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EAN : 9782253101567
216 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (06/01/2021)
  Existe en édition audio
4.2/5   1806 notes
Résumé :
Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. A treize ans, dans un dîner, elle rencontre G. , un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l'attention qu'il lui porte.
Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (479) Voir plus Ajouter une critique
4,2

sur 1806 notes

michfred
  02 janvier 2020
Le consentement n'est pas un témoignage de plus  sur les ravages de la pédophilie.
Il n'est pas non plus la dénonciation à scandale d'un prédateur sexuel célèbre et même célébré,  doublé d'un pervers narcissique , que son prix Renaudot a récemment remis sur le devant de la scène littéraire après un sérieux purgatoire médiatique.
 Il ne surfe pas sur la lame de fond d'une très récente libération de la parole des victimes d'abus sexuels.
Le consentement est d'abord un livre.
Très bien écrit, très bien pensé, très bien "envoyé".
  Le consentement est  un tombeau  et une réhabilitation.
Le tombeau littéraire d'un ogre qui a voulu se faire passer pour prince charmant.
Le tombeau d'une époque où dans les milieux artistiques,  au nom du "jouir sans entrave " cher à 68, on a bien  voulu confondre la liberté sexuelle des adolescents avec l'impunité triomphale des adultes qui en tiraient profit.
Le tombeau de cette impitoyable condamnation des victimes au nom d'un "consentement" qui les voue -ou les vouait ?- au silence, à l'opprobre , au mieux à  ĺ'incrédulité. 
Le tombeau,  aussi , de ces livres que nous lisons, aimons, dévorons, et qui sont parfois le pire des poisons,quand ils ne deviennent pas des instruments de torture, des armes létales qui renvoient toute réalité au rang de pure fiction.
Prologue brillant, epilogue magistral,  le Consentement, écrit sans le moindre voyeurisme (amateurs de témoignages graveleux passez votre chemin!), dans une langue toute classique est truffé de références litteraires entre lesquelles , comme dans une galerie des glaces, la jeune V.se faufile comme une petite Alice au pays des horreurs.
Car il s'agit pour elle de retrouver qui elle est dans ce pays de faux-semblants où les présidents de la République sont les garants de moralité des abuseurs d'enfants, où les plus grands philosophes se font les avocats du Diable , où ĺes animateurs les plus connus reçoivent avec les honneurs le Loup escorté de son petit Chaperon rouge de service.
 Il s'agit pour l'ecrivain Vanessa S.  de  réhabiliter la petite nymphette V. aux yeux du monde et surtout à ses propres yeux. Il s'agit pour celle dont un manipulateur sans scrupule a fait son objet sexuel pour sa plus grande gloire littéraire, de prendre,  après s'être réconciliée avec les livres trompeurs -elle est devenue directrice d'une grande maison d'édition- les mêmes armes que lui pour lui donner enfin l'estocade finale.
Se réhabiliter,  réhabiliter les livres et réhabiliter Le  Livre comme parole empreinte de vérité.
 Pour effacer enfin l'emprise et  l'empreinte jusqu'alors indélébiles qui la souillaient.
Mission accomplie. La petite V.peut recoudre comme Peter Pan son ombre au talon blessé de son enfance.  
Bravo,  Vanessa S.
Une seule femme, Denise Bombardier, auteure québécoise,    avait osé, en 1990 , vous défendre en "apostrophant" vigoureusement votre bourreau. J'ose espérer qu'elles seront unanimes à vous défendre en lisant votre très beau livre qui fait honneur à la littérature.
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Kirzy
  15 février 2020
Lumineuse Vanessa Springbora. Avant de me plonger dans cet ouvrage absolument incontournable, j'ai été impressionnée par sa présence digne et bienveillante de femme qui finit de se libérer de l'emprise de son prédateur en l'enfermant dans un livre pour toujours et en se réappropriant son histoire. Une catharsis, la revanche des victimes.
Ce récit n'aurait pu être qu'un simple témoignage. C'est avant tout une oeuvre littéraire à part entière. On sent à quel point ce récit est le fruit de trente ans de travail sur soi, trente ans de combat et d'introspection. La construction est parfaite, avec un gros travail d'élaboration narrative en six chapitres aux titres forts afin de décortiquer le processus d'emprise qu'a exercé sur elle l'écrivain pédophile Gabriel Matzneff : « L'enfant » qui présente les "conditions nécessaires" au drame ; « La proie » sur la rencontre avec G.M et les débuts de leur relation ; « L'emprise » sur la prédation psychique ; « La déprise » sur la rupture et le vertige et la folie qui s'ensuivent ; « L'empreinte » sur le vivre après, la dépression, les psychotropes pour s'en sortir ; et enfin « Écrire » sur la résilience aboutie.
