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EAN : 9782376650515
300 pages
La Contre Allee (20/09/2019)
3.88/5   13 notes
Résumé :
Au XVIe siècle, Xipaguacin, une princesse aztèque fille de Moctezuma II, est enlevée par un noble espagnol qui l’emmène dans un village reculé des Pyrénées. Là, naitra un enfant qui sera à l’origine d’une lignée atteinte de folie et dépositaire d’un trésor qui, selon la légende, fut enterré par la princesse dans les terres catalanes.

500 ans plus tard, la recherche de ce trésor conduit le narrateur jusqu’à un personnage invraisemblable, Kiko Grau, qui... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique

Ce prince que je fus est le récit de l'existence abracadabrantesque de Federico de Grau Moctezuma, descendant d'un noble espagnol et de la fille de l'empereur Aztèque, qui devint un mystificateur parasite mondain dans l'Espagne de Franco.

Jordi Soler prouve une nouvelle fois qu'il est un conteur extraordinaire et nous emporte sans ménagement de la réalité à la fiction, de Barcelone au Mexique, des dorures du Régime aux bidonvilles de Motzonrongo.

L'histoire commence au XVIème siècle à Toloriu, petit village catalan lorsque le baron Joan Grau, l'un des premiers conquistadors qui parvint à Tenochtitlán avec Hernán Cortés ramena dans son château sa jeune épouse Xipaguazin, fille de Moctezuma, avec sa cour et une partie du trésor de son père (que l'on dit enterré quelque part en ces terres catalanes).

Bien des siècles plus tard, un descendant de cette improbable union, Kiko Grau, jeune oisif de la bourgeoisie barcelonaise apprend la vérité sur son auguste lignage et décide d'abandonner les affaires moribondes de son père pour tenter sa chance dans le cercle très fermé de l'aristocratie et des Affaires. Plus doué pour la mystification que pour la gestion des conserveries familiales, il s'invente un blason, se pare du titre de « Su Alteza Imperial Principe », apprend le « mexicain » en regardant des films avec Pedro Infante, et décide de vendre des terres et des titres fictifs du "Soberana e Imperial Orden de la Corona Azteca » aux vaniteux.

Grau-Moctezuma, fêtard, menteur, ivre d'alcool et de vanité, héritier fantoche du grand empire aztèque, au look de Liberace avec lunettes XXL et capes de plumes, suivi de son fidèle serviteur Crispin, tape dans l'oeil du dictateur Franco, bien décidé à établir des relations cordiales avec le Mexique, qui est l'un des seuls pays au monde à ne jamais avoir reconnu son régime. En effet, qui de plus qualifié que cet héritier inespéré du grand Moctezuma et de la vieille noblesse espagnole pour porter la bonne parole au-delà des mers?

Dans les années 60, un dénommé Guillermo Grau Rifé s'autoproclama Príncipe Guillermo III de Grau-Moctezuma, descendant légitime du Baron de Toloriu i de Moctezuma II, issu de la fille de ce dernier, María, installée en Espagne au XVIème siècle avec deux de ses frères, et qui épousa Juan Grau, Baron de Toloriu, ville de la province de Lérida. Et "vivió del cuento", comme on dit.

Quelle est la part de vérité dans ce récit, , quelle est la part de l'imagination folle de l'auteur? On s'en fiche. C'est L'Homme qui voulut être roi de Kipling, à la sauce catalane, avec en toile de fond, un enjeu diplomatique. Et si tout est faux, je préfère ne pas le savoir... la fiction me convient tout à fait.

Ce prince que je fus qui n'est ni une biographie, ni un pamphlet, se lit avec un grand plaisir, pour l'aventure, pour la destinée d'une princesse devenue folle dans les Pyrénées, pour un trésor caché, pour un escroc sympathique dont on se demande sans cesse comment il pourra se sortir de ses mensonges et de ses excès.

Ce récit foisonnant, pétri d'humour et de cruelle ironie, fait du Prince d'opérette et de son valet des Don Quichotte et Sancho Panza de salon. Le roman picaresque à souhait, mâtiné de cet humour caustique dont les écrivains hispanophones ont le secret, ne nous épargne rien des moeurs de l'époque ni des relations versatiles et passionnantes entre l'Espagne et le Mexique, sur lesquelles on pourrait écrire une encyclopédie en 10 volumes. Jordi Soler, toujours aussi imaginatif et truculent dresse le portrait sidérant d'un homme qui, s'il se rêva Empereur, fut , au moins pendant quelques années, un Prince exotique aux yeux des crédules.

