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EAN : 9782714448422
216 pages
Éditeur : Belfond (01/01/2011)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Par l'un des plus grands auteurs espagnols actuels, un jeu de piste virtuose entre réalité et fiction pour une enquête familiale échevelée. Peuplé de personnages extraordinaires, tour à tour héroïques et effrayants de sauvagerie, un conte magnifique de noirceur autour des thèmes récurrents de Soler : l'exil, la mémoire, la culpabilité, le poids de l'histoire familiale.

Lors d'une conférence, Jordi Soler rencontre une femme étrange qui lui remet une ph... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
A_fleur_de_mots
  30 janvier 2021
Une photo prise sur le front d'Aragon en 1937, une lettre sale révèlant un indice sur un grand-oncle que l'on croyait disparu dans les Pyrénées en 1939, et nous voilà entraîner dans une enquête familiale haletante sur les pas de ce républicain espagnol, qui aurait peut-être mieux fait de mourir dans cette maudite guerre, comme ses neveux et petits-neveux le pensaient dans leur lointaine jungle tropicale de Veracruz.
Ce maudit jour de février 1939 où Oriol Soler, ce grand-oncle, mourru définitivement à lui-même. Ensuite, c'est juste une histoire de perdition sans fin, un abîme sans fond. “Certaines personnes meurent à 20 ans et sont enterrées à 80 ans”, et au milieu, le vide. Une guerre perdue dont personne ne se remet jamais tout à fait. Et à quoi bon au final. Personne ne ressort grandi d'une guerre, surtout quand on y a tout perdu. Et ensuite, le purgatoire, dans toute son animalité et sa sauvagerie. Car qui est le plus sauvage des deux: celui qui s'animalise ou le monde qui l'animalise? Est-ce vraiment l'ours, l'animal sauvage?
Dans cette biographie fictive de ce grand-oncle que l'histoire familiale tantôt fit mourir en héros en février 1939, tantôt le réva en pianiste mondialement connu qui reviendrait se réunir avec son frère perdu de vue pendant la Retirada, Jordi Soler nous parle de ses thèmes de prédilection: l'exil, la mémoire historique, le poids de l'héritage familial, la transmission d'une défaite au-delà des générations et la douleur incommensurable de la perte. Avec en trame de fond, une voix qui ne se fait jamais entendre durant cette longue litanie sur sa vie, une voix rendue muette par la douleur de la perte. Putain de guerre.
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palamede
  21 août 2014
Journaliste et écrivain mexicain, Jordi Soler est né près de Veracruz en 1963. C'est là qu'il a vécu dans une communauté d'exilés catalans fondée par son grand-père à la fin de la guerre civile espagnole.
A Argelès-sur-mer, ancien lieu de détention des républicains espagnols, une femme remet à Soler (ou son double littéraire) une lettre révélant que son légendaire grand oncle Oriol, que tout le monde croyait mort en 1939 ou exilé, a vécu toute sa vie, là, près de ce village. A la recherche de la vérité, l'auteur part sur les traces de son ancêtre et aboutit dans un petit village des Pyrénées, à Prats-de-Mollo, le jour de la fête de l'ours.
C'est pendant cette fête qu'un point final est mis à une légende familiale, car Soler y découvre que, ni un héros ni vraiment un salaud, son oncle est un homme ordinaire qui a tué parce que son manque volonté l'a rendu au monde sauvage. Découverte qui fait naître chez lui le sentiment de culpabilité de celui qui n'est plus le descendant d'un résistant au franquisme mais celui d'un meurtrier.
Dans ce roman, Jordi Soler met en scène les thèmes qui lui sont chers, l'exil, la culpabilité et la mystification familiale. Entre fiction et réalité, son écriture poétique nous entraîne dans un monde envoûtant empreint de cruauté et de violence.
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CSBlitaussi
  25 décembre 2020
Avec La fête de l'ours je découvre la plume de Jordi Soler et j'ai appris un peu sur la guerre civile espagnole, la légende de l'ours dans ce petit village, Prat de Mollo dans les Pyrénées.
C'est l'histoire d'un écrivain mexicain qui part à la recherche de ses racines espagnoles. Il a écrit une histoire sur le frère de son grand-père qui serait mort vers la fin de la guerre civile en Espagne. Lorsqu'une vieille vagabonde lui remet une vielle lettre et une photo, Jordi Soler découvre que son grand-oncle aurait survécu à ses blessures. Commence alors une enquête qui va chambouler sa vie et voir ce grand-oncle sous un autre angle...
Je ne sais pas si cette histoire est vraie ou si c'est une fiction ou si c'est peut-être un mélange des deux. Je suis passée par plusieurs sentiments : de vouloir savoir que s'est il passé vraiment, de la lassitude et aussi la découverte une partie de l'histoire : la guerre civile espagnole dont j'ignore quasiment tout. La lassitude est lié au fait que j'ai trouvé certains passages trop longues, trop détaillés. Cela me freinait dans ma lecture.
