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EAN : 9782266254458
480 pages
Éditeur : Pocket (08/01/2015)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 301 notes)
Résumé :
Un dimanche matin, au milieu d'une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l'un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. L'affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Sazcki ne sait même plus si son quotidien l'épuise ou l'ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances.
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Critiques, Analyses et Avis (104) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  20 janvier 2017
Méfiez-vous des séries télévisées. En Pologne, c'est le procureur qui dirige les investigations sérieuses. La police l'aide si on le lui ordonne, mais de sa propre initiative elle ne peut traquer que des voleurs de voitures et les cambrioleurs. En conséquence, c'est à Teo Szacki, procureur de 36 ans, cheveux prématurément blanchis, yeux basilic, qu'est confiée l'enquête sur l'homicide de Henry Telak, commis dans les locaux de l'église située au numéro 14 de la rue Lazienkowska, à Varsovie, dans la nuit du 04 au 05 juin 2005. Henry Telak suivait avec 3 autres participants, une thérapie dite « de la constellation familiale », sous l'égide du Docteur Cesary Rudzki, médecin membre de l'association des psychologues catholiques de Pologne. La question posée est : qui a planté une broche à rôtir dans l'oeil de Telak ?

Les Impliqués démarre lentement comme une resucée moderne d'un roman d'Agatha Christie : parmi plusieurs personnes sans liens apparents et réunies par hasard dans un lieu clos, l'une d'elle est assassinée. Selon les codes du roman policier, il ne reste théoriquement plus à l'enquêteur malin qu'à procéder méthodiquement à l'élimination des suspects pour démasquer le coupable. Mais Zygmunt Miloszewski ne se contente pas d'un schéma aussi simpliste. L'intrigue s'enrichit progressivement de ramifications politico-historiques, qui prennent racine dans le passé récent de la Pologne, lorsque le grand frère russe veillait sur sa destinée. Même si le rideau de fer a été levé, même si le mur de la honte a volé en éclats, il reste de nombreux nostalgiques de l'ancien régime.

Les Impliqués est un roman qui vaut autant pour la qualité de son intrigue que par l'atmosphère créée par son auteur. Teo Szacki est un fonctionnaire mal dans sa peau, mal vu par les civils, sans aucune reconnaissance sociale ou professionnelle, considéré par les parlementaires, avec tous ses confrères procureurs, comme un auxiliaire personnel destiné à harceler leurs adversaires politiques. Teo est mal payé, met en péril son budget lorsqu'il invite Monika, une journaliste, au restaurant. Sa vie conjugale avec Weronika, conseillère juridique à l'hôtel de ville, est à la croisée des chemins, empoisonnée par la routine, les difficultés financières et d'éducation de leur fille unique. Il est submergé par les dossiers à régler, la majorité d'entre eux concernant des violences conjugales, ou la moisson des ivrognes retrouvés noyés dans la Vistule. Au gré de ses enquêtes, il déambule plombé par ses désillusions et sa lassitude dans une Varsovie détruite par la guerre puis architecturalement défigurée lors de sa reconstruction, dans laquelle il ne trouve pas sa place.

Dans ce grand, beau et sombre roman, Zygmunt Miloszewski, utilise le polar comme vecteur pour dresser l'état des lieux de la Pologne du début du troisième millénaire. Il met en scène un homme en panne d'optimisme, ordinaire et attachant, dont les difficultés, doutes et souffrances reflètent celles de son pays, prisonnier d'un passé douloureux et face à un avenir incertain.
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Crazynath
  22 juillet 2019
Je pense qu'avec la lecture du polar « Les impliqués » de Zygmunt Miloszewski j'ai dû lire pour la première fois une oeuvre d'un auteur polonais.
Un voyage dépaysant donc pour ma part, car il faut reconnaitre que je ne connais pas grand-chose à ce pays si ce n'est le nom de quelques villes et hommes politiques.
