AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2742726195
Éditeur : Actes Sud (29/02/2000)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Une soirée d'opéra qui se transforme en odyssée nocturne au coeur de Montréal, et voilà le narrateur de cette histoire, cynique Candide, courant à la perte... de sa virginité. Du café El Cortijo au cabaret des Quatre Coins du Monde, Michel Tremblay nous invite à refaire le parcours initiatique d'un jeune " beatnik ", et à découvrir avec lui un monde burlesque de folie et de transgression, où les passions se déchaînent, où partout éclatent le mensonge et la vérité da... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Jeannepe
  19 octobre 2013
Âgé de dix-huit ans, le narrateur de ce roman est passionné d'opéra. Alors quand il apprend que la grande Pierrette Alarie chantera Roméo et Juliette à Montréal, il se précipite au Her Majesty's : ce sera sa soirée. Celle où il perdra sa virginité, celle où il découvrira l'amour. Dans les rues verglacées, d'un café à un cabaret, des fragments de relation voient le jour sous le regard d'artistes nocturnes et de travestis chevronnés. C'est une véritable croisade qui s'engage au son de vocalises et de douces chansons : la tête s'égare et les passions se soulèvent, faisant fi des vérités et des convenances.
Quel plaisir de suivre les déambulations de ce jeune homosexuel qui, en cherchant à s'immiscer dans un monde qui lui est étranger, se découvre. Il échafaude des plans romantiques, se perd dans des tribulations mentales, fantasme son dépucelage, rate des occasions et se bringuebale d'un bout à l'autre de la ville. Il suit le mouvement et parfois proteste : d'un bégaiement il passe à une répartie cinglante, ne sait plus ce qu'il voulait, ce qu'il veut. Deux cents pages et, le temps d'une nuit, on entraperçoit un monde qui lui est inconnu. Il y glisse un pied, ne sait plus où il veut aller, se laisse envahir par tous ces questionnements liées aux nouvelles expériences. D'autant plus nombreux quand on n'a pas d'interlocuteur.
On hésite avec le narrateur, on sent son désir. Avec son écriture douce et mélodieuse (où l'on entend l'accent québécois, n'en déplaise à certains), Michel Tremblay parvient à nous entraîner dans la folle nuit de son personnage. Ni une ni deux, nous portons son os de veau autour du cou, oscillons entre français et anglais, ressentons sa fatigue, ses hésitations, son excitation. Sous sa plume, aucune vulgarité. le sexe est beau : pas de voyeurisme, mais une foule de sensations. Qui envahissent. C'est plein de finesse et d'un humour tendre.
Lien : http://auxlivresdemesruches...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
M_a_r_c
  03 novembre 2017
Jeune Montréalais âgé de dix-huit ans, Jean-Marc, le narrateur n'assume pour le moment son homosexualité que dans sa tête. Il préfère rêver sa vie pour garder ses illusions intactes plutôt que de les confronter à la réalité et de risquer de les voir voler en éclats.
Un soir pourtant, redoutant, à force de repousser sans cesse la réalité, de ne jamais pouvoir y faire face et d'être condamné à la fuir, il se décide à franchir le pas. Après une soirée à l'opéra, sa grande passion, il met tout en oeuvre – même si c'est souvent maladroitement – pour perdre sa virginité.
Avec son jeune héros, Michel Tremblay nous entraîne dans le Montréal nocturne des années 1960. Une époque où l'homosexualité constituait toujours au Canada un acte punissable pénalement et où les homosexuels étaient contraints de vivre dans la clandestinité et dans la crainte du regard que pourraient porter sur eux les autres, et en premier lieu leurs proches, pour ce « crime ».
C'est avec amusement que l'on suit les tentatives maladroites du narrateur pour tenter de trouve rle « prince charmant » au cours de cette nuit mêlée de folie, de transgressions, de remords. Sa naïveté et son inexpérience ne l'empêchent en effet pas, par des apartés souvent jubilatoires mélangeant le français et le joual (un parler québécois populaire), de se montrer aussi lucide qu'impitoyable envers ses propres comportements comme envers ceux des autres.
