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Annie Au Yeung (Traducteur)Françoise Lemoine (Traducteur)
EAN : 9782253932796
125 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1997)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 103 notes)
Résumé :
La Chine du Nord, dans les années 20. Songlian, belle étudiante de dix-neuf ans dont la famille est ruinée, accepte de devenir la quatrième épouse du riche Chen Zuoqian.

Dans le huis-clos de sa nouvelle demeure, une seule loi, la séduction : la favorite de la nuit régente, le jour, la vie de la maison. Songlian, l'indépendante, sera-t-elle victime ou complice du système féodal qui commande en ces lieux ?

Passion, possession et pouvoir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
gonewiththegreen
  09 septembre 2020
Songlian n'a plus le choix. Etudiante , la faillite puis la mort de son père l'ont poussé à pendre le partie d'être concubine. Elle devint ainsi la quatrième épouse de Chen Zuoqian.
C'est un roman très fort dont l'adaptation cinématographique a fait grand bruit. le texte est court, va à l'essentiel mais traduit très bien la plongée aux enfers de Songlian.
Dans une Chine où la vie des épouses vaut bien peu, l'auteur s'applique à montrer l'esclavage doré subi par ses femmes.
Jalousie, soumission, rancoeur, asservissement sont le quotidiens de ces épouses qui ici doivent en plus subir la faiblesse sexuelle latente du maitre.
Le destin de Songlian est bien sur émouvant, sa rapide glissade vers la folie ou tout au moins une monde où l'abstraction du plaisir est permanente.
Il y a aussi le puits,das lequel deux concubines adultérines ont fini selon la légende . Cette touche de mystère si propre aux romans chinois.
Une lecture facile, sèche , abrupte , ne s'embarrassant pas de détails mais atteignant son but.
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Osmanthe
  19 janvier 2017
N'ayant jamais vu l'illustre film qui en a été tiré, je me suis plongé sans a priori dans ce court roman de Su Tong...Et c'est une belle surprise. L'auteur réussit à faire revivre avec maestria les moeurs et rites de Cour, encore bien archaïques, de la Chine des années 1920. On devine un grand réalisme, avec une trame et un développement conduits avec subtilité et un certain suspense sur le dénouement. Il ne sombre jamais dans le pathos, ou la facilité d'un scénario romanesque à l'eau de rose. L'écriture est de qualité, fluide, les dialogues nous montrent bien le caractère des personnages, qui sont bien typés sur le plan psychologique. J'ai trouvé certains passages particulièrement beaux, comportant des images très poétiques.

Nous voici donc immergés à la Cour du Maître Chen Zuoqian et de ses quatre épouses, dans l'ordre Yuru, Zhuoyun, Meishan, et Songlian. L'auteur va nous raconter les intrigues, jalousies et rivalités entre ces femmes et leurs relations avec le Maître, sous l'angle du point de vue de Songlian.
Les autres épouses ont donné au Maître un ou deux enfants chacune, enfants qui sont aussi de la partie dans ces bisbilles, par leurs chamailleries, leur arrogance, mensonges ou indiscrétion. Si Yuru est un peu "défraîchie" et terne, Meishan est indomptable et fricote en douce avec le médecin de famille, et Zhuoyun qui pourrait bien être la plus épanouie et favorite, mais peut-être aussi la plus vénéneuse...
Notre héroïne est la plus jeune, 19 ans, et très belle. Mais l'auteur réussit à en faire un portrait très complexe et nuancé. Elle est pétrie de contradictions. Douce et rêveuse, pleurant facilement parfois...peut-être trop pour que ce soit sincère, quand elle semble se plaire assez vite à utiliser les armes de ses concurrentes : colère, bouderies, victimisation, cruauté...
Songlian s'ennuie, le Maître vieillit et rencontre quelques problèmes de virilité qui perturbent la vie sexuelle de ces femmes...et leur donne aussi une forme de pouvoir sur lui, qui malgré ses colères récurrentes ne tranche pas spécialement et dépend lui-même de ses dames. Songlian, elle, ne tarde pas à avoir de multiples problèmes psychologiques à régler : si elle est censée donner un enfant au Maître, elle a aussi au fond d'elle ce rêve de devenir mère, rêve qu'elle sent s'éloigner...à moins que le fils de Yuru, Feipu, qui est davantage de sa génération, ne provoque en elle quelques émois...
Mais l'environnement est décidément redoutable, entre sa servante Yan'Er qui ne l'aime pas et veut manifestement sa mort, et cet inquiétant puits dans les jardins du Palais dont on dit qu'il a vu des concubines y être noyées des années auparavant...faute d'être restées fidèles au vieux Maître. Songlian ne tarde pas à avoir des angoisses et mélancolies...