Le titre est parfaitement choisi dans sa sobriété directe : « acte libre de la pensée par lequel on s'engage entièrement à accepter ou à accomplir quelque chose ». Que vaut le consentement d'une adolescente de quatorze ans en manque de père, élevée par une mère paumée ? D'une jeune fille en manque d'amour qui cherche désespérément à accrocher le regard des hommes pour remplacer celui du père ? Qui est envahie par les pulsions sexuelles et la confusion de sentiments typiques de la complexité adolescente ? Vanessa Springora décrit avec beaucoup de finesse, sans manichéisme, la psyché complexe de la jeune fille qu'elle a été : sans nier qu'elle a été amoureuse de G.Matzneff, qu'elle a été flattée par son attention, qu'elle l'a désiré. D'où ce terrible sentiment, une fois la rupture consommée, de culpabilité et de complicité aux crimes du bourreau, qui l'a privée pendant longtemps d'investir le statut de victime.
Le consentement, c'est aussi « l'autorisation de mariage donnée par les parents ou le tuteur d'un mineur ». Comment la société a-t-elle pu à ce point consentir à cette relation de prédation pédophile interdite par le code pénal français depuis 1810 ? La mère, d'abord, qui consent, fascinée par l'aura de l'écrivain et prononce ces paroles terribles lorsque sa fille lui annonce qu'elle quitte G.M. : «  le pauvre, il t'adore ». le père qui laisse faire. Les professeurs qui ferment les yeux devant ce quinquagénaire venant chercher une collégienne. Les médecins. Les médias. Les policiers. L'intelligentsia parisienne ( sidérant passage chez le philosophe Emil Cioran ami de G.M. ). le fourvoiement et les dérives d'une partie de la société française est absolument terrible.
Vanessa Springora est bien une écrivaine. Chacun de ses mots est pesé avec loyauté et dignité. le style est factuel, car les faits parlent d'eux-mêmes. Pas besoin d'en faire des tonnes dans la crudité du propos, le lecteur est déchiré par ce qu'il lit, révulsé, ému, révolté, car les phrases disent avec intelligence la capacité de l'auteure à prendre de la hauteur pour raconter son passé avec distance sans tomber dans le piège de la moralisation. C'est d'ailleurs très troublant de ne pas lire un cri de rage emphatique ( qui aurait été tout aussi légitime ) , de ne pas entendre parler de viol. V. n'a pas été violée, elle a été abusée après avoir donné un consentement non éclairé. C'est là une des grandes forces de ce récit subtil et puissant qui en fait un texte résolument à part.
Ce livre est un phare. Pour les adultes qu'ils éclairent sur la fragilité de l'adolescent et sur la nécessité de parler à ces enfants. Pour les jeunes. Je ferai lire le Consentement à ma fille lorsqu'elle en aura l'âge, comme une boussole sur la vulnérabilité et l'ambivalence de l'adolescence. Ce n'est pas un hasard si Vanessa Springora démarre son récit par une référence aux contes pour enfant, sources de sagesse initiatique et d'avertissement aux dangers futurs de la vie.
Merci, Madame Springora. 
Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle 2020, catégorie Essai
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Afleurdelivres
  11 février 2020
❤️Voilà un livre d'une grande force écrit par une femme courageuse dans un souci d'information, de prévention mais surtout de libération et de reconstruction.
Ce témoignage poignant et marquant relate la relation d'emprise qu'elle a eue jeune adolescente avec un prédateur sexuel de près de 40 ans son aîné.
Elle n'a que 13 ans lorsqu'elle rencontre cet écrivain réputé, que je ne citerai pas, que l'on ne cite que trop : GM.
Dans un récit clair et analytique avec une sincérité et une franchise touchante elle relate subtilement avec distanciation et sans haine sa relation destructrice avec ce pédocriminel avéré (« militant de la cause pédophile » dans certains de ses écrits autobiographiques) dénonçant au passage la complaisance d'une partie de la classe littéraire et intellectuelle, la passivité des témoins de cette relation et de toute une société d'alors ayant sans doute inconsciemment participé à lui conférer une certaine immunité et impunité.
Sa solitude, son inexpérience, son manque de confiance en elle, sa fragilité liée à l'absence de son père, un tyran domestique séparée de sa mère alors qu'elle n'était qu'une enfant, vont faire naître une faille qui la rend plus vulnérable à la prédation. C'est par cet « interstice » que ce « vampire » au charme méphitique s'engouffrera.