Cet amusement se teinte d'émotion lorsque l'on sent le narrateur tiraillé, perdu, voulant tout à la fois s'accomplir dans ce qu'il sait qu'il est, pour, comme il le dit lui-même, devenir un homme et rentrer chez lui comme l'enfant qu'il n'a pas encore tout à fait cessé d'être, pour se blottir auprès de sa mère, qui ne sait rien de ses goûts, et s'abrutir de gâteau au chocolat dans le divan…
Sa mère, justement, qu'il présente comme une vieille enquiquineuse pudibonde et étroite d'esprit, prompte aux lamentations et aux reproches mais qui, au lendemain de la nuit initiatique de son fils, lui fera pudiquement comprendre, au travers de la porte de la salle de bain, qu'elle sait et que cela n'empêche pas qu'il reste son enfant.
Un bouquin drôle et tendre à la fois, dans un français parsemé d'argot québécois souvent cru et très direct mais amusant et dont la conclusion, que je viens d'évoquer, émeut parce qu'elle touche à la fois à cette différence encore trop souvent difficile à vivre qu'est l'homosexualité et à ces rapports éternellement compliqués et simples que sont ceux qui unissent une mère et son enfant.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
LioneldeLyon
  24 novembre 2014
Avec ce roman, je découvre le travail du célèbre romancier québécois. Un récit talentueux, sans doute à mi-chemin entre fiction et réalité.
Tremblay dessine avec beaucoup d'humour le portrait d'une société montréalaise des années soixante-dix à la jeunesse bouillonnante et largement divisée entre anglophones tous puissants et francophones revendicatifs. le résultat est drôle, provocateur, mais aussi très efficace, l'auteur n'hésitant pas à écrire ce phrasé typique du Québec.
Quant à ce jeune personnage, qui découvre les nuits gays de Montréal, il est attachant dans cette part de timidité qui précède la première fois. On se prend d'affection pour lui dès les premières lignes, et on se laisse embarquer dans ce parcours d'une nuit, à la découverte d'une nouvelle vie qui s'offre à lui.
Un auteur vers lequel je reviendrai sans aucun doute...
Commenter  J’apprécie          30
ladymi
  24 septembre 2011
Je n'ai jamais été attirée par les oeuvres de Michel Tremblay et je ne suis pas certaine que ce roman aura réussi à me convaincre de m'y plonger plus longuement. L'histoire est intéressante mais manque un peu de profondeur. C'est toutefois le récit d'événements qu'auront vécu plusieurs jeunes hommes et jeunes femmes à la même époque : la recherche du grand premier amour à Montréal, portant le lourd secret de son homosexualité sans être capable de se révéler à ses proches, espérant être deviné et accepté.
Le Montréal des années 1970 et tout son bouillonnement culturel décrit au fil des pages en vaut toutefois la lecture.
Commenter  J’apprécie          20
Cielvariable
  04 mars 2018
Michel Tremblay est un habile conteur, avec une langue bien à lui, une fluidité dans l'écriture qui fait qu'on se laisse emporter par l'histoire malgré nous. Ce n'est pas la meilleure oeuvre de Tremblay, mais elle est vraiment intéressante et elle réflète, comme toujours, le milieu montréalais d'une certaine époque avec beaucoup de réalisme.
Commenter  J’apprécie          40
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
JeannepeJeannepe   08 octobre 2016
Mais j’eus le temps d’élaborer le plan suivant (c’est dire combien j’étais concentré pendant la dernière heure de Roméo et Juliette !) avant que le rideau tombe sur l’une des soirées de théâtre les plus souffrantes de toute mon existence : je sortirais pendant les applaudissements en piétinant Violettes Impériales et son mari s’il le fallait (elle continuait à se pâmer, peut-être avec un peu trop d’ostentation désormais, sur ce qu’il y avait de plus vilain sur scène pendant que lui s’était rendormi du sommeil du juste), je me précipiterais dans le hall où j’attendrais mes deux Irlandais qui ne manqueraient pas de passer devant moi, je saurais d’un seul coup d’œil si je pouvais aborder Perrette ou, en tout cas, répondre à la question qu’il m’avait posée à la fin de l’entracte, je… je… je prendrais son numéro de téléphone s’il voulait me revoir (mais sa mère n’était pas sourde, elle était aveugle, elle se rendrait compte de tout ! en tout cas, je m’arrangerais…), je courrais ensuite à l’entrée des artistes où Perruque ne pourrait que tomber foudroyé d’amour en me voyant lui sourire, moi, son premier admirateur, son premier fan. Nous irions prendre un verre quelque part, il m’inviterait chez lui – je ne pouvais tout de même pas l’emmener chez moi pour le présenter à ma mère ! – et, de fil en aiguille, la nature étant primaire et prévisible et nos besoins d’affection, les miens, en tout cas, étant ce qu’ils étaient…
C’était un plain particulièrement ridicule, je le savais, mais je me berçais d’illusions parce que j’avais absolument besoin de croire que deux aventures se présentaient à moi : je n’arrivais pas à choisir entre Perrette et Perruque, alors je louvoyais de l’un à l’autre en pensée, rêvant, comme toujours, à des choses impossibles plutôt que d’essayer d’imaginer un plan réalisable.