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Petit problème en commençant à rédiger cet avis : j'avais lu plusieurs fois la critique de Pecosa, et à part la même chose en moins bien, je ne voyais pas quoi écrire.

D'abord, ne pas lire une quatrième fois cette critique.

Ensuite, arrêter de chercher sur internet ce qui est vrai dans ce … roman ? Disons récit. Comme le dit si bien Pecosa, on s'en moque. Jordi Soler a trouvé un personnage extraordinaire, dont on sait sans doute peu de choses, et en a fait la base d'un livre épatant, c'est tout ce qui compte.

Vous dire pourquoi je l'ai lu ? Obscurément, parce que j'avais enregistré la critique de Pecosa, qui a dû résonner dans un coin de ma tête quand j'ai entendu vanter le livre, sur France Inter sans doute. Sûrement parce que les Editions La Contre Allée ont eu la bonne idée de publier cette traduction de Jean-Marie Saint-Lu, et en ont en plus offert un ou plusieurs exemplaires à Babelio et à ses lecteurs. Grâces soient rendues à Pecosa (elle va finir par rougir), à ce chroniqueur de la radio, à cette maison d'édition et à l'opération masse critique. J'ai aussi eu envie de connaître un autre auteur mexicain dont on parle, (à part Rulfo, je crois ne rien connaître de cette littérature, Lowry n'est pas un vrai mexicain). Et finalement, Jordi Soler a un prénom catalan, étrange étrange, intrigant donc.

Quel bavardeur, ce gavarneur, pardon. J'arrive au sujet : il s'agit d'un descendant avéré de l'empereur Moctezuma. Jordi Soler nous raconte l'histoire d'un conquistador de deuxième zone, et de son lointain descendant révélé à lui-même, qui choisit la gloire et la fortune plutôt que la charcuterie et la ruine. A part Dali qui joue le rôle daliesque d'un intermédiaire bizarrissime (et très drôle), l'impulsion initiale vient de Franco. le dictateur a des visions géopolitiques pour lesquelles un Grau de Moctezuma pourrait être utile. Il a aussi créé une noblesse en manque de justifications que notre héros va s'employer à rassurer.

Tout ça est très amusant, parce que l'auteur n'a peur de rien : quel talent ! Il se moque de la moustache de Dali, des complexes de Franco, de la frilosité et de la cupidité de la bourgeoisie catalane. Il se moque aussi gentiment des (nombreux) mauvais côtés de son personnage principal, à la fois virevoltant et alcoolodéprimé. Surtout il produit un narrateur très sympathique, touché par l'histoire de « Son Altesse impériale », qui, parti pour chercher un trésor, devient historien et soutien du prince déchu. Son discours hésitant, volontairement mal construit, avec des retours en arrière annoncés et des lourdeurs assumées à contrecoeur, facile à lire mais souvent surprenant est un délice.

J'ai bien aimé la caricature de « cette noblesse qu'à l'exacte mesure de sa médiocrité avait inventée le dictateur », prête à toutes les bassesses, proie facile pour les escrocs. Et l'auteur est clair : pour lui comme pour moi cette notion de noblesse n'a aujourd'hui aucune justification sérieuse : « le premier roi de chaque dynastie a dû inventer sa royauté, sans avoir été désigné par Dieu, et son sang n'était pas bleu : il s'agissait d'un petit malin qui, exactement comme le firent le premier Valois, le premier Bourbon ou le premier Moctezuma, s'était inventé lui-même ». Après le démarrage donné par Franco, le carburant est fourni par cette classe : en route pour des aventures drôles et excitantes.

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Ese príncipe que fui est le récit de l'existence abracadabrantesque de Federico de Grau Moctezuma, descendant d'un noble espagnol et de la fille de l'empereur Aztèque, qui devint un mystificateur parasite mondain dans l'Espagne de Franco. Jordi Soler prouve une nouvelle fois qu'il est un conteur extraordinaire et nous emporte sans ménagement de la réalité à la fiction, de Barcelone au Mexique, des dorures du Régime aux bidonvilles de Motzonrongo.