Il a cependant que je m'habitue au cours de ma lecture à tous ces noms comportant des Y, des W, des Z et des K un peu partout…Bon, au bout d'un moment, on s'y habitue, il faut le reconnaitre.
Donc, plongée dans le coeur de Varsovie, avec un groupe isolé du reste du monde (ou presque) puisqu'il entame une thérapie sous la direction de Cezary Rudzki. Un des participants va être assassiné de façon assez particulière et on ne peut s'empêcher d'imaginer que le coupable ne peut être que l'un des autres participants au vu du huis-clos existant.
L'enquête va être menée par le procureur Teodore Szacki. Eh oui, en Pologne, même si les procureurs sont assistés par des policiers, ce sont bien eux qui mènent l'enquête. Cela change singulièrement des polars que j'avais l'habitude de lire.
Cette enquête, qui va se mener au rythme des disponibilités de Szacki, nous permet d'avoir une vision de la Pologne du début du vingt et unième siècle. Cependant, l'empreinte de la période communiste est encore bien présente et certaines institutions comme les administrations sont encore bien imprégnées de leurs méthodes.
J'ai eu de la peine au début à m'attacher au personnage central que je trouvais un peu trop dans ses atermoiements et ses tergiversations. En effet, Teodore est à une période charnière de sa vie puisqu'il nous fait sa crise de la quarantaine. A partir du moment où j'ai réalisé qu'il avait les cheveux bien gris, je me suis plu à me l'imaginer sous les traits de Richard Gere et tout à coup j'ai lu l'histoire avec plus d'intérêt.
J'ai bien aimé cette histoire avec une enquête bien menée et je compte bien lire les deux tomes suivant puisque nous allons y retrouver Szacki.
Une lecture fort sympathique, même si je ne parlerais pas de coup de coeur.

Lecture Commune Polar du mois de juillet 2019
Lecture Séries 2019
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sandrine57
  16 novembre 2017
Par un dimanche matin du mois de juin 2005, le procureur Teodore Szacki est tiré de son lit pour se rendre dans un ancien monastère de Varsovie où le corps d'Henryk Telak vient d'être découvert, tué d'une broche à poulet planté dans l'oeil. L'homme, dépressif depuis le suicide de sa fille adolescente, participait à une thérapie de groupe menée par le docteur Rudzki. Celui-ci, comme les trois autres participants, seuls présents sur place, apparaît comme suspect aux yeux du procureur. Mais quel pourrait être le mobile de ces gens qui connaissait à peine le mort ? Ou serait-ce la thérapie particulière de Rudzki, basée sur la constellation familiale, qui aurait mal tourné ? Sans mobile, sans indices, sans véritables suspects, le procureur tâtonne mais semble gêner un homme très influent. Epris de justice mais soucieux de protéger sa femme et sa petite fille, Szacki cherche la vérité, secoué par la menace qui pèse sur lui et les siens.
Un polar dans les rues embouteillées de la capitale polonaise. On y fait la connaissance du procureur Teodore Szacki. le cheveux blancs malgré ses 36 ans, élégant et plutôt séduisant, il traîne un moral en berne, coincé dans un mariage qui ne la satisfait plus et le tribunal où il traite de plus en plus d'affaires pour un salaire symbolique. Szacki connaît sa femme depuis le collège mais la quarantaine arrivant à grands pas, il rêve d'autre chose...Peut-être d'une jeune journaliste qui flirte avec lui, l'aguiche et rallume chez lui la flamme de l'aventure. Mais tandis qu'il tergiverse et se contente de prendre quelques sages cafés avec la demoiselle, il doit aussi mener une enquête pour meurtre. Car en Pologne, c'est le procureur qui mène les investigations et dirige les policiers. le voici donc confronté à un homicide en apparence banal mais qui va réveiller les anciens services secrets polonais. La Pologne s'est libérée du rideau de fer et du totalitarisme mais ses vieux démons ne dorment que d'un oeil. le procureur, confiant, voire naïf, va se rendre compte que dans son pays, comme dans de nombreux autres, le pouvoir est resté entre les mêmes mains. Les étiquettes politiques ont changé, les moeurs aussi, amis quand leurs intérêts sont menacés, les vieilles techniques d'intimidation ont encore cours...
