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EAN : 9782702158975
216 pages
Calmann-Lévy (16/08/2018)
4.02/5   289 notes
Résumé :
Un jour, j’ai dit : « Ils sont des milliers à dormir dehors. Quelqu’un pourrait habiter chez nous, peut-être ? » Et Fabrice a dit : « Oui, il faudra juste acheter un lit. » Et notre fils Marius a dit : « Faudra apprendre sa langue avant qu’il arrive. » Et son petit frère Noé a ajouté : « Faudra surtout lui apprendre à jouer aux cartes, parce qu’on adore jouer aux cartes, nous ! »

Pendant neuf mois, Émilie, Fabrice et leurs deux enfants ont accueilli d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (104) Voir plus Ajouter une critique
4,02

sur 289 notes
Reza est le jeune prince afghan dont parle si bien Émilie dans ce très beau roman. Reza a fui la guerre dans son pays comme des milliers d'autres, il a parcouru des kilomètres sur terre ou dans l'eau, risquant sa vie tous les jours juste pour l'espoir d'un petit monde en paix.
Émilie, son mari et ses deux enfants décident d'accueillir un de ces nombreux migrants parce que « ils sont des milliers à dormir dehors. Quelqu'un pourrait habiter chez nous, peut-être ? ». L'aventure commence avec l'arrivée de ce jeune afghan de vingt et un an, Reza rebaptisé Daniel lors de son baptême en Pologne.
Aventure tout en respect et en apprentissage de part et d'autre.

« Accueillir quelqu'un est un voyage joyeux. Être accueilli est une aventure sans repos ».

Émilie autant que Reza se montrent attentifs à ce que tout le monde trouve ses marques. Pudeur, échanges, complicité, joie, attentions, la maison d'Emilie se remplit de lumière jour après jour agrandissant son échelle humaine.
Reza est un jeune homme courageux, volontaire, qui brille tant par sa générosité que par sa soif d'insertion. Reza veille aussi aux petites choses afin qu'elles deviennent belles.

« Elle est si belle, cette façon silencieuse de veiller aux petites choses qui comptent. Précis et tissés de poésie, les gestes de Reza sont le nid de l'avenir ».

Le prince à la petite tasse est un récit d'une générosité incroyable sur fond d'expérience plus que réussie.
Renforcer l'humain afin qu'il ne se sente plus étranger ni rejeté. Oui renforcer l'humain, c'est tout cela que j'ai ressenti dans ce très beau récit. Une année pour sauver une âme, ne dit-on pas que celui qui sauve une âme sauve la terre entière...

À découvrir ! À méditer...
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Quelle superbe initiative a prise Émilie de Turckheim en accueillant à son domicile un réfugié ! C'est cette expérience, cette formidable aventure vécue par Émilie, son mari, Fabrice, leurs enfants, Marius et Noé, et ce jeune réfugié afghan de vingt-deux ans, Reza, de février à novembre 2017, que nous livre cette autrice.
Ce titre : le Prince à la petite tasse, a été pris, comme elle nous le dit, en référence au conte d'Andersen, La Princesse au petit pois qui demande l'asile dans un château.
Comme beaucoup, j'avais lu des récits, des témoignages sur ceux qui vivent l'exil. Dans ce roman-journal, c'est la vie de l'intérieur qui est racontée, ce qui en fait toute son originalité. Ce sont tous les détails, tous les petits faits quotidiens qui donnent à ce livre une véritable impression de vie.
Émilie de Turckheim nous met à la fois dans la peau de celui qui vit le drame et dans celle de celui qui tente de l'adoucir et espère le faire cesser. Elle nous retranscrit avec une émotion profonde toute la confiance qui a accompagné leur relation. Cet accueil est une aide inestimable pour Reza. Il aide également cette famille à grandir et notamment les enfants pour qui, en dehors d'une belle leçon de géographie, c'est aussi une formidable leçon de vie.
On ressent, à travers son écriture extrêmement poétique, toute la sincérité des sentiments qu'elle a vis-à-vis des migrants et son ouverture à l'autre. Elle a, par ailleurs, été, auparavant, visiteuse de prison.
En ces temps où la xénophobie, l'égoïsme et le repli sur soi sont malheureusement trop présents, c'est un livre extrêmement touchant qui fait énormément de bien, qui réchauffe le coeur, presque trop beau pour être vrai et qui devrait inciter chacun de nous à regarder l'autre différemment.
L'accueil de ce réfugié est une superbe manifestation de solidarité et de fraternité qui devrait nous servir d'exemple et inviter chacun d'entre nous à faire de même.
Le Prince à la petite tasse est un livre magnifique et lumineux que je recommande chaleureusement.

