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EAN : 9782021030013
216 pages
Éditeur : Seuil (19/08/2010)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Ce soir-là, au Caire, Dina reçoit. Une petite société cosmopolite se presse dans l’ancienne maison de son beau-père, Georges bey Batrakani, qui fut le roi du tarbouche. L’Égypte, en pleine effervescence sociale et religieuse, a beaucoup changé depuis les années 1960. La plupart des membres de la famille Batrakani, dispersés aux quatre coins du monde, n’y sont jamais revenus, préférant vivre avec leurs souvenirs. Ce n’est pas le cas de Charles, le narrateur, qui, apr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  13 avril 2014
N°471– Novembre 2011
UNE SOIRÉE AU CAIRERobert Solé - le Seuil.
Charles, le narrateur, se souvient que sa famille avait quitté l'Égypte qu'elle avait tant aimée, comme des parias. Mais à partir de ce moment, le monde qui s'offrait à eux leur appartenait et ils n'allaient pas tardé à le conquérir.
A la mort de son oncle Michel, Charles, journaliste français, avait recueilli ses cahiers de souvenirs, sorte de journal intime et de témoignage de ces années bénies d'avant le départ. Pourtant, ce document resta longtemps dans un coin sombre sans que personne ne s'en préoccupe. Lui-même avait longtemps cultivé une amnésie volontaire malgré de fréquents retours dans ce pays « Notre monde a disparu, dit-il, mais je continue pourtant à guetter les battements de son coeur et ses sourires ». A l'occasion d'un retour au Caire, officiellement pour des recherches sur Bernard Bruyère, un égyptologie français qui y mena des fouilles dans l'entre-deux-guerres, Charles, 58 ans, choisit de revivre ses propres souvenirs d'enfance. Que reste-t-il de cette période ? Une maison, jadis propriété de son grand-père maternel, Georges Bey Batrakani. Elle est habitée par Dina, qui, en gardienne du temple, entretient la mémoire du lieu. Elle est sa tante par alliance, la veuve d'Alex, son oncle, un infatigable flambeur et coureur de jupons. Dina, malgré son âge avancé le fascine. C'est encore une belle femme qui le reçoit dans cette maison. Par la magie du souvenir, des photos et des extraits de ce journal, il les revoit tous comme avant dans cette maison. André, le père jésuite, Paul qui pensait à la Suisse où il finit par s'établir, Michel, le rêveur qui était resté célibataire, le vieux chauffeur de son grand-père, Yassa, qui avait la particularité de ne pas savoir conduire et avait «  appris en 1954 sur une Aston-Martin décapotable », ceux qui étaient au service de leur famille... Mais aussi Henri Touta, le grand oncle qui truffait sa conversation de citations latines, était consul d'une petite république d'Amérique Centrale et même anobli par le Vatican, ses grands parents maternels, particulièrement Georges qui a été nommé « Bey » à cause des « tarbouches » qu'il fabriquait, cette coiffure emblématique de l'Égypte d'alors... Mais tout cela c'était avant, avant le putsch de Nasser qui en supprima le port parce qu'il incarnait trop l'ancien régime ! Puis ce fut le départ de la famille pour le Liban...  « Nous avons quitté l'Égypte en masse au début des années 60 « sans tarbouche ni trompettes », comme l'écrit Michel dans son journal ». C'était une page qui se tournait.
Maintenant Dina, qui n'est qu'une pièce rapportée comme disent les gens qui manquent d'éducation, évoque pour lui son enfance, ses fiançailles, son mariage avec Alex, sensiblement plus vieux qu'elle. Elle est revenue du Liban à cause de la mort de son mari, d'une histoire d' amour contrariée et de la guerre, pour habiter cette grande maison transformée en musée.
A l'inverse des autres membres de cette famille qui préféraient « mourir avec de beaux souvenirs », les six enfants de Georges, qui eux aussi ont eu une descendance, se sont répandus de par le monde. Charles, qui n'était que le fils de Sélim, le gendre de Georges, mais son successeur choisi, était revenu plusieurs fois dans cette maison du Caire où Dina le charme toujours, mais cette fois elle va donner une soirée amicale à laquelle est conviée l'équipe archéologique à laquelle participe Charles. Ce sera donc cette « soirée au Caire » où il retrouve des membres de sa parentèle, d'anciens amis, des admirateurs de Dina. Il va à la rencontre de l'Égypte d'aujourd'hui [« Ce pays est en train d'étouffer entre les fous furieux qui mettent de la religion partout et un pouvoir épuisé et largement corrompu » avoue Amira ], du lointain souvenir de la présence et de la culture françaises. Il se sent maintenant comme un étranger dans ce pays qui fut pourtant le sien, se perd en conjectures, en face d'une photo jaunie, sur les relations qui ont pu exister entre son propre père et cette tante Dina si troublante ! Bref il va à la rencontre de souvenirs qui maintenant appartiennent à un passé définitivement révolu. de plus, il faudra bien se résoudre à faire éclater cette indivision qui dure depuis si longtemps, vendre cette maison, transiger avec Dina... C'est Charles qui s'est proposé pour cette délicate mission... Heureusement la mémoire de toutes ces années sera préservée avec en plus le charme d'Amira qui vient illuminer le présent et peut-être l'avenir !
C'est un roman plein de nostalgie de l'enfance, du regret des belles années passées, de réalisme aussi mais la madeleine proustienne a pourtant perdu un peu de son goût et ce monde n'est plus qu'un souvenir«  Il y a dans nos familles d'exilés beaucoup d'affabulateurs et d'amnésiques ... Les uns et les autres ont tourné la page sans l'avoir toujours bien lue» écrit le narrateur évoquant le départ, le déracinement, les hasards, l'évolution des événements, les erreurs peut-être?
J'avais déjà apprécié « le tarbouche » du même auteur (la Feuille Volante n° 119). J'ai retrouvé avec plaisir cette saga familiale, la vie personnelle de l'auteur nourrissant sa démarche d'écriture, cette dernière exorcisant son passé. J'ai apprécié le style fluide, simple et agréable à lire avec lequel elle est ici contée.


