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Jean Rosenthal (Traducteur)
EAN : 9782020262026
342 pages
Éditeur : Seuil (01/01/1997)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 78 notes)
Résumé :
L'histoire d'une peur. Rabbit Angstrom, partagé entre les impossibles contradictions de l'Amérique, choisit la fuite loin de sa ferme loin de la petite ville de Pennsylvanie où il habite, loin de cette vie quotidienne aveugle, dominée par la matière. Mais parce qu'il y a dans cet être faible un appel désespéré vers la vie intérieure, sa course en zigzag est bien plus qu'une tentative pour s'évader d'un monde invivable. C'est un effort désespéré pour sortir de la nui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
oblo
  23 octobre 2015
Premier tome d'une quadrilogie qui mit trente ans à voir le jour, paru en 1960, Coeur de lièvre situe son action à Brewer, Pennsylvanie, ville d'importance locale dans laquelle vit Harry Angstrom, dit Rabbit, 26 ans, marié et père d'un tout jeune garçon nommé Nelson et bientôt d'une petite fille. Un soir, après avoir effectué un match de basket avec de jeunes adolescents tels qu'il en faisait lui-même étant jeune – il a été, quelques années auparavant, une star locale de ce sport –, l'angoisse le prend quand il revient chez lui. Sa femme, Janice Springer, se laisse aller au fil du temps et est devenue petit à petit une alcoolique. Après une énième et banale dispute – tellement banale que le fil habituel de la vie reprend très vite ses droits –, Harry prend sa voiture mais, au lieu d'aller acheter les cigarettes comme le lui a demandé Janice, il file, quitte la ville, se met en tête de voir le jour se lever sur le golfe du Mexique. Si son escapade ne le mène pas très loin – jusqu'en Virginie –, l'influence de ce voyage est considérable et va introduire des bouleversements majeurs dans la vie d'Harry et des siens.
Le roman évoque, à travers ce personnage gauche mais attachant qu'est Harry, la volonté de liberté absolue. Cette liberté ne souffre aucune contrainte : ni religieuse (le mariage est un sacrement), ni familiale (que ce soit ses parents, son épouse ou ses enfants : rien ne retient Harry). Cette quête est d'autant plus absolue que le monde de Harry, c'est-à-dire les Etats-Unis des années 1950-1960, est encore largement englué dans les conventions sociales malgré le vent de libéralisme économique qui fait briller le blason du pays. Dans cette ville de cent mille habitants où tout le monde se connaît – malgré l'importance de la population –, les rumeurs vont bon train et les réputations, surtout les mauvaises, se tissent vite. Harry est encore un jeune homme mais ses exploits sportifs sont de plus en plus lointains, et sa situation professionnelle – il est commercial – ne lui convient pas. Il tente bien de se faire une raison mais la vie est la plus forte.
A travers la description d'une l'Amérique rurale et protestante qui sent le choc venir entre ses traditions austères et la quête de plus en plus fréquente de liberté – liberté sociale notamment –, Updike a écrit un roman simple et juste dont la portée est tout à fait contemporaine, plaçant l'individu – bien qu'imparfait – au centre de l'interrogation suprême : que fais-je ici ? Et, si d'aventure la réponse ou plutôt l'absence de réponse fait peur, Harry Angstrom offre une possibilité : détaler.
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LiliGalipette
  06 avril 2011
Roman de John Updike. Lettre U de mon Challenge ABC critiques Babelio.
Ancienne gloire du basket lycéen, Harry Angstrom, dit Rabbit, étouffe entre son emploi de démonstrateur de produits ménagers et de son épouse Janice, enceinte et trop portée sur la bouteille. Un soir, il prend sa voiture décidé à rejoindre le sud du pays. "Il n'a pas l'intention de jamais revoir Brewer, cette ville pot-de-fleur!." (p. 32) Mais arrivé en Virginie, il revient à Brewer, mais ne rentre pas chez lui. "Quand on a excellé dans quelque chose, quoi que soit, ça ne vous amuse plus d'être un type de second ordre. Et notre mariage, à Janice et à moi, je vous assure que c'était vraiment de second ordre." (p. 122) Il retrouve son coach de basket et rencontre grâce à lui Ruth, prostituée un peu paumée. Ils vivent à la colle plusieurs mois, mais à l'approche de l'accouchement de Janice, Rabbit veut reprendre le droit chemin, aidé par le révérend Eccles qui prêche sûrement mieux sur un green que sur sa chaire. Eccles est persuadé que "Harry valait la peine d'être sauvé et pouvait être sauvé." (p. 188) Mais le principal intéressé, qu'en pense-t-il ?
