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Michel Lederer (Traducteur)
EAN : 9782226221285
740 pages
Éditeur : Albin Michel (01/04/2011)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 234 notes)
Résumé :
Après "Le Destin miraculeux d'Edgar Mint", Brady Udall raconte l'histoire exceptionnelle d'une famille non moins exceptionnelle.
À quarante ans, le très mormon Golden Richards, quatre fois marié et père de vingt-huit enfants, est en pleine crise existentielle. Son entreprise de bâtiment bat de l'aile, son foyer est une poudrière minée par les rivalités et les menaces d'insurrection. Rongé par le chagrin depuis la mort de deux de ses enfants, il commence série... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
Ellane92
  08 juin 2015
"Pour le dire le plus simplement possible, c'est l'histoire d'un polygame qui a une liaison". Mais comment Golden Richards, pilier de l'Eglise Mormone et à la tête d'une famille composée de 4 épouses et 28 enfants, s'est-il retrouvé dans une situation si inattendue ?
Il faut dire que Golden, depuis qu'il suit la voie du Principe de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, a une vie bien ordonnée. Enfin, disons qu'elle est bien ordonnée par Beverly, qui, en sa qualité de première de ses épouses plurales, amène ses co-épouses à décider dans quelle maison il dormira, et auprès de qui, de ce qu'il mangera et où, quels travaux il devra effectuer en premier, auprès de quel enfant il passera quelques minutes... Golden s'est inventé une comptine pour se rappeler l'ordre de naissance et les prénoms de sa nombreuse progéniture. le reste du temps, en semaine, il profite de la liberté octroyée par son travail sur des chantiers et du confort relatif de sa caravane-dortoir.
Il est bien embêté pour expliquer à ses confrères mormons et à ses femmes sur quel type de chantier sur lequel il travaille actuellement... La conjoncture est difficile, et l'argent sur le compte en banque file vite, il a donc accepté de prendre en charge la construction de l'annexe d'un... bordel, tout en assurant à ses femmes et à ses condisciples du Principe qu'il s'agit d'un bâtiment qui accueillera des personnes âgées. Entre faux alibis et demi mensonges, la petite machine bien huilée de sa vie modèle est en train de s'enrouer...

Le polygame solitaire est un petit (enfin, un gros) bijou d'humour et d'émotion, avec une analyse fine et très juste des comportements et des sentiments humains.
Les évènements nous sont relatés par Golden, le "patriarche" sans peur et sans reproche par qui tout arrive, et nous découvrons son enfance, les retrouvailles avec son père Royal, sa rencontre avec la foi et avec Beverly, son désenchantement, sa solitude sentimentale également. Nous suivons également le parcours de Trish, la femme "numéro" quatre, jolie encore, qui n'accouche que d'enfants morts-nés et qui cherchait et pensait trouver la sérénité dans sa nouvelle famille. Enfin, nous découvrons également la vie dans cette communauté au travers du regard d'enfant rebelle de Rusty, qui en pince pour sa belle tante Trish et qui s'invente des histoires pour, enfin, être autre chose qu'un numéro dans une fratrie sans fin.
Pour ma part, j'ai appris pas mal de choses sur la vie des Mormons, leurs croyances, leurs rites, leurs difficultés à co-exister avec "le monde normal", quand les enfants vont à l'école par exemple. Je me suis prise d'affection pour... tous les personnages, tant ils sont humains et attachants (même le "dragon" Beverly !). Un des tours de force de Brady Udall est cette faculté d'amener le lecteur vers un drame dont on sent qu'il arrivera au travers d'évènements en cascade qui, paradoxalement, sont drôles voire désopilants.
Un autre point fort de ce livre est de montrer toutes les nuances que peut revêtir la solitude, la vrai, cette solitude intellectuelle et affective, que l'on peut tous ressentir à un moment ou à un autre, que l'on soit entouré ou pas. Je trouve également intéressant que, partant d'une situation "exceptionnelle", une famille Mormone, on puisse autant se reconnaitre dans les personnages ou les situations décrits, que ceux-ci soient si "normaux", ou en tout cas, communs.