©Hervé GAUTIER – Novembre 2010.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Dosamuse
  29 mai 2013
Une très bon moment : une ambiance, une lumière, de la cuisine, du sable et des souvenirs.
L'auteur nous convie chaleureusement aux repas dominicaux de la famille. On suit en parallèle, l'enfance heureuse de l'auteur au Caire et ses retours multiples des années plus tard à la recherche de ce paradis perdu.
Ce livre me plait d'autant plus que la quête de l'identité lorsque l'on est partagé entre deux rives me touche particulièrement. Et c'est écrit avec beaucoup de finesse, ce qui nous évite les pleurnicheries schizophréniques que l'on retrouve souvent dans ce genre de littérature.
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Loubhi
  13 avril 2012

Avis et commentaires :

De cet auteur, j'avais lu un ouvrage passionnant d'érudition "L'Egypte, passion française" et découvert ainsi un des meilleurs écrivains français contemporain, d'origine egyptienne. Je peux dire qu'à la fin de ce livre, je me suis précipité sur un autre de ses livres, assez proche de celui-ci "Le Tarbouche" qui me paraît complémentaire, tant l'histoire de cette famille d'origine libanaise et chrétienne est riche et m'a fait découvrir l'histoire moderne récente de ce pays si attachant et déroutant.

Cette histoire récente est celle que nous relate Charles, journaliste français aux attaches egyptiennes, bien qu'il ait dû à l'image de sa famille, quitter précipitament ce pays alors qu'il était encore jeune, à travers l'histoire du patriarche Georges "Bey" Batrakani,et de sa fantastique réussite commerciale avec ses tarbouches.
Par ses voyages périodiques en Egypte, à travers les lettres de son oncle et surtout des souvenirs de sa tante Dina, la seule à être rester en Egypte et à y mener encore une vie assez mondaine dans la demeure familiale, seule vestige de l'époque de la splendeur, nous fait partager la grandeur et la déchéance de sa famille au contact des évènements politiques, militaires qui vont bousculer violemment l'Egypte moderne.
Les destins de Georges, de sa femme et de ses fils si dissemblables se croisent le plus souvent violemment avec les conflits régionaux (nationalisation du canal de Suez, Guerre de six jours) et la succession des hommes politiques qui vont bousculer la société traditionellement calme et tempérée de ce pays (Nasser, Sadate...)
Comme souvent, ces expatriés qui sont arrivés sans un sou, fort de la culture orientale avec un profond sens du commerce et des affaires vont faire fortune, se faire accepter voir admirer par la société egyptienne dominante mais restent des étrangers et on va le leur faire payer aux premiers revers et changements politiques.

Par touche sensible, d'une écriture fluide et attachante, les souvenirs se bousculent, s'emboîtent, et les émois de Charles se bousculent, nous rendant cette famille bien attachante. Amours, hobbys, passe temps de chacun sont décrits avec un certain talent. Et le dernier chapître de cette dynastie, va s'imposer avec l'annonce de Charles de vente de la maison familiale lors d'un dernier repas à Dina.

Excellent partenariat à nouveau et pour moi une note de 8 / 10.
Lien : http://passiondelecteur.over..
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jfponge
  20 septembre 2015
