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ISBN : 2226180710
Éditeur : Albin Michel (01/01/2008)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Qui n'a un jour rêvé de profiter des avantages de la solitude tout en disposant à tout moment d'un important réseau d'amis ? Aujourd'hui, avec lnternet, ce rêve est devenu réalité, et des sites comme MySpace ou Face book bouleversent les codes relationnels et les manières d'être ensemble. Beaucoup de nos contemporains se séduisent et se séparent dans des univers aux noms paradisiaques tels que Meetic ou Second life. Quant à la famille, elle compte désormais moins po... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Apoapo
  08 février 2016
Si l'on envisage les technologies de l'information et de la communication comme « machines communicantes », leur archétype premier nous vient de l'Antiquité romaine, qui connaissait la distinction entre instrumentum mutum – l'outil agricole ou autre –, instrumentum semi-vocale – le bétail pouvant réagir à quelques instructions orales – et instrumentum vocale – l'esclave intéragissant par la parole (p. 27) : nous pouvons donc investir notre informatique d'au moins autant de rôles (substitutifs ou non) que l'on en confia naguère à ce dernier.
Plus près de nous, deux technologies nous ont préparés aux bouleversements psychologiques et existentiels du virtuel : le téléphone, qui brouille la dichotomie présence-absence (surtout s'il est muni de répondeur) et la photographie (surtout retouchable) qui favorise des identités multiples et en mouvement. La première partie de cet ouvrage s'occupe de ces deux prolégomènes ; j'ai été particulièrement intéressé par cette problématique de flottement identitaire, qui s'appuie (quelque peu, trop peu, hélas !) sur les blogs, ainsi que sur les profils personnels dans les réseaux sociaux et sites de rencontres.
La seconde partie analyse quelques aspects par lesquels le virtuel affecte le vivre ensemble : la rencontre et les rapports amoureux (« La nouvelle Carte de tendre » - chapitre qui me paraît très insuffisant à l'aune des résultats de la recherche sociologique sur ce sujet), la famille (chapitre fondé sur un peu de clinique), les rapports cognitifs et émotifs face à l'image (réf. à un filon de recherches antérieur de l'auteur), la connaissance (critères herméneutiques, temps, espace, etc.), consacrant enfin un utile chapitre (« Tous scotchés ? ») à infirmer quelques lieux communs sur l'aspect prétendument psychopathologique des pratiques du virtuel.
La troisième partie, enfin, est consacrée au statut psycho-ontologique de l'avatar dans les sites comme Second Life et World of Warcraft. Elle est innervée par l'idée-phare que le virtuel n'est ni réel ni imaginaire mais qu'il « constitue justement une porte d'entrée vers les deux » (p. 163). Les approches que l'on peut avoir à l'égard de la fiction (ex. littérature, cinéma) ne s'avèrent donc pas pertinentes dans le virtuel (p. 203), alors que le parallèle entre technologie informatique et « les yeux de l'âme » au Moyen Âge semble plus probant à l'égard de la dichotomie : réalité/« autre chose ». Cependant, l'avatar est surtout « un objet comme les autres », doté donc, en psychanalyse, de trois fonctions : pratique, narcissique et de support de relation émotionnelle (p. 174 et ss.). Ces deux dernières notes ne sont que capturées très accidentellement au fil du discours, au gré de ma curiosité.
En effet, mon intérêt au cours de la lecture a très nettement décru d'une partie à la suivante. Conformément, je vais m'attarder dans une cit. in extenso concernant les trois moments successifs de la construction de l'identité sur l'Internet :
« Sur cet espace, l'internaute expose au monde des fragments de lui-même, c'est-à-dire, selon ses choix, des éléments de son anatomie, de ses pensées ou de ses créations. Cette démarche n'est pas sans risque parce qu'elle aggrave le narcissisme du miroir. Rien n'est pire qu'un blog ou un site sur lequel on ne reçoit aucune visite ! […]
Le premier internaute qui vous rend visite casse ce soliloque. C'est le deuxième moment. Vous êtes invité à profiter de son regard sur vous à travers son intérêt et ses remarques. […] le premier miroir de l'identité de chacun n'est d'ailleurs pas une surface polie réfléchissante, mais le regard de sa mère […] (cit. Winnicott).
