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ISBN : 2350873285
Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (20/08/2015)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Tom Elliott, la trentaine, est propriétaire de la dernière supérette de Shellawick, un bled paumé du Midwest, frappé par l’alcoolisme et le chômage, situé au milieu d’un désert de cailloux noirs…
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  21 mars 2016
Le village de Shellawick, au milieu d'un désert de cailloux noirs, dans le Midwest, s'était peu à peu vidé de ses habitants. Peut-être à cause du soleil torride qui les écrasait ou des tornades qui balayaient tout sur leur passage. Toujours est-il que, dès que les petits commerces du coin ont fermé, que ce soient les snacks-bars, le bowling ou la pizzéria, les gens sont partis, abandonnant tout derrière eux. La plupart sont partis vivre à Cornado, à 30 miles au nord, là où était implantée l'usine de pop-corn du Buffalo Rocks qui employait la moitié de Shellawick et des patelins voisins. Tom, lui, propriétaire d'une supérette, a tenu bon. Malgré les rayons désespérément vides. Les habitants venaient non seulement remplir leurs caddies mais aussi pour s'asseoir sur le fauteuil de barbier en cuir élimé, hérité de son père, et livrer leurs petits secrets. Tom observe, écoute et croque sous forme de haïkus notés dans les pages des annuaires, cette galerie de personnages...
Avec ce roman, Émilie de Turkheim nous plonge en plein coeur de ce désert américain, sous ce soleil de plomb, tant les descriptions sont précises, aussi bien l'environnement que les personnages qui l'habite. Des personnages hauts en couleurs et terriblement attachants. Tom, évidemment, le "pop-corn kid", qui ne compte pas se laisser marcher sur les pieds par ce supermarché géant. Viennent ensuite Matt, son professeur, à qui il doit beaucoup; Fleur, une cliente fidèle, perchée sur ses talons aiguilles et qui ne boit que du whisky de qualité; Émilie, fille adoptive de Matt, à l'enfance cabossée... et bien d'autres encore. Ce roman, ample et dense, aborde différents sujets tels que la société de consommation, le gigantisme, le pouvoir de l'argent mais aussi les Indiens d'Amérique ou encore la notion de bonheur (nom, d'ailleurs, que Tom donnera à sa supérette). L'auteur multiplie les scènes cocasses. L'écriture est quant à elle, à la fois inventive, poétique et riche, les expressions ne manquent pas. Un récit fantasque, tendre et original...
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palamede
  19 mai 2016
Les uns après les autres ils viennent et prennent place dans son fauteuil de barbier. Un siège en cuir datant de l'époque de son père, avant l'épicerie. Certains s'y épanchent, d'autres lui commandent du whisky japonais ou lui demandent d'écrire une chanson. Il faut dire que Tom est le seul à être allé à l'université. Presque le seul à savoir écrire dans ce village paumé du middle West où tous sont plutôt satisfaits de leur sort. Un endroit qu'aucun n'aurait eu l'idée de quitter si une usine de pop-corn ne s'était installée dans un village voisin.
Début de la déliquescence de son commerce, cette usine symbolise aussi pour Tom, avec l'installation d'un hypermarché ultramoderne en face de chez lui, tout ce qu'il déteste et contre lequel il entend lutter. La consommation excessive, désordonnée et inutile ne doit pas, à l'instar de la conquête de l'Ouest qui a détruit les civilisations indiennes, menacer la culture et l'épanouissement de son esprit. C'est un très dur combat qu'il est prêt à mener, quitte à affronter des adversaires féroces.
Emilie de Turckheim nous emporte, au coeur des terres ardentes des Indiens des Plaines, dans une réalité hallucinée et un rêve naturaliste pour nous convaincre de résister aux sirènes d'un bonheur éphémère. Elle le fait d'une belle façon, un peu absurde et déjantée.
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sabine59
  07 mai 2019
Attirée par le titre curieux et le nom de l'auteure ( j'avais envie de la découvrir ) , je me suis lancée...et la lecture s'est révélée jubilatoire!
Un univers déjanté comme je les aime, au fin fond du Middlewest, des personnages hauts en couleurs et un peu fêlés, " ça aurait été crêle de pas en profiter ", touré ! Excusez-moi, je me suis trop imprégnée des expressions locales...
Pour vous mettre en appétit, voici un assortiment à grignoter ( pas du pop-corn, en tout cas!) : un vieux fauteuil de barbier qui sert de confessionnal, un" supermarché " qui n'en est pas vraiment un et dont la devise minimaliste de vente est " manger, se laver et trucider les mouches", le propriétaire, Tom, à la fois poète ( il écrit des haïkus à propos de ses clients) et psychanalyste (d'où le fauteuil, vous suivez toujours?)
J'ajouterais un hypermarché construit en face pour narguer Tom et l'entraîner dans la faillite, Emily Dickinson, non, pas la femme de lettres, une autre, vous décrochez, pas vrai? C'est normal! Et il y a , trônant au-dessus de tout cela, le Pierrier, la montagne noire, poussière, chaleur, cailloux, ouh! " Touré de zate de coye!"
Mais ne vous arrêtez pas qu'au côté loufoque, humoristique du livre, qui peut parfois devenir lassant. Car l'auteure épingle ici de nombreux travers de la société américaine contemporaine : les conditions de travail déplorables des usines de pop-corn, la désertification des petites villes, le gigantisme des magasins, associé au consumérisme. Mais elle le fait avec malice et fraîcheur dans le ton. Et le personnage de Tom est tellement attachant!
