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ISBN : 2747087158
Éditeur : Bayard Jeunesse (19/09/2018)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Chaque printemps, depuis plus de dix ans, Eric, le parisien, passe une semaine au Maroc dans la vallée idyllique du Dadès, au sein de sa famille de cœur. Il partage des moments chaleureux avec Kenza et ses jumeaux de 14 ans, Mehdi et Lilia. Eric est un peu le père que ces derniers, qui ont grandi sous le signe de l’amour, du rire et de la liberté, n’ont jamais eu. Mais cette année, Eric trouve l’atmosphère pesante. Un nouvel imam est arrivé, et tous les prétextes so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Roggy
  06 octobre 2018
Je remercie Babelio et les éditions Bayard jeunesse pour l'envoi de ce livre.
Les couleurs chatoyantes du Maroc et la douceur de vivre dans un petit havre de paix créent une belle atmosphère. Une intéressante palette de personnages pleins de vie partage leurs désirs, leurs rêves, mais aussi leurs difficultés.
Progressivement Ingrid Thobois dirige la narration vers des thèmes comme la montée de l'extrémisme, la condition de la femme, l'exploitation des enfants et le rêve migratoire des jeunes qui désirent quitter leur terre natale pour tenter la vie de l'autre côté de la mer.
C'est un récit actuel et plein d'humanité, traité de manière simple mais riche et émouvant qui ravira jeunes et moins jeunes !
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frconstant
  02 octobre 2018
« Comme on brûle un feu rouge, brûler la mer, en d'autres termes, la traverser : gagner l'Europe, clandestinement. […] Quatorze kilomètres, c'est peu et beaucoup à la fois. C'est peu si tu as l'argent pour prendre le ferry. C'est beaucoup quand tu dois ramer de nuit dans les eaux noires du détroit de Gibraltar, à bord d'un rafiot bourré de clandestins, et pas un pour savoir nager. »
Cette phrase, à elle seule, justifie le titre d'un roman qui se veut abordable, malgré la complexité des sujets soumis à la réflexion des jeunes à qui il s'adresse.
Ingrid THOBOIS, avec ce roman que Bayard Jeunesse m'a permis de découvrir, soulève quelques sujets que, malheureusement, l'actualité quotidienne traite trop légèrement. le rêve migratoire des populations qui ne voient en l'Europe qu'un Eldorado qui se révèlera le plus souvent trompeur … Encore faut-il y arriver ! Mais elle aborde aussi la montée des Barbus, la dangerosité qui peut se cacher derrière un Iman (derrière lequel il faut voir aussi tout qui, ‘de l'autre côté', prétend à une quelconque direction des consciences, religieuses, politiques, sociétales. Parallèlement à ces intégrismes, Ingrid THOBOIS ouvre la réflexion à propos de l'exploitation des enfants non scolarisés, la place de la femme dans la Société ou encore la consommation de drogue.
Mais il ne faut pas s'y tromper, cette mer, surface miroir des rêves, des épreuves, des doutes, joies et pleurs renvoie face à face, sans pour autant les opposer, les deux mondes que sont l'Europe d'un côté, le Maroc (ici) de l'autre.
Et c'est là l'intérêt de ce roman. Les deux personnages jumeaux, frère et soeur que sont Medhi et Lilia, ont un regard différent sur l'à-venir de leurs rêves, ils n'en restent pas moins unis, même s'ils s'éloignent l'un de l'autre. le fond du roman est cette interrogation à propos des chemins de vie à suivre, la richesse de l'entraide, la puissance d'une pensée personnelle face à l'endoctrinement, d'où qu'il vienne, la gratuité de la solidarité ou le coût à payer aux vendeurs de rêve et aux escrocs manipulateurs de miroirs aux alouettes.
Ingrid THOBOIS propose une écriture assez simple quoique riche en émotions, en saveurs et descriptions du pays marocain. La découpe en chapitres courts permet au jeune lecteur de contextualiser les propos, d'en découvrir les unités de sens et les oppositions entre les thèmes abordés. J'imagine facilement les échanges qu'un tel livre pourrait faire naître au sein d'une classe d'adolescents qui, tous, ont du monde, de leurs rêves, des visions qui demandent encore tant d'ajustements. Les thèmes abordés dans ce roman, justement parce qu'il s'agit d'un roman, permettent cette prise de hauteur qu'exige tout échange fécond.
Un roman à partager, à découvrir, un roman à discuter pour grandir !
Remarque : Quant à une éventuelle suite que l'auteur pourrait donner pour que le lecteur sache ce qu'il est advenu aux personnages attachants de ce récit, je pense que ce serait une mauvaise idée. Enfermer une suite, parmi les possibles, risquerait, à mes yeux de servir un déterminisme qui occulte les questions qu'un jeune peut se poser sur le futur, son futur. Pourquoi réfléchirait-il s'il lui suffit d'attendre une suite à consommer ?
