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EAN : 9782350871851
218 pages
Editions Héloïse d'Ormesson (02/02/2012)
2.89/5   32 notes
Résumé :
Héloïse a quatre ans, elle est une petite lionne qui échangerait tous ses jouets pour un baiser, un vrai, avec le Dr
Lawrence Calvagh, son aîné de quarante ans. Ce qui fait blêmir sa mère.
Héloïse a douze ans, son coeur jaillit de sa poitrine et danse la valse sur le trottoir lorsque Lawrence lui caresse la joue. Ce qui fait baver de jalousie son cousin sourdement amoureux d’elle.
Héloïse a quatorze ans, elle est au paradis dans le studio que lo... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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L'histoire d'une petite fille de cinq mois (oui) qui tombe "amoureuse" à vie de son pédiatre en lui suçant le pouce... heum. Abaissons les boucliers des bonnes moeurs, réfrénons les amalgames douteux et poursuivons la lecture... n'empêche que...

Ce roman ne m'a guère convaincue, il m'a fallu du temps pour me repérer parmi les personnages (toutes ces femmes de quatre générations pour un seul homme ou presque), pour comprendre qui était cette "Héloïse chauve". J'ai finalement eu recours à la quatrième de couverture pour m'y retrouver - il est rare que je cède à cette facilité, car je tiens à garder les surprises intactes.

J'ai été agacée par des phrases interminables par endroits, vaguement dégoûtée par cette Lolita qui, à treize ans, force sans difficulté les molles résistances d'un quinquagénaire, et n'ai tout simplement pas été intéressée par cette histoire compliquée d'inceste "indirect"... La deuxième partie n'est pas plus séduisante : milieu huppé, artistique et déjanté new-yorkais, inévitablement assaisonné de 11 septembre... Et une fin qui arrive comme un cheveu sur la soupe : l'indignation pour une réforme sur une thématique jusqu'alors totalement absente du roman.

Voilà typiquement le style d'ouvrage que j'abandonne vite. J'ai persévéré sans attendre grand chose, par respect pour Babelio et les Editions Héloïse d'Ormesson, que je remercie pour cette offre.

Un rendez-vous vraiment raté, j'en suis désolée.

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Héloïse est chauve.

Court et frappant, le titre du dernier roman d'Emilie de Turckheim en est aussi la première phrase, début d'un premier chapitre drôle et décapant dans lequel toute la suite du récit est inscrite.

Héloïse en est l'héroïne : bébé, petite fille, femme, on la suit tout au long de sa vie, point central autour duquel gravite toute sa constellation familiale. Un groupe haut en couleur, éclectique et bancal mais soudé grâce à (à cause de …?) un lien puissant et indéfectible entre Héloïse et le Dr Lawrence Calvagh. Un homme marié, qu'ont déjà aimé sa mère, sa tante et d'autres, son aîné de près de 40 ans.

Héloïse fera ce qu'elle voudra, ira où bon lui semble et ne laissera rien ni personne entraver ses désirs. Quitte à en souffrir bien entendu, et à faire souffrir les autres. Mais pas intentionnellement en tout cas ; on ne décèle chez elle aucune méchanceté ni mesquinerie, juste la marque d'un esprit totalement libre. Un caractère bien trempé comme on dit, une personnalité forte et qui ose tout, y compris tomber amoureuse et choisir l'homme de sa vie à l'âge des petits pots et des couches culottes !

S'ouvre alors une relation pour le moins atypique, tant par le nombre des années qui sépare ses deux parties et le (très) jeune âge de la demoiselle, mais aussi et surtout par les relations passées ou présentes terriblement complexes qui unissent déjà l'Elu à l'ensemble de la parentèle féminine d'Héloïse.

Qui est Lawrence Calvagh ? Infidèle ? Inconstant ? Indécis ? Celui qui est l'autre héros de l'histoire sera-t-il pour Héloïse un bourreau ou le jouet de ses caprices de petite fille, puis de femme ?