Itinéraire d'un homme qui se cherche, ce livre est, comme son nom l'indique, tout en paradoxes, entre aspiration intellectuelle, spirituelle, affective, physique, besoin de reconnaissance, d'autonomie, d'accompagnement, analyse des rapports amoureux et familiaux, des modèles éducatifs, et toujours, le rire et l'émotion. Je ne peux que vous le conseiller, c'est magnifique !
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Patsales
  28 février 2020
Pourquoi diable un homme aurait-il envie de devenir polygame ? Pour le sexe? Un des personnages réfute catégoriquement cette hypothèse (de fait, le héros n'a pas l'air de s'éclater prodigieusement) et en propose une autre: parce que les femmes comme il faut sont légion, contrairement aux hommes bien...
Ce livre insolent, généreux, hilarant et tragique est le grand roman des responsabilités. Et les mormons apparaissent comme le laboratoire idéal d'un refus collectif (quoique plutôt masculin) d’y faire face.
Déjà, c'est pratique: Dieu décide. Ensuite, c'est encore mieux, les femmes gèrent. Les hommes, délestés de la fatigue de choisir (ni leur vie puisque Dieu décide, ni leur épouse puisqu'ils peuvent les additionner, ni leur métier que la communauté valide), délestés également de la nécessité des multiples arbitrages de la vie quotidienne et familiale (domaine féminin) sont prêtres et puis voilà.
Mais parfois, ça dérape. Une enfant qui meurt, une entreprise qui bat de l'aile... Golden veut fuir l'impassibilité à laquelle le contraint son mode de vie. On n'embrasse pas son enfant quand on sait que 27 autres vont se précipiter pour obtenir la même faveur.
Fuyant l'impasse de l'impassibilité, Golden découvre le désir. Le sien. Celui des autres. Et ce n'est pas triste. Effrayé, infiniment reconnaissant quand il croit que Dieu lui sauve la mise avant de s'apercevoir que la situation ne fait qu'empirer (pour la plus grande joie du lecteur qui se hâte de se gausser, se doutant bien que la catastrophe arrive à grands pas), Golden se débat en toute ingénuité entre principes et libido. Aux maisons (il y en a presqu'autant que d'épouses), son émouvant et drôlissime fils Rusty cherche, lui aussi, à s'émanciper en faisant les 400 coups (et ultimus necat).
Et si tragédie il y a, Udall en exonère Dieu: l'homme est libre, donc responsable et éventuellement coupable. Les enfants qui meurent dans le ventre de leur mère, ou qui naissent lourdement handicapés ne sont pas des anges créés par une volonté divine incompréhensible : l'histoire se déroule 25 ans après les explosions atomiques expérimentées à ciel ouvert dans le désert du Montana. L'homme est libre, donc responsable, et il est comptable de de chaque radiation mortelle, de chaque femme frustrée et de chaque enfant rejeté. Qu'il cherche à le nier et à se délester de ce fardeau n'y change rien.
La fin du roman, douce-amère, annonce une nouvelle fuite en avant du héros qui achète un peu de répit avec encore plus de femmes et plus d'enfants et on ne voit pas ce qui pourrait empêcher un tome II assez rigoureusement identique au premier.
Lequel mérite qu'on s'y rue pour rire et pour pleurer - ou pas. Après tout, vous êtes libres.
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Luniver
  03 juin 2014
Golden Richards est un mormon de la veine la plus traditionnelle, celle qui conserve encore la tradition de polygamie. Époux de quatre femmes, heureux père de vingt-huit enfants, il est certainement considéré comme l'incarnation du mal par les féministes.
Sa vie est pourtant loin d'être idéale. Entré chez les mormons plus par accident que par réelle conviction, il n'a eu jusqu'à présent aucune prise sur sa vie. Sa première femme lui a été imposé par la congrégation, et les suivantes par la première épouse, qui dirige la maison d'une main de fer. Obligé de travailler d'arrache-pied pour nourrir sa tribu, Golden ne rentre chez lui que pour y régler les nombreux conflits internes, tâche éprouvante qu'il tente de fuir à tout prix.