L'idylle commencera de manière épistolaire jusqu'à la rencontre orchestrée par ce fin stratège.
Elle décrit parfaitement le mécanisme d'emprise dont elle a été victime et de la grande difficulté d'en sortir.
Vanessa Springora relate de manière factuelle toute son histoire, de ses débuts passionnels et prometteurs à sa progressive descente aux enfers. de l'illusion du prince charmant à la réalité de ce pervers. de sa dépendance à la difficulté à se défaire de ce lien pathologique et toxique.
L'Emprise physique et psychique est aggravée par « l'emprisonnement » littéraire de son intimité puisque ce prédateur transpose (et il est publié!) dans ses journaux intimes ses relations avec les jeunes adolescents.
Assez rapidement elle se lasse de cette union aux échanges répétitifs et mécaniques, se sent avilie, ressent des dissonances d'autant qu'elle détecte les mensonges et les signes d'infidélité. Jusqu'à ce qu'elle lise ses fameux carnets noirs
qui lui étaient interdits et réalise l'imposture. Vient alors le temps du désenchantement .
Lui suit inlassablement le même script avec ses autres proies. Il instrumentalise et exploite ses victimes, source d'inspiration et d'approvisionnement sexuel et littéraire. La littérature sert d'alibi à sa transgression.
Il faudra du temps à l'écrivaine pour se désengluer de cette relation-parasite ligotée par la peur de l'abandon. Pourtant peu à peu « le sortilège se dissipe » malgré les intimidations et le harcèlement de cet abuseur.
Isolée, dépossédée d'elle même et de ses mots elle sombre dans la dépression. La culpabilité est inversée car elle se sent, à tort, complice consentante. Pourtant peut-il y avoir véritable consentement et discernement à un si jeune âge dans ce genre de relation malsaine et inégale?
Une vie d'errances douloureuses s'en suit avec des séquelles post-traumatiques lourdes jusqu'à une rencontre salvatrice.
Une livre utile, puissant et intelligent💖.
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Jmlyr
  11 janvier 2020
Les critiques précédentes sont pour la plupart éloquentes, Je ne m'étendrai donc pas. Ce livre marque un avant et un après " l'affaire Matzneff", je n'en doute pas, et j'encourage toutes les victimes à parler, écrire, porter plainte si elles le peuvent, féminines ou masculines, avec la même intelligence, le même courage dont a fait preuve Vanessa Springora pour écrire ce livre.
Elle fait preuve d'une analyse implacable du processus de victimisation dont elle a été l'objet, elle écrit avec le recul de 30 ans de souffrance morale et physique, et probablement d'une immense réflexion, qui l'a amenée à témoigner.
Elle a énoncé les faits, simplement, avec pudeur et sincérité, et l'on ne peut que s'incliner face à son courage. Sa vie a été brisée comme celle de centaines de victimes de la manière la plus insidieuse qui soit, mais aujourd'hui, elle ne pouvait plus faire silence et continuer à se sentir salie, sa relation ancienne avec G.M. étalée et décortiquée dans ses écrits depuis des années.
Personne ne peut être au-dessus des lois en matière de pédophilie et rien ne peut justifier pareils actes.
Merci pour l'accès à ce livre :
#Leconsentement #NetGalleyFrance
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Ladybirdy
  13 avril 2020
Triste monde que celui de V.
Triste monde où les enfants se caressent entre eux la nuit.
Triste monde où les enfants sont seuls pour grandir. Où il n'y a personne pour les aimer.
Triste monde où les frontières entre le bien et le mal ont disparu. Faute au manque de temps pour l'éducation, pour les valeurs, pour l'amour envers et contre tous.
Ce récit fut certainement un exutoire thérapeutique pour l'auteure qui dresse au-delà de l'abject ses réflexions sur son histoire d'amour. Elle avait quatorze ans. Il en avait cinquante. C'était une gosse, une jolie écolière comme G. aimait l'appeler, il était surtout pédophile et amoureux des nymphettes lolita.
Cette phrase dit tout :
« Comment admettre qu'on a été abusé, quand on ne peut nier avoir été consentant ? »
Si l'histoire entre V. et G. est immorale et choquante, c'est du côté de l'entourage qu'on s'en prend plein la figure.
Comment une enfant de quelques années peut-elle assister si jeune à autant de tableaux obscènes ?
À cinq ans, un camarade de classe lui demande de tenir son sexe pour uriner. À huit, elle assiste sur les pistes de ski à l'exhibition d'un homme nu sous son manteau. Tout aussi jeune, quand elle joue innocemment avec Barbie et Ken, son père lui demande platement « alors, ça baise? ».