Un roman qui se lit avec un réel plaisir et nous fait découvrir le sort de la femme chinoise, finalement pas si différent des cours royales européennes, à ceci près que ces moeurs étaient encore en usage il n'y a finalement pas si longtemps !
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kuroineko
  16 décembre 2012
L'écrivain chinois Su Tong restitue avec beaucoup de sensibilité le monde clos des cours, monde de femmes, entre épouse et concubines.
La jeune Songlian, acculée par la faillite de son père, se voit contrainte d'épouser un riche commerçant cinquantenaire. Elle devient la 4ème épouse.
Ayant fait des études, Songlian rejette tout d'abord les intrigues incessantes des autres femmes. Pourtant elle s'y retrouve plongée malgré elle. Jusqu'à sombrer dans la folie à la vision d'un événement tragique.
Bien que très court, le roman offre une grande richesse. La concision du texte n'est là que pour renforcer l'importance des non-dits. On découvre également la condition de la femme dans cette Chine des années 20, qu'elle soit épouse, concubine ou esclave. Pour les deux premières catégories, pas de reconnaissance sans la venue au monde d'un fils. Les femmes sont, aux yeux de l'époux, des biens interchangeables, au gré de ses caprices. Ce qu'il laisse sous-entendre au-travers de sa "collection": la chanteuse d'opéra, la jeune fille intellectuelle... autant de moyens de varier ses plaisirs.
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nekomusume
  20 février 2012
Que peut devenir une femme dans la Chine des années 20 quand sa famille est ruinée, rien à part se marier. Seulement pour Songliang, il n'y a qu'une place de 4ème épouse d'un homme de 50 ans. Pour elle, commence alors une vie confinée dans un des pavillons de la demeure familiale, avec pour seul but plaire au maitre car c'est le seul moyen d'assurer sa position. Elle n'est que concubine, quasiment une prostituée, et tant qu'elle n'aura pas d'enfant du maitre, elle n'a aucun statut légitime. Commence alors un jeu d'intrigue entre les épouses pour s'attirer les faveurs du maître mais aussi pour attirer la disgrâce sur ses rivales.Pour les femmes et les servantes de la famille, tous les moyens sont bons, mensonges, envoutements et délations. de plus un mystérieux puits attire Songliang qui commence à voir des fantômes. Au milieu de cela Songliang se noue d'une amitié équivoque pour le fils ainé de son mari, qui lui est effrayé par les femmes et très lié à son ami d'enfance.
La solitude de Songliang et le destin tragique de la troisième épouse, surprise en plein adultère et jetée dans le puits auront raison de sa santé mentale.
En quelques mois la jeune étudiante pleine de vie est devenue une femme brisée par le poids des conventions et de la tradition.
le sort de ces femmes parait bien résumé par la conclusion: le maître se rends compte que Songliang n'est plus celle qu'elle a été, elle est désormais une ex-épouse qui erre dans la maison et les jardins, et il prend une nouvelle épouse... comme on prendrait un nouvel animal de compagnie.
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dourvach
  03 mai 2015
Ce roman a été traduit en France en 1992 et l'adaptation qu'en fit le réalisateur Zhang Yimou contribua à faire connaître cet exceptionnel écrivain se distingant ici par son approche "néoréaliste" d'une société impériale aux moeurs évidemment machistes et absurdement tyranniques ; on admirera la subtilité jamais démentie dans la description des affres de cette demi-douzaine de personnages vivant tous ici "en vase clos", comme ce lyrisme paisible du ton, associé à une extrême sobriété de la langue employée par l'auteur, à la fois percutante et sans aucun effet... L'écriture de Su Tong est à la fois extrêmement picturale et hypersensible. On imagine bien que l'oeuvre de ce romancier, né en 1963 à Suzhou, ne demande qu'à être universellement et intégralement connue...
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   19 janvier 2017
Tous deux buvaient leur eau-de-vie, l'esprit vide. Songlian, qui faisait rêveusement tourner sa coupe entre ses doigts, remarqua que Feipu était maintenant assis juste en face d'elle. Il baissait la tête. Sa chevelure épaisse et noire affirmait sa jeunesse. Son cou vigoureux se dressait orgueilleusement. Dans le regard de Songlian pétillait mystérieusement des éclairs bleu foncé. Son coeur était moite.