Et comment Les Autres, quels qu'ils soient, pourront-ils accepter, dépasser cette relation, se construire avec elle, malgré elle ?

Complexe, cet écheveau de relations n'en est pas moins captivant, mais c'est surtout grâce au style, percutant et saccadé d'Emilie de Turckheim qu'on est happé par cette histoire. L'art de dire beaucoup en peu de mots, la manière pour « cacher » des rebondissements, des ellipses, derrière un enchaînement de phrases courtes à la simplicité confondante.

Il y a beaucoup d'elle-même dans cette écriture : jeune femme dynamique, souriante, visiteuse de prison très investie, maman aussi, Emilie de Turckheim écrit par ailleurs des scénarios pour la télévision.

De là vient sûrement son talent pour les récits imagés, dans lesquels on entre très facilement mais qui ne manquent pas de surprises. Si ses mots sont directs, parfois crus, c'est parce que l'histoire, ou le personnage l'impose. Pas de trash à outrance, juste un style qui colle parfaitement à son protagoniste, comme si les termes choisis l'incarnaient littéralement.

A lire justement, son précédent roman sorti en 2010, le joli mois de mai, dont la trame n'avait rien de commun avec celui-ci mais où l'on retrouve des personnages décalés, un humour décapant, et où on ne voit rien venir !

Lors d'une rencontre peu après la sortie de ce dernier, elle nous confiait écrire de manière intuitive et n'avoir pas d'à priori sur ses personnages. Accessible, ouverte au partage comme au débat, elle nous avait parlé de son prochain roman en cours d'écriture.

L'intrigue ? Pas encore définie.

Mais le premier chapitre était déjà écrit, et c'était son socle : presque mot pour mot celui qui figure aujourd'hui dans le livre. Une vraie accroche, un début mené tambour battant et plein de vie, comme sa jeune héroïne à peine née. On en regretterait presque que tout le livre ne garde pas le même rythme (ou peut-être qu'il s'assagit en vieillissant avec Héloïse ?).

Un titre ? « Oui, il va plaire à mon éditrice : Héloïse est chauve ! »

Qui a dit que les auteurs n'avaient pas de reconnaissance ?

S.L
Lien : http://madamedub.com/WordPre..
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Je ne sais pas vraiment par où commencer pour parler de ce roman. Ce que je peux vous dire en tout cas, c'est qu'il m'a touché et restera certainement longtemps dans ma mémoire. Cette histoire d'amour bouleverse les codes et la bienséance. Cette histoire est celle d'un amour brûlant et passionné, brutal et choquant mais tellement sincère. Héloïse n'a que quelques mois quand elle tombe amoureuse de Lawrence, médecin et père de famille, et va tout faire pour qu'il l'aime en retour. Ils se croisent lors des réunions de famille, des vacances à la mer et l'ambiguité de leur relation semble échapper aux autres. Héloïse est belle et pleine de vie, Lawrence est l'homme de toutes les femmes. On suit leur histoire durant plusieurs décennies, tantôt choqué, tantôt ébloui et fasciné par cet amour hors norme. Autour d'eux gravitent un panel de personnages hauts en couleurs, meurtris par cet amour mais pas toujours pour les raisons que l'on s'imagine...



Héloïse est une petite fille déterminée qui vivra sa vie comme elle l'entend, semant le trouble, la répulsion et la fascination autour d'elle sans y prêter attention. Lawrence est, quant à lui, un homme à femmes, briseur de coeur, éternel insatisfait. Ces deux là arriveront-ils à connaître le bonheur ? Et qui mènera la danse ? La petite fille aux lèvres couleur cerise ou le beau docteur ? Cette courte histoire est portée par une écriture percutante et parfaitement maitrisée. Emilie de Turckheim arrive, avec une facilité déconcertante, à nous emmener ailleurs, à nous transporter dans des lieux et des situations précises avec des phrases très courtes voire même des successions de descriptifs et de mots. L'écriture est parfois crue mais jamais gratuitement. Elle nous décrit les choses telles qu'elles sont, sans fioriture et sans tabou, tout simplement. J'ai aimé suivre ces vies, cet amour fou et ces destins croisés. C'est un roman court mais marquant.



