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Michèle Bouchet-Forner (Traducteur)
ISBN : 2266096567
Éditeur : Pocket (07/06/1999)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 36 notes)
Résumé :


Le Rub-al-Khali, Les Sables, l'Empty Quarter, le Royaume du vide : le Désert des déserts, 1 300 kilomètres sur 800 de dunes rouges, orange, collines escarpées, falaises entrecoupées de vallées blanches, givrées par le sel.

Dans les années de l'immédiat après-guerre, un homme s'y aventure par deux fois, traverse ce territoire interdit de bout en bout. Fils d'un ambassadeur britannique, élevé en Éthiopie, Thesiger ne s'est jamais adapté... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Corboland78
  29 mars 2012
Wilfred Thesiger (1910 - 2003) était un explorateur et un écrivain britannique. Il est surtout connu pour ses descriptions des peuples nomades africains et asiatiques.
Son ouvrage, le Désert des Déserts est sous-titré « Avec les Bédouins, derniers nomades de l'Arabie du Sud ». Il s'agit du récit de ses deux expéditions pour cartographier le sud de l'Arabie entre 1945 et 1950. Des milliers de kilomètres parcourus à dos de chameaux, à travers les dunes et déserts de sable, accompagné de quelques Bédouins fidèles, partageant avec eux joies et souffrances quand la nourriture et l'eau venaient à manquer.
Seul un amoureux fou du désert pouvait se lancer dans une telle aventure et Wilfried Thesiger l'était assurément. Même si le lecteur ne se sent pas apte à dupliquer l'exploit, il peut en comprendre les motivations quand l'auteur écrit « Dans le désert, j'avais fait l'expérience d'une liberté impossible dans le monde civilisé, d'une vie allégée de tout bien personnel et appris qu'en fait ce qui n'est pas de première nécessité encombre. »
Si le voyage vous tente, vous saurez tout sur la vie des Bédouins et vous en apprendrez énormément sur les chameaux. L'origine du tam-tam arabe vous sera révélée, coutumes et us des tribus n'auront plus de secrets pour vous.
Mais Thesiger ne devra pas seulement faire avec les particularités des autochtones, il devra aussi déployer des talents de fin politique et des ruses dignes de Sioux, pour passer outre (d'eau fraîche !) les interdictions de circuler dans certaines zones ou slalomer entre les tribus rebelles pour parvenir à ses fins. Bien entendu on songe à Lawrence, mais c'est un compliment.
Un texte très moderne aussi car Thesiger qui ne voyage qu'à dos de chameau, devine déjà les conséquences induites par les forages pétroliers, de l'arrivée proche de voitures et avions dans la région sur le mode de vie des nomades : « des forces économiques échappant totalement à leur contrôle, finiraient par les condamner à vivre dans les villes où, « main-d'oeuvre non spécialisée », ils rôderaient sans espoir le long des rues ».
Un très beau texte écrit par un Européen de nationalité, mais Bédouin de coeur, ayant vécu au plus près de ces hommes, en parfaite harmonie avec la nature, même quand elle se montrait hostile de prime abord.
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GabySensei
  06 décembre 2011
Wilfred Thesiger est l'un des plus grands explorateurs du XX ème siècle. Et pour notre plus grand bonheur c'est aussi un écrivain remarquable.
Dès les première lignes du livre on comprend que l'on entre les mains un livre qui "restera". Chaque mot fait sens et se nourrit de la grande expérience de l'auteur. Il nous raconte plusieurs années d'exploration dans les déserts de la péninsule arabique juste après la deuxième guerre mondiale. Il avait été mandaté par la société royale de géographie afin d'étudier la reproduction des criquets. Mais il s'agit d'un alibi qui va très vite se perdre dans les sables car Thesiger est beaucoup plus intéressé par les hommes. A l'époque, la civilisation occidentale n'avait que très peu pénétrée ces contrées. Il nous fait découvrir ces bédouins du désert qui vivent de la même manière depuis la nuit des temps et qui, sous l'action inspirée de Mahomet ont été à "l'origine d'un des plus grands ébranlements de l'histoire humaine".
Ce livre bien qu'édité dans une collection d'éthologie se dévore comme un excellent roman d'aventure.