Rabbit fuit quelque chose. On ne sait pas vraiment quoi : la médiocrité, un mariage trop rapide, une vie sans saveur, le quotidien, ... Il cherche quelque chose. Là non plus, on se sait pas vraiment quoi. Est-ce l'amour, la reconnaissance, la gloire, la foi ou la liberté ? D'un conseil à un autre, il se fuit lui-même et ne se rattrape jamais. "La seule façon d'aller quelque part, vous savez, c'est de savoir où l'on va avant de partir." (p. 37) Rabbit pense plutôt que "la seule façon d'aller quelque part, c'est de décider où l'on va et d'y aller." (p. 44) Peu importe, Rabbit n'arrive nulle part, mais ça ne l'empêche de courir jusqu'à en perdre haleine.
Rabbit se cogne aux murs de son existence, se cogne aux autres, se cogne à la morale et au qu'en-dira-t-on. Traversé de fugaces révélations qui le laissent plus perplexe et désemparé que jamais, il est incapable de partager ses pensées et ses désirs. Une fois tâché du sceau de l'adultère, il fait porter sur ses relations amoureuses la marque de l'infâmie et du doute. Pourtant, Rabbit est avide de vérité et de connaissance. Il ne les trouve pas auprès des autres, alors il les cherche partout : "Les faubourgs s'étendent comme des écharpes. Mais la ville est immense au milieu, et il ouvre les lèvres comme pour forcer les lèvres de son âme à percevoir le goût de la vérité, comme si la vérité était un secret tellement dilué que seule l'immensité peut nous en donner un goût perceptible." (p. 129 & 130)
Sans être déplaisante, cette lecture me laisse un sentiment négatif. Rabbit est un personnage bien construit, mais bien trop complexe. Je suppose qu'il faut lire la suite de ses tribulations pour percer son mystère. Mais ce premier volet de ses aventures m'a suffit. le d'Updike, qui m'avait ravie dans Les sorcières d'Eastwick, m'a particulièrement ennuyée ici. Sans me faire violence pour continuer la lecture, je n'étais pas impatiente de retrouver Rabbit et son doute existentiel. Ce faux mystique parfaitement terre-à-terre m'a profondément agacée. Voilà, Rabbit, tu es passé à la casserole !

Lien : http://lililectrice.canalblo..
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stcyr04
  20 janvier 2017
Harry Angstrom, vingt six ans, est démonstrateur d'un article ménager en Pennsylvanie. Il a comme épouse une femme assez transparente, plutôt névrosée et alcoolique, et un petit garçon. Un jour il abandonne le domicile familial; le coup typique de l'homme parti chercher des cigarettes pour ne plus revenir. Il fait la connaissance d'une femme qui vivote en monnayant ses faveurs et s'installe brièvement chez elle, le temps de s'en lasser semble-t-il. Il tente alors de retrouver le droit chemin, celui des convenances et de la respectabilité, mais son immaturité et son égoïsme indécrottable vont avoir de dramatiques conséquences.
Le livre paru en 1960, d'une facture assez quelconque, a peut-être, à l'époque, bousculé un peu les moeurs d'une Amérique puritaine et conservatrice. Il semble assez dépassé et plat, eu égard aux problématiques exposées, tant l'attitude de notre antihéros semble être fâcheusement passée dans les moeurs des sociétés occidentales. Abandonner femme et enfant ne semble malheureusement plus être si exceptionnel. Mais le personnage, assez complexe, est tellement édifiant par ses inconséquences, son égocentrisme aveugle, son immaturité révoltante, qu'on est amené à lire Coeur de lièvre comme l'illustration de l'exemple à ne pas suivre et donnera du grain à moudre à la gent féminine dans son éternel procès contre nous autres, pauvres pêcheurs. Un livre qui se laisse lire aisément mais qui n'a rien de vraiment remarquable
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Malivriotheque
  23 septembre 2012
Harry Angstrom, surnommé Rabbit, est un jeune mari et père de 24 ans qui s'apprête à accueillir un nouveau bébé à la maison. Il trouve sa femme Janice, enceinte, déprimante à passer ses journées à regarder la télévision dans le noir tout en buvant du whisky. Un soir en rentrant chez lui, il se dit juste que ce n'est pas la vie qu'il veut et prend la voiture, direction l'ailleurs. Sur son chemin il croise son ancien coach du lycée, et surtout une ancienne prostituée, Ruth, chez qui il s'installe. Mais à la naissance de l'enfant, Rabbit ne sait plus trop où il en est...