Lien : https://notre-jardin-des-liv..
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Après avoir publié plusieurs romans, Émilie de Turckheim a délaissé ce genre pour un récit qu'elle a bien fait de nous livrer en ces temps où la tentation d'intolérance et de rejet de l'autre, de l'étranger grandit.
Dans le Prince à la petite tasse, titre inspiré par un conte, elle détaille ce que sa famille a fait pendant neuf mois : accueillir chez elle un migrant, lui accorder une confiance absolue pour lui permettre de reprendre pied dans la vie et de retrouver une dignité bien mise à mal par des épreuves inimaginables comme tant d'autres humains en subissent.
Si tout cela se passe à Paris, dans un milieu assez aisé, l'expérience n'en est pas moins édifiante et passionnante dans le détail qui en est fait par l'autrice qui nous informe en même temps de son travail d'écriture.
Reza, Afghan qui veut qu'on l'appelle Daniel, a un titre de séjour pour dix ans. Il trouve du travail même si son expérience dans le bâtiment révèle des pratiques proches de l'esclavage. Sa vie est détaillée, ses absences aussi. Les attitudes et les réflexions des deux enfants sont aussi intéressantes et touchantes.
« Accueillir, c'est cuisiner, c'est acheter des légumes, les couper, les faire longuement revenir à l'huile d'olive. Accueillir, c'est ne pas se dépêcher. Ne pas bâcler la cuisine. » Émilie de Turckheim, ainsi, reconnaît tout ce que cet accueil implique et bouleverse dans sa vie quotidienne et c'est d'autant plus méritoire.
Pour finir, Daniel-Reza retrouve la confiance et c'est une très belle histoire pleine de générosité, d'humanité qui ne gomme pas les difficultés, les doutes, les interrogations.
Soulager la misère humaine, réussir à redonner confiance à une personne qui a fui la guerre, la famine, la misère, c'est un bel et magnifique exemple !
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Fabrice, Emilie, Marius et Noé vivent à Paris dans un appartement de 73 mètres carré.
Chaque jour, ils passent devant les tentes des réfugiés et en parlent souvent.
L'idée leur vient de l'accueil : on déblaiera la salle de jeux, on achètera un lit, il faut qu'il joue aux cartes dit le plus petit, on aime ça nous.
Avec l'aide du Samu social, Reza, 21 ans , arrive chez eux en toute discrétion.
Il vient d'Afghanistan, a traversé de nombreux pays avant d'arriver en France, chassé de Norvège.
Emilie tient un journal de l'année que Reza va passer chez eux.
Il est plein de ressources ce garçon et les petits s'amusent à plier des origamis très élaborés avec lui.
Il cuisine d'étrange façon avec énormément d'huile, de sel et d'ail.
Il continue à voir des amis qui parlent la même langue que lui mais ne fait aucune économie car il leur apporte des tentes pour dormir dehors, de la nourriture...
Chaque page comporte un étonnement et l'auteure y écrit de très belles poésies provoquées par les situations vécues.
Reza a trouvé du travail de nettoyage dans une crèche et obtenu des papiers pour rester en France et un titre de voyage.
Un beau geste qu'a effectué la petite famille amorcé par la fibre sociale de la maman qui a été visiteuse de prison donc déjà très à l'écoute des difficultés que les êtres humains peuvent rencontrer.
Elle n'a pas abordé les difficultés qu'ils rencontraient lors de cet accueil car on se doute qu'ils en ont vécues mais les moments riches sont tellement nombreux qu'on comprend pourquoi elle s'est concentrée sur le côté positif de l'expérience.
Ce que j'ai préféré, c'est la naïveté très franche des enfants et les réponses de Reza comme il peut car le français est une langue de trop à apprendre pour lui malgré les cours qu'il suit.
Un très beau récit qui m'a plu du début à la fin.
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"Le prince à la petite tasse" est un roman témoignage qui fait sourire par moment mais qui est loin d'être aussi léger que ce qu'il peut paraître dans un premier temps. Reza, jeune afghan est accueilli chez Émilie, Frédérique et leur deux enfants. Certaines situations d'incompréhension, de quiproquos dus à la langue ou à des différences de cultures sont amusantes mais c'est surtout la personnalité de Reza qui montre de façon très discrète sa souffrance mais aussi sa volonté de s'intégrer que je retiendrai. A plusieurs occasions Reza m'a fait penser à un jeune homme de mon entourage proche qui se trouve dans le même genre de situation. J'ai retrouvé les sourires, les élans de générosité et de reconnaissance face à l'accueil, les habitudes alimentaires qui peuvent surprendre.
Ce livre ne montre pas tout le parcours, les démarches et les difficultés que rencontrent les migrants mais montre avec humour et beaucoup de tendresse certains aspects du quotidien. C'est un témoignage plein d'humanité qui met en valeur la générosité de la famille de Émile de Turckheim mais aussi celle de Reza. Beaucoup de pudeur et beaucoup d'amour dans ce récit que je pensais initialement être une fiction et non un témoignage.
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critiques presse (2)
Liberation
08 octobre 2018
D’habitude, je le promets, je ne juge pas un livre sur sa couverture ou une femme sur sa chevelure. Mais il en est ainsi peut-être des coups de foudre. Nous sommes attirés pour une raison inexpliquée, complètement irrationnelle. Et puis le livre a tenu ses promesses. Je l’affirme : on est tous un prince ou une princesse.
Lire la critique sur le site : Liberation
Actualitte
17 août 2018
Accueillir, être accueilli ; lire, être lu ; écrire, être écrit ; des deux côtés du miroir. Émilie de Turckheim nous emmène dans l'aventure improbable de l’exilé, de ce Prince à la petite tasse, qu'elle accueille dans son foyer, qu'elle protège comme son enfant et qui bouleverse son monde et sa langue.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (122) Voir plus Ajouter une citation
(Avant d’arriver en France, Reza a passé plusieurs années en Norvège, pays qui, in fine, ne lui a pas accordé le droit d’asile)