Quel monde étrange que celui où les enfants sont si tôt baignés dans l'univers sexuel, sans aucune protection des plus grands, pire, jetée dans la fosse aux lions.
Quand les parents divorcent, le père disparaît très vite de la vie de V. Prétexte pour retrouver l'espoir d'un père chez G, trente six ans son aîné qui la couvre d'adoration.
La mère est assez vite au courant et comble du surréalisme, elle accepte la situation de sa fille de quatorze ans dans le lit d'un homme de cinquante. Comble de l'aberration : « Quand j'annonce à ma mère que j'ai quitté G., elle reste d'abord sans voix, puis me lance d'un air attristé : « Le pauvre, tu es sûre ? Il t'adore !   » ».
Quand V. se retrouve embarquée pour plusieurs semaines à l'hôpital pour un streptocoque, je suis sans voix quant aux réactions du personnel médical. le gynécologue est un criminel selon moi.
Ce livre m'a dérangée dés le départ. Il semble vouloir énumérer le nombre de scènes sexuelles les plus sordides. Il semble mener la danse de la débauche autour d'une gamine qui manque cruellement d'amour parental et d'éducation. Tout le monde est aux abonnés absents.
Un sentiment malsain m'a poursuivi tout au long de ma lecture. Un énième exutoire sur les dérives sexuelles, les conséquences que l'on devine sur l'adulte en souffrance, les divers traumatismes.
J'ignorais en ouvrant ce livre qu'il s'agissait d'une autobiographie. Peut-être l'aurai-je évité sinon.
Dans mon monde et mon coeur de mère, je ne suis pas parvenue à assimiler une telle somme de déboires pour son enfant.
Autant de yeux fermés.
Autant de coeurs éteints.
Autant de réactions immorales tues et laissées sur le pas de la porte. Comment G., écrivain ait pu publier autant d'horreurs sur ses passions pour les pré-pubères en toute liberté et impunité.
Il y a quelque chose qui manque dans ce récit. Ça semble trop gros, trop lourd, trop à l'envers des lois, de la protection de l'enfance. du coeur, de la conscience, du secours, des bras tendus. Je ne juge pas l'histoire de V., je m'offusque d'une réalité qui me fait vomir et ne m'a pas permis d'apprécier ce témoignage, peut-être un peu trop autocentré, trop intellectualisé où les lignes de l'enfance et ses émotions en construction semblent faire l'impasse. Et surtout indigeste pour moi et ma sensibilité.
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critiques presse (4)
Telerama   07 janvier 2020
Il lui a volé son adolescence et l’a jetée en pâture aux lecteurs. Le prix Renaudot attribué à l’écrivain Gabriel Matzneff en 2013 a décidé l’éditrice Vanessa Springora à livrer sa version de sa liaison avec l’écrivain dans “Le Consentement.” Un texte d’une grande maîtrise littéraire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Telerama   30 décembre 2019
Vanessa Springora raconte sa relation avec l’écrivain pédophile Gabriel Matzneff, alors qu’elle était encore adolescente. Une histoire qui lui avait été confisquée jusque là. C’est un beau livre, ferme et élégant, tranchant et poignant.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeSoir   27 décembre 2019
Avec « Le consentement », Vanessa Springora démonte le système d’un Gabriel Matzneff dont elle a été victime.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Culturebox   27 décembre 2019
"Le Consentement", ou le récit terrible de Vanessa Springora qui, à 14 ans, a vécu une relation abusive avec l'écrivain Gabriel Matzneff, 50 ans
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (299) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   09 février 2020
De très nombreuses années ont passé avant que je me décide à écrire ce texte, plus encore à accepter de le voir publié. Jusqu'ici, je n'étais pas prête. Les obstacles me paraissaient infranchissables.
Il y avait d'abord la peur des conséquences du récit détaillé de cet épisode sur mon cercle familial et professionnel, conséquences toujours difficiles à évaluer.
Il fallait aussi surmonter la crainte du petit milieu qui protège peut-être encore G. Ce n'est pas négligeable. Si ce livre paraissait un jour, je pourrais faire face à de violentes attaques, de la part de ses admirateurs; mais aussi d'anciens soixante-huitards qui se sentiraient mis en accusation parce qu'ils étaient signataires de cette fameuse lettre ouverte dont il était l'auteur; peut-être même de la part de certaines femmes opposées au discours "bien-pensant" sur la sexualité; bref, de tous les pourfendeurs du retour de l'ordre moral ...

.../...