J’étais vierge et pourtant déjà polygame.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
tamara29tamara29   02 avril 2017
Si je pouvais prétendre avoir vu s'envoler mes illusions une fois dans ma vie, ce serait cette fois-là. Elles firent un froufroutement d'ailes en montant dans le ciel nocturne de Montréal gelée et je leur fis un adieu muet en fermant les yeux.
Commenter  J’apprécie          130
Th4lieTh4lie   05 août 2015
Quant aux bars dont j'entendais de temps en temps vanter les vertus par un camarade de frotti-frotta plus bavard que les autres, j'étais beaucoup trop timide et complexé pour les fréquenter, convaincu qu'au moment même où je franchirais la porte du Tropical ou des Quatre Coins du Monde, tous deux situés dans l'Ouest de la ville, toujours le fief des anglophones de Montréal, des dizaines de têtes se tourneraient vers moi et les grimaces de dégoût se multiplieraient quand on verrait surgir ce vulgaire avatar de l'Est que j'étais : "Que c'est ça, c't'agrès-là?", "Mon Dieu, y'ont laissé sortir les laids, à soir!", "Look at that! The Eastern Bunny!", etc.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
CielvariableCielvariable   09 mai 2013
Tu t'en vas dans l'Est ? "
- Oui, oui... "
L'autobus arrivait... J'avais de la difficulté à parler tellement j'étais essoufflé. Lui continuait à sourire
"C'est quequ'chose, monter la côte Sherbrooke avec toute c'te glace-là, hein ?
- Ah ! oui... (Continue, continue... parle ! Une niaiserie, n'importe quoi, mais parle !) C'est quequ'chose... "
(C'est tout ? T'as rien trouvé de mieux que de répéter ce qu'y venait de dire ? T'es pas juste niaiseux, t'es t'épais rare !)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
RaphaelBebopRaphaelBebop   29 avril 2015
" Tu t'en vas dans l'Est ? "
- Oui, oui... "
L'autobus arrivait... J'avais de la difficulté à parler tellement j'étais essoufflé. Lui continuait à sourire
"C'est quequ'chose, monter la côte Sherbrooke avec toute c'te glace-là, hein ?
- Ah ! oui... (Continue, continue... parle ! Une niaiserie, n'importe quoi, mais parle !) C'est quequ'chose... "
(C'est tout ? T'as rien trouvé de mieux que de répéter ce qu'y venait de dire ? T'es pas juste niaiseux, t'es t'épais rare !)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Michel Tremblay (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Tremblay
Moment décisif aujourd?hui : les séries des libraires prennent fin avec un ultime duel qui oppose deux monuments de la littérature québécoise? et deux merveilles de la librairie indépendante. D?un côté, c?est Michel Tremblay, auteur chouchou de notre littérature, et son roman Un ange cornu avec des ailes de tôle qui est défendu par la Superbe de Trois-Rivières, la rayonnante Audrey Martel de la librairie l?Exèdre. de l?autre, c?est la bien-aimée des lecteurs, Anaïs Barbeau-Lavalette, auteure du méga-succès La femme qui fuit, qui compte sur les arguments-chocs de la Menace de Saint-Jean-sur-Richelieu, le passionnant Denis Gamache de la librairie Au carrefour.
+ Lire la suite
autres livres classés : Montréal (Canada)Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Compléter les titres

Orgueil et ..., de Jane Austen ?

Modestie
Vantardise
Innocence
Préjugé

10 questions
14890 lecteurs ont répondu
Thèmes : humourCréer un quiz sur ce livre