fantômes vont se faufiler dans les pages ainsi que les fantômes d'autres personnages, ils m'ont pris la main jusqu'à la fin de ma lecture...
Ici parmi la vie quotidienne des villageois de cette terre catalane, se déplie la mémoire douloureuse des événements sur plusieurs générations, mêlant l'intime à l'universel. Les drames familiaux, les persécutions guidées par l'ignorance, la guerre civile espagnole et ses exécutions sommaires s'invitent dans les pages et traversent des vies fragiles et fortes à la fois.
Ce sont des malheurs, le malheur du monde, la douleur intime enfouie dans la peur, la terreur, la guerre, dont la rumeur n'altère jamais la beauté de la terre, celle de la montagne.
Pourtant il n'y a aucune tristesse, aucun pathos, l'amour s'invite, parfois de manière sensuelle, l'amour désiré, vécu, perdu, recommencé... L'amitié aussi est forte et se révèle dans l'épreuve.
Je serais bien en peine de raconter l'histoire de ce livre, une intrigue, un début, une fin. Il y a cependant des histoires, des tranches de vies, des personnages...
Certains pourront déplorer qu'il n'y a pas d'histoire, le lecteur est parfois paresseux ou tristement conformiste, Irene Solà invite notre coeur attentif et empli d'inspiration à couturer ces morceaux d'histoires qui nous sont offerts, tendus comme des fleurs pour lesquelles il est possible de composer un bouquet.
J'ai été séduit pour ne pas dire ébloui par la beauté des mots, la beauté du lieu, la beauté des personnages et de leurs sentiments... La beauté du livre.
La beauté de la vie dégringole dans ce livre comme une lumière qui se déverse, s'empare des pages et des versants de ces montagnes.
C'est une ode à la puissance de la nature qui fait écho à la fragilité de l'humanité.
C'est un roman choral comme je l'ai aime, une polyphonie de voix où viennent aussi témoigner des animaux, un chevreuil, un ours, parmi les voix des humains. La force de ce récit est qu'on ne s'en étonne guère.
Irene Solà a peut-être vu elle-même ces personnages ou leur fantômes devant ses propres yeux ou avec simplement son coeur, puisque les poètes savent voir ce qui est caché, enfoui, elle les a peut-être croisés sur un sentier, a frôlé leurs ombres, leurs errances, leurs âmes, leurs larmes, leurs fous rires...
Ce texte est intemporel. Et cela le rend particulièrement beau. Plus que jamais.
Ici les vivants côtoient les morts, le fantastique s'invite dans ces pages comme une étreinte.
Je me suis laissé emporter par la poésie de l'écriture d'Irene Solà. Mais aussi on ne dira jamais assez le travail remarquable et le talent des traducteurs. Je veux ici saluer Edmond Raillard.
Qu'est-ce qui sépare les vivants et les morts ? Qu'est-ce qui qui sépare le réel de l'invisible ? Peut-être un ravin entre deux versants d'une même montagne, un vide sidéral qu'une femme poète va combler en jetant des ponts avec des mots.
Je remercie les éditions du Seuil et Babelio pour ce très beau roman reçu dans le cadre d'une Masse critique privilégiée.
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Un peu déroutée
Je le pose
Il faut pourtant que je le lise, c'est l'engagement
Un livre contre un billet, bon ou mauvais.
Je le reprends
Pas à pas Irène Solà m'entraîne dans son univers.
Les Pyrénées se dressent devant mes yeux.
Champignons, nuages, montagnes, villages et villageois, chevreuils, chien, ours retiennent désormais mon attention.
(J'abandonne Ulysse un moment pour finir le récit de la Catalane 😊).
Et alors ?
Assurément, un texte beau, fort et poétique, assez souvent. Un texte parfois naïf et maladroit aussi.
Un texte en tous cas que j'aurais eu tort de lire à la va-vite (au début, j'avoue, l'idée m'en ait venu).
Merci Babelio, merci aux Éditions du Seuil, sans vous je n'aurais jamais lu Irène Solà, et c'eut été un peu dommage.