L'histoire commence au XVIème siècle à Toloriu, petit village catalan lorsque le baron Joan Grau, l'un des premiers conquistadors qui parvint à Tenochtitlán avec Hernán Cortés ramena dans son château sa jeune épouse Xipaguazin, fille de Moctezuma, avec sa cour et une partie du trésor de son père (que l'on dit enterré quelque part en ces terres catalanes). Bien des siècles plus tard, un descendant de cette improbable union, Kiko Grau, jeune oisif de la bourgeoisie barcelonaise apprend la vérité sur son auguste lignage et décide d'abandonner les affaires moribondes de son père pour tenter sa chance dans le cercle très fermé de l'aristocratie et des Affaires. Plus doué pour la mystification que pour la gestion des conserveries familiales, il s'invente un blason, se pare du titre de « Su Alteza Imperial Principe », apprend le « mexicain » en regardant des films avec Pedro Infante, et décide de vendre des terres et des titres fictifs du "Soberana e Imperial Orden de la Corona Azteca » aux vaniteux.

Grau-Moctezuma, fêtard, menteur, ivre d'alcool et de vanité, héritier fantoche du grand empire aztèque, au look de Liberace avec lunettes XXL et capes de plumes, suivi de son fidèle serviteur Crispin, tape dans l'oeil du dictateur Franco, bien décidé à établir des relations cordiales avec le Mexique, qui est l'un des seuls pays au monde à ne jamais avoir reconnu son régime. En effet, qui de plus qualifié que cet héritier inespéré du grand Moctezuma et de la vieille noblesse espagnole pour porter la bonne parole au-delà des mers?

Dans les années 60, un dénommé Guillermo Grau Rifé s'autoproclama Príncipe Guillermo III de Grau-Moctezuma, descendant légitime du Baron de Toloriu i de Moctezuma II, issu de la fille de ce dernier, María, installée en Espagne au XVIème siècle avec deux de ses frères, et qui épousa Juan Grau, Baron de Toloriu, ville de la province de Lérida. Et "vivió del cuento", comme on dit.

Quelle est la part de vérité dans ce récit, , quelle est la part de l'imagination folle de l'auteur? On s'en fiche. C'est L'Homme qui voulut être roi de Kipling, à la sauce catalane, avec en toile de fond, un enjeu diplomatique. Et si tout est faux, je préfère ne pas le savoir... la fiction me convient tout à fait.

Ese príncipe que fui, qui n'est ni une biographie, ni un pamphlet, se lit avec un grand plaisir, pour l'aventure, pour la destinée d'une princesse devenue folle dans les Pyrénées, pour un trésor caché, pour un escroc sympathique dont on se demande sans cesse comment il pourra se sortir de ses mensonges et de ses excès.

Ce récit foisonnant, pétri d'humour et de cruelle ironie, fait du Prince d'opérette et de son valet des Don Quichotte et Sancho Panza de salon. Le roman picaresque à souhait, mâtiné de cet humour caustique dont les écrivains hispanophones ont le secret, ne nous épargne rien des moeurs de l'époque ni des relations versatiles et passionnantes entre l'Espagne et le Mexique. Jordi Soler, toujours aussi imaginatif et truculent dresse le portrait sidérant d'un homme qui, s'il se rêva Empereur, fut , au moins pendant quelques années, un Prince exotique aux yeux des crédules.

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Tout commence vers 1520 lorsqu'au Mexique, Xipaguazin, fille du dernier empereur aztèque Moctezuma II, est enlevée par le capitaine Don Juan de Grau, baron espagnol de Toloríu. 500 ans plus tard, au XXe siècle, tout début des années 60, Federico de Grau Moctezuma se proclame de son Espagne natale le digne descendant de la princesse Xipaguazin, qui soit dit en passant était folle à lier. Une descendance qui ne tombe pas si mal pour le dictateur espagnol FRANCO. Désireux de redorer son blason auprès d'un Mexique qui le déteste et a stoppé toutes relations diplomatiques avec l'Espagne en 1939, il va tenter d'utiliser « Son Altesse Impériale » Federico de Grau pour qu'il lui serve de tremplin. Pour de Grau, c'est aussi une chance inespérée d'affirmer sa descendance, bientôt contestée. le dictateur et le prince, alors âgé de 23 ans, vont se rencontrer à plusieurs reprises afin d'ouvrir des négociations avec le Mexique. le peintre Salvador DALI va à cette occasion jouer une petite partition, tuée dans l'oeuf.

Le prince va profiter de son titre, festoyer à tout crin, se saouler sans vergogne, menant grande vie. Exubérant (ses tenues scintillantes ne passent pas inaperçues), provocateur, ivrogne, ce prince semble aussi être un mystificateur, son héritage n'est peut-être pas aussi limpide que ce que de Grau veut bien en laisser voir. C'est ce qu'apprend le narrateur, journaliste (Jordi SOLER lui-même) en menant l'enquête, au départ afin de découvrir un possible trésor aztèque enfoui quelque part dans les Pyrénées, ensuite en décidant d'entreprendre une biographie du prince.