Un désir inconnu parcourait son corps comme une rafale de vent. Elle avait l'impression d'étouffer. L'image des jambes de Meishan et du médecin s'entrelaçant sous la table de mah-jong s'imprima dans son esprit. Elle regarda ses propres, longues et belles. Elles ressemblaient à du sable fin descendant une pente. Elles s'approchèrent tendrement et passionnément de leur but : les pieds, les genoux et les jambes de Feipu. Maintenant, Songlian percevait leur présence. Ses regards se firent voilés. Ses lèvres s'entrouvrirent faiblement et remuèrent. Elle entendit dans l'air quelque chose se briser, à moins que le son ne provint du tréfonds de son être. Feipu releva la tête et rencontra les yeux fiévreux de Songlian. Malgré cette ardeur, le corps de Songlian, et spécialement ses jambes, demeurait figé, comme sculpté dans la même position. Feipu n'esquissa pas le moindre mouvement. Songlian ferma les yeux et écouta leurs deux respirations, l'une lourde, l'autre légère, mêlées de façon inextricable. Elle appuya, alors, étroitement ses jambes contre celles du jeune Maître. Elle attendait suspendue. Au bout d'un temps qui parut une éternité, Feipu recula ses genoux. Il restait assis, rivé de travers sur sa chaise, comme terrassé. Il articula d'une voix rauque :
"Ce n'est pas bien d'agir ainsi !
- Qu'est-ce qui n'est pas bien ?" murmura Songlian, semblant sortir d'un rêve. Feipu leva doucement les mains et les joignit devant sa poitrine comme pour demander pardon : "Hélas, je ne puis. J'ai encore peur des femmes. Elles sont trop effrayantes !
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OsmantheOsmanthe   18 janvier 2017
Songlian avança de quelques pas :
"La fleur n'est pas fleur. L'homme n'est pas homme. La fleur, c'est l'homme, et l'homme, c'est la fleur...Vous comprenez cette maxime ?"
Levant brusquement la tête, elle perçut dans le regard de Feipu un éclat extraordinaire. Il l'avait à peine effleurée, fuyant comme une herbe aquatique, mais elle l'avait bien vu, elle avait pu le saisir.
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emmart67emmart67   29 avril 2012
Chen zuoqian regardait par la fenêtre la rue sous la bruine, le coeur empli de curiosité mais aussi d'une certaine émotion, comme il n'en avait jamais ressenti lors de ses trois mariages précédents.
Lorsqu'il aperçut songlian approcher d'un pas nonchalant, en s'abritant sous un parapluie de soie à petites fleurs, chen zuoqian avait souri d'un air satisfait. elle était aussi belle et fraîche que ce qu'il avait imaginé, et si jeune !
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ChristalDarckChristalDarck   03 août 2020
Songlian se souvint que l'an dernier, à la même époque, elle lisait, assise sous la tonnelle en fleur de l'université. Tout était comme dans un rêve. Elle s'approcha lentement du puits. Soulevant un peu sa robe, elle veillait à n'être effleurée ni par les mauvaises herbes ni par les insectes. Écartant doucement quelques rames de glycine, elle découvrit que la table et les tabourets de pierre étaient couverts de poussière. Elle marcha jusqu'au puits dont la margelle et les murs disparaissaient entièrement sous la mousse, puis se pencha pour regarder à l'intérieur. L'eau était bleu-noir. Des feuilles tombées il y a bien longtemps flottaient à la surface. Songlian mira dans l'eau le reflet ondoyant de son propre visage en écoutant le bruit sourd et faible de sa respiration amplifié par le puits. Un coup de vent gonfla sa jupe et la fit ressembler à un oiseau en vol. Elle eut alors une forte impression de froid, comme si son corps avait été durement frappé par un jet de pierres. Elle rebroussa chemin à tout allure. Arrivée sous la galerie du pavillon-sud, elle poussa un soupir de soulagement et tourna la tête pour regarder à nouveau la pergola. Quelques grappes de fleurs s'en détachèrent brusquement. Songlian trouva tout cela très étrange.
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OsmantheOsmanthe   18 janvier 2017
Puis le nom de Zhuoyun fut prononcé : aussitôt Meishan lança, le visage blêmi par la haine : "Cette maudite créature est prête à tout pour exécuter les quatre volontés du Maître ! Je sais jusqu'où sa flagornerie peut la conduire ! Elle est prête à lui lécher le derrière en lui assurant que c'est sucré et parfumé. Elle en vient à rêver de dominer le vent et la mer ! Mais le jour viendra où je lui donnerai une leçon. Elle pourra toujours pleurer et appeler ses parents à la rescousse !"
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Raise the red lantern (d’après le roman Épouses et concubines )1991 bande-annonce
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