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ISBN : 2851810464
Éditeur : L'Arche (13/06/1997)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Coll. "Répertoire pour un théâtre populaire". Vol. n°50. Texte français de Carl-Gustaf Bjurström et Georges Perros. Pièce de chambre. Opus 1
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
  25 novembre 2012
Le Monsieur est un vieil homme solitaire… Il évolue à l'intérieur d'une sphère réduite à son plus strict minimum : sa domestique Louise le seconde dans les tâches de la vie courante ; il échange parfois quelques mots avec son voisin le Pâtissier, qu'il croise en sortant de l'immeuble ; enfin, il reçoit parfois la visite de son frère, ce qui constitue pour lui les rares occasions où il accepte de pointer son nez à l'extérieur de son appartement.

« […] la solitude a du bon et du mauvais, mais quand personne n'exige plus rien de vous, on a sa liberté. La liberté d'aller et venir, de penser et d'agir, de manger, de dormir à sa guise. »

Toutefois, le Monsieur n'est pas aussi esseulé qu'il veut bien le laisser croire… Même, il a beau affirmer chérir sa solitude, comme pour se persuader de l'impossible : en réalité, il ne la supporte pas. Tout seul devant son plateau de jeu d'échecs, il appelle véhément et réclame un partenaire de jeu : Louise, le pâtissier, son frère… n'importe qui fera l'affaire. C'est que le Monsieur est resté seul trop longtemps, dans une longue période qui a succédé à des années de bonheur avec sa femme, Gerda, et leur petite fille. Orage nous apprendra peu à peu les raisons qui ont interrompu ces belles années. Les comportements des personnages, à l'issue de ce premier drame rapporté, seront l'occasion de dresser un premier portrait peu flatteur de l'humanité. Mais ce ne sera pas le dernier…

La solitude du Monsieur ressort peut-être encore plus cruellement depuis que ses voisins de l'étage supérieur sont morts et que leur a succédé une famille mystérieuse qui ne s'éveille qu'à la tombée de la nuit pour s'emporter dans des ballets tapageurs –joyeux ou tragiques ? La vie intense qui semble animer ces nouveaux voisins impose un contraste cruel à la routine calme –sereine ou ennuyeuse ?- qui caractérise le quotidien du vieux Monsieur. Cette agitation, qui se traduit chez lui en un bruit de fond incessant, rappelle les premiers roulements de tonnerre de l'orage