Merci aux éditions Héloïse d'Ormesson et à Babelio pour cette belle découverte.
Lien : http://mya.books.over-blog.c..
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Héloïse est une drôle de petite fille. A quelques mois à peine elle tombe éperdument amoureuse de Lawrence, le beau pédiatre irlandais et coureur de jupons effréné. Peu importe qu'il ait 40 ans de plus qu'elle, son amour croît avec elle et se renforce au fil des ans. A l'âge de 13 ans, la jeune fille lui déclare sa flamme et n'y va pas par quatre chemins ! Face à cette gamine déterminée et d'une grande beauté, Lawrence cède, conscient du tabou qu'il est en train de franchir. Une passion dévorante consume les deux amants. Mais, tandis qu'Héloïse s'épanouie dans les bras du médecin, celui-ci voit ses craintes grandir et redoute qu'un rival plus jeune vienne ravir le coeur de sa lolita…
Emilie de Turckheim nous raconte ici une histoire d'amour étonnante, qui ne s'embarrasse pas du qu'en dira-t-on et se moque des bonnes moeurs. Cette relation entre une jeune fille et un homme de quarante ans son aîné, qui pourrait sembler malsaine, voire contre nature, est au contraire racontée comme étant naturelle, essentielle pour nos deux personnages. Finalement, loin d'être choquante, cette passion brûlante, sans tabous, est rendue belle par ses personnages. Seule compte la réalité et la puissance de leur amour, qui, loin de n'être axé que sur l'âge de la jeune fille, s'étale sur une période de 50 ans ! Si le texte est parfois cru, il ne tombe cependant jamais dans la vulgarité. Cet amour improbable sonne juste et son héroïne, libérée, charme et séduit le lecteur avec habileté! L'écriture est dynamique, entreprenante et dégage une forte tonalité érotique, à l'image de son personnage. Un roman décapant, qui ne laissera personne indifférent !
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Comment parler de se livre ?
Déjà la base de l'histoire m'a intrigué ! Une petite fille qui dès ses premiers mois sait qu'elle est amoureuse de son docteur (de 40 ans son ainés) ! On peut se dire ok où est ce que tout ça va nous mener ?

Finalement une histoire pas si mal construite bien que certains passages soit gênant de mon point de vue (première fois à 13 ans et tout en provocation ; quand on se rend compte que monsieur le docteur s'est tapé la moitié de la famille...).

Ce que j'ai vraiment apprécié: même si l'histoire ce centre sur Héloïse et le Docteur Calvagh, il y a une ribambelle de personnages qui évoluent autour de ce couple. Même si on ne connait que très peu de chose de leur vie, on les voit évoluer en même temps et on a des nouvelles d'eux régulièrement dans le livre par le biais d'anecdotes !

Ce que j'ai moins aimé: parfois de longue tirades de descriptions qui n'apportent pas toujours quelque chose à l'histoire !
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critiques presse (2)
LePoint
28 février 2012
L'érotisme et les fantasmes s'entremêlent dans un texte souvent cru mais toujours transfiguré par une écriture allègre et gourmande.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress
28 février 2012
Dérangeant, grave et distrayant, le cinquième roman d'Emilie de Turckheim est une véritable réussite.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Héloïse a cinq mois quand elle ressent les premiers feux de la passion:

