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ISBN : 9791096906161
Éditeur : Goutte Dor (22/08/2019)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Ce roman est le journal intime d'un personnage de fiction. Plus d'un demi-siècle après la publication des carnets de son ravisseur par Vladimir Nabokov, Lolita se livre enfin. L'adolescente la plus célèbre de la littérature raconte son road trip dans l'Amérique des années 50, ses ruses pour échapper à son beau-père, ses envies de vengeance, ses amours cachées, ses rêves de jeune fille.
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Critiques, Analyses et Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  04 septembre 2019
"Wanted, wanted : Dolores Haze.
Hair : brown. Lips : scarlet.
Age : five thousand three hundred days.
Profession : none, or "starlet."
(V. Nabokov, "Lolita")
Règle n.1 pour apprécier "Journal de L." : quoi qu'il arrive, n'essayez pas de le comparer avec le roman de Nabokov !
Durant ma lecture, je n'ai pas pu m'en empêcher, j'ai perdu à ce jeu de doubles, je me suis perdue, et je suis désolée. Désolée parce que n'ai pas pu l'apprécier comme j'aurais voulu, désolée pour ce livre assez bien écrit qui se lit d'une traite et qui va sans doute enchanter plus d'un lecteur, désolée pour tous ces enfants abusés qui parcourent le monde sans pouvoir se livrer comme cette Dolores, qui est le cri du coeur de l'auteur. Son journal est une confession glaçante et crue, mais malheureusement, ce "jeu de miroirs" est aussi un jeu de dupes, et j'ai désespérément perdu l'image de la Lolita originelle qu'elle était censée être. C'est quelque chose que je ne peux pas pardonner.
J'ai lu quelque part qu'un lecteur idéal de Nabokov ne pourrait être qu'un autre Nabokov, ce qui explique les réactions virulentes à la sortie de "Lolita". Ah, ce thème sulfureux de la pédophilie ! Les lecteurs en quête de détails croustillants vont se jeter dessus (pour en ressortir déçus), les ménagères américaines vont s'évanouir dans leur apple pie à la moindre évocation de Humbert Humbert, mais certains y verront, fort heureusement, autre chose.
"J'ai l'impression de succomber trop facilement au charme des jeux", dit Humbert en regardant Lo jouer au tennis. Et l'auteur, Nabokov, a succombé de la même façon au charme du jeu avec une langue qui n'était pas la sienne. L'éducation et le cynisme de la vieille Europe incarnés par Humbert qui s'emparent de l'innocente (vraiment ?) Amérique de la pop-culture incarnée par Lolita dans un ballet verbal composé par un virtuose des mots, plein de pirouettes amusantes et cabrioles métaphoriques.
Cette dimension supplémentaire manque forcément dans "Journal de L.", ce qui fait que le livre de C. Tison devrait plaire à tout lecteur en quête d'une histoire remplie d'émotions, mais cela s'arrête là.
"Lolita" est une histoire d'obsession, de passion fatale, qui, sans être mesurée par les mètres de la moralité, se dirige vers l'accomplissement du Destin, comme une tragédie antique. McFatum à l'oeuvre, dirait Humbert...
A côté, la confession de Dolores de Tison paraît tristement conventionnelle, sachant que le lecteur attentionné de Nabokov a du mal à passer sur le fait que dans le roman original c'est Lolita qui séduit Humbert. Certes, ce n'est que par jeu, mais quand elle réalise que H. désire bien plus que le boutonneux Charlie de la Colo Q, il est déjà trop tard pour tous les deux...
Voilà ce qui m'a gênée aussi dans "Journal de L.". Ce manque d'ambiguïté. Un ravisseur et sa victime, simplicité même ! Qui est le chasseur, et qui est la proie, chez Nabokov ? Nous avons deux "chasseurs enchantés", et on ne peut qu'aimer et détester les deux à la fois. On a de la peine pour cette Lo effrontée et vache qui pleure la nuit, et pour ce Humbert obsédé et jaloux qui pardonne tout, et qui vit dans la terreur que toutes les nymphettes grandiront un jour. Cercle vicieux, ballet mortel, pour ces deux marginaux de la société bien pensante. Toujours sur la route, car ils n'ont "absolument nulle part où aller", l'un comme l'autre. Ici, c'est bien plus simple : la seule à plaindre, c'est Dolores.