Un prince qui va vivre une descente aux enfers, une déchéance proche de l'apocalypse, qui va se saouler à ne plus en pouvoir, après avoir profité allègrement de la rente que lui aurait (vous noterez le conditionnel, voir plus loin) versé le Mexique en tant qu'unique héritier de la princesse Xipaguazin et descendant du dernier empereur aztèque.

Cette biographie est-elle véritable ? Il est permis d'en douter. Elle semble plutôt jaillie du cerveau en ébullition de l'auteur. Certes, le sinistre FRANCO a bel et bien – et malheureusement - existé, ses relations avec le Mexique furent impossibles, Moctezuma a également existé. Mais qu'en est-il de ce prince expansif ? La question reste posée, la fiction semble toutefois l'emporter. Quoi qu'il en soit, ce récit, documenté ou joliment inventé, est plein de rebondissements, de personnages hauts en couleur, de fêtes à tout casser (orgies psychédéliques dans les années 60). le prince a également appris quelques tirades d'un film mexicain afin de les ressortir à ses convives pour faire plus figure locale.

Le narrateur dit avoir rencontré de Grau avant sa mort, survenue au tout début du XXIe siècle. Dans ce roman picaresque (plus qu'historique dirons-nous), l'action se déplace du Mexique en Espagne en passant par l'Angleterre, le narrateur, comme de Grau, ayant la bougeotte. Les phrases sont longues, riches et complexes, l'intrigue dense, il n'est pas impossible de se perdre entre deux paragraphes. L'humour, très présent, est particulièrement caustique. Géographiquement mais aussi dans l'espace temps, ce roman donne le tournis. de flashbacks médiévaux aux situations du presque présent en passant par les années 60 et la dictature franquiste, la lecture laisse peu de répit.

Si ce qui est écrit dans ce livre s'avérait réel, nous n'aurions pas affaire à un roman, mais bien à un documentaire, un essai biographique et historique pointu. Oui mais… Il est impossible de séparer le vrai du faux, le narrateur semblant se mettre dans la peau de « son » prince afin de mystifier à son tour le lectorat qui, en fin de compte, ne sait pas sur quel pied danser, manquant de repères. Et si tout était inventé ? Je vous laisse trancher la question et découvrir ce bouquin pour lequel il vous faudra peut-être mettre votre rationalisme de côté afin de le lire comme une vraie épopée fantasmée, sortie de l'imagination fertile d'un auteur qui a, possiblement à son tour, abusé du vin en brick et du whisky dont raffolait le prince. Livre inclassable paru en 2019 chez La Contre Allée, dans la collection la Sentinelle, scrupuleusement traduit par Jean-Marie SAINT-LU.

https://deslivresrances.blogspot.fr/


Lien : https://deslivresrances.blog..
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Parmi les soldats qui accompagnaient Cortes dans le Nouveau Monde se trouvait don Juan de Grau, baron de Toloríu, qui enleva Xipaguacin, une des filles de Moctezuma. C'est ainsi que la princesse se retrouva dans un village plein de brouillard de Catalogne. Et c'est ainsi qu'au milieu du XXe siècle, un noble décadent catalan put profiter de son état de dernier descendant aztèque pour lancer de grandes fêtes. Et il finit ses jours dans un bled paumé du Mexique, nous dit le roman.

En voilà une très agréable lecture ! Nous avons un court début de forêt et d'aventures, suivi de l'évocation de la vie de la princesse dans les brumes et les forêts de Catalogne. Et ce portrait réussi de l'aristocratie espagnole sous le franquisme (on croise Franco et Dalí), en quête de titres ronflants et de fantasmes d'outre-mer, se jetant à corps perdu dans les fêtes aztèques ou soi-disant telles, avec beaucoup d'alcool. Et le journaliste (le narrateur) s'entretenant des heures avec le descendant de l'empire, Son Altesse, alcoolique miteux, mais plein de noblesse quand même.

Il est question d'un homme qui parvient à se construire un destin en profitant de la crédulité, mais aussi des envies de rêves de ses concitoyens, le tout dans un franquisme barbant. C'est aussi une belle réflexion sur ce qu'est la noblesse.

Un roman picaresque, plein de rêve et de folie, tout à fait réjouissant.