C'est justement ça le but de l'histoire : le flou total dans lequel un personnage peut se perdre à force de ne pas faire de choix. Rabbit est l'archétype même du gars inconstant qui ne veut pas s'engager ou prendre ses responsabilités. Il a tous les défauts du stéréotype du mec qui pense avec sa qu--- avant de réfléchir. On n'apprécie guère Rabbit. Son indécision constante est énervante. On se dit que c'est un pauvre type comme malheureusement beaucoup en croisent. L'exemple même d'une vie sans bonheur, qu'on pourrait qualifier de ratée.
Heureusement le livre n'était pas bien long, car l'inconstance du personnage affecte l'objectif de l'histoire. Il existe 3 suites à ce roman et je ne pense vraiment pas avoir envie d'en savoir plus sur la vie de Rabbit. Dommage, je pensais avoir affaire à un récit plus ironique.
Enfin il faut savoir que la question de retraduction d'oeuvres "anciennes" passé un délai de 70 ans se pose généralement à un éditeur. Il s'avère que la traduction de Rosenthal fait état de quelques expressions et formulations pour le moins outdated qui mériteraient peut-être une révision. On ne se trouve pas ici dans le cas exemplaire du "Seigneur des anneaux", effectivement traduit il y a plusieurs décennies mais dont la traduction colle parfaitement au roman épique. C'est exactement dans ce genre d'ouvrage que le mot "derechef", plus trop usité de nos jours, ne gêne pas. du coup en ce qui concerne le récit d'Updike et la traduction de Jean Rosenthal, l'aspect vieilli du texte ne lui donne aucun cachet, il se ressent à la lecture ce qui n'est pas très flatteur. A méditer ?

Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Allantvers
  27 juin 2013
J'ai été moyennement emballée par "Coeur de lièvre", mais vais quand même m'accrocher pour la suite afin de mieux connaître John Updike dont d'aucuns disent qu'il est des auteurs américains incontournables :
"Coeur de lièvre" est en effet le premier opus d'une tétralogie dont les deux derniers (les deux!!! "Rabbit et riche" et "Rabbit en paix") ont été couronnés d'un Pulitzer.
ça vaut donc sans doute la peine de continuer à suivre ce brave Rabbit, qu'on laisse à la fin de "Coeur de lièvre" avec ses frustrations et son désir de liberté dans l'Amérique corsetée des années 50 / 60, et qui va traverser les décennies suivantes dans les prochains opus : belle occasion pour l'auteur de croquer les travers de son pays; mon petit doigt me dit que le croquis gagne en qualité à chaque nouvel "épisode".
A suivre donc...
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
YassleoYassleo   20 janvier 2016
Connais-toi toi-même, a dit jadis un vieux sage grec. [...] Apprendre à déceler les talents que l'on possède, puis travailler pour les développer. Voilà le secret du bonheur.
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gavarneurgavarneur   07 septembre 2017
Il faut donner aux garçons la volonté de réussir. J'ai toujours mieux aimé cela que la volonté de gagner, car il peut y avoir un exploit même dans la défaite. Leur faire sentir le, oui je crois que le mot est bon, le caractère sacré de la réussite qui consiste à faire de son mieux.
Page 71
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gavarneurgavarneur   10 septembre 2017
Rabbit ne veut rien lui dire du tout. Plus il en dit, plus il s'expose. Il est en sûreté à l'intérieur de sa peau, il n'a pas envie d'en sortir. La méthode de ce type consiste à le faire sortir à découvert, là où on peut le manipuler. Mais l'implacable convention de la politesse oblige Rabbit à ouvrir la bouche :
Page 137
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gavarneurgavarneur   15 septembre 2017
On voit ces bagnoles qui arrivent avec plus de cent trente mille kilomètres au moteur, des pistons qui ont tellement de jeu que l'huile en dégouline, on les lave, on fait revenir le compteur en arrière et l'on s'entend déclarer que voilà une véritable occasion, qui appartenait à un homme qui avait deux voitures et qu'elle n'a même pas cinquante mille kilomètres. Il implorera le pardon du Seigneur.
Page 255
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gavarneurgavarneur   13 septembre 2017
Le sommeil, cette nuit-là, n'est pas un domaine sombre et hanté que l'esprit doit délibérément décider d'envahir, mais une grotte à l'intérieur de lui, où il se blottit pendant que les griffes de l'ours font du bruit comme la pluie dehors.
Page 224
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