Parfois je retrouvais vaguement cette "vraie" Lolita et la lecture s'est mise à couler de source, mais je la perdais aussitôt : ces métaphores poétiques un peu enfantines ? Lo détestait le romantisme dégoulinant ! Ces discours délibérément provocants ? Elle n'en avait pas besoin ! Cet amour pour les "classiques" ? Tous les livres de "Ball Zak" offerts par Humbert qu'elle n'a jamais ouverts, en rêvant au dessus de ses comics et ses illustrés... quel gâchis ! Mais voilà que je me "humbertise"...
J'étais curieuse de passages que l'on ne trouve pas chez Nabokov, mais ils ne rajoutent pas grand-chose de plus que d'autres malheurs, et cette démystification ne fait que dénaturer encore plus la Lolita d'origine.
Et la fin ? C'est presque un happy-end. Dolores a enfin trouvé sa place, et nous sommes soulagés. Ce n'est pas exactement ce à quoi elle a rêvé, mais elle a réussi à se reconstruire, comme on dit. On se fiche éperdument de ce qui va arriver au méchant Humbert, qui est mis dans le même sac que le méchant Clare Quilty.
Ah, diabolique Nabokov, qu'aurais-tu pensé de ça ? Cette séparation tiède n'a absolument rien à voir avec le moment insoutenable dans la courette sale des Schiller, où Hum et la véritable Lo se font leurs derniers adieux, tous les deux condamnés par le Destin. Lo, sans qu'elle le sache, et Humbert délibérément, parce qu'il n'a plus rien à perdre, seulement une vengeance à accomplir... "and the rest is rust and stardust".
Donc, si vous cherchez un livre sympa pour la rentrée, n'hésitez pas ! Mais si vous êtes des inconditionnels de Nabokov, passez votre chemin, ou lisez "Journal de L." comme une petite curiosité; fiction contre fiction. Ne faites pas la même erreur que moi, car la règle n.2 pour apprécier le journal de Dolores est la même que la règle n. 1.
Un grand merci à la masse critique, et aux éditions Goutte d'Or.
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ninosairosse
  24 septembre 2019
♫Motus et bouche qui ne dis pas
À maman que je suis un phénomène
Je m'appelle Lolita
Lo de vie, Lo aux amours diluviennes
C'est pas ma faute
Et quand je donne ma langue aux chats je vois les autres
Tout prêts à se jeter sur moi, c'est pas ma faute à moi
Si j'entends tout autour de moi
L.O.L.I.T.A, moi Lolita♫
-Alizée-2000-
-Julien Doré- 2007-
Véritable phénomène
Parrainé par ami coton mi-laine
Balance ton quoi
elle ne le fera pas
personne ne la croira
D'ailleurs les on ne les voit pas
Et puis il m'aimait
Sourire d'ange heureux
quand #Me too elle lui disait
Véritable personnage de fiction
Innocence dans la diction
Quand les désirs se changent enfantasmes
un reve, plaisir qui plait aux nazes
journal d'un exorcisme un carnet
d'une enfance saccagée
traumatisme aggravé
par l'auteur de "il m'aimait".
Merci à Masse critique,
Merci Ed Goutte d'or
meme si je dois vous l'avouer
ce livre que j'avais annoté
en vue de ma future chronique
dans un train je l'ai oublié...
J'ai retenu l'essentiel, j'Adore.


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Merik
  01 septembre 2019
La « Lolita » de Nabokov, c'est un souvenir de lecture troublante et sulfureuse, à une époque où je pouvais encore considérer les quadras comme des curiosités du monde animal. Autant dire que c'était il y a longtemps. Aujourd'hui, ce seraient plutôt les ados que je peux considérer comme des curiosités. Ça tombe bien, « Le journal de L. » est celui de Dolorès Haze, la Lolita de Nabokov, imaginé par l'auteur.
Et il n'a rien de drôle, la charge du journal de la préadolescente concerne le viol et la pédophilie. La Lolita d'Humbert Humbert n'est plus, voici Dolorès. Avec sûrement en toile de fond le propre vécu de l'auteur.