[Lawrence] voudrait savoir où Héloïse trouve le courage de hurler sans économie, sans médiocrité. Il y a de l’amour, du désespoir, une stupéfaction de vivre dans son cri. Lawrence aimerait avoir la force et l’impudeur d’être en vie comme Héloïse est en colère. Il rêve d’une existence où chaque geste et chaque parole aurait le même excès. Ce serait vaincre le temps qui détale. Lawrence caresse le visage d’Héloïse, la salive aux commissures, et Héloïse, sentant le pouce sur ses lèvres, l’aspire. Et plus un cri, elle suce, éperdue. Elle suce comme on avale une rivière après avoir dévalé l’été, les pentes de coquelicots à toute allure, les robes blanches, les pieds nus, les prairies brûlantes. Dans le salon, on entend le crépitement du feu et le pouce dévoré, des soupçons de baisers. Lawrence, sucé, tremble. Héloïse tombe amoureuse.
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Jeanne estimait que donner une vue sur mer à une enfant trop jeune, c'était lui donner trop d'émotions et risquer d'en faire une aventurière, une exploratrice, une artiste, une ambitieuse, un homme.
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Videos de Emilie de Turckheim (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emilie de Turckheim
L'émission intégrale : https://www.web-tv-culture.com/emission/emilie-de-turckheim-lunch-box-52661.html
Comme elle le dit elle-même, d'aussi loin qu'elle s'en souvienne, la vie d'Emilie de Turckheim s'est toujours construite dans les livres et les histoires, celles qu'on lui racontait comme celles qu'elle s'inventait.
Parallèlement, les souvenirs de sa petite enfance sont liés à ces quatre années pendant lesquelles sa famille s'était expatriée professionnellement aux Etats-Unis.
De retour en France, ses études de droit, de socio ou de sciences politiques n'ont jamais fait dévier la jeune femme de son objectif premier, elle serait écrivain.
A 24 ans, elle publie « Les amants terrestres » suivi rapidement de « Chute libre », « le joli mois de mai » ou « Héloïse est chauve ». Autant de titres, certains primés, qui installent durablement Emilie de Turckheim sur l'étagère des auteurs qui comptent.
Son nouveau roman, qui signe son entrée chez Gallimard, confirme tout le bien qu'on pendait déjà d'elle.
Avec « Lunch box », ses souvenirs d'enfance ne sont pas loin. La lunch box, c'est cette petite boite métallique dans laquelle, chaque matin, toute bonne mère de famille américaine prépare le pique-nique de son enfant, y glissant entre deux tranches de pain de mie et un blanc de dinde, tout son amour et sa tendresse.
Nous sommes donc au milieu des années 80, dans une petite ville cossue de la côte est des Etats-Unis, là où sont installées de nombreuses familles françaises, souvent expatriées pour le business. Dans ce petit monde clos, au nom de la légendaire amitié franco-américaine, on se reçoit avec force effusions mais bien souvent les sourires restent de façade et ne traduisent qu'une partie des sentiments. C'est dans ce décor qu'évolue Sarah, une jeune professeur de musique qui, dans l'école bilingue de la petite ville, est la coqueluche des enfants et de leurs parents car, derrière son côté fantasque, elle n'a pas son pareil pour mettre sur pied les spectacles de fin d'année. Sarah a un coup de coeur pour David, à qui elle donne des cours de piano. Mais il est marié à Solène et leur fille, Laëtitia, est aussi l'élève de Sarah. Bref, rien n'est simple. Pourtant, dans ce décor rêvé de l'american way of life, Sarah a envie d'y croire. En attendant, deux fois par semaine, dans son van, elle accompagne six enfants du quartier à l'école, dont la petite Laëtitia. Mais, comme inévitable, le drame arrive, les sourires s'effacent et le quotidien de cette communauté éclate en mille morceaux.
Habilement construit, en deux temps, après et avant le drame, avec un enchainement implacable que je me garderai bien de vous dévoiler, le roman d'Emilie de Turckheim est une réussite, tant sur l'intrigue que sur la qualité de l'écriture, une histoire cruelle et féroce abordant entre autres les thèmes du deuil, du déracinement, de la fatalité et de la culpabilité.
Les personnages se fissurent au fil des pages, se laissant envahir par la mélancolie et le mal de vivre. Et cette Amérique idéalisée devient un enfer inextinguible où le destin tire les ficelles inexorablement.
« Lunch box » d'Emilie de Thurckheim est publié chez Gallimard.
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