A vrai dire, je suis surprise qu'avant moi aucune autre femme, jeune fille à l'époque, n'ait écrit pour tenter de corriger la sempiternelle succession de merveilleuses initiations sexuelles de G. déroule dans ses textes. J'aurais aimé qu'une autre le fasse à ma place. Elle aurait peut-être été plus douée, plus habile, plus dégagée aussi. Et cela m'aurait sans doute soulagée d'un poids. Ce silence semble corroborer les dires de G., prouver qu'aucune adolescente n'a jamais eu à se plaindre de l'avoir rencontré.
Je ne crois pas que cela soit la vérité. Je pense plutôt qu'il est extrêmement difficile de se défaire d'une telle emprise, dix, vingt ou trente ans plus tard. Toute l’ambiguïté de se sentir complice de cet amour qu'on a forcément ressenti, de cette attirance qu'on a soi-même suscitée, nous lie les mains plus encore que les quelques adeptes qui restent à G. dans le milieu littéraire.
En jetant son dévolu sur des jeunes filles solitaires, vulnérables, aux parents dépassés ou démissionnaires, G. savait pertinemment qu'elles ne menaceraient jamais sa réputation. Et qui ne dit mot consent.
Mais à ma connaissance, aucune de ses innombrables maîtresses n'a tenu non plus à témoigner dans un livre de la merveilleuse relation qu'elle avait vécue avec G.
Faut-il y voir un signe ?

Ce qui a changé et dont se plaignent, en fustigeant le puritanisme ambiant, des types comme lui et ses défenseurs, c'est qu’après la libération des mœurs, la paroles des victimes, elle aussi, soit en train de se libérer.
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hcdahlemhcdahlem   31 décembre 2019
INCIPIT
À l’aube de ma vie, vierge de toute expérience, je me prénomme V., et du haut de mes cinq ans, j’attends l’amour.
Les pères sont pour leurs filles des remparts. Le mien n’est qu’un courant d’air. Plus que d’une présence physique, je me souviens d’une senteur de vétiver qui embaume la salle de bains au petit matin, d’objets masculins posés çà et là, une cravate, un bracelet-montre, une chemise, un briquet Dupont, d’une façon de tenir sa cigarette entre l’index et le majeur, assez loin du filtre, d’une manière toujours ironique de parler, si bien que je ne sais jamais s’il plaisante ou non. Il part tôt et rentre tard. C’est un homme occupé. Très élégant, aussi. Ses activités professionnelles varient trop vite pour que je parvienne à en saisir la nature. À l’école, lorsqu’on m’interroge sur sa profession, je suis bien incapable de la nommer, mais de toute évidence, puisque le monde extérieur l’attire davantage que la vie domestique, il est quelqu’un d’important. Du moins, c’est ce que j’imagine. Ses costumes sont toujours impeccables.
Ma mère m’a conçue à l’âge précoce de vingt ans. Elle est belle, les cheveux d’un blond scandinave, le visage doux, des yeux bleu pâle, une silhouette élancée aux courbes féminines, un joli timbre de voix. Mon adoration pour elle n’a pas de limite, elle est mon soleil et ma joie.
Mes parents forment un couple bien assorti, ma grand-mère le répète souvent, faisant référence à leurs physiques de cinéma. Nous devrions être heureux et pourtant mes souvenirs de notre vie à trois, dans cet appartement où je connais brièvement l’illusion d’une unité familiale, ont tout du cauchemar.
Le soir, enfouie sous les couvertures, j’entends mon père hurler, traiter ma mère de « salope » ou de « pute », sans en comprendre la raison. À la moindre occasion, pour un détail, un regard, un simple mot « déplacé », sa jalousie explose. D’un instant à l’autre, les murs se mettent à trembler, la vaisselle vole, les portes claquent. D’une maniaquerie obsessionnelle, il ne tolère pas qu’on déplace un objet sans son accord. Un jour, il manque d’étrangler ma mère parce qu’elle a renversé un verre de vin sur une nappe blanche qu’il vient de lui offrir. Bientôt, la fréquence de ces scènes s’accélère. C’est une machine lancée dans une course folle, personne ne peut plus l’arrêter. Mes parents passent désormais des heures entières à s’envoyer à la figure les pires insultes. Jusqu’à l’heure tardive où ma mère vient se réfugier dans ma chambre pour y sangloter en silence, blottie contre moi, dans mon étroit lit d’enfant, avant de rejoindre, seule, le lit conjugal. Le lendemain, mon père dort une fois encore sur le canapé du salon.
Contre ces colères irrépressibles et ces caprices d’enfant gâté, ma mère a épuisé toutes ses cartouches. II n’y a aucun remède à la folie de cet homme qu’on dit caractériel. Leur mariage est une guerre sans fin, un carnage dont tout le monde a oublié l’origine. Le conflit sera bientôt réglé de façon unilatérale. Ce n’est plus qu’une question de semaines.