J'ai un bémol : c'est un poil trop… sage ? Il manque un petit quelque chose, un zeste de fantaisie ou d'épopée. La langue est sans doute un petit peu trop plate et le roman manque d'ampleur. Ce qui ne m'a pas empêché de prendre grand plaisir à ma lecture.

Tout ceci a terriblement l'air d'un roman, malgré les références aux archives et à la presse et aux auteurs. Les sources sont plus borgésiennes que crédibles (pour moi, c'est un compliment, j'aime cette invention). Et pourtant ! Wikipedia m'indique que le fond est authentique. On croit rêver.


Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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critiques presse (1)
Actualitte
09 décembre 2019
Un parfum d’étrange absurdité mâtinée d’humour parcourt ce livre. Grâce à l’artifice romanesque merveilleusement maîtrisé par Jordi Soler, nous naviguons en eau trouble tantôt dans l’empire aztèque au moment de la conquête du Mexique, tantôt à la recherche du trésor caché de Moctezuma.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (5) Ajouter une citation

Elle cultivait l'idée, inspirée par le monde de la diplomatie, que l'espace se transfigure quand il est habité par le représentant d'une institution ; de même qu'un ambassadeur, par le simple fait de mettre un drapeau à la fenêtre d'une chambre d'hôtel et d'y être présent physiquement fait que celle-ci se transfigure en ambassade avec toutes ses attributions, de même son Altesse impériale pensait-elle que sa personne transfigurait les espaces, et que sa seule présence dans cette hutte pleine de mouches et assombrie par une épaisse fumée de sardines grillées changeait cet environnement déprimant en une fastueuse salle de palais.

Page 98 (Pagination provisoire ? service de presse , épreuves non corrigées)

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La mission de rendre Xipaguazin enceinte semblait impossible ; cependant c'est un fait que le 17 mars 1536, seize ans après son arrivée à Toloríu, la princesse et le baron firent baptiser leur fils Juan Pedro de Grau Moctezuma, ce premier métis qui serait l'origine de la lignée espagnole de l'empereur. Le sorcier avait-il quelque chose à voir dans ce miracle ? Le plus sensé, d'emblée, serait d'écarter cette hypothèse, vu que ce sorcier, comme je l'ai dit plus haut et comme on pourra le constater plus loin, haïssait Juan de Grau, bien qu'il soit vrai que la tentation de penser à une potion, à de la poudre à narcotiser la princesse pendant que le baron la possédait, est une image d'une force plastique séduisante.

Page 82 (Pagination provisoire ? service de presse , épreuves non corrigées)

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Quand son Altesse me parla du caractère puéril de la méthode, je fus effectivement à deux doigts de rire, mais je pensai aussitôt à ces policiers d'élite qu'on entraîne en leur faisant voir des séries policières de la télévision, ou à ces politiciens qui apprennent à prononcer des discours en regardant des vidéos de Kennedy, de Lech Walesa ou de Felipe González.

Page 148 (Pagination provisoire ? service de presse , épreuves non corrigées)

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[…] [Dali], qui les attendait, au moment de les accueillir, très élégant, en costume, cravate, chapeau et canne, immergé jusqu'à la taille dans son bassin d'eaux vertes qui avait la forme et les replis d'une vulve.

Page 121 (Pagination provisoire ? service de presse , épreuves non corrigées)

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Son descendant, son héritier, son arrière-arrière-arrière rejeton, la chair de sa chair, cet étrange spécimen en qui s’incarnaient simultanément l’empire aztèque et la noblesse espagnole ou, pour le dire avec tout le dramatisme requis par ce concept, le conquis et le conquérant ; et c’était justement là, dans déchirure entre conquérants et conquis, que poussait la fleur, qu’affleurait la nouvelle géométrie, que fleurissait l’esprit de la princesse Xipaguazin et celui de don Juan de Grau, baron de Toloríu, qui guidaient le dernier descendant de cette invraisemblable lignée, représentée par cet homme qui avançait comme un possédé, avec ses lunettes noires et sa cape de plumes de couleur, de plumes de toucan, d’ara, de pie et de colibri, de perruche, de xoconaztli, de xirimicuil et xirimi cuatícuaro et de xirimiticuaticolorodícuaro.

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Videos de Jordi Soler (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jordi Soler
A partir du livre "Ce Prince que je fus" de Jordi Soler, réflexion sur la relation entre la fiction et la vérité historique (disponible aussi en podcast).
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