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Maryla Laurent (Traducteur)
EAN : 9782882506962
304 pages
Noir sur blanc (02/09/2021)
3.97/5   30 notes
Résumé :
Nouvelle traduction - Editions Noir sur Blanc - ISBN 978-2-88250-696-2 - Parution : 02/09/2021

En Basse Silésie, aux confins de cette vieille Pologne, les paysages sont baignés dans un halo de brume grisâtre. La terre détrempée et boueuse se mêle au ciel bas et sans cesse pluvieux qui s'abat comme une chape de plomb sur des êtres sombres et presque sans vie. Tout ici semble avoir un goût âcre de terre. Dans cet univers où même les ténèbres sentent l'h... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
3,97

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bilodoh
  16 mai 2022
Un roman de Pologne rurale, près de la frontière tchèque, un texte qui va dans toutes les directions.

C'est d'abord l'histoire d'une femme qui vit dans la montagne près de sa voisine Martha. On a les arbres fruitiers, Martha élève des poulets et a fabriqué des perruques. Elle raconte aussi toutes sortes d'histoires sur la région, sur les Allemands qui y ont vécu, ou sur toutes sortes de personnages hauts en couleur.

Le propos du roman est discontinu, car entrecoupé de légendes, parfois intéressantes, parfois moins. Par exemple, la vie de sainte Kummernis, vierge et martyre, ainsi que celle de son biographe m'ont un peu lassée, j'avais hâte de finir ces histoires, et ce n'est jamais bon quand on considère ainsi une lecture. (On trouve d'ailleurs cette sainte sous le nom de Wilgeforte dans Wikipédia.)