Charles Batrakani, parti d'Égypte comme (presque) toute la famille quelques années après la crise de Suez de 1956, vient visiter sa tante Dina, restée au pays contre vents et marées dans la vaste demeure familiale d'Héliopolis. Au cours d'une soirée, les souvenirs vont défiler, alimentés par le trouble causé chez le narrateur par cette femme, très belle, qui a chaviré le coeur de plus d'un homme dans le microcosme cairote. Au fil des cahiers rédigés par Michel, l'oncle et parrain, et poursuivis après sa mort par le narrateur lui-même, c'est presque un siècle de l'histoire contemporaine de l'Égypte qui va défiler sous nos yeux. Dans une langue raffinée, Robert Solé décrit les rapports complexes qui s'établissent entre les membres d'une même diaspora, aux parcours divergents mais toujours habités par le sentiment d'appartenir à une même famille, au-delà des barrières de la langue et des inimitiés qui se tissent au fil du temps. Une fine analyse psychologique, une belle leçon d'humanité, et un art de raconter qui nous rend attachants même les personnages les plus secondaires. Écrit juste avant la révolution du 25 janvier, "Une soirée au Caire" nous éclaire sur une Égypte loin, très loin des clichés touristiques, un creuset culturel unique au monde…
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lillou
  21 février 2011
Robert Solé a publié récemment Une soirée au Caire, sorte de suite, quarante ans après, des souvenirs de Charles dans le Tarbouche. Un article à ce sujet m'a appris qu'il avait écrit de nombreux livres sur l'Égypte, certains proprement historiques, d'autres romanesques (tous, à des époques différentes, autour des Batrakani). J'avais donc choisi de lire « dans l'ordre » les deux romans de souvenirs.
Dans Une soirée au Caire, Charles est maintenant un homme mûr, journaliste vivant en France – à l'image de l'auteur. Il voyage assez régulièrement en Égypte, et c'est lors de l'un de ces séjours que se situe le roman. Logé dans la vieille maison construite par son grand-père, désormais occupée par une tante, Charles est bercé par la nostalgie. le livre oscille alors entre réminiscences de son enfance – malheureusement redondantes, parfois mot pour mot, pour celui qui vient de lire le Tarbouche –, souvenirs d'expatriés plus récents et impressions sur l'Égypte des années 2000.
J'aurais d'ailleurs aimé que les deux derniers aspects l'emportent sur le premier.
L'exil est bien sûr l'enjeu d'Une soirée au Caire. La génération des parents de Charles s'est exilée dans des pays bien éloignés (et souvent francophones) : Canada, Liban France, Suisse, Brésil… Et que dire de sa génération et de leurs enfants ! Les migrations, les unions, et le désir de maintenir une certaine mémoire – indispensable lien familial certainement – ont créé des métissages culturels inédits comme une belle-soeur normande reine de la kobeiba, ou des petits-enfants n'ayant jamais mis un pied au Caire mais sachant décrire Groppi et ses délices…
Malgré mon intérêt évident pour les thématiques du roman, je dois avouer qu'il m'a paru moins riche que le précédent. Ou plutôt, d'une richesse bien différente : là où le Tarbouche proposait avec nostalgie de véritables histoires, à la dramaturgie étudiée et peuplées de nombreux personnages, Une soirée au Caire est davantage un retour sur soi, une méditation sur ce que représente d'être égyptien lorsque l'on a passé les deux tiers de sa vie dans un autre pays.
Je n'appartiens pas à la même génération – je serais plutôt celle des enfants du narrateur –, c'est peut-être pour cela que cette réflexion m'a moins touchée et m'a semblé tourner en rond assez rapidement.