A peine présentée, à peine enlevée par Humbert Humbert son beau-père (appelé Hum, comme un doute persistant), à peine séquestrée dans ce road-trip aux fausses allures de liberté, la jeune Dolorès se soumet, complice de la course-poursuite d'Hum après sa propre folie. Une Dolorès incapable par exemple d'alerter les policiers qui les arrêteront, « Comment expliquer tout ça en une fraction de seconde, en deux mots, sans m'embrouiller ? Il ne m'aurait pas crue. Parce que c'est incroyable. » Le processus psychologique de la victime complice est en route, on erre aux États-Unis mais on pense déjà à Stockholm et son syndrome. Dolorès rit des blagues de son ravisseur, Dolorès s'amuse aussi à conduire à gauche pour vérifier qu'elle existe, Dolorès joue à être Lolita et le sait. Mais Dolorès se demande pourquoi les autres trouvent tout ce manège normal, alors qu'elle rêve en secret de sa maman, qu'elle veut s'évader de nouveau dans son monde de poupées.
La psyché de la victime est ainsi révélée dans sa dualité consciente et dans son évolution le long des cinq parties, passant de la peur au défi ou à la manipulation, tentant la fugue sans être capable de se débarrasser de l'indicible, nouant une vie sociale à côté d'elle-même et donc des autres, ou une vie amoureuse cahotante.
Le récit d'origine peignait des personnages hors normes : le Humbert Humbert de Nabokov à la dérive hallucinée n'était pas un narrateur comme tout-le-monde, la Lolita provocante qu'il dessinait n'était pas une adolescente commune. Le journal de L. va à l'encontre des confessions de son beau-père, il devient le journal d'une enfance violée comme les autres, ou presque. Fini le romanesque diabolique et flamboyant du récit de Nabokov, les intentions ne sont plus les mêmes. En démystifiant Lolita et Humbert Humbert, Christophe Tison montre le viol et ses conséquences en trouvant la voix de sa victime. Et en cela le livre me semble réussi, d'autant que la Lolita qu'il figure m'a beaucoup touché. Mais il ne m'a pas paru transcendant pour autant, enlevez la célébrité de Lolita sur laquelle il s'appuie, et il devient presque banal.
Merci aux Éditions Goutte d'Or et masse critique pour cette lecture intéressante.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  26 août 2019
« Lo-lii-ta. le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »
Souvenez-vous de ce classique de la littérature… Lolita. Héroïne inoubliable de Vladimir Nabokov.
Là où le classique décrivait les événements à travers le regard de l'homme, ce JOURNAL DE L., offre une voix à Lolita, à travers son journal. Et quelle voix…
Donner à entendre Dolores Haze, le pari était risqué. Partir entrevoir celle qui se cache dans le miroir de Lolita.
Cette lecture m'a offert un regard sur une héroïne sulfureuse que je n'oublierai pas. Car découvrir Dolores, derrière Lolita, fut à la fois bouleversant et terrible.
De 1947 à 1952, Dolores raconte cet homme qui le soir venu la rejoint dans son lit. Elle raconte ses envies d'ailleurs, ces amours contrariées et cet homme qu'elle manipule, si faible, si méprisable. Avec une rage, une force insoupçonnée, Dolores s'accroche à la vie et à celle qu'elle cache au fond de son coeur.
Au fur et à mesure des pages du journal, Dolores grandit et ses mots avec elle. Portrait d'une femme avant l'heure qui doit apprendre à se jouer de ses charmes. Portrait terriblement dur de l'innocence envolée et que Dolores voudrait tant retrouver. Portrait d'une combattante qui saura se jouer d'un monde où les hommes, pour la plupart, n'inspirent que mépris et dégoût.
Je vous conseille ce livre. Au-delà de al polémique qu'il pourra engendrer. Les mots sont crus. Parfois dégueulasses. Mais je vous conseille d'écouter, vraiment, ce que Lolita a voulu nous dire. le propos est sans fard mais juste passionnant. Christophe Tison donne littéralement vie à cette enfant que l'on voudrait prendre dans ses bras, pour lui offrir un moment de répit. Car elle ne cessera jamais de se battre. A chaque seconde de sa difficile existence.
Un livre choc. Il raisonnera en moi quelques temps encore, je le sais déjà.

Lien : https://labibliothequedejuju..