Pourtant, ils ont bien dû s’aimer un jour, ces deux-là. Au bout d’un interminable couloir, occultée par la porte d’une chambre à coucher, leur sexualité a sur moi l’effet d’un angle mort où serait tapi un monstre : omniprésente (les crises de jalousie de mon père en sont le témoignage quotidien), mais parfaitement ésotérique (je n’ai aucun souvenir de la moindre étreinte, du moindre baiser, du plus infime geste de tendresse entre mes parents).
Par-dessus tout, ce que je cherche déjà, sans le savoir, c’est à déchiffrer le mystère qui parvient à réunir deux êtres derrière la porte close d’une chambre à coucher, ce qui se trame alors entre eux. Comme dans les contes pour enfants où le merveilleux fait brusquement irruption dans le réel, la sexualité s’apparente dans mon imaginaire à un processus magique d’où naissent miraculeusement les bébés, et qui peut surgir à l’improviste dans la vie de tous les jours, sous des formes souvent indéchiffrables. Provoquée, ou accidentelle, la rencontre avec cette puissance énigmatique suscite très tôt chez l’enfant que je suis une curiosité persistante, et terrifiée.
À plusieurs reprises, je me présente dans la chambre de mes parents, au beau milieu de la nuit, en pleurs, debout dans l’encadrement de la porte, me plaignant d’un mal de ventre ou de tête, avec sans doute le but inconscient d’interrompre leurs ébats, pour les trouver le drap relevé jusqu’au menton, l’air idiot et étrangement coupable. L’image précédente, celle de leurs corps entremêlés, je n’en garde pas la moindre trace. Elle est comme effacée de ma mémoire.
 
Mes parents sont un jour convoqués par la directrice de l’école. Mon père ne vient pas. C’est ma mère qui écoute, inquiète, le récit de ma vie diurne.
— Votre fille tombe de sommeil, on dirait qu’elle ne dort pas la nuit. J’ai dû lui faire installer un lit de camp au fond de la classe. Que se passe-t-il ? Elle m’a parlé de disputes très violentes entre son père et vous, la nuit. Par ailleurs, une surveillante a remarqué que V. se retrouvait souvent dans les toilettes des garçons à l’heure de la récréation. J’ai demandé à V. ce qu’elle fabriquait. Elle m’a répondu avec le plus grand naturel : « C’est pour aider David à faire pipi droit. Je lui tiens son zizi. » David vient d’être circoncis, et il aurait en quelque sorte du mal à… viser. Je vous rassure, à cinq ans, ce genre de jeux n’a rien d’anormal. Je voulais juste que vous soyez informée.
 
Un jour, ma mère prend une décision irrévocable. Profitant du séjour en colonie de vacances qu’elle a secrètement planifié pour procéder à notre déménagement, elle quitte mon père, sans retour. C’est l’été qui précède mon entrée au cours préparatoire. Le soir, une monitrice me lit, assise sur le rebord du lit, les lettres dans lesquelles ma mère décrit notre nouvel appartement, ma nouvelle chambre à coucher, ma nouvelle école, mon nouveau quartier, bref, la nouvelle disposition de notre nouvelle vie, lorsque je rejoindrai Paris. Du fin fond de la campagne où l’on m’a expédiée, au milieu des cris d’enfants redevenus sauvages en l’absence de leurs parents, tout cela me paraît bien abstrait. La monitrice a souvent l’œil humide et la voix brisée tout en me faisant à haute voix la lecture de ces courriers maternels faussement enjoués. Après ce rituel du soir, il arrive qu’on me retrouve la nuit, à cause d’une crise de somnambulisme, en train de descendre les escaliers à reculons, en direction de la porte de sortie.
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HarioutzHarioutz   09 février 2020
J'ai rencontré G. à l'âge de treize ans. Nous sommes devenus amants quand j'en ai eu quatorze, j'en ai maintenant quinze, et aucune comparaison n'est possible puisque je n'ai pas connu d'autre homme. Pourtant, assez vite, je m'aperçois du caractère répétitif de nos séances amoureuses, des difficultés de G. à maintenir son érection, de ses subterfuges laborieux pour y parvenir (s'astiquer avec frénésie tandis que je lui tourne le dos), de l'aspect de plus en plus mécanique de nos ébats, de l'ennui qui s'en dégage, de la peur d'émettre une quelconque critique, de la difficulté quasi insurmontable, à lui soumettre un désir qui briserait non seulement notre routine, mais augmenterait mon propre plaisir.