Le rythme est lent mais ce polar n'en est pas moins très intéressant, par son contexte, son atmosphère et son sympathique procureur. On découvre un pays qui doit supporter son lourd passé sous le joug communiste et un homme qui fait de son mieux pour faire avancer la justice malgré le manque de moyen et les pressions en tout genre. C'est le premier tome d'une trilogie, une affaire à suivre donc.
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belette2911
  06 mai 2014
Se faire tuer d'une broche à rôtir dans l'oeil... Voilà qui est peu banal, déjà. Ajoutons à cela que le crime s'est passé dans dans un ancien monastère de Varsovie et que le cadavre, avant de trépasser, participait à une thérapie collective dite de la "constellation familiale"... Vous m'avouerez qu'il a l'air malin, le colonel Moutarde, dans la bibliothèque avec son chandelier !
Une autre chose qui change des polars "classiques" : pas d'inspecteur, de détective ou de flic alcoolo pour cette dénouer cette affaire. Non, c'est le procureur Teodore Szacki est chargé de l'enquête. Il n'est pas dépressif, ne boit pas comme un régiment polonais, ne se drogue pas... Il est juste un peu désabusé et las de sa vie de couple qui a viré au banal mâtiné de routine.
Ah, j'oubliais de vous dire qu'il a 35 ans, des cheveux tout blancs et qu'il est plutôt bôgosse ! Monsieur ne serait pas contre le fait d'aller tremper son biscuit dans la tasse de café de la séduisante journaliste Monika (non, pas Lewinski !). Un type comme on en connait beaucoup...
Conseil : ne lisez pas ce roman pour son côté trépidant, il n'en a pas vraiment. Malgré tout, pour moi, ce fut un page-turner car j'avais faim d'en savoir plus sur la Pologne, qui, malgré la chute du Mur, n'en a pas fini avec son système corrompu. Quand à la Justice, elle tourne sur trois pattes... le côté politique du livre, je l'ai dévoré.
Teodore Szacki (Teo) est notre narrateur privilégié et il ne se prive pas pour nous expliquer toutes les petites subtilités d'un système où les procureurs vont sur le terrain avec les policiers, pour enquêter, qu'ils sont débordés par le boulot, noyé sous la paperasse administrative, que leur taux de résolution des crimes est plus que nul (on est loin des séries télés), que certains de leurs dossiers prennent la poussière faute d'avoir résolu l'affaire et que tous concernent quasi des affaires de meurtres par abus d'alcool ou des violences conjugales.
Et non, en Pologne, le fait d'être procureur ne donne pas droit aux pleins pouvoirs... Que nenni !! Notre charmant Teo n'a rien d'un SuperProc avec une cape et avec des pouvoirs illimités ou un détecteur de mensonges greffé dans son nez. Donc, il peut se faire mener en bateau et tourner en rond durant son enquête qui piétine.
Il faut dire qu'on ne lui facilite pas la tâche non plus... Ni sa hiérarchie, ni les suspects dont il est en train de se demander si la thérapie aurait pu faire déraper l'un d'eux au point d'embrocher Henryk Telak comme un vulgaire rôti...
Quand à ses hormones en plein travail, elles le feront aller deux fois aux toilettes afin de soulager une tension mal placée. Bref, un enquêteur qui n'en est pas vraiment un, avec ses failles, ses doutes, ses pulsions. Un personnage des plus agréable à suivre.