La vie de Golden bascule avec son nouveau chantier. Devoir construire un bordel pose déjà quelques problèmes moraux pour un homme terrorisé par le stupre et la luxure. Tomber amoureux d'une fille qui y vit remet en question toute son existence. Pour la première fois de sa vie, Golden doit faire le choix qui déterminera son avenir.
En parallèle, nous suivons également deux autres personnages : Trish, sa dernière épouse, et Rusty, un de ses fils. Et malgré la cacophonie ambiante, on peut se rendre compte que quand on vit à trente dans la même maison, chacun vit finalement seul. Trish doit partager le peu de temps que son mari leur accorde avec trois autres personnes. Rusty ne reçoit aucune attention de ses parents à part pour les détails administratifs et disciplinaires.
Udall nous livre un portrait réussi d'une famille prête à s'effondrer sous son propre poids, sans céder aux moqueries faciles (ni au prosélytisme d'ailleurs). L'auteur donne la parole à ses personnages, les laisse raconter leur vie et les événements qui les ont conduit dans cette drôle de situation. Souvent drôle, parfois émouvant, les 700 pages de ce roman s'avalent sans s'en apercevoir.
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Roggy
  23 octobre 2015
Arrêt sur image sur une bourgade perdue aux USA dans les années 70 où notre personnage principal, fidèle mormon malgré lui, pratique la polygamie.
4 femmes et 28 enfants, ça occupe ! Et Golden, pauvre diable pris en otage dans un écheveau de noeuds impossible à démêler, mène sa triste petite vie qu'il n'a pas choisie. Dès que l'occasion se présente, il fuit cette flopée de de conflits, de disputes, de drames et de malheurs.
Absent de corps et d'esprit, il va cumuler les gaffes et les complications. Plus il essaie de s'en sortir, plus il plonge tête la première dans l'incapacité à régler ses problèmes. Il a une tendance particulière à en acquérir de nouveaux. Il rêve d'évasion et néglige sa famille.
Le style est piquant mais tout de même crédible, comme un bonbon acidulé qui pique mais qu'on aime savourer.
Quelques personnages sortent du lot pour notre plus grand bonheur et ponctuent allègrement le château de cartes qui est devenue la vie de tous ces pauvres hères : Rusty, un enfant en manque d'amour et doté d'une imagination débordante. Incapable de dépasser ses colères et ses pulsions, il aura un destin tragique. L'épouse n° 4 qui se rebelle, conteste cette triste réalité et ose rêver d'une naissante histoire d'amour extra-conjugale est très touchante.
Brady Udall signe ce deuxième opus en maître incontesté du brossage de portraits décapants d'une société et d'un mode de vie à la dérive et au bord du cataclysme.
Humour et tendresse grincent de concert dans cette fable qui barde le réel de fantaisie et d'humour pour mieux le désamorcer.
Epoustouflant moment de lecture.
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Cigale17
  03 avril 2020
J'avais beaucoup aimé le Destin miraculeux d'Edgar Mint de Brady Udall, et quand je suis tombée sur un autre pavé du même auteur, je n'ai pas résisté malgré l'épaisseur du livre ! le titre, un oxymore plein d'humour, le Polygame solitaire, a piqué ma curiosité. Dès les premières phrases, l'auteur nous dévoile ce dont il s'agit : « Pour le dire le plus simplement possible, c'est l'histoire d'un polygame qui a une liaison. Mais bien sûr, c'est beaucoup plus compliqué. La vie d'un polygame, même dépourvue de mensonges, de secrets et d'infidélités, est tout sauf simple. » Voilà donc l'histoire de Golden Richards, quarante-cinq ans, quatre femmes, vingt-huit enfants, trois maisons, entrepreneur en bâtiment dans le Middle-West, et dotée d'une embarrassante propension à laisser les autres décider pour lui.