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kuroineko
  28 août 2019
Je remercie Babelio et les Éditions Goutte d'Or pour l'envoi du Journal de L., dans le cadre d'une opération Masse Critique privilégiée. Avant même de savoir si j'étais retenue, je me suis replongée dans Lolita de Nabokov, lu il y a plus de vingt ans. le temps avait effacé certains détails du roman et, surtout, en passant, m'a permis de mieux comprendre cette oeuvre aussi sublime que retorse.
Alors que le livre originel était une confession/plaidoyer du vil Humbert Humbert en attente de son procès, Christophe Tison donne ici la parole à celle qu'on ne connaît finalement qu'à travers les yeux de son bourreau, la petite Dolores, sa soeur dans l'atrocité pédophile. Se colleter à une telle oeuvre dans un jeu de miroir était risqué, incontestablement, une vraie gageure. Je salue par conséquent le courage de l'auteur. Il reprend les éléments phares du texte de Nabokov, remplit les espaces vides en s'inspirant de l'esprit du texte initial et, sans doute, en y projetant ses propres blessures.
La narration sous forme de journal permet un accès direct à Lolita, un récit dénué des envolées linguistiques et périphrases "chastes" d'Humbert Humbert. le style de l'enfant évolue au fil des mois et des expériences subies du fait d'hommes abjects chasseurs de chair à peine pubère. Son langage se fait de plus en plus cru et ses pensées sombres à mesure que ses violeurs l'entraînent dans leur spirale de dépravation.
Le tout forme un ensemble très cohérent. Sous le langage souvent vulgaire et trop adulte de Dolores, on entend malgré tout la petite fille en souffrance qui voudrait simplement qu'on l'aime, elle, pas une fantasmagorie nymphescente pour pervers en rut. Récit ô combien troublant et bouleversant qui renvoie à toutes les Lolitas - et leurs pendants masculins - de la Terre.
Je n'avais jusqu'à présent jamais rien lu de Christophe Tison. C'est chose faite et son texte vibre de sincérité douloureuse, de celle qui inscrit ses mots au fer rouge dans l'esprit des lecteurs. Reçu ce matin dans ma boîte à lettres, sitôt commencé, je n'ai pu le lâcher.
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critiques presse (1)
Actualitte   04 septembre 2019
La Lolita qui a défrayé la chronique dans la célèbre œuvre de Vladimir Nabokov paru en 1955 fait son come-back dans un livre-confession où l'adolescente se livre sans filtre. Le romancier signe un texte fort, aux mots crus et d'une rare sincérité.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
BorntobealivreBorntobealivre   16 octobre 2019
C’est ce Claire qui t’a enlevée ?
Non, c’est moi qui l’ai rejoint. Mais c’était son idée, son plan.
Pourquoi, Lo ?
Je ne sais pas. Pour changer, je suppose.
Changer de quoi ?
De vie.
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BorntobealivreBorntobealivre   16 octobre 2019
J’ai vécu le déluge et la colère de Dieu, mais aujourd’hui, tout commence enfin.
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audeLOUISETROSSATaudeLOUISETROSSAT   10 octobre 2019
Et moi je pleure. Je pleure parce que j’ai peur de ce bonhomme, et peur d’aller dans une cave avec tous ces affreux gosses perdus. Je pleure parce que maman n’est plus là et que je suis seule avec ma glace vanille-fraise et que je n’aurais pas dû la commander.
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BorntobealivreBorntobealivre   11 octobre 2019
Je suppose que même quand ils parlent de l'amour ou de l'enfer, les hommes parlent technique.
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MelopeeMelopee   09 octobre 2019
Ah ! Ils voulaient que j’écrive à Hum, ce gentil garçon qui s’occupait si bien de moi ? Eh bien c’était fait, ou tout comme. J’ai fini par dire que je savais peut-être où trouver Hum et j’ai appelé à l’hôtel de Moro Bay. Il n’avait pas bougé. Ce fébrile manipulateur, ce pédant-inquiet attendait de mes nouvelles comme s’il savait que je reviendrais, que j’étais obligée de revenir. Comme s’il avait prédit ma défaite. (pp.88-89)
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Videos de Christophe Tison (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christophe Tison
Christophe Tison vous présente son ouvrage "Journal de L. : 1947-1952" aux éditions Goutte-d'Or. Rentrée littéraire Septembre 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2339346/christophe-tison-journal-de-l-1947-1952
Notes de musique : Youtube Audio Library
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