Depuis que j'ai lu les livres interdits, ceux qui étalent sa collection de maîtresses et détaillent ses voyages à Manille, quelque chose de visqueux et sordide est venu recouvrir chacun de ces moments d'intimité dans lesquels je ne parviens plus à voir la moindre trace d'amour. Je me sens avilie, et plus seule que jamais.

Notre histoire était pourtant unique, et sublime. A force qu'il me le répète, j'avais fini par croire à cette transcendance, le syndrome de Stockholm n'est pas qu'une rumeur.
Pourquoi une adolescente de quatorze ans ne pourrait-elle aimer un Monsieur de trente-six ans son aîné ? Cent fois, j'avais retourné cette question dans mon esprit. Sans voir qu'elle était mal posée, dès le départ. Ce n'est pas mon attirance à moi qu'il fallait interroger, mais la sienne.

La situation aurait été bien différente si, au même âge, j'étais tombée follement amoureuse d'un homme de cinquante ans qui, en dépit de toute morale, avait succombé à ma jeunesse, après avoir eu des relations avec nombre de femmes de son âge auparavant, et qui, sous l'effet d'un coup de foudre irresistible, aurait cédé une fois, mais la seule, à cet amour pour une adolescente.
Oui, alors là, d'accord, notre passion extraordinaire aurait été sublime, c'est vrai, si j'avais été celle qui l'avait poussé à enfreindre la loi par amour, si au lieu de cela G. n'avait pas rejoué cette histoire cent fois tout au long de sa vie; peut-être aurait-elle été unique et infiniment romanesque, si j'avais eu la certitude d'être la première et la dernière, si j'avais été en somme, dans sa vie sentimentale, une exception.
Comment ne pas lui pardonner, alors, sa transgression ? L'amour n'a pas d'âge, ce n'est pas la question.

En réalité, à l'échelle de l’existence de G., je savais maintenant que ce désir pour moi était infiniment redondant et d'une triste banalité, qu'il relevait de la névrose, d'une forme d'addiction incontrôlable.
J'étais peut-être la plus jeune de ses conquêtes à Paris, mais ses livres étaient peuplés d'autres Lolita de quinze ans (à un an près, ça ne faisait pas beaucoup de différence), et s'il avait vécu dans un pays moins regardant sur la protection des mineurs, mes quatorze ans lui auraient paru bien insignifiants comparés aux onze ans d'un petit garçon aux yeux bridés.

G. N'était pas un homme comme les autres. Il avait fait profession de n'avoir de relations sexuelles qu'avec des filles vierges ou des garçons à peine pubères pour en retracer le récit dans ses livres. Comme il était en train de le faire en s'emparant de ma jeunesse à des fins sexuelles et littéraires.
Chaque jour, grâce à moi, il assouvissait une passion réprouvée par la loi, et cette victoire, il la brandirait bientôt triomphalement dans un nouveau roman.

Non, cet homme n'était pas animé que des meilleurs sentiments. Cet homme n'était pas bon. Il était bien ce qu'on apprend à redouter dès l'enfance : un ogre.
Notre amour était un rêve si puissant que rien, pas un seul des maigres avertissements de mon entourage, n'avait suffi à m'en réveiller. C'était le plus pervers des cauchemars. C'était une violence sans nom.
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HarioutzHarioutz   09 février 2020
Dès le début de notre relation, nous avons correspondu par lettres, comme au temps des Liaisons dangereuses, me suis-je dit avec ingénuité.
G. m'a tout de suite incitée à utiliser ce mode de communication, sans doute parce qu'il est écrivain, en premier lieu, mais par sécurité, aussi, bien sûr, pour protéger notre amour des oreilles et des regards indiscrets.
Je n'y ai pas vu d'inconvénient, je suis plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral, c'est un moyen d'expression naturel pour moi, si réservée avec mes camarades de classe, incapable de parler en public, de faire un exposé, inapte à toute activité théâtrale ou artistique exposant mon corps au regard des autres.
Internet et le portable n'existent pas encore. Quant au téléphone, vulgaire objet dénué de toute poésie, il n'inspire que mépris à G.
J'ai soigneusement entouré d'un ruban dans une vieille boite en carton, une pile de déclarations d'amour flamboyantes qu'il m'envoie dès qu'il est absent ou que nous ne voyons pas durant plusieurs jours. Je sais qu'il conserve aussi précieusement les miennes. Mais, en me plongeant dans certains de ses livres (pas encore les plus scabreux d'entres eux), je m'aperçois que je suis très loin d'avoir l'exclusivité de ses épanchements épistolaires.