Heureusement, il y a la qualité de l'écriture imagée, le propos tantôt incisif, tantôt loufoque, tantôt ancré dans le quotidien banal, tantôt flottant dans l'imaginaire ou le philosophique.
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Zazaboum
  24 mai 2022
Début de lecture assez déroutant avant de me rendre compte qu'il valait mieux prendre l'histoire, les histoires plutôt, comme elles venaient et ne pas tenter de trouver un sens global au livre ! On prend une grande respiration, on laisse aller son intellect et on profite des mots !
Le point commun à toutes histoires est le lieu où elles se situent, dans un village en Basse-Silésie aux confins de la Pologne, à la frontière de la Tchéquie, avec son cortège de personnes étranges, rêveuses, terre à terre mais surtout de toutes époques !
Nous ne saurons pas grand-chose de la narratrice, ni de qui j'imagine être son conjoint, qu'elle nomme R., si ce n'est qu'ils font un séjour annuel dans ce village, dans les années 1990 !
Des fragments de vie contemporaine, de légendes aussi, un peu de spiritualité, beaucoup de poésie dans ces textes qui mettent notre imagination en mouvement : champignons, perruques, un moine qui se voudrait femme, déplacements de population à la fin de la guerre, l'automne qui est la saison de la région, cruauté et merveilleux se nouent et tissent un roman surprenant et onirique !
A déguster !
Challenge Plumes Féminines 2022
Challenge 20ème Siècle 2022
Pioche dans ma PAL mai 2022 par CallieTourneLesPages
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Allantvers
  15 décembre 2021
Quelle que soit l'oeuvre choisie, et elles sont assez diverses dans la forme, c'est toujours pour moi une expérience incroyable, ébouriffante et nourrissante de m'immerger dans l'univers d'Olga Tokarczuk et d'observer le monde à travers ses focales souvent inédites et toujours intéressantes : les réseaux micellaires, la poussée d'un cheveu ou encore les rêves des autres captés sur internet sont des prismes d'appréhension du monde que je ne trouve que chez elle, tout comme cette atmosphère suspendue entre pensée onirisée et rêverie fantastique.
Ce qui me plait particulièrement dans "Maison de jour...", son troisième roman, c'est sa fraîcheur, le naturel qui s'en dégage par rapport à son roman ultérieur "Les Pérégrins", plus mature, plus construit, plus reconnu aussi, mais qui, bien que construit sur un même modèle d'enchevêtrement d'histoires et réflexions subtilement liées les unes aux autres, dégage une énergie un peu moins spontanée.
Peu importe l'histoire, d'ailleurs irracontable, et dans laquelle j'ai à peine reconnu ce qu'en dit la quatrième de couverture: l'essentiel est dans le plaisir de lecture savouré chaque soir, tantôt auprès de la vieille et sage Martha qui tisse patiemment des perruques en été et hiberne en hiver, tantôt en immersion dans la vie d'une sainte à barbe, dans l'histoire d'un couple qui périclite, ou encore juchée comme ce cadavre sur la montagne à la frontière tchèque. Une expérience dont l'on ressort à la fois plus léger et plus riche.
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5Arabella
  24 juillet 2016
Il est impossible de résumer ce livre, qui malgré son titre de roman ne contient pas de récit structuré, il s'agit de fragments, de morceaux, d'histoires de personnes ou de lieux, mélangés à une sorte de journal de la narratrice, narratrice dont ne nous savons presque rien, et qui paraît pourtant ressembler à l'auteur elle-même. Elle nous y décrit une vie très quotidienne, banale et sans éclats, de cuisine ou de visite à une voisine, et pourtant le merveilleux, le magique, et l'extraordinaire se cache dans les gestes apparemment sans importance de tous les jours. Et puis d'autres personnages, vivant ou disparus depuis longtemps surgissent au fil des pages, au grès de l'inspiration de l'auteur, ils ont des liens plus ou moins lâches avec la narratrice, comme cette femme qui entend une voix, qu'elle essaie de retrouver, et qui vit une étrange expérience, et dont la silhouette croise la narratrice. C'est donc un mélange de voix, de bouts d'histoires, de recettes de cuisine improbables et pleines de poésies, nous entrevoyons des vies, dont le point commun semble être la solitude et l'impossibilité de partager son expérience avec les autres. Une tapisserie aux couleurs un peu passées, pleine de détails qui constituent à chaque fois un monde en soi.
C'est par moments extraordinaire, certaines petites histoires sont des petits moments d'anthologie, que l'on a envie de lire et de relire pour les savourer. le style est limpide et dépouillé, tout en possédant une grand force d'évocation. Mais je trouve la construction à la longue un peu frustrante, cette narratrice dont on ne sait rien, qui ne se livre pas, devient lassante, et la juxtaposition de morceaux sans lien apparent, tout au moins pour moi, commence à moins bien fonctionner au bout d'un moment à mon sens . C'est néanmoins une lecture troublante et qui laisse des traces, et je poursuivrai l'exploration de l'auteur.
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Flaubauski
  07 novembre 2021
Étrangeté fragmentaire que ce roman, dont le seul véritable lien est finalement, sa narratrice, et dont on ne sait, finalement aussi, que peu de choses. C'est une femme qui vient passer une partie de l'année dans une maison de la campagne polonaise, à proximité de la frontière tchèque, alors que le communisme s'est effondré il y a peu. Elle est accompagnée de R., dont on ne saura que bien peu de choses également, est elle-même une écrivaine trouvant l'inspiration en cette campagne qu'elle brosse, ses habitants, son histoire, ses évènements religieux…, tout en s'inspirant de ses propres rêves, pensées, réflexions, face à ce qu'elle voit, mais aussi face à ce qu'elle ressent, et plus encore face à ce qu'elle écrit, ou tente d'écrire.
Les fragments qui content cette Pologne, et à travers elle sa narratrice, oscillant entre onirisme poétique, merveilleux et légendes slaves, et réalisme prosaïque, banal, parfois cruel, fragments disparates et perturbants de prime abord, forment au fil des pages une toile remarquablement bien tissée, qui prend de plus en plus sens, qui entraînent le lecteur dans un tout enchanté et enchanteur.
Une découverte réussie d'Olga Tokarczuk, qui me donne envie d'en découvrir davantage très rapidement.
Lien : https://lartetletreblog.com/..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   16 mai 2022
Glisser doucement, observer l’ondoiement du temps, ne pas se risquer à voguer dessus avec le courant ni s’y lancer à contre-courant. Ignorer le temps comme s’il n’était qu’une publicité naïve pour autre chose que ce dont on a envie. Ne rien faire.

(Noir sur blanc, p.247)
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bilodohbilodoh   16 mai 2022
Quand il pensait à lui-même, à ce qu’il avait été, il avait mal. Quand il pensait à lui, à ce qu’il était présentement, il avait encore plus mal. Quand il pensait à ce qu’il deviendrait, à ce qui lui arriverait, la douleur virait à l’insupportable.