Lien : http://monbaratin.blogspot.c..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
DosamuseDosamuse   26 mai 2013
Après notre départ d'Egypte, pendant vingt-cinq ans, j'ai refusé de regarder en arrière. J'étais devenu français, avec passion. Cette France que j'avais découverte et aimé à distance, par les livres, était encore plus séduisante que sur les pages imprimées. Nourri de sa langue et de sa culture, je fondais dans le décor en véritable caméléon.
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DosamuseDosamuse   28 mai 2013
Quel passeport présenter en premier ? L'égyptien ou le français ? Tout le drame du binational resurgit à la frontière, devant un guichet. Le douanier pose des questions simples, auxquelles il faut répondre par oui ou par non, alors qu'elles exigeraient trois cents pages d'explications, complétées par des notes et des annexes.
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DosamuseDosamuse   01 juin 2013
Ce sont les plus belles (manifestations de 1919) que l'Egypte moderne ait connues, dit Loutfi Salama. Toutes les frontières s'étaient provisoirement évanouies : entre hommes et femmes, riches et pauvres, musulmans et coptes... Pour la première, des dames de la haute bourgeoisie se joignaient à la foule, des imams prêchaient dans les églises, et des prêtres dans les mosquées.
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DosamuseDosamuse   30 mai 2013
L'égyptomanie de beaucoup d'Occidentaux lui parait étrange, et même excessive :
- Ah, si seulement ils pouvaient s'intéresser à nous autant qu'à nos ancêtres !
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DidiliDidili   25 mai 2013
Pourquoi la pierre de Rosette se trouve-t-elle à Londres depuis deux cents ans ? Demande le violoniste de l'opéra du Caire. Pourquoi le musée de Berlin détient-il toujours un merveilleux buste de Néfertiti, sorti frauduleusement d’Égypte ?Et que font tous ces trésors pharaoniques au Louvre ?
Cheminard exaspéré :
Vous voulez vraiment rapatrier toutes les pièces d’antiquité égyptiennes qui se trouvent dans les musées du monde ?
La plupart des ces pièces ont été emportées sans autorisation.
Heureusement mon cher ! Heureusement ! Que seraient-elles devenues si des européens ne les avaient pas sauvées au XIX ème siècle ? Je vous rappelle qu'à l'époque, vos ancêtres démontaient des temples pour en utiliser les pierres.
Et l'obélisque de Louqsor ? Trouver vous normal qu'on lui ait fait traverser la mer pour le planter sur une place parisienne, au milieu des voitures ?
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