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Christophe Glogowski (Traducteur)
EAN : 9782221092408
301 pages
Éditeur : Robert Laffont (11/01/2001)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 8 notes)
Résumé :
En Basse Silésie, aux confins de cette vieille Pologne, les paysages sont baignés dans un halo de brume grisâtre. La terre détrempée et boueuse se mêle au ciel bas et sans cesse pluvieux qui s'abat comme une chape de plomb sur des êtres sombres et presque sans vie. Tout ici semble avoir un goût âcre de terre. Dans cet univers où même les ténèbres sentent l'humidité et le purin, il est une saison unique : l'automne avec ses odeurs de moisi et d'alcool qui imprègnent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
5Arabella
  24 juillet 2016
Il est impossible de résumer ce livre, qui malgré son titre de roman ne contient pas de récit structuré, il s'agit de fragments, de morceaux, d'histoires de personnes ou de lieux, mélangés à une sorte de journal de la narratrice, narratrice dont ne nous savons presque rien, et qui paraît pourtant ressembler à l'auteur elle-même. Elle nous y décrit une vie très quotidienne, banale et sans éclats, de cuisine ou de visite à une voisine, et pourtant le merveilleux, le magique, et l'extraordinaire se cache dans les gestes apparemment sans importance de tous les jours. Et puis d'autres personnages, vivant ou disparus depuis longtemps surgissent au fil des pages, au grès de l'inspiration de l'auteur, ils ont des liens plus ou moins lâches avec la narratrice, comme cette femme qui entend une voix, qu'elle essaie de retrouver, et qui vit une étrange expérience, et dont la silhouette croise la narratrice. C'est donc un mélange de voix, de bouts d'histoires, de recettes de cuisine improbables et pleines de poésies, nous entrevoyons des vies, dont le point commun semble être la solitude et l'impossibilité de partager son expérience avec les autres. Une tapisserie aux couleurs un peu passées, pleine de détails qui constituent à chaque fois un monde en soi.
C'est par moments extraordinaire, certaines petites histoires sont des petits moments d'anthologie, que l'on a envie de lire et de relire pour les savourer. le style est limpide et dépouillé, tout en possédant une grand force d'évocation. Mais je trouve la construction à la longue un peu frustrante, cette narratrice dont on ne sait rien, qui ne se livre pas, devient lassante, et la juxtaposition de morceaux sans lien apparent, tout au moins pour moi, commence à moins bien fonctionner au bout d'un moment à mon sens . C'est néanmoins une lecture troublante et qui laisse des traces, et je poursuivrai l'exploration de l'auteur.
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womens_books
  24 octobre 2019
Depuis quelques jours, Olga Tokarczuk est lauréate du prix Nobel de littérature 2018 ! Un 5ème prix Nobel de littérature pour la Pologne donc, mais surtout la 15ème femme a le recevoir officiellement (16ème si l'on compte le prix alternatif de l'année dernière attribué à Maryse Condé). Un goût de trop peu concernant un prix créé en 1901, et ayant récompensé 97 hommes !
Mais revenons à Olga Tokarczuk, que j'étais justement en train de lire depuis quelques semaines ! Comment vous résumer l'histoire de Maison de jour, maison de nuit ? Comment vous décrire ce roman ? Ce n'est pas chose aisée, car l'écriture consiste en une imbrication de récits, un emboîtements de scènes, dont la temporalité varie. le fil conducteur du roman est celui de la vie d'une femme dans sa maison de campagne pendant la belle saison, de son quotidien, de sa passion pour les rêves et de sa relation avec sa vieille voisine Martha. Mais Olga Tokarczuk vagabonde, elle nous peint une somme de petits tableaux, qui petit à petit font sens (ou pas car elle nous embarque aussi dans le fantastique !). Il faut être attentif, se laisser embarquer doucement, prendre son temps ; même si cela est très déroutant !
A travers toutes ces scènes du quotidien, ces descriptions attentives de personnages, d'objets, de paysages, de créatures un peu surnaturelles... Olga Tokarczuk questionne l'universel : la vieillesse, la mort, le sens de la vie... sont des thèmes qui reviennent régulièrement. Et j'ai particulièrement aimé ces passages, sur lesquels on s'arrête pour réfléchir. L'autrice a le don de saisir des questionnements, des réflexions qui touche chacun d'entre nous !
En bref, il m'est impossible de vous résumer ce roman. Il m'est aussi très difficile de vous décrire le style de l'écrivaine. Pour moi, ce fut une réelle expérience de lecture, qui a demandé de la lenteur et de la réflexion.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   23 septembre 2015
Je suis allée chez Marta pour lui rendre service en fauchant les orties du sentier qui conduit au ruisseau. Elle piétinait derrière moi, les bras croisés, et elle prétendait que Dieu avait oublié de créer un tas d'animaux.
"Le pataugeur, dis-je. Il serait dur comme une tortue, mais muni de longues jambes et de dents broyeuses. Il se baladerait dans le ruisseau, boufferait toutes les saletés, la vase, les branches mortes, même les ordures que l'eau apporte du village."
C'est ainsi que nous commençâmes à évoquer tous les animaux que Dieu avait omis de créer pour des raisons connues de lui seul. Il a oublié tant d'oiseaux, tant d'animaux qui vivent sous terre. A la fin, Marta déclara que l'animal qui lui manquait le plus, c'était ce grand lourdaud qui vient s'assoir, la nuit, à la croisée des chemins. Elle ne mentionna pas son nom.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   23 septembre 2015
Au début de l'été, les premiers Allemands faisaient leur apparition dans les prés. Leurs têtes aux cheveux gris voguaient sur l'océan des herbes. Les montures métalliques de leurs lunettes clignotaient gaiement au soleil. Un tel disait qu'on reconnait les Allemands aux chaussures - blanches et propres. Nous autres, nous ne prenons pas soin des souliers, nous leur manquons de respect. Nos chaussures, ce sont des godasses de cuir sombre. Ou alors des caoutchoucs au dessus desquels Stasek Bachleda secoue les cendres de sa cigarette. Sans parler de nos pompes de similicuir, ces criardes imitations noires et blanches de "Mode", "Sport", "Rues d'Europe". Nos chaussures éternellement crottées de boue rouge, déformées, maltraitées par le gel ou la chaleur.
Les Allemands (...) prenaient en photo des espaces vides, ce qui étonnait beaucoup les gens. Pourquoi ne photographiaient-ils pas le nouvel arrêt de bus, le toit neuf de l'église, plutôt que ces lieux désertiques envahis par l'herbe ?
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womens_bookswomens_books   24 octobre 2019
J'avais l'impression que l'odeur de Martha parvenait jusqu'à moi - l'odeur de son pull gris, de sa peau fine et délicate. Odeur d'objet longtemps posé à la même place, omniprésente dans les vieilles demeures. C'est l'odeur de ce qui fut souple et fluide autrefois, et que voilà figé. Pas mort, mais figé au point de ne plus être, en fait, menacé de mort. Gélatine dissoute dans l'eau puis oubliée. Traînée de gelée qui adhère au bord de l'assiette. Odeur de sommeil dont s'est imprégné le lit. Odeur d'évanouissement - celle qui te colle à la peau lorsqu'on finit par te ranimer à coups de piqûre, de secousses, de claques sur la figure. Odeur de ta propre respiration quand tu approches ton visage du carreau pour regarder dehors, et que ton souffle te revient, renvoyé par la vitre. C'est l'odeur que dégagent les vieilles gens.
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Videos de Olga Tokarczuk (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olga Tokarczuk
Olga Tokarczuk on her Nobel literature prize win
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