(Noir sur blanc, p.25)
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SZRAMOWOSZRAMOWO   23 septembre 2015
Je suis allée chez Marta pour lui rendre service en fauchant les orties du sentier qui conduit au ruisseau. Elle piétinait derrière moi, les bras croisés, et elle prétendait que Dieu avait oublié de créer un tas d'animaux.
"Le pataugeur, dis-je. Il serait dur comme une tortue, mais muni de longues jambes et de dents broyeuses. Il se baladerait dans le ruisseau, boufferait toutes les saletés, la vase, les branches mortes, même les ordures que l'eau apporte du village."
C'est ainsi que nous commençâmes à évoquer tous les animaux que Dieu avait omis de créer pour des raisons connues de lui seul. Il a oublié tant d'oiseaux, tant d'animaux qui vivent sous terre. A la fin, Marta déclara que l'animal qui lui manquait le plus, c'était ce grand lourdaud qui vient s'assoir, la nuit, à la croisée des chemins. Elle ne mentionna pas son nom.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   23 septembre 2015
Au début de l'été, les premiers Allemands faisaient leur apparition dans les prés. Leurs têtes aux cheveux gris voguaient sur l'océan des herbes. Les montures métalliques de leurs lunettes clignotaient gaiement au soleil. Un tel disait qu'on reconnait les Allemands aux chaussures - blanches et propres. Nous autres, nous ne prenons pas soin des souliers, nous leur manquons de respect. Nos chaussures, ce sont des godasses de cuir sombre. Ou alors des caoutchoucs au dessus desquels Stasek Bachleda secoue les cendres de sa cigarette. Sans parler de nos pompes de similicuir, ces criardes imitations noires et blanches de "Mode", "Sport", "Rues d'Europe". Nos chaussures éternellement crottées de boue rouge, déformées, maltraitées par le gel ou la chaleur.
Les Allemands (...) prenaient en photo des espaces vides, ce qui étonnait beaucoup les gens. Pourquoi ne photographiaient-ils pas le nouvel arrêt de bus, le toit neuf de l'église, plutôt que ces lieux désertiques envahis par l'herbe ?
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Ali022Ali022   01 novembre 2021
L’ODEUR
Tout ce qui est mauvais arrive en hiver. R. eut un accident en hiver. Dans les lacets blancs des montagnes, il avait dérapé et embouti un camion. Sa tête avait heurté le volant, il s’était cassé le nez. Le long museau plaqué nickel de la voiture lui avait sauvé la vie. Un de ces accidents dont on dit que « ça va, il n’y a rien ».
Et pourtant, il y avait quelque chose ! Son nez s’était correctement rétabli, l’on ne voyait plus trace des points de suture. Mais depuis, R. percevait un odeur étrange. Il disait qu’elle lui arrivait incidemment, par vagues, avec une intensité variable. Là où il la sentait plus particulièrement, c’était en descendant vers l’étang. Des orties y poussaient autour d’un frêne. Aussi R. s’attardait-il à humer les feuilles des orties et l’écorce de l’arbre, mais ne trouvait rien de particulier. Il pensa que c’était l’eau qui dégageait cette senteur ni désagréable ni déplaisante, un peu suave et un peu amère. Mais ce n’était pas l’eau non plus. Une fois, il en retrouva l’odeur dans un verre de cognac. Ensuite dans son café et sur son pull qui était resté longtemps dans l’armoire avec les vêtements d’hiver. Finalement, il découvrit qu’elle n’était pas une caractéristique des choses, qu’aucun objet n’en était la source. En réalité cette odeur n’avait pas d’origine, elle s’accrochait juste un moment à un objet, une fois, par hasard, et c’était pour cela qu’il était difficile de lui donner un nom.
- Elle ne ressemble à rien, disait R. avant d’avoir l’impression que c’était l’inverse, qu’elle était dans toutes les autres odeurs, et que son nez cassé, ses cellules nasales abîmées l’y avaient sensibilisé.
Son odorat l’avait découvert pour s’en souvenir à jamais. Il était pénible de ne pas savoir nommer ce que l’on sentait et qui, dans l’instant, attirait immédiatement l’attention. C’était une torture que de ne pouvoir trouver de place pour cette expérience dans la hiérarchie des autres, de ne pas la comprendre, de ne pas pouvoir l’expliquer. Certains insectes, dont la trace persistait sur les myrtilles, émettaient un tel relent. C’était l’odeur de la lame du couteau qui coupe une tomate. L’odeur de l’essence mêlée à celle d’un fromage trop fait. Celle de mon vieux parfum dans un sac à main passé de mode, de la limaille de fer, de la mine d’un crayon, d’un nouveau CD, de la surface d’une vitre, du cacao renversé.
Voilà pourquoi je voyais souvent R. s’arrêter au milieu d’une activité pour humer quelque chose. Son visage exprimait la concentration. R. sentait ses mains, ou soudain, en pleine conversation, il se mettait à flairer un bouton arraché. Ou encore, il écrasait entre ses doigts des feuilles d’absinthe et il lui semblait avoir trouvé. Mais jamais ce n’était ce qu’il cherchait !
Tous les deux, nous devinions que c’était l’odeur de la mort. R. l’avait sentie au moment où sa voiture heurtait le camion, durant un instant incroyablement bref où tout pouvait arriver de façon définitive, un instant au potentiel immense, une fraction de seconde investie de tous les temps possibles, tel un gramme de matière sur le point de devenir une bombe atomique. Ce que l’on sent alors, c’est la mort.
R. s’inquiétait de devoir désormais la sentir toujours. Jamais plus il n’allait emprunter les routes tortueuses et enneigées entre Walbrzych et Jedlina en toute innocence. Jamais il ne traverserait avec désinvolture, en courant, le croisement devant la gare, et même, il ne se servirait plus à un de mes plats à base de champignons sans réflexion. Il savait et moi je savais qu’il savait.
p.137-138
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