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ISBN : 2072706521
Éditeur : Gallimard (14/06/2018)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Quand le prix Nobel fut décerné en 1996, le nom de Wislawa Szymborska n'était pas, c'est le moins que l'on puisse dire, très familier aux lecteurs de poésie, excepté dans sa Pologne natale. Cette reconnaissance soudaine était à la fois surprenante et justifiée. Surprenante car Szymborska s'était toujours tenue résolument à l'écart de toute scène publique ou médiatique, mais justifiée tant son oeuvre apparaissait singulière, sans équivalent, réussissant le rare prodi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
DanD
  29 décembre 2018
Wislawa Szymborska.
Ce n'est qu'apres une premiere visite des poemes de ce recueil que j'ai lu son discours a l'academie Nobel. Et j'ai aime son leitmotiv: "je ne sais pas". Sa modestie, la naivete avec laquelle elle veut capter le monde.
Retournant aux poemes, sa modestie saute aux yeux, mais je l'ai sentie beaucoup moins candide, beaucoup moins innocente qu'une premiere et seule lecture pourrait faire croire. Elle sait en fait enormement de choses. Mais elle n'arrete pas de les reinterroger, de les remettre en question, de se remettre, elle, en question. D'interpeller sa societe, sa culture. de reinventer le monde, de l'interpreter de nouveau.
"J'invente le monde, une edition
nouvelle, revue et corrigee,
a faire rire les idiots,
pleurer les melancoliques,
a faire peigner les chauves
et siffler dans un violon."
Non, elle n'est pas naive:
"Il y a assietes, mais aucun appetit.
Il y a anneaux, pas d'amour en retour.
Et tout cela depuis trois siecles et demi.
Bon, l'eventail - mais ou est la chaleur?
Oui, des epees - mais ou est le courroux?"
Il y a de la force dans cette grande personne qui a le courage de continuer a poser la sempiternelle question enfantine: pourquoi? D'autres, se cantonnant dans une certaine rationnalite, demanderont: comment? Mais elle est poete, elle ne sait pas comment, ou c'est moins important pour elle. Elle n'est pas aveugle, oh non, elle en a vu des choses:
"Le sexe se consomme, les secrets se consument,
dans la similitude se croisent les differences,
comme dans le blanc toutes les couleurs se fondent."
Derriere l'apparente naivete, derriere la simplicite du propos, se cache un malicieux questionnement de la realite. Une mise en question permanente. Et pas mal de critiques. Si a une premiere lecture j'ai ete charme par la fraicheur, par la candeur de la pensee, la deuxieme m'a ete bouleversante, et j'ai cru y voir un requisitoire contre le siecle qu'elle a vecu. Avec des pointes d'ironie, avec un certain sourire, mais un requisitoire quand meme. Comme le titre de ce livre l'indique: de la mort, mais sans exagerer. En y melant la vie.
Je vais ranger ce recueil a portee de main. Pour le reprendre a l'occasion. Qui sait ce que m'apportera une nouvelle relecture?

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sabine59
  28 février 2019
C'est une vision très large du talent poétique de cette auteure polonaise, prix Nobel de littérature en 1996, qui est offerte à travers ce recueil, les textes s'échelonnant entre 1957 et 2009, soit trois ans avant son décès.
Pour moi, ce fut une découverte progressive, j'y suis revenue plusieurs fois , mais quand le contact avec ses mots a été établi, j'ai apprécié l'originalité , le ton unique des poèmes.
Déjà, le titre semble une boutade. De mort, il est effectivement beaucoup question, celle des torturés, des prisonniers, des proches aussi. Mais sur le mode décalé. De l'humour, assez désabusé, de la dérision très souvent jaillissent des vers:
" Quand je prononce le mot Avenir,
sa première syllabe appartient déjà au passé. "
Et dans le dernier poème du recueil, " Nous pas lire", elle fait une critique très drôle et juste de notre société-zapping:
" Pour le Proust, à la librairie
te donnent pas de télécommande
pas moyen de zapper."
Cependant cette distanciation un brin ironique n'empêche pas l'émotion de poindre, au détour d'un vers, notamment lorsqu'elle évoque son amant disparu:
" Je n'en veux pas au printemps
d'être à nouveau venu,(...)
Je comprends que mon chagrin
n'arrêtera pas la verdure."
Observatrice perspicace du monde qui l'entoure, malicieuse philosophe , Wislawa Szymborska a développé tout au long de sa vie une poésie riche, complexe, singulière et fort attachante.
Elle disait, dans son discours pour le prix Nobel:" Mais dans la langue de la poésie, où chaque mot est soigneusement pesé, rien n'est jamais ordinaire ni normal." Ses textes sont bien en osmose avec ces paroles...
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Wozniaksandy
  19 mai 2018
Vous cherchez une poésie distante et ironique, mais d'une extrême sensibilité, révoltée, grinçante, mais jamais amère, simple et limpide. Lisez la poésie de Wislawa SZYMBORSKA!
Wislawa Szymborska arrive à allier l'esthétique, la philosophie et la cohérence dans une oeuvre d'une extrême maturité. Elle ajoute à son talent, une note d'humour avec des jeux de mots pour mieux faire ressortir les idées qu'elle veut exprimer.
La plupart de ces poèmes sont remplis d'une sensibilité émouvante sans jamais être excessive et analyse les situations avec beaucoup de finesse. Wislawa Szymborska parle de métaphysique sur le mode de la plaisanterie, de relations, de l'importance de la place des choses, de leur immuabilité utopique, du sens qu'elles transportent, du sentiment de déception dans l'attente de l'inconnu…
Wislawa Szymborska plaisante et nous détend tout en abordant des pensées très sérieuses. Jamais pessimiste, parfois ironique, elle respecte l'individu sans jamais sombrer dans le désespoir. C'est une poésie de l'équilibre et du sublime, toute en finesse avec une force poétique incroyable.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
krzysvancokrzysvanco   20 février 2019
Nous pas lire