Je suis contente de ma découverte et malgré quelques longueurs j'ai passé un bon moment de lecture.
Challenge Multi-défis
Challenge Riquiqui
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brigittelascombe
  22 février 2012
La fête de l'ours dont le tître se rapporte à la fête de Prats-de-Mollo basée sur une légende d'ours dévorateur et de bergère non dévorée, ne prend sa signification qu'en fin de livre.
Cruel suspense!!!
C'est au coeur de cette fête que le narrateur Jordi Soler lui-même(écrivain consterné lors d'une "causerie publique" par les révélations d'une "étrange femme" sur la véracité des faits de son dernier roman) aboutira (après enquête) sur les traces de son grand-oncle, Oriol "soldat républicain" porté disparu (en héros) en 1939, alors qu'il tentait de franchir les Pyrennées avec un groupe de blessés (comme lui) pour fuir "l'armée franquiste qui bombardait du ciel".
J'ai remonté ma note de trois étoiles me sentant injuste et en voulant (!!) à l'auteur de toucher au tabou du mythe du héros.
C'est un peu ça le sujet du livre, comme ce petit-neveu admiratif,nous nous construisons nos propres repères,inventons nos légendes, croyons en nos dieux ou à un seul, et je me suis dit que si ce roman m'avait à ce point dérangée c'est qu'il était bon.
Que savons nous de nos propres frontières? de notre part d'animalité? Lorsque désespoir,souffrance et amputation sont au rendez-vous, la traversée du miroir, n'est-elle pas une lente descente aux enfers? Les diables bannis ne créent-ils pas d'autres diables, incapables de voir la poutre enflammée qui obstrue leurs yeux de bons pensants?
Un roman autobiographique de Jordi Soler (écrivain mexicain axé sur l'exil et la mémoire familiale) bien écrit, poignant et déroutant, avec ces mots "on sait" qui reviennent en vrille, obsédants comme pour s'accrocher à des pans d'histoire qui s'effritent à chaque pas.
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veroherion
  15 février 2015
"Parce qu'il n'y avait personne
dans la montagne
Sauf les dernières étoiles
Et l'air était un immense cauchemar".
A l'écart de la seconde guerre mondiale et à l'écart de tout, dans la montagne, un homme, Oriol, que tout le monde croyait mort a vécu une toute autre histoire que celle qu'on lui avait bâtie sur base de rares témoignages.
Son petit-neveu mène une enquête longue et douloureuse pour découvrir la vérité sur cet homme qu'il croyait pianiste, soldat républicain fuyant le régime franquiste.
Tout le livre retrace cette recherche de l'autre, avec ses gifles et ses déconvenues, ses rencontres touchantes ou glaciales.
J'ai tout de suite été séduite par l'épigraphe de ce roman. Et si, par moment j'ai trouvé l'enquête un peu poussive, les descriptions des événements marquants un peu longues, en fermant le livre, cette épigraphe a apporté un nouveau regard à cette histoire, un éclairage un peu différent, un peu de compréhension à l'égard d'Oriol.
C'est une sensation étrange d'apprécier un livre pour le choix d'une citation, mais c'est ça aussi, la magie de la littérature et le fait qu'on ne s'en lasse jamais.

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critiques presse (1)
Lexpress   12 mai 2014
Le romancier s'y entend plus que jamais, dans ce troisième volet consacré à sa très riche histoire familiale, pour mêler en majesté fiction et réalité, fantaisie et mémoire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   30 janvier 2021
Quizà sea el momento de asumir que es un poco artero de juzgar cualquier cosa a siete décadas de distancia, desde el siglo XXI, juzgar una situación que no he experimentado nunca, la de perderlo todo en una guerra, una línea que se dice fàcil y que de tanto decirla ha perdido su hondura y su calado; con la de guerras que hay en todo el mundo, con la de ensayos y novelas y películas que existen sobre la Guerra Civil, todas llenas, estofadas y engordadas por la frase, mil veces repetida, “perderlo todo en una guerra” y sin embargo, en cambio, y a pesar de todo, basta deternerse un momento, abstraerse un segundo para captar que esa línea es grave, dura y determinante y que es capaz de trastocar a un individuo, de volverlo loco.

Peut-être est venu le moment d’assumer qu’il est un peu prétentieux de juger à 70 ans de distance, depuis le XXIème siècle, une situation que je n’ai jamais eu à vivre, celle de tout perdre dans une guerre, une phrase qu’il est facile de dire et qu’à la dire tellement de fois, elle a perdu de sa profondeur et de son essence; avec toutes les guerres qu’il y a dans ce monde, avec tous les essais, romans et films sur la Guerre Civile Espagnole, tous pleins à ras bords de cette phrase, mille fois répétée de “tout perdre dans une guerre”, et pourtant, malgré cela, il suffit de s’y arrêter un instant, d’y penser une minute pour se rendre compte de la gravité et du dramatisme de ces quelques mots, capables de faire perdre la tête à quelqu’un, de le rendre complètement fou.