Un roman qui ne laisse pas indifférent, assurément!
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LePamplemousse
  01 décembre 2015
Petit bijou de drôlerie, de poésie et d'idées futées sur la vie actuelle, "Popcorn Melody" est un véritable coup de coeur.
Si vous aimez les films de Wes Anderson, la folie douce, les ambiances décalées, les personnages charismatiques, les anti-héros, les gestes du quotidien racontés avec simplicité et humour, les gens qui écoutent les autres sans les juger, les mots sans prétention qui font du bien, alors vous avez de bonnes chances d'aimer ce livre.
On y trouve un supermarché moribond perdu au milieu d'un désert de pierres, un fauteuil de barbier, une vieille femme juchée sur des talons aiguilles et buvant du whisky hors de prix, une usine de pop corn, des indiens, des rêves enfouis sous une chaleur de plomb, des situations qui pourraient faire pleurer mais trouvent le moyen de faire sourire.
Je ne vous en dis pas plus....je me suis laissée embarquer pendant les 200 et quelques pages et je sais que j'y retournerais quand le besoin s'en fera sentir.
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tynn
  16 avril 2016
Arrêt sur image: une petite ville poussiéreuse au milieu d'un désert torride de pierrailles, une épicerie-bazar "indigne de ce nom", quasi vide, tenue par un improbable poète, se refusant à vendre les paquets de popcorn de l'usine locale, décorés par sa propre frimousse de gamin hilare. Un lieu de vie, de rencontres de voisins et de papotes qui fait naufrage quand s'installe un supermarché flambant neuf et climatisé, juste en face.
Voici le genre de décor narratif qui fait mon bonheur: Des culs terreux, des personnages décalés, des coyotes, un décor de western moderne avec mouches, vent et chaleur...
Débutant en atmosphère de vie éreintée et désespérante, en décors de Paris Texas de Win Wenders, le récit prend ensuite des chemins de traverse farfelus. La dégringolade du héros face au temple de la consommation déshumanisée est dramatiquement cocasse. Et son coup de coeur pour une dulcinée à la cervelle de petit pois et aux rondeurs de citrouille participe au même délire narratif de folie douce. L'écriture est colorée, le langage rural gouailleur, la poésie au coin des pages.
Pour autant, ce livre inclassable nous parle d'éveil à la connaissance, de recherche de racines familiales ou géographiques, de loyauté et de résistance.
J'ai un peu calé vers la fin, une sorte de lassitude par excès de burlesque sans doute. À lire néanmoins pour son originalité, et un savant dosage de drôlerie et de tragique.
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critiques presse (3)
LePoint   02 novembre 2015
La nouvelle folie romanesque d'Émilie de Turckheim prend vie au Kansas, dans un désert où souffle un vent aussi affolant que l'haleine du diable...
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro   01 octobre 2015
Avec Popcorn melody, l'écrivain retrace le territoire ancestral des Indiens des plaines avec un brin de poésie et de folie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   28 août 2015
34 ans, beauté diaphane, cultive des histoires insolites comme autant de fleurs jamais recensées dans les manuels d'horticulture.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
sabine59sabine59   07 mai 2019
Les vrais haikus sont sensibles aux saisons, à la garde-robe de la nature, ils sont pleins de cerisiers en fleurs et de vent d'automne. Mais à Shellawick, on manquait de saisons. C'était l'été toute l'année. L'été qui s'affadit ou se raidit, mais l'été malgré tout. Faute de saisons, j'écrivais des haïkus du désert.
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sabine59sabine59   07 mai 2019
Matt -l'homme qui avait enseigné pendant un demi-siècle à tous les enfants de Shellawick qu'on pouvait régler n'importe quel conflit par un simple échange de paroles- envoya son poing dans la bouche du croque-mort , avec une volonté tellement franche de le faire taire qu'il lui cassa quatre dents.
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marina53marina53   21 mars 2016
On aimerait remercier la personne dont on est amoureux, n'est-ce pas? Mais qu'est ce qu'elle y peut? Elle n'est même pas du voyage! Tout ce qu'on désire, on le désire seul. Quand l'autre s'en mêle, c'est trop tard, on a tout organisé... On a sa manière à soi de se laisser envahir et de souffrir... La joie, l'espoir, le désespoir, on tient à s'occuper de tout! À peu de chose près, l'autre n'a rien à voir avec l'amour immense qu'on lui porte.
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sabine59sabine59   05 mai 2019
Je lui répondais qu'elle était ma seule amie et que le temps que je passais auprès d'elle était ce que mon professeur Monsieur Takemo appelait le printemps intérieur, cette sensation de fleurir au contact de quelqu'un.
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mfgaultiermfgaultier   28 juillet 2015
On trouvait dans Shellawick deux ou trois épiceries dégarnies, mais mon magasin était le seul qui méritait le nom de supermarché, grâce à mes deux caddies, ma colonne de paniers haute comme un plan de maïs, et mes quatre allées remplies de produits qui permettaient de vivre vieux et heureux. Je vendais tout ce qu'il fallait pour ne pas mourir de faim, se laver, et tuer les mouches.
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Videos de Emilie de Turckheim (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emilie de Turckheim
Emilie de Turckheim - L'enlèvement des Sabine
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