Pour le Proust, à la librairie,
te donnent pas de télécommande,
pas moyen de zapper
pour un match de football
ou un jeu où on gagne des Volvo.

Nous vivons plus longtemps,
mais moins scrupuleusement,
et en phrases beaucoup plus courtes.

Nous voyageons plus vite, plus souvent et plus loin,
et rentrons sans souvenirs, mais avec cartes mémoire..
C’est moi avec mon mec.
Là c’est mon ex je crois.
Et là tout le monde à poil,
donc à la plage, mais où.

Sept volumes, pitié.
Y a pas ça en plus court ?
Ou alors, encore mieux, en images ?
Y avait à la télé un truc, Marius, Fanny...
Mais ma belle-sœur me dit que c’est un autre Marcel P.

Et d’ailleurs, entre nous, c’est qui, votre Marcel.
Il a passé sa vie au lit, à gribouiller.
Une feuille après l’autre,
à pied, clopin-clopant.
Et nous , en cinquième vitesse,
touchons du bois, bien portants.
+ Lire la suite
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krzysvancokrzysvanco   20 février 2019
Trois mots étranges

Quand je prononce le mot Avenir,
sa première syllabe appartient déjà au passé.

Quand je prononce le mot Silence,
je le détruis.

Quand je prononce le mot Rien,
je crée une chose qui ne tiendrait dans aucun néant.
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sabine59sabine59   09 octobre 2018

Hirondelle, épine du nuage,
ancre de l'air
Icare perfectionné
queue-de-pie en assomption!

Hirondelle, calligraphie,
aiguille sans les secondes,
gothique pré-volatile,
strabisme de l'azur
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coco4649coco4649   24 juillet 2018
MOUVEMENT


Toi tu pleures, eux ils dansent
Eux ils dansent dans ta larme.
Eux ils jouent, eux ils s’amusent,
Eux, n’en savent rien du tout.
On dirait, miroirs scintillent,
On dirait, bougies grésillent.
Est-ce arcades, balustrades ?
Manches blanches, gestes lestes ?
Deux H fricotent avec O.
Coquins chlorure et sodium.
Danse en rond, azote fripon.
On remonte, on redescend,
sous la coupole virevoltant.
Toi tu pleures, ça leur plaît.
Eine kleine Nachtmusik.
Qui es-tu mon joli masque.
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sabine59sabine59   28 février 2019
D'un regard il me fit plus belle,
et je pris cette beauté sans remords.
Heureuse, j'avalai une étoile.

S'il veut bien, qu'il me réinvente
à l'image de mon reflet
dans ses yeux. Je danse, je danse
dans les flots de mes ailes soudaines.
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Videos de Wislawa Szymborska (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Wislawa Szymborska
Wisława Szymborska – Remerciements. lu par Laurent Keller
Remerciements
Je dois beaucoup à ceux dont je ne suis pas amoureuse.
Le soulagement d’apprendre que d’autres ils sont plus proches
La joie de ne pas être le loup de leurs agneaux.
La paix vient avec eux, et la liberté, choses que l’amour ne saurait donner, ni prendre au demeurant.
Je ne les attends pas de la porte à la fenêtre. Patiente tel un cadran solaire, prête à comprendre ce que l’amour ne saurait comprendre, à pardonner ce que l’amour ne pardonnerait jamais.
D’une lettre à une rencontre s’étale non pas l’éternité, mais quelques jours tout bêtes, ou quelques semaines.
Avec eux les voyages sont réussis, les concerts bien entendus, les cathédrales bien visitées, et les paysages bien distincts, et lorsque des terres et des océans nous séparent, il s’agit d’océans et de terres bien connus de la géographie.
C’est à eux que je dois de vivre en trois solides dimensions dans un espace non lyrique, et non rhétorique doté d’un horizon réel, mobile, comme il se doit.
Ah ils ignorent sans doute combien ils m’apportent dans leurs mains vides.
« Je ne leur dois rien du tout » dirait l’amour à ce sujet ouvert. (Radio Grille Ouverte, Poésie en ballade, Diffusé le 15/11/2016)
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