Enfin arrive le troisième moment, celui où les échanges dessinent peu à peu un groupe d'internautes partageant les mêmes goûts et les mêmes centres d'intérêt. […] C'est la sortie du monde autocentré où chacun était invité à tourner autour de soi, un peu comme au Moyen Âge l'univers entier était censé tourner autour de la Terre, et c'est l'entrée dans un monde hétérocentré où l'on est invité à tourner avec d'autres dans des regroupements appelés « communautés ». » (p. 37-38)
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Hybris
  05 février 2017
Dans ce livre le psychanalyste se demande comment un père de famille équilibré se met à nourrir des soirées entières des cochons virtuels…
Plus généralement, il étudie les nouveaux rapports en lien avec les nouvelles technologies.
Le jeune bientôt ne passera plus par le stade du miroir décrit par Lacan mais par celui de l'écran.
Il parle par opposition à l'intimité, de l'extimité ;
Il revient ensuite sur le mot virtuel : du temps d'Aristote c'était : qui est en devenir.
Au début du numérique c'était les images « irréelles » de l'ordinateur par rapport à celles réelles des moyens traditionnels.
Cette définition n'est plus d'actualité car les images sur l'ordi sont maintenant considérées comme vraies.
L'importance que l'on accorde à son image et la note que peuvent y mettre les autres.
Les rencontres sur internet sont souvent décevante car les coups de foudre ne sont pas en général qu'intellectuel (une bête qui voit et qui sent est tapie au fond de nous !)
Serge conseille de s'intéresser à ce que font les jeunes : ne pas scinder d'un côté les loisirs et de l'autre l'école…Car c'est le meilleur moyen que les jeunes s'enferment dans leur monde.
L'adulte a aussi un devoir d'exemple : que dire à ces enfants si soi-même on répond au portable en mangeant ?
Face à la violence des images, Serge dit qu'elles n'incitent pas mais qu'elles vont augmenter chez le sujet violent ses tendances.
Les jeunes enfants en regardant beaucoup la télé renforcent unilatéralement leur mode interne opérant : alors que dans le jeu, il va successivement prendre tous les rôles : celui qui commande, celui qui est commandé, celui qui frappe et celui qui est frappé…
A la télé ça va trop vite, il va donc choisir un seul rôle et s'y tenir…renforçant sa tendance naturel (dont les parents sont partie prenante).
La télévision ne rend pas plus violent ou plus calme mais les enferme dans la prison d'un même comportement…
Le temps n'est plus de faire une chose à la fois le mieux possible mais plusieurs le moins mal possible…
Le raisonnement devient intuitif : les jeunes tâtonnent et y arrivent !
Il faut avoir un minimum de satisfaction et de gratification dans la vraie vie pour faire un bon usage du virtuel.
C'est souvent parce qu'il y a un problème de communication que le jeune se réfugie dans le virtuel et non l'inverse.
Le fait d'être scotché à l'ordi peut-être un signe caché de dépression : dans ce cas, il faut d'abord soigner la dépression !
Si une personne est équilibrée pas de problème elle va se servir du virtuel comme le font les enfants pour mettre en scène leur monde intérieur : cela va même parfois leur servir à résoudre des petits conflits…
Certains ados vont passer par ce stade qui n'a rien à voir avec l'addiction (avec une substance toxique où toute recherche de sens est exclue).
Quand c'est pour soigner une blessure narcissique : on est plus proche de l'addiction.
Mais il s'agit pourtant Encore de créer quelque chose, il y a une quête de sens même si elle n'est pas centrale… En essayant de créer un effet miroir par exemple.
Par contre quand c'est la recherche d'excitation alors là il s'agit d'une conduite addictive sans aucune recherche de sens…
Mais malgré tout l'effet de recherche d'excitation pure est rare elle est généralement couplé avec les deux autres et c'est sur cela que le thérapeute peut s'appuyer.
Le positif pour les jeunes : se sentir citoyens du monde, repérer l'essentiel en quelques secondes (même si c'est au prix de ne pas maîtriser la déduction)
L'ordi n'est plus un loisir mais une compétence à acquérir et qui leur servira.