***
En voyant le graphique proposant les prénoms des quatre femmes de Golden suivis de ceux de leurs enfants, j'en ai fait une photocopie. C'est tout à fait inutile : on repère très rapidement chacune des femmes et on ne suivra en détails que trois des enfants, essentiellement Rusty, un peu Faye et Glory. Brady Udall est lui-même issu d'une famille de mormons, mais pas des mormons polygames (son arrière-arrière-grand-père paternel l'était cependant). le roman est dédié à ses huit frères et soeurs et dans une intéressante interview donnée à bookbrowse (https://www.bookbrowse.com/author_interviews/full/index.cfm?author_number=792), il explique qu'il a mis beaucoup de lui-même dans le personnage de Rusty et qu'il y a transposé une part de ses difficultés à exister au sein d'une si grande fratrie. Pour écrire ce livre, l'auteur a dû se documenter sur la polygamie contemporaine qui, selon lui et l'intervieweur, semble exercer une certaine fascination sur les Américains. Pourquoi ? le sexe, répond-il brièvement…
***
Dans ce style de vie atypique, difficile à concevoir (pour moi), évoluent pourtant des personnages qui nous ressemblent beaucoup. Si le quotidien demande une gestion sans faille, celle d'une communauté plutôt que celle d'une famille classique, les relations humaines se révèlent remarquablement semblables. Comme dans le Destin miraculeux d'Edgar Mint, une très grande place est accordée à l'enfance et à ses traumatismes dont on ne se relève pas, ou alors bien mal, amputé d'une part de soi. C'est le cas de Golden, de ses quatre femmes, plus particulièrement Beverly et Trish, tous traînent leurs blessures et leurs carences dans leur vie d'adulte. C'est aussi le cas de Rusty qui, éperdu par son besoin d'amour et de reconnaissance, fait tout ce qu'il peut pour qu'on le considère, et obtient des résultats contraires à ce qu'il espérait. Il est beaucoup question de solitude. le titre nous invite déjà à réfléchir sur ce point, et le sujet est abordé sous plusieurs angles. Brady Udall aborde un douloureux sujet dont peu d'auteurs traitent : les essais nucléaires qui ont eu lieu dans le désert du Nevada et leurs conséquences sur la santé des habitants des États limitrophes. Je réalise que ce commentaire est assez sombre. le roman l'est parfois, mais il est toujours plein d'humour. J'ai beaucoup souri, mais j'ai aussi éclaté de rire (le chewing-gum !), et ça ne m'arrive pas si fréquemment en lisant… Un roman pareil, j'en redemande !
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Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   31 mai 2014
« Seize enfants à charge, Mr Richards ! Mon dieu, vous avez été un homme très occupé ! »
Golden se tassa sur lui-même. « Mmm, marmonna-t-il.
— Mais j'ai un problème avec certaines dates de naissance. Trois d'entre elles tombent à deux semaines d'intervalle au cours de la même année. Il doit y avoir une erreur ?
— Non, il n'y a pas d'erreur. » Il savait à quoi elle faisait référence. Il s'agissait de la naissance de Wayne, de Martin et de Boo, autrement dit les Trois Stooges, un épisode sombre et épuisant dans l'histoire de la famille Richards. Ils s'étaient tous installés à la Grande Maison pour quelques semaines dans l'espoir que cette réunion rendraient les choses plus aisées, mais avec ses femmes au dernier stade de la grossesse ou à peine remises d'un accouchement difficile, Golden, secondé à contrecœur par deux des filles les plus âgées, avait dû servir de nounou, de cuisinier et de gendarme. En fait, ce fut le chaos. Les enfants se déchaînèrent, fauchèrent tout ce qu'ils trouvaient à manger et se scindèrent en factions rivales qui menaient des raids les unes contre les autres pour finir par s'établir chacune dans une partie différente de la maison déclarée territoire souverain. Les Trois Stooges étaient des bébés insupportables, insomniaques et sujets à des coliques, si bien que les nuits, concert ininterrompu de cris et de pleurs, auraient suffi à briser le plus endurci des prisonniers de guerre. Pour y échapper, les enfants déclarèrent une trêve temporaire et établirent leurs quartiers au sous-sol, abandonnant Golden à ses biberons, ses couches, aux heures nocturnes passées à bercer l'un des trois nouveaux-nés niché contre son épaule, sans compter les autres tâches – dont celle de prendre un ou deux de ces petits monstres pour les poser sur le climatiseur afin que les vibrations leur fassent faire ce fameux rot, objet d'une quête universelle.