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montmartin
  30 septembre 2018
Lilia, depuis qu'elle sait tenir correctement un crayon, pas une journée ne passe sans qu'elle dessine. La pêche est à Medhi ce que le dessin est pour sa soeur, une passion chevillée au corps. Lilia et Medhi sont jumeaux, ils ne s'aiment pas, ils s'adorent. C'est elle la protectrice. Ils vivent avec leur mère et leurs grands-parents adoptifs dans un village marocain à portée de l'Atlas.
Kenza leur maman est une guerrière, elle déploie des trésors d'énergie pour ouvrir l'esprit de ses élèves et leur apprendre à penser par eux-mêmes ; mais l'ombre des barbus aux fronts étroits et aux rêves de violence gagne du terrain même sur cette terre berbère où la femme a toujours été l'égale de l'homme. Lilia et Medhi n'auront pas d'autres solutions que de fuir, ils se retrouvent à Tanger la grande ville de tous les dangers.
Ce livre présente de nombreux intérêts. Tout d'abord, les chapitres courts et une écriture simple rendent la lecture facile même pour des jeunes qui n'aiment pas trop lire. Ensuite, le roman représente une grande valeur à mes yeux par rapport aux thèmes qu'il aborde, la montée de l'extrémisme religieux et de l'obscurantisme, la femme traitée comme une esclave, le travail clandestin des jeunes adolescents et surtout l'illusion de l'émigration vers l'Europe. Des jeunes qui s'étourdissent de shit en rêvant de l'eldorado européen, la vie facile, l'argent qui coule à flots, les belles voitures bien loin de la réalité de la vie de misère, sans papiers, sans argent, la clandestinité à dormir sous les ponts ou au mieux dans des hôtels miteux, qui les attend de l'autre côté de la méditerranée.
Pour quelques Harragas (migrant) qui parviennent à traverser le détroit de Gibraltar des milliers d'autres se noient. L'auteur ne porte aucun jugement et cela donne d'autant plus de force à son récit et à la fin elle laisse une porte ouverte sur l'espoir. Un roman à conseiller pour les adolescents à partir de 14 ans.
Merci aux éditions Bayard Jeunesse et à Babelio pour l'envoi de ce livre!

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Fandol
  10 octobre 2018
C'est une nouvelle découverte d'un roman dit pour la jeunesse grâce à Masse Critique de Babelio et à Bayard avec un nouveau grand plaisir de lecture, une lecture de plus en plus haletante, du suspense et une tension extrême dans la seconde partie.
Juste de l'autre côté de la mer, ce sont ces quatorze kilomètres qui séparent Tanger, au Maroc, du continent européen, le fameux détroit de Gibraltar. Traverser fait rêver tant de monde sur le continent africain mais, pour la plupart, ces rêves se terminent mal ou très mal. Mais revenons au début de ce roman signé Ingrid Thobois.
Tout commence bien plus au sud, à Boumalne, au débouché de la haute vallée du Dadès, à plus de 1 500 m d'altitude où Lilia et Mehdi, jumeaux de 14 ans vivent heureux avec Kenza, leur mère, et leurs grands-parents maternels, Malik et Kahina, d'origine berbère. Hélas, le père des deux adolescents, Kader est mort il y a dix ans.
Mehdi va à la pêche et Lilia dessine merveilleusement. L'événement de l'année survient avec l'arrivée du Français : Éric Abellan, un prof de collège, qui passe ici une semaine pour s'adonner à l'escalade. Il a une fille, Célia, en garde alternée mais ne l'a jamais amenée avec lui.
Kenza est institutrice à Boumalne. Tout serait parfait s'il n'y avait pas ce nouvel imam, un gueulard, copain du frère de Kenza, Fouad. Ils sont fâchés tous les deux depuis que ce dernier a tenté d'empêcher sa soeur d'épouser Kader, un sahraoui, un descendant d'esclaves. Kenza n'accepte pas la régression qui s'impose et affirme qu'il n'est pas écrit dans le Coran que les femmes doivent se voiler.
Le constat est accablant : « Vingt ans plus tard, hélas, les barbus aux fronts étroits et aux rêves de violence ont gagné du terrain dans le monde entier, et prolifèrent dans la vallée des roses… Dans la rue, dans le souk, le climat s'est dégradé. Pour un rien, on vous cherche des noises. »
On le sent bien, cette vie simple, équilibrée, au contact de la nature, ne vas pas durer.
Mehdi grandit, est attiré par la modernité, s'offusque parce que le téléphone portable offert par Éric ne capte pas et rêve d'Europe… Impossible d'en dire plus sans nuire à l'intérêt de la lecture d'un livre qui m'a emmené ensuite à Tanger, une ville où les dangers sont multiples mais où la bonté existe encore.