Il faut travailler sur ce qui est vrai et sur ce qui est faux car tout se brouille.
Plus les enfants seront inciter à jouer pour de faux, moins ils le feront pour de vrai.
Ce livre est très intéressant car l'auteur connait parfaitement son sujet ce n'est pas un vieux grincheux qui dit que c'était mieux avant, mais qui fait des mises en garde et notamment grâce à son expérience professionnel. Il ne faut évidemment pas rejeter en bloc ce qui de toute façon fait partie de notre vie mais quelques éclairages pour nous et nos enfants sont les bienvenus !
Par contre les technologies vont vites et ce livre a déjà des côtés un peu daté : qui, se sert Encore de MSN ?
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sybilline77450
  06 février 2009
De l'ordinateur, qui est entré dans nos vies et des sites comme Second Life, MySpace, Facebook ... aux journaux télévisés et aux images que l'on nous montre à la télévision (films, documentaires ect confondus), en passant par les jeux vidéo, Serge Tisseron dresse ici une analyse profonde des médias présents dans notre quotidien.
Alors qu'à la base Internet servait à s'informer sur le monde extérieur, cette nouvelle technologie sert aujourd'hui à se connaître soi même en se soumettant aux regards et jugements des autres (blogs, chats, forums ect..) et à mieux se comprendre à l'aide de sites spécialisés qui provoquent en fait tout le contraire.
Ces N.T.I.C (téléphones portables, ordinateur, MSN...) ont des conséquences lourdes sur nos rapports avec les autres, sur nos comportements et sur nos modes de vie, et ne l'oublions pas sur nos codes relationnels;
L'auteur nous propose de les étudier.
Ebay par exemple : sur ce site l'argent y prend un caractère abstrait, on désire tant un objet qu'on surenchérit et si l'on ne fait pas attention on peut rapidement non seulement y prendre goût mais aussi se prendre au jeu et se retrouver prit dans une spirale infernale. Ici, l'effet du virtuel peut devenir un véritable piège. Selon Serge Tisseron "L'argent n'est pas seulement virtuel au moment des enchères. L'objet acheté est souvent perçu comme un cadeau, c'est un peu comme si la dépense n'avait pas eu lieu"
Voilà ce que signifie le "virtuel" : une réalité déformée, un peu floue, dans laquelle on s'y perd, dans laquelle il est difficile de distinguer le vrai du faux, le réel du virtuel.
Le virtuel constitue aussi une forme de relation à part entière avec ses règles propres, pour citer l'auteur.
Et le fait qu'un membre du couple rencontre régulièrement un ou une partenaire dans les mondes virtuels est souvent vécu par l'autre comme une sorte d'infidélité.
Mais mis à part le fait que l'on peut se sentir délaissé(e) ces situations provoquent toujours l'inquiétude qu'elles cessent d'étre virtuelles et deviennent réelles. Mais même si elles ne deviennent pas réelles, qu'il n'ya pas de rencontres, ni de toucher, l'acte est quand même là : s'il y a échange de paroles telles que "je t'aime" ou "j'ai envie de toi" ou encore s'il y a acte sexuel ou même préliminaires à distance par ordinateurs et/ou webcams interposés, il y a adultère le geste et la volonté de le faier sont eux bien présents et bien réels.
Le virtuel bouleverse donc tout, les modes de communication, d'information, les codes sociaux, les comportements, et les manières d'être ensemble, les mentalités ect, ect ...
Mais encore une fois : tout dépend de son utilisation.
C'est peut être là, la seule véritable question à se poser, et l'aspect le plus important à surveiller, L' UTILISATION DES N.T.I.C
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XjapanK
  13 juin 2017
J'ai trouvé ce livre très intéressant, comme fenêtre de soi par rapport à l'utilisation de la technologie dans nos vies. J'ai aimé le côté psychologique lié à notre façon de nous comporter dans le virtuel.
L'auteur a dédramatisé le côté geek pour expliquer le bienfait du virtuel, au niveau psychologique!
Que ce soit, le répondeur, le mobile, la classe qu'on prend dans les jeux vidéos, nos côtés sociables ou associables... J'ai trouvé ce livre très riche en analyse de soi et des autres avec le rapport aux technologies et lié à notre passé.