Comme je vous le disais, le rythme est assez lent, mais il nous permet d'entrer plus en profondeur dans la société polonaise, d'explorer ses méandres tortueux, d'apprendre des choses sur sa justice, corrompue de partout; d'explorer un peu la mentalité de la population et les rouages des institutions. Sans oublier les politiciens qui se regardent le nombril à longueur de journée.
En fait, on peut dire que l'enquête sert à juger sévèrement le système qui en est encore comme "au bon vieux temps" du communisme (ironie, bien entendu).
Autre chose de bien agréable aussi : à chaque début de chapitre, on avait droit à un morceau de l'actualité correspondant à la période de l'enquête (juin 2005). Une bonne idée qui permet, non seulement de replacer les souvenirs mais aussi d'en apprendre un peu plus sur la Pologne.
J'ai adoré "Les impliqués" pour son côté politique, plus important que l'enquête, presque... Pour ne pas dire que l'enquête et la politique (au sens large) étaient "attachés l'un à l'autre". le meurtre et la politique sont de vieux compères qui vont bras-dessus, bras-dessous...
Bref, un vrai roman noir au contexte politique poussé ! Un délice de fin gastronome pour moi.

Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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Ambages
  24 octobre 2016
Un bon roman policier dont l'action se déroule à Varsovie. Un homme est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l'oeil, alors qu'il participait, en présence du psychologue et de trois autres membres, à une séance de thérapie de groupe selon la méthode des constellations familiales, thérapie familiale transgénérationnelle développée dans les années 1990 par Bert Hellinger, ancien prêtre allemand devenu psychothérapeute (j'ai un peu regardé sur le net car je me demandais s'il ne s'agissait pas d'une invention de l'auteur). Le procureur commence l'enquête et n'est pas au bout de ses surprises.
J'ai beaucoup apprécié l'ambiance développée par l'auteur dans ce roman : les références à l'histoire des pays du bloc d'Europe de l'Est, à la politique actuelle en Pologne, à la vie d'un fonctionnaire dans le Varsovie d'aujourd'hui, et plus anecdotiquement aux états d'âmes d'un homme approchant de la quarantaine, époux et père de famille, fatigué mais gardant un humour qui ponctue tout le roman de touches très agréables.
Le procureur Teodore Szacki forme un binôme fort sympathique avec le commissaire Oleg Kuzniecov et leurs échanges verbaux sont empreints de respect sous couvert de boutades bien amusantes : « Tu enchaînes avec un cocktail au siège du parti après ça ou quoi ? plaisanta le policier en tirant sur les pans de la veste du procureur. La rumeur de la politisation du parquet est aussi peu fondée que les commérages qui prêtent des revenus alternatifs aux policiers de la ville, répliqua Szacki. » J'ajoute une mention particulière pour le « si félin docteur Jeremiasz Wrobel. »
Des protagonistes et une plume qui me donnent envie de continuer à lire la suite des aventures écrites par Zygmunt Miloszewski.
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Citations et extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   28 septembre 2015
"On exige toujours de moi de maudire les coupables de toutes sortes de crimes, mais je sais que l'unique moyen de faire face à la présence du mal est d'accepter qu'ils sont humains malgré tout. Ai si, nous devons leur trouver une place dans notre cœur. Pour notre propre bien. Ça ne les libère pas de la responsabilité de leurs actes. Mais si nous excluons quelqu'un, si nous lui refusons le droit d'appartenance, alors nous nous mettons à la place de Dieu, nous décidons qui doit vivre et qui doit mourir. Et cela est inouï."
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clairesalanderclairesalander   07 juin 2017
Theodore Szacki eut soudain l'impression que le combiné devenait très lourd. Pourquoi ? Pourquoi ça tombait toujours sur lui ? Pourquoi ne pouvait-il pas y avoir un seul élément normal dans cette enquête ? Un cadavre honnête, des suspects du milieu, des témoins ordinaires qui se présentent avec crainte et ponctualité à leur interrogatoire chez le procureur. Pourquoi ce cirque ? Pourquoi chaque nouveau témoin était-il plus bizarre que le précédent ? Il avait cru qu'après le si félin docteur Jeremiasz Wrobel, plus rien ne pourrait le surprendre, et voilà qu'il écopait d'un archiviste complètement cinglé suivi par un maboul paranoïaque.