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Nicolosette
  23 février 2017
Vivant moi-même en Arabie Saoudite et adorant les récits de voyageurs j'ai vraiment apprécié ce récit qui se lit comme un roman d'aventure. J'ai admiré l'enthousiasme, l'endurance de l'auteur ,son empathie pour ce peuple de bédouins,il m'a fait découvrir un monde qui n'existe plus ce dont il avait la prescience.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
dominette8863dominette8863   13 janvier 2019
Nous faisions boire nos chameaux assoifés à un puits qui ne débitait que quelques litres d'eau à l'heure, lorqu'il apparut. Il nous proposa immédiatement son aide et travailla, en vérité, jour et nuit pendant deux jours. Son pagne rouge vif et ses longs cheveux sur ses épaules nues le distinguaient de tous les autres.
Le lendemain, il déclara qu'il voulait me suivre. Les cheikhs Rashid me conseillèrent d'accepteret de confier au garçon le soin de mes affaires. Quand je lui demandais de se procurer un chameau et un fusil, il dit en souriant qu'il trouverait les deux et il en fut ainsi.
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enkidu_enkidu_   21 avril 2018
Seuls les Bédouins sont capables de vivre dans les déserts qui couvrent la majeure partie de l’Arabie. Les autres Arabes se sont installés dans les rares endroits où il est possible de vivre de la culture de la terre. A l’exception de quelques serfs et de la populace de certaines grandes villes, tous ces Arabes sont membres de tribus. La plupart d’entre eux vivent au Yémen, cette fertile région d’Arabie que les Romains appelaient Arabia Felix, et qui est, peut-être, le berceau de la race sémitique. Les Arabes eux-mêmes font une distinction entre les « Arab al Araba », ou Arabes purs, qui prétendent descendre de Qahtan, ou Joktan, et sont originaires du Yémen, et les « Arab al Mustaraba », ou Arabes d’adoption, qui descendent d’Adnan, lui-même descendant d’Ismaël, et sont originaires du Nord. Les spécialistes européens ont confirmé l’existence de deux races en Arabie, les Arabes du Sud, à la tête ronde, et les Arabes du Nord, à la tête allongée ; mais toutes deux vivent en Arabie depuis les premiers âges. Coupés du monde extérieur par le désert et par la mer, les habitants de l’Arabie ont conservé la pureté de leur race. Les pays avoisinants, l’Égypte, la Syrie, et l’Iraq, ont été de grandes voies d’invasion, mais on ne trouve pas trace de pénétration dans la péninsule Arabique. Certes, les Éthiopiens, les Perses, les Égyptiens et les Turcs ont périodiquement essayé d’imposer leur loi au Yémen, à Oman, au Hedjaz et même au Nedjd. Ils ont occupé les grandes villes et se sont lancés, souvent sans succès, dans des guerres intermittentes contre les tribus. Certes, leurs mercenaires ont laissé des descendants dans les villes de garnison, mais jamais ils n’ont mêlé leur sang à celui des membres des tribus. Aucune race au monde ne fait aussi grand cas de son lignage et aucune n’a su garder son sang aussi pur. Bien sûr, dans les villes, en particulier dans les ports, d’autres sangs se sont mêlés au sang arabe, mais cela ne représente guère qu’un peu d’écume sur les rives du désert.

Tout en cheminant, je songeais qu’il n’existait une telle continuité nulle part ailleurs que dans le désert d’Arabie. Ici, des nomades de race sémitique, ressemblant à mes compagnons, avaient dû garder leurs troupeaux bien avant que les Pyramides ne fussent construites ou que le déluge n’effaçât toute trace humaine dans la vallée de l’Euphrate. Sur tout le pourtour du désert, les civilisations qui se succédèrent connurent la grandeur, puis la décadence : les Minéens, les Sabéens et les Himyarites au sud de l’Arabie ; l’Égypte des Pharaons ; Sumer, Babylone et l’Assyrie ; les Hébreux et les Phéniciens ; les Grecs et les Romains ; les Perses ; l’Empire musulman des Arabes, et enfin, les Turcs. Ces civilisations durèrent quelques siècles, ou plusieurs milliers d’années, puis elles s’effondrèrent ; de nouvelles races apparurent, puis disparurent ; des religions surgirent, puis tombèrent en désuétude ; les hommes, tentant de s’adapter à un monde changeant, se transformèrent ; mais dans le désert, les tribus nomades continuèrent à vivre selon un mode et un rythme de vie quasiment inchangés, au cours de ces millénaires.
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Corboland78Corboland78   29 mars 2012
Nous étions quatre à avancer depuis un mois avec des ressources très modestes - peu d'eau et encore moins de nourriture. L'un de nous a eu la chance de tuer un lièvre. Nous discutâmes longtemps de la manière dont il fallait l'accommoder. Finalement, nous avons trouvé un puits et nous l'avons préparé. Ce fut long et mon impatience allait croissant. Soudain, au moment de s'attaquer au lièvre, nous avons vu surgir quatre Bédouins. Nous les avons accueillis, nous leur avons offert du café et des dattes. Et comme ils n'avaient pas mangé de viande depuis plusieurs mois, le lièvre leur fut donné. Nous n'en avons pas mangé un seul morceau. Pour mes compagnons, c'était normal puisque les nouveaux arrivants étaient nos hôtes.
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Cielo1984Cielo1984   25 mai 2013
Ce que je cherchais, à travers les épreuves qu'impose l'exploration des déserts et au contact des peuples qui les habitent, c'est la paix de l'âme. Certes, j'avais assigné un but à chacun de ces voyages, mais il n'avait en soi que fort peu d'importance. (…) Non, ce n'est pas le but qui importe, mais le chemin qu'on accomplit pour l'atteindre, et, plus le parcours est difficile, plus le voyage a de prix. (…) Mon hostilité à l'égard des inventions modernes tient peut-être précisément à ce qu'elles rendent les choses trop faciles. (…) Pour ma part, je n'aurais guère aimé traverser le Désert des déserts en automobile. Heureusement, cela était impossible à l'époque où j'entrepris mes voyages, car franchir les Sables à dos de chameau, alors que cela pouvait se faire en voiture, aurait réduit l'aventure à un simple exploit sportif. ».
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liberligerliberliger   02 novembre 2012
Non, ce n'est pas le but qui importe, mais le chemin qu'on accomplit pour l'atteindre, et, plus le parcours est difficile, plus le voyage a de prix. Qui oserait prétendre qu'il est moins exaltant d'escalader une montagne que d'arriver au sommet par le funiculaire ? Mon hostilité à l'égard des inventions modernes tient peut-être précisément à ce qu'elles rendent les choses trop faciles.
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