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ZilizZiliz   13 mai 2013
[Rusty, 11 ans, qui a 27 frères et soeurs et 4 mères]
Un jour, il a vu une publicité qui débute par l'image d'un père, d'une mère et de leurs deux enfants qui se trimbalent dans la maison, la démarche raide, grimaçant, à l'évidence mal à l'aise. Ils se préparent un grand verre de laxatif 'Metamucil', le descendent d'un trait, et une seconde plus tard, ils sont assis autour de la table de la cuisine, vachement joyeux et plus constipés du tout, à dévorer des gaufres en rigolant. On entend alors une voix grave et douce déclamer : 'Metamucil : Juste une famille normale'.
Le garçon n'arrive pas à se sortir cette publicité de la tête. Une famille normale. C'est ce qu'il désire depuis toujours. Une famille normale qui s'assoit autour d'une table de cuisine de taille normale pour boire du Metamucil rafraîchissant en riant. Mais quand il essaye de se représenter sa famille normale idéale, ça devient bizarre.
(p. 290)
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ZilizZiliz   07 mai 2013
[Il voulait échapper] quatre ou cinq jours par semaine à [ses 4] épouses qui se querellaient, à une bande [de 28] enfants bruyants toujours entre ses jambes, aux jalousies et aux ressentiments, aux obligations religieuses, aux notes de dentiste qui arrivaient avec une terrifiante régularité, à la tristesse qui étreignait son coeur chaque fois qu'il parcourait les couloirs de l'une ou l'autre de ses maisons pour regarder les enfants entortillés dans leurs draps, en se disant : "Quoi qu'il arrive, j'en suis responsable. Ils comptent tous sur moi."
(p. 173-174)
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Ellane92Ellane92   05 août 2015
Il avait si longtemps tenu son amour en réserve pour le distribuer avec parcimonie, petit bout par petit bout, et en général en secret afin que personne ne soit jaloux. Quand il prenait un enfant dans ses bras ou qu'il lui donnait un chewing-gum, il était obligé de prendre tous les autres dans ses bras et de leur donner à chacun un chewing-gum, même si cela l'obligeait à se rendre un samedi soir à la station-service Shell pour en acheter. Il devait mesurer ses compliments, ses baisers et ses cadeaux quels qu'ils soient. Au fil du temps, il avait appris à adopter en présence de sa famille une attitude de neutralité, une expression impassible afin de ne pas être accusé de favoriser un enfant ou une femme, d'aimer untel plus qu'untel ou d'avoir des chouchous. La moindre attention devait être soigneusement pesée et exécutée avec la précision et l'art d'un voleur de bijoux.
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LuniverLuniver   31 mai 2014
En tant que représentant prospère d'une large gamme d'engrais chimiques et de pesticides, [Nels Jensen] connaissait l'importance de la publicité et du Verbe. Durant les réunions du Conseil, il se demandait souvent à voix haute pourquoi ils n'avaient pas davantage l'esprit missionnaire, pourquoi ils ne convertissaient pas le monde à leurs idées au lieu de s'inquiéter tout le temps de ce que le monde pensait d'eux. Quelqu'un, en général Apôtre Lambson, faisait alors remarquer que leur mode de vie était théoriquement illégal et qu'en faire le prosélytisme risquerait de décider comme par le passé les autorités à intervenir pour jeter les hommes en prison et laisser les femmes et les enfants à la merci des services sociaux. Apôtre Jensen répliquait qu'il s'agissait d'un discours habité par la crainte et le doute, et il ajoutait avec douceur : Est-ce que Jésus aurait apporté Sa vérité au monde s'Il avait cédé à la crainte et au doute ? Sur ce, Apôtre Lambson lui rappelait qu'en dépit de toutes les choses merveilleuses qu'Il avait accomplies, il ne fallait pas oublier qu'Il avait fini par Se mettre dans un fichu pétrin.
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Marque-page 27-05-2011
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