Deux de ses livres en particulier racontent ses amours tumultueuses avec une ribambelle de jeunes filles dont G. semble incapable de refuser les avances.
Ces maîtresses sont toutes très exigeantes, et assez vite, ne sachant plus comment s'en dépêtrer, il jongle de façon acrobatique entre des mensonges de plus en plus éhontés pour enchaîner dans une même journée, deux, trois, parfois quatre rendez-vous amoureux.
Non, seulement G. n'hésite pas à reproduire dans ses livres les lettres de ses conquêtes, mais toutes se ressemblent étrangement. Par leur style, leur exaltation, et même par leur vocabulaire, elles semblent constituer un même corpus s'étalant sur des années, où s'entendrait la voix lointaine d'une jeune fille idéale, composée de toutes les autres.
Chacune témoignage d'un amour aussi céleste que celui d'Héloïse et Abélard, aussi charnel que celui de Valmont et Tourvel. On croirait lire la prose naïve et désuète d'amoureuses d'un autre siècle. Ce ne sont pas les mots de gamines de notre âge, ce sont les termes universels et atemporels de la littérature épistolaire amoureuse. G. nous les souffle en silence, les insuffle dans notre langue même. Nous dépossède de nos propres mots.
Les miennes ne s'en distinguent pas. Toutes les jeunes filles un peu "littéraires" écrivent-elles de la même manière entre quatorze et dix-huit ans ? Ou bien ai-je été moi aussi influencée par le style très uniforme de ces lettres d'amour après en avoir lu quelques unes dans les livres de G. ? Je penche plutôt pour l'idée d'une sorte de "cahier des charges" implicite auquel je me serais conformée d'instinct.
Avec le recul je m'en rends bien compte, il s'agit d'un jeu de dupes : reproduire de livre en livre, avec un même fétichisme, cette littérature de jeunes filles en fleurs permet à G. d'asseoir son image de séducteur. Ces lettres sont aussi, de façon plus pernicieuse, le gage qu'il n'est pas le monstre qu'on décrit. Toutes ces déclarations d'amour sont la preuve tangible qu'il est aimé, et mieux encore, qu'il sait, lui aussi, aimer. C'est un procédé hypocrite qui ne trompe pas seulement ses jeunes maîtresses, mais aussi ses lecteurs.
J'ai fini par percer à jour la fonction de ces dizaines de lettres qu'il m'écrivait de façon frénétique dès notre toute première rencontre.
Parce que chez G. l'amoureux des adolescents se double de l'écrivain, l'autorité, l'emprise psychologique dont il jouit suffisent à conduire sa nymphette du moment à affirmer par écrit qu'elle est comblée. Une lettre laisse des traces, on se doit d'y répondre, et quand celle-ci est d'un lyrisme enflammé, il faut se montrer à la hauteur.
Par cette injonction muette, l'adolescente se donne alors pour mission de rassurer G. sur tout le plaisir qu'il lui donne, de sorte qu'en cas de descente de police, son consentement ne fasse aucun doute.
Bien sûr qu'il est un artiste passé maître dans l'exécution de la moindre caresse. Les sommets inégalés qu'il nous fait atteindre dans l’orgasme en sont la preuve !
De la part de jeunes filles arrivées vierges dans le lit de G. , sans le moindre point de comparaison, de telles déclarations sont, en vérité, assez cocasses.
Tant pis pour les fervents lecteurs de son journal qui s'y seraient laissés prendre.
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palamedepalamede   04 mars 2020
« ... vers la fin des années soixante-dix, un grand nombre de journaux et d’intellectuels de gauche ont en effet pris publiquement la défense d’adultes accusés d’avoir eu des relations « coupables » avec des adolescents. En 1977, une lettre ouverte en faveur de la dépénalisation des relations sexuelles entre mineurs et adultes, intitulée « À propos d’un procès », est publiée dans Le Monde, signée et soutenue par d’éminents intellectuels, psychanalystes et philosophes de renom, écrivains au sommet de leur gloire, de gauche pour la plupart. On y trouve entre autres les noms de Roland Barthes, Gilles Deleuze, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, André Glucksmann, Louis Aragon… ... La même année, une autre pétition est publiée dans Le Monde, sous le titre « Un appel pour la révision du code pénal à propos des relations mineurs-adultes », ralliant plus de suffrages encore (s’ajoutent aux noms précédents ceux de Françoise Dolto, Louis Althusser, Jacques Derrida, pour ne citer qu’eux, mais la lettre ouverte compte quatre-vingts signataires, qui sont parmi les personnalités intellectuelles les plus en vue du moment). »
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