Lilia est admirable et cet amour familial qu'elle éprouve malgré les risques immenses que prend Mehdi, est bien mis à mal. Juste de l'autre côté de la mer, un livre à l'écriture simple, précise, efficace, n'exclut pas poésie et rêve mais la dernière ligne lue, j'aimerais bien connaître la suite…
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Gribouille_91
  23 septembre 2018
Originaire du Maroc, du nord-est plus précisement, je ne pouvais rester insensible à l'histoire des jumeaux Lilia et Mehdi, et de leur mère Kenza. Je peux même dire qu'elle m'a profondément touchée.
Après avoir perdu leur père Kader, cette famille vit et va vivre des moments alternés de joie, de tristesse et de déchirement à Boumalne dans la vallée de Dadès (région magnifique du Maroc au pied de l'Atlas).
Le père avait un ami, Eric, venu de France pour gravir les montagnes de l'Atlas. Ce « Français », comme les habitants de la ville l'appellent, féru d'escalade, est revenu chaque année voir Kenza, Lilia et Mehdi. Des visites trop courtes, pas plus d'une semaine.
Un jour, un nouvel imam prend place et s'impose dans la ville de Boumalne. Instrumentalisant l'islam pour soumettre les habitants et sous l'influence de Fouad (frère ennemi de Kenza), il s'en prend à elle. La mère des jumeaux perd son travail et doit se résoudre à laisser partir ses deux enfants avec leur oncle diabolique, monstrueux et violent. Ce dernier les exploite et les maltraite. Ils vivent un enfer pour finalement se retrouver à errer dans les rues de Tanger. Lilia tente de ramasser suffisamment d'argent pour retrouver sa mère, alors que Mehdi rêve de traverser la Méditerranée.
Sur sa page personnelle, Ingrid Thobois évoque la matière qui lui sert à écrire ses romans: « La matière récoltée se distille dans l'alambic de la fiction. Et le roman naît en prenant plus ou moins son temps. » La réalité est faite de mille et une interprétations. Celle de l'auteure est faite de belles images, de sentiments très forts, de voyages, de rencontres, mais aussi de clichés (notamment sur l'islam en donnant à l'imam le rôle du fauteur de trouble). Je ne peux lui en vouloir, même si je l'ai regretté tout au long du livre. Pourtant je m'interroge; qu'est ce qui a pu lui inspirer le personnage de l'imam et l'introduction de la menace extrémiste ? Etait-ce vraiment utile ?
Au-delà de ce cliché pardonné, je crois qu'Ingrid Thobois a éminemment bien fait ressortir trois réalités essentielles: tout d'abord, celle de la place des enfants dans la société marocaine. Je parle de l'exploitation des enfants. Un véritable fléau dans ce pays rongé par la misère et l'analphabétisme. Ensuite, celui de la migration. Cette volonté de s'arracher à sa condition misérable et croire que l'ailleurs sera mieux. Enfin, la force de la fraternité qui reste, malgré tout, ancrée dans la culture marocaine.
Pour finir, si j'avais l'auteure devant moi, je lui demanderais une suite; elle ne peut laisser le lecteur sans nouvelles de Lilia, Mehdi, Kenza et Eric ...
Je tiens à remercier l'équipe du site Babelio et les éditions Bayard de m'avoir permis de lire pour la première fois Ingrid Thobois et en particulier ce roman fait d'humanité et de douleur.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
RoggyRoggy   06 octobre 2018
Le chagrin ne s’allège pas d’être toujours partagé. La tristesse, c’est aussi quelque chose d’intime que l’on peut vouloir garder pour soi. Il faut simplement accepter de la traverser. Ne pas lutter. Attendre que le courant nous redépose sur le rivage. Attendre que passe le nuage d’orage.

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montmartinmontmartin   30 septembre 2018
Kenza adore cette manière poétique d'envisager le monde. Et puis, chez les Berbères, la femme est l'égale de l'homme, et elle n'est ni soumise à son père, ni à son mari, ni à son frère !
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frconstantfrconstant   02 octobre 2018
... rien à voir avec ces touristes qui consomment le monde au lieu de le découvrir, prenant en photo ce qu'il n'ont pas regardé.
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LuxiLuxi   02 octobre 2018
― Ton frère, il ne fait rien pour t’aider ?
― Mon frère, il n’a qu’une seule idée en tête : "brûler" !
Harraga. "Brûler". Comme on "brûle un feu rouge". "Brûler la mer", en d’autres termes, la traverser : gagner l’Europe, clandestinement. Et puis aussi brûler ses papiers d’identité. Effacer toute trace e son pays d’origine pour ne pas s’y faire renvoyer en cas d’interception par les gardes-côtes ou la police. Quatorze kilomètres, c’est peu et beaucoup à la fois. C’est peu si tu as l’argent pour prendre le ferry. C’est beaucoup quand tu dois ramer de nuit dans les eaux noires du détroit de Gibraltar, à bord d’un rafiot bourré de clandestins, et pas un pour savoir nager.
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FandolFandol   10 octobre 2018
Et elle devine les souffrances, les fractures familiales et les maltraitances que les garçons ont certainement endurées pour en arriver là.
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