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genougenou   19 juin 2013
On sait que depuis plusieurs semaines Oriol avait des éclats de grenade dans une fesse, et que sa blessure, soignée à la va-vite par un médecin au milieu du champ de bataille, était à mi-chemin entre la putréfaction galopante et la gangrène, état propice à la fièvre permanente et au délire, et bien peu adapté à un bombardement : c'était presque le comble du malheur, car la guerre était perdue et Oriol ne désirait plus que passer en France pour se mettre à l'abri des représailles de l'armée franquiste qui les bombardait du ciel et qui sur terre était sur leurs talons. Le plus facile pour lui aurait peut-être été de s'accrocher à sa première pensée, de reconnaître que ses chances de survivre étaient minces, et tout simplement de se rendre, de s'abandonner, de cesser de se consumer devant un avenir bref et pauvre, un avenir qui n'irait probablement pas au-delà de la bombe suivante, et de toute façon, acculé comme il l'était par les explosions et l'embrasement colérique, se faire des illusions était inutile et inopportun. On sait qu'Oriol, voyant la guerre perdue, avait laissé sa femme à Barcelone et que, cherchant à quitter l'Espagne, il avait erré de-ci de-là avec son frère jusqu'au moment où, sa blessure le faisant de plus en plus souffrir, il avait accepté d'être interné dans ce baraquement où il récupérait avec quatre-vingt-quinze autres soldats républicains, prostrés sur des lits semblables au sien, ou à même le sol, affligés de blessures et d'infirmités diverses, certains amputés d'un membre, manchots, boiteux, borgnes, désastreux bataillon de soldats grièvement blessés et moribonds. On sait que ces soldats n'avaient presque pas de médicaments, que personne n'aurait la moindre commisération pour eux, et on sait aussi qu'il y avait un médecin qui faisait ce qu'il pouvait et qui, dès le premier bombardement, après ces râles de lumière qui grimpaient le long des murs et plongeaient les soldats dans le désespoir, leur avait promis qu'un car viendrait les chercher pour les emmener dans un hôpital en France, où ils seraient à l'abri des représailles et pourraient guérir grâce à une équipe de médecins à la hauteur de leur malheur, un peloton blanc, soigné et souriant qui, vu de cette clinique improvisée et infecte, ressemblait à une hallucination.
+ Lire la suite
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kathelkathel   05 novembre 2011
On sait qu'Oriol, voyant la guerre perdue, avait laissé sa femme à Barcelone et que, cherchant à quitter l'Espagne, il avait erré de-ci de-là avec son frère jusqu'au moment où, sa blessure le faisant de plus en plus souffrir, il avait accepté d'être interné dans ce baraquement où il récupérait avec quatre-vingt-quinze autres soldats républicains, prostrés sur des lits semblables au sien, ou à même le sol, affligés de blessures et d'infirmités diverses, certains amputés d'un membre, manchots, boiteux, borgnes, désastreux bataillon de soldats grièvement blessés et moribonds. On sait que ces soldats n'avaient presque pas de médicaments, que personne n'aurait la moindre commisération pour eux, et on sait aussi qu'il y avait un médecin qui faisait ce qu'il pouvait et qui, dès le premier bombardement, après ces râles de lumière qui grimpaient le long des murs et plongeaient les soldats dans le désespoir, leur avait promis qu'un car viendrait les chercher pour les emmener dans un hôpital en France, où ils seraient à l'abri des représailles et pourraient guérir grâce à une équipe de médecins à la hauteur de leur malheur, un peloton blanc, soigné et souriant qui, vu de cette clinique improvisée et infecte, ressemblait à une hallucination.
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genougenou   19 juin 2013
Novembre avait étendu par terre les deux corps, celui d’Oriol et celui de la chèvre, puis avait fait du feu dans la che­mi­née. De la même façon que mon grand-oncle se défit dans cette mai­son de son iden­tité, Novembre réorienta la sienne. Après ce sau­ve­tage, il lui sem­bla qu’en plus de s’occuper de ses chèvres il pou­vait sau­ver des gens per­dus dans la mon­tagne, et avec cette naï­veté, sans autres éléments que ceux qu’il avait sous le nez, il entre­prit de le faire.
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raton-liseurraton-liseur   13 octobre 2011
En réalité, on peut faire très peu de chose contre l’oubli, ériger un monument, apposer une plaque, écrire un livre, organiser une causerie et à peine plus, ce qui est naturel, justement étant d’oublier, et sur ce point, et à ce moment de l’histoire que je raconte, je me demande : et si tout ce qui se rapporte à cette putain de guerre et à ses séquelles n’était qu’un poids mort ? (p. 37, Chapitre 2).
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