Reza m’apporte une tasse de thé, comme il le fait toujours quand je travaille et que nous sommes seuls dans l’appartement. (…)
« Emilie, je pas pouvoir apprends français ». Son ton est désolé et je comprends que l’obstacle est insurmontable. Apprendre le français ce n’est pas seulement apprendre des mots inconnus et une façon mystérieuse de les ordonner. Apprendre le français, c’est faire table rase. C’est l’ultime effort de renaissance après avoir dépensé toutes ses forces pour survivre à la guerre, à une décennie d’exode, au malheur sans fond d’avoir perdu toute sa famille. Reza a appris en Norvège une langue qui portait l’espérance d’une vie nouvelle dans la moelle même de sa grammaire. Son esprit s’est offert à cette langue : grand ouvert, adroit, rapide. Il a appris à la parler "couramment" comme on dit. C’est-à-dire de façon fluide, confiante et personnelle. Mais un jour la demande d’asile de Reza a été refusée par l’Etat norvégien et la langue a pris feu. C’est comme si la maison de Reza prenait feu : il a dû la quitter de toute urgence, sans se retourner. Tout a brûlé. La promesse a brûlé. Reza a dû fuir. A nouveau fuir et se cacher. Il est arrivé en France où tout était à refaire. A réapprendre. Seulement quelque chose en lui rejetait à coups de poing et à coups de pied cette musique nouvelle et étrange qu’on appelle le français. Impossible de retenir les mots. Impossible même de les entendre. (…) Quand il est arrivé à Paris, il a pris des cours de français dans une association, trois fois par semaine. Au bout de six mois, quand il écoutait les gens parler dans la rue, il ne savait pas si c’était du français ou de l’anglais. Il ne reconnaissait même pas la langue. Comment vivre avec une langue qu’on ne voit pas ? Une langue qui ne nous voit pas ?
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La lecture est une sorte de course d’endurance. Au début, c’est difficile, ennuyeux et décourageant. Et puis à force d’essayer, à force de mettre un pied devant l’autre, à force de pousser ses yeux de mot en mot le long des lignes, quelque chose jaillit. Le monde se rue à l’intérieur de soi. Et tout apparaît. Et toutes les voix s’élèvent. Et tout palpite. Tout tremble. Tout est amoureux.
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Les pays sont délimités par un trait noir. Comme on le disait à l'école, la carte est muette. La carte est même muette comme une carpe : elle passe la violence sous silence. Elle ne dit rien de ceux qui prennent la fuite. Rien des frontières infranchissables. Rien des bateaux qui sombrent.
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« Reza avait cinq ans. Il savait ce qu'était la guerre, mais une grenade, il n'en avait encore jamais vu. Pendant des semaines, il n'a plus quitté sa grenade qui est devenu son jouet préféré. Un jour, il a fièrement montré son trésor à un oncle qui lui a arraché la grenade des mains. L'oncle a donné une grande gifle à Reza et jeté la grenade à la poubelle. Reza m'a dit d'un ton indigné : "Oncle fou ! Pas bien, grenade dans poubelle ! Jamais vous pose grenade dans poubelle !"
Je tiens ma raquette de badminton à la main et je me dis que je n'ai jamais réfléchi à cette question : Où jeter une grenade de guerre ?
Pas à la poubelle. Maintenant je saurai. » (p. 118)
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Les livres sont une histoire de corps. C'est notre corps qui prend les livres. C'est dans notre corps que les livres poussent. Et c'est de notre corps à corps que les livres passent.