Cette pièce courte ne constitue sans doute pas le texte idéal par lequel aborder l'oeuvre d'August Strindberg. Elle cumule de grandes qualités –profondeur psychologique des personnages, intérêt dramatique, qualité des personnages secondaires- mais elle est extrêmement brève et se termine si rapidement qu'elle laisse le lecteur dans un sentiment de frustration peu agréable… Mais il ne s'agit là, bien sûr, que d'un signe du talent que nous laisse apercevoir August Strindberg, et nous donne envie de nous précipiter bientôt sur un texte plus consistant de son oeuvre…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Pachy
  23 juin 2014
Stindberg est un auteur de la fin du XIXe (1849-1912). Cinq ans auparavant (1907) il publie « Orage » qui fait partie de ce qu'il appelait le « théâtre intime ».
L'histoire est celle d'un orage qui va éclater sous peu mais qui finalement ne sera qu'une ondée passagère. « le Monsieur » s'est retiré de la vie comme, se retirant à l'écart après ce qui fût un drame intérieur : laisser femme et enfant rejoindre une vie qui ne sera plus la sienne. Lui se contentera de la solitude, les oubliant volontairement, dans un décor inchangé seulement accompagné de Louise et n'ayant de contact qu'avec son frère, consul, et le pâtisser proche qui sont ses seuls interlocuteurs. Mais ce rapport avec la solitude n'est-il pas qu'une force de façade qui masque la profondeur de l'homme ?
Il y a aussi ce Fisher, un aventurier, qui n'est autre que le compagnon de Gerda, que son ex femme a suivi. Quand ils vont se manifester au « Monsieur », l'orage est menace.
Alors quand on s'intéresse de plus près à Strindberg, l'auteur, on s'aperçoit que cette histoire est très autobiographique ayant lui-même vécu la même histoire.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   02 décembre 2012
LE MONSIEUR. – Il y a bien longtemps que vous n’êtes pas venu dans cet appartement, monsieur Starck ?
LE PÂTISSIER. – Oui, il y a juste dix ans !
LE MONSIEUR. – Vous nous aviez apporté le gâteau de mariage… Rien de changé ?
LE PÂTISSIER. – Absolument rien… Le palmier a poussé, bien sûr, mais à part ça, rien de changé…
LE MONSIEUR. – Et rien ne changera, jusqu’à ce que vous apportiez le gâteau de l’enterrement. A partir d’un certain âge, plus rien ne change, tout se fige, on n’avance plus que comme un traîneau sur une pente…
LE PÂTISSIER. – C’est vrai !
LE MONSIEUR. – Et comme ça, on est bien tranquille… Pas d’amour, pas d’amis, un peu de compagnie seulement pour distraire la solitude ; et alors les hommes ne sont plus que des hommes, ils n’ont plus aucun droit, ni à vos sentiments ni à vos sympathies ; on se détache tout doucement, comme une vieille dent, et on tombe, sans douleurs, sans regrets.
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colimassoncolimasson   08 décembre 2012
GERDA. – Ai-je vieilli ?
LE MONSIEUR. – Je ne sais pas. Il paraît qu’au bout de trois ans, pas un atome de notre corps n’est resté le même, et qu’en cinq ans, tout a été renouvelé ; c’est sans doute pourquoi vous qui êtes là, vous n’avez aucun rapport avec celle qui était assise ici et souffrait… Je peux à peine vous tutoyer, tant vous m’êtes étrangère.
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colimassoncolimasson   30 novembre 2012
LOUISE. – C’est mauvais de rester trop longtemps dans les vieux souvenirs.
LE MONSIEUR. – Pourquoi ? Quand le temps a passé, ils sont tous beaux…
LOUISE. – Mais Monsieur peut encore vivre vingt ans, c’est beaucoup pour s’installer déjà dans des souvenirs qui s’estomperont, et qui finiront même par changer de couleur.
LE MONSIEUR. – Comme vous êtes savante, mon enfant ! Bon, commencez, déplacez un pion. Mais pas la reine. Vous seriez mat en deux coups.
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colimassoncolimasson   28 novembre 2012
LE FRERE. – Je crois que tu vis dans une profonde erreur…
LE MONSIEUR. – Laisse-moi continuer à y vivre, mon frère : une conscience pure, ou relativement, a toujours été pour moi comme un scaphandre qui me permettait de descendre dans les profondeurs, sans étouffer.
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colimassoncolimasson   16 décembre 2012
LE MONSIEUR. – Pauvre Gerda ! Dans des cas pareils, on n’a pas le droit de leur dire, aux hommes, qu’il y a une justice, une justice qui venge les affronts…parce qu’ils mentent quand ils disent qu’ils aiment la justice. Et il faut y aller doucement, avec leur saleté !
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Videos de August Strindberg (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de August Strindberg
Rencontre Télérama : Juliette Binoche / Qu'est-ce qu'être actrice ? .Extrait d'une rencontre Télérama avec l'actrice Juliette Binoche, animée par Fabienne Pascaud, le 9 février au Théâtre du Rond-Point à Paris. Elle aime prendre des risques. Peindre ou danser, passer du cinéma au Théâtre? Juliette Binoche est une de nos comédiennes les plus bosseuses et les plus inspirées. Qu?elle incarne en scène La mouette de Tchekhov, Mademoiselle Julie de Strindberg ou bientôt Antigone de Sophocle, celle qui fut au cinéma l?admirable amante du Pont-Neuf de Léos Carax et Camille Claudel de Bruno Dumont possède la grâce tourmentée des plus grandes artistes. Et des rôles les plus tragiques. Elle cherche, quête, et trouve le plus souvent. Elle accepte ce soir de nous faire partager quelques-uns de ses chemins? Pour suivre nos vidéos, abonnez-vous à la chaîne Télérama ou rejoignez-nous sur : https://www.facebook.com/Telerama https://twitter.com/Telerama?
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