Super livre!
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
BigDreamBigDream   20 septembre 2014
La rencontre réalisée par Internet interposé est une fausse rencontre. Rien n'y met notre corps en éveil et en appétit. Ni les odeurs de l'autre, ni le frémissement de ses narines, ni le rythme et l'amplitude des battements de ses cils, ni sa façon de croiser ou non les jambes, de marcher, de se cambrer légèrement à certains moments, bref, rien de cette multitude de petits signes susceptibles de déclencher le trouble et finalement, on ne sait comment, l'alchimie du désir...
Cette façon de "se rencontrer" est forcément décevante. Il y manque la dimension physique, intuitive - pour ne pas dire animale - du désir amoureux.
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BigDreamBigDream   23 septembre 2014
Il ne s'agit plus seulement de faire plusieurs choses à la fois, mais d'être dans plusieurs endroits en même temps. Si la communication consiste à se transporter virtuellement à distance, son but ultime n'est-il pas d'être en même temps dans deux espaces distincts? Le téléphone mobile nourrit ce rêve. Ceux qui le partagent se désignent eux-mêmes sous l'expression de ubiquity generation.
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BigDreamBigDream   23 septembre 2014
Si les enfants reproduisent souvent les attitudes parentales jusqu'à la caricature, il y a un domaine où ils innovent, incontestablement : c'est dans leur désir de rencontrer sur la Toile non seulement des camarades de leur âge, mais des maîtres! En fait, tout a commencé avec les Pokémons.
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BigDreamBigDream   23 septembre 2014
Certains (les parents) croient bien agir en offrant precocement un mobile à leur progeniture. A leurs yeux, ils ne manquent pas de raisons : crainte que l'enfant fasse de mauvaises rencontres, qu'il traine en route...ou même qu'il oublie de penser à sa maman ou à son papa! Car la vérité est bien là ; les parents qui offrent un téléphone mobile à leur enfant le font d'abord... Pour eux-memes. Le drame est qu'en agissant ainsi, ils l'incitent à leur insu à devenir une sorte d'"enfant à la ficelle". Les parents n'ont pas la possibilité d'attacher une corde à la cheville de leur rejeton pour le ramener vers eux à volonté, mais ils rêvent que le telephone mobile qu'ils lui offrent joue le même rôle. En se donnant la possibilité de le joindre à tout moment, ils pensent qu'ils contrôleront l'endroit où il se trouve, ses activités, voire ses relations. Et l'enfant le comprend bien ainsi, avec le risque qu'il reponde par un silence total sur ses activités. Il ne suffit pas d'avoir dans la poche un mobile offert par ses parents pour leur dire où on est. Le jeune accepte le cadeau...et appelle le monde entier à l'exception de ses parents.
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BigDreamBigDream   23 septembre 2014
Comme me disait un jeune homme qui s'était mis à jouer après avoir vécu une grave déception affective : "J'avais besoin de penser que je m'en foutais. En jouant, j'ai oublié que je souffrais. Le problème, c'est qu'après, je me suis mis à me foutre de tout."
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Vidéo de Serge Tisseron
Le jour où mon robot m'aimera - Serge Tisseron .http://www.albin-michel.fr/Le-jour-ou-mon-robot-m-aimera-EAN=9782226318954 Ils sont déjà parmi nous mais nous ne les voyons pas. Ce sont tous nos objets connectés qui détectent nos réactions, s?adaptent à nous, et parfois même orientent nos choix à notre insu. Bientôt, certains d?entre eux auront une apparence humaine, déchiffreront nos émotions, nous parleront, et pourront même nous manifester de l?affection, voire de l?amour. Ce sera « pour de faux » ? Et alors ? Il suffira de l?oublier pour être heureux. Mais avons-nous envie de ce bonheur-là ? Comment réagirons-nous au fait de nous savoir surveillés en permanence ? Et que deviendra la relation de l?homme à ses semblables lorsque nous serons entourés de créatures humanoïdes programmées pour tout savoir de nous et anticiper nos désirs même les plus secrets ? Ce n?est pas de la science-fiction : il est urgent d?y réfléchir et de préparer nos enfants au monde de demain.
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