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Videos de Emilie de Turckheim (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emilie de Turckheim
L'émission intégrale : https://www.web-tv-culture.com/emission/emilie-de-turckheim-lunch-box-52661.html
Comme elle le dit elle-même, d'aussi loin qu'elle s'en souvienne, la vie d'Emilie de Turckheim s'est toujours construite dans les livres et les histoires, celles qu'on lui racontait comme celles qu'elle s'inventait.
Parallèlement, les souvenirs de sa petite enfance sont liés à ces quatre années pendant lesquelles sa famille s'était expatriée professionnellement aux Etats-Unis.
De retour en France, ses études de droit, de socio ou de sciences politiques n'ont jamais fait dévier la jeune femme de son objectif premier, elle serait écrivain.
A 24 ans, elle publie « Les amants terrestres » suivi rapidement de « Chute libre », « le joli mois de mai » ou « Héloïse est chauve ». Autant de titres, certains primés, qui installent durablement Emilie de Turckheim sur l'étagère des auteurs qui comptent.
Son nouveau roman, qui signe son entrée chez Gallimard, confirme tout le bien qu'on pendait déjà d'elle.
Avec « Lunch box », ses souvenirs d'enfance ne sont pas loin. La lunch box, c'est cette petite boite métallique dans laquelle, chaque matin, toute bonne mère de famille américaine prépare le pique-nique de son enfant, y glissant entre deux tranches de pain de mie et un blanc de dinde, tout son amour et sa tendresse.
Nous sommes donc au milieu des années 80, dans une petite ville cossue de la côte est des Etats-Unis, là où sont installées de nombreuses familles françaises, souvent expatriées pour le business. Dans ce petit monde clos, au nom de la légendaire amitié franco-américaine, on se reçoit avec force effusions mais bien souvent les sourires restent de façade et ne traduisent qu'une partie des sentiments. C'est dans ce décor qu'évolue Sarah, une jeune professeur de musique qui, dans l'école bilingue de la petite ville, est la coqueluche des enfants et de leurs parents car, derrière son côté fantasque, elle n'a pas son pareil pour mettre sur pied les spectacles de fin d'année. Sarah a un coup de coeur pour David, à qui elle donne des cours de piano. Mais il est marié à Solène et leur fille, Laëtitia, est aussi l'élève de Sarah. Bref, rien n'est simple. Pourtant, dans ce décor rêvé de l'american way of life, Sarah a envie d'y croire. En attendant, deux fois par semaine, dans son van, elle accompagne six enfants du quartier à l'école, dont la petite Laëtitia. Mais, comme inévitable, le drame arrive, les sourires s'effacent et le quotidien de cette communauté éclate en mille morceaux.
Habilement construit, en deux temps, après et avant le drame, avec un enchainement implacable que je me garderai bien de vous dévoiler, le roman d'Emilie de Turckheim est une réussite, tant sur l'intrigue que sur la qualité de l'écriture, une histoire cruelle et féroce abordant entre autres les thèmes du deuil, du déracinement, de la fatalité et de la culpabilité.
Les personnages se fissurent au fil des pages, se laissant envahir par la mélancolie et le mal de vivre. Et cette Amérique idéalisée devient un enfer inextinguible où le destin tire les ficelles inexorablement.
« Lunch box » d'Emilie de Thurckheim est publié chez Gallimard.
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