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belette2911belette2911   06 mai 2014
- N'exagère pas, répliqua Szacki, nous ne sommes pas en Sicile. On parle probablement de deux ou trois gars qui louent anonymement un bureau à Varsovie-Centre pour y jouer les grands méchants agents des services secrets, trop fiers d'avoir sorti dans le temps quelques dossiers en douce.

Wenzel grimaça.
- J'exagère ? Corrige-moi si je me trompe, mais est-ce qu'en 1989 tu as vu exploser une espèce de bombe "K" qui aurait vaporisé d'un seul coup tous les putains d'apparatchiks rouges, toutes les crapules à la solde des soviétiques; tous les agents, les indics, les collaborateurs, toute cette racaille totalitaire ? Je vais te dire une bonne chose : ils vont t'acheter ou t'effrayer.
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GabySenseiGabySensei   01 janvier 2014
Les politiciens vivaient dans un monde en vase clos, persuadés qu'à longueur de journée ils accomplissaient des tâches à ce point capitales qu'ils devaient en rendre compte lors de conférences de presse. Leur prétendue valeur se voyait confirmé par les légions de chroniqueurs enthousiastes, eux aussi convaincus de la gravité des faits qu'ils relataient et poussés probablement par le besoin de rationaliser les heures d'un travail vidé de sa substance. Et finalement, en dépit des efforts conjugués de ces deux groupes professionnels, couplé à l'assaut médiatique d'informations superflues mais présentées comme essentielles, le peuple tout entier n'en avait rien à foutre. L'hiver dernier, Szacki était parti en vacance avec Héla et Weronika, ils avaient été absents durant deux semaines. Pendant toute la durée de ses congés, il n'avait pas ouvert un seul journal. Il était revenu et la routine avait repris son cours. Rien, strictement rien n'avait changé ; rien ne s'était passé. Cependant, lorsqu'il avait feuilleté la presse de la période, un panorama bien différent s'était offert à son regard : le monde avait couru à sa perte tous les jours, le gouvernement s'était écroulé chaque matin, l'opposition s'arrachait les cheveux de désespoir, les partis politiques se ridiculisaient, les sondages variaient d'heure en heure, de nouvelles alliances en découlaient sans cesse et les commissions parlementaires condamnaient le peuple à mort par bavardage. Pour quel résultat? Aucun.

(P152)
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ZilizZiliz   27 juillet 2013
Kuzniecov avait un fils [de quinze ans]. Ces temps-ci, il en parlait toujours comme d'un animal.
"Parfois, j'ai envie d'installer une serrure sur la porte de notre chambre à coucher, avouait-il. Il est devenu immense, chevelu, il tournicote comme un lion en cage. Son humeur change toutes les dix minutes, il a plus d'hormones dans le sang qu'un coureur du Tour de France n'a de stéroïdes. Quand on s'engueule le soir, je me dis : va savoir s'il ne va pas sortir un couteau ? Et dans ce cas, est-ce que je pourrai faire face ? D'accord, je ne suis pas un poids plume mais, mine de rien, il n'a rien à m'envier."
Ce genre de théorie ne signifiait qu'une chose : que Kuzniecov était un malade mental et que son imagination débridée couplée à son trop long séjour au sein de la police nationale l'avait conduit à une forme de schizophrénie bipolaire. C'est ce que Szacki avait toujours cru. Mais maintenant qu'il se trouvait assis en face d'un adolescent, il lui vient soudain à l'esprit que les fantasmes irrationnels du commissaire contenaient peut-être un fond de vérité.
(p. 160-161)
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