Merci à Babelio et aux Éditions du Seuil
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Cadre du récit : Les Pyrénées.
Le premier chapitre donne la parole aux nuages qui seront bien cruels pendant l'orage. L'éclair va frapper Domènec, un jeune paysan - poète de façon cruelle. La scène nous est décrite dans les détails. Il laissera sa femme, Sio, ses enfants , le vieux Ton qui parcourent avec le lecteur pas mal de nouvelles durant le livre.
Récit qui va se plonger dans les légendes de la région avec les sorcières qui rient, rient même en cas d'atroces scènes qu'elles subissent ou qu'elles provoquent.
Très particulier le choix que fait l'auteure de donner la parole tantôt aux nuages, aux sorcières, aux chevreuils, à un habitant et ses proches touchés par la guerre civile, à la terre en formation, aux dames qui font des petits, à un chien proche des humains, à l'ours qui était là bien avant les hommes...
Un chapitre est entièrement constellé de poèmes.
Le livre peut se lire comme un recueil de nouvelles avec comme fil les personnages de la famille de Domènec disparu au début mais surtout un ouvrage où toute l'âme d'une région s'exprime à travers des mots magiques, poétiques, sensibles. Une écriture unique et des images qui se révèlent devant nous grâce aux mots.
Irène Solà est une découverte, une auteure catalane récompensée du prix de littérature de l'Union européenne en 2019.
Le traducteur, Edmond Paillard est à saluer au passage car arriver à faire passer une sensibilité et des images aussi profondes , sans compter les poèmes; c'est une prouesse.
Une lecture qui nous fait voyager et vibrer à travers les mots.

Un tout grand merci aux éditions du Seuil et à Babelio pour l'envoi du livre.
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique
08 août 2022
Je chante et la montagne danse est un très beau roman rural. La plume d'Irene Solà donne à voir, à respirer, à goûter, à entendre, à toucher. Une subtile et rare convocation sensuelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
J'ai la poésie dans le sang. Et je garde tous mes poèmes dans ma mémoire comme dans une commode bien rangée. Je suis un broc rempli d'eau. D'eau toute simple, comme celle des torrents et des sources. Je me penche et je verse un jet de vers. Et je ne les mets jamais sur le papier. Pour ne pas les tuer. Parce que le papier, c'est l'eau douce du fleuve qui se perd dans la mer. C'est le lieu de tous les échecs. La poésie doit être libre comme le rossignol. Comme le matin. Comme l'air léger du soir. Qui va en France. Ou pas. Qui va où il veut. Et aussi parce que je n'ai pas de papier, ni de crayon.
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Sa bouche s'est desséchée, à grand-père Ton. Comme un raisin sec. Certains hommes, leur langue se coince et se dessèche dans leur bouche, et ils ne savent plus l'ouvrir, même pour dire des jolies choses à leurs enfants, ou des jolies choses à leurs petits-enfants, et c'est comme ça que les histoires de familles se perdent, et tu ne connais plus rien d'autre que le pain sec que tu manges aujourd'hui et la pluie qui tombe aujourd'hui et comme tes os te font mal aujourd'hui. Tristesse de montagne.
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Mais parfois tu veux cesser de vivre. Quand ton homme est traversé par un éclair, comme un lapin. Quand on te perce le cœur avec une branche, mais sans te tuer. Tu veux cesser de vivre. Et alors on t'oblige à vivre. Les enfants crient et t'obligent à vivre. Le viel homme a faim et on te réclame. Les gens du village t'apportent des haricots et des courgettes rien que pour t'obliger à vivre. Et tu cesses d'être une femme et tu deviens une veuve, une mère. Tu cesses d'être la sève et le sang, parce qu'on t'a obligée à renoncer à tout ce que tu voulais.
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[…]
Je chante les jours magnanimes,
la brise d'été, la brise d'hiver,
les matins, les soirs,
la pluie ténue, la pluie rageuse.
Je chante la pente, le sommet, le pré,
les orties, l'églantier, la ronce.
Je chante comme on fait son jardin,
comme on coupe une planche,
comme on bâtit une maison,
comme on grimpe une colline,
comme on mange une noix,
comme on fait de la braise.
Comme Dieu créant les animaux et les plantes.
Je chante et la montagne danse.
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Poème pour moi, Hilari

Je chante la lune quand elle est plaine,
croc rond de la nuit aimable,
chatte pleine.
Je chante la rivière gelée,
compagne de mon âme,
comme une veine, comme une larme.
Je chante la forêt généreuse,
pleine de poissons, de lièvres, de ceps.
Je chante les jours magnanimes,
la brise d'été, la brise d'hiver,
les matins, les soirs,
la pluie ténue, la pluie rageuse.
Je chante la pente, le sommet, le pré,
les orties, l'églantier, la ronce.
Je chante comme on fait son jardin,
comme on coupe une planche,
comme on bâtit une maison,
comme on grimpe une colline,
comme on mange une noix,
comme on fait de la braise.
Comme Dieu créant les animaux et les plantes.
Je chante et la montagne danse.
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