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ISBN : 2369140259
Éditeur : Libretto (12/09/2013)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 50 notes)
Résumé :
En hiver 1997, un tigre de Sibérie chasse et dévore les habitants d’un petit village isolé dans les forêts de l’Extrême-Orient russe.
Iouri Trouch et ses hommes de « l’inspection Tigre » sont appelés pour enquêter sur les attaques du félin, et pour décider de son sort. Il ne s’agit pas d’un animal ordinaire : tous les tigres sont doués de mémoire, ce qui les rend extrêmement dangereux, mais celui-ci semble engagé dans un véritable processus de vengeance. John... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Feuillesdejoie
  29 juin 2012
Malgré un patronyme français, John Vaillant est un américain authentique, originaire de l'état du Massachusets et ayant passé pas mal d'années dans la région de Vancouver, sur la côte pacifique du Canada. En photo-portrait, son image abonde en ce sens – ne ressemble-t-il pas un peu à Richard Gere, ou à Robert Redford en 1975, à l'époque de sa plus grande gloire ? C'est en tout cas mon avis. Il est grand, plutôt viril et séduisant, blond, les yeux d'une couleur difficilement identifiable, un peu plissés et inquiets comme ceux d'un homme qui passe l'essentiel de son temps à scruter d'épaisses ténèbres où, ces derniers temps, les lucioles se sont faites rares et discrètes.
Sous le regard de la presse française, cette belle gueule de héros un peu formaté pourrait bien lui valoir quelque hostilité de principe, mais John Vaillant vaut infiniment mieux que tout cela. Ici comme ailleurs, nous en semblons désormais convaincus et la preuve en est que la France vient de lui offrir, il y quelques jours à peine (le 18 mai 2012) , le prestigieux prix Nicolas Bouvier, traditionnellement attribué lors du Festival « Etonnants voyageurs » à Saint-Malo. C'est amplement mérité. Son livre « le Tigre : une histoire de survie dans la taïga » est un texte-choc.
John Vaillant est une sorte de guetteur de tempête qui officie sur l'ère Pacifique Nord. L'un de ses précédents ouvrages, « the golden spruce » (l'épicéa doré), qui a reçu en Amérique plusieurs récompenses littéraires, contait déjà une histoire plutôt complexe. Pour faire simple, Vaillant évoquait alors le choc entre deux visions du monde et de la nature, celle des amérindiens, en l'occurrence le peuple Haïda, originaire des côtes de la Colombie Britannique, et celle des américains, libéraux et consuméristes qui exploitent sans vergogne les richesses naturelles du même secteur. L'épicéa doré, un arbre biologiquement unique en son genre, avait eu le bonheur de voir le jour sur l'une des îles de la Reine Charlotte (Haida Gwai), au nord de Vancouver. le peuple Haïda le vénérait, au titre d'arbre sacré, sous le nom de Kiidk'Yaas. Seulement voilà, les compagnies forestières d'exploitation du bois sont aussi présentes sur ces zones, ce qui crée de fortes tensions entre les différentes communautés d'intérêt.
Le héros, tout à fait réel, du livre, est Grant Hadwin. Un homme dont il est difficile de comprendre les motivations profondes. Un jour, le 20 janvier 1997, il se rend avec difficulté auprès de l'arbre sacré et l'endommage si cruellement avec sa tronçonneuse que l'épicéa doré et sacré finira par s'abattre quelques jours plus tard. Pourquoi s'est-il donné autant de mal pour accomplir un tel geste sacrilège ? Hadwin a voulu dénoncer les pratiques des industriels du bois ? Ou exprimer une rage sourde contre l'ordre établi ? Mais on a juste dit que, après avoir lui-même été bûcheron pendant quelques temps, Hadwin s'était mis à souffrir de « troubles mentaux ». Ainsi donc, afin de ne plus s'éreinter à trouver une explication logique à tout cela, son acte serait à placer dans la rubrique « acte irresponsable ». C'est possible.

A la suite de quoi, sous le coup de plusieurs mandats fédéraux et sommé de comparaître devant un tribunal de justice, Hadwin s'éloignera des côtes en Kayak et ne réapparaîtra plus jamais. On retrouvera son bateau en juin 1997 sur une île isolée, mais on ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de son occupant.
On voit que John Vaillant n'a pas peur de s'approcher d'une certaine ténèbre. Avec « le Tigre », il récidive et tourne sa focale à 180 degrés : direction la Sibérie. Enfin, la Sibérie en soi ne veut rien dire, c'est un vocable trop général pour un vaste ensemble de territoires en réalité très différents les uns des autres. John Vaillant pose ses valises dans la région de Vladivostok (Lumière de l'Est en russe), dans le secteur de la chaîne côtière du Sihoté Aline. Vaillant reste donc fidèle à la zone pacifique nord, mais l'observe cette fois-ci « par l'autre côté ». Cette région du fleuve Amour, des rivière Oussouri et Bikine est un des endroits les plus singuliers du monde. Vaillant nous en avertit et nous en explique les raisons. Un ensemble de paramètres climatiques, apparemment opposés entre eux, font régner sur les lieux un régime de douches écossaises, du chaud et du froid, du torride et du glacial. C'est une région de grand écart, une exception, un paradoxe biologique, au point que Vaillant se sent obligé de créer la formule, fort bien trouvée, de « Jungle boréale ». On trouve dans le Sihoté Alin une flore et une faune incroyablement diversifiées, et parmi cette dernière on trouve le Tigre de l'amour (panthera tigris altaica), espèce qui se trouve à cet endroit à l'extrême nord de son aire de répartition.
Tout à l'heure lorsque j'ai parlé de la rivière Oussouri, certains se sont gratté le nez. Enfin, vous y êtes. Il y a tout juste un siècle, vers 1907 et plus tard, un géographe-explorateur russe, Vladimir Arseniev, entreprenait de topographier la région des chaînes côtières. Pour ce faire, il se fera aider plusieurs saisons par un guide indigène d'origine Gold-Nanaï : Dersou Ouzala. Cette épopée, il la relatera dans un livre en 1923, et plus près de nous, en 1975, le réalisateur japonais de renom Akira Kurosawa en adaptera le récit pour le cinéma dans son film « Dersou Ouzala ». Si vous appréciez les récits de voyages nordiques, il est peu probable que ces deux oeuvres vous soient restées inconnues. Pour ceux qui ont aimé livre et film, l'oeuvre de Vaillant vient fournir un contre-point...vertigineux.
De quoi s'agit-il ? Qu'ont en commun Lev Khomenko, Vladimir Markov et quelques autres inconnus ? Et bien ces hommes, tous coureurs de bois expérimentés, ont été attaqués, puis tués lors d'une brève rencontre avec un tigre mangeur d'homme. du début à la fin du livre, Vaillant nous en contera l'histoire cruelle. Mais l'américain prendra soin de ne rien omettre. Il n'y a dans ce livre aucun désir de simplification, aucun référence au bien ou au mal, ce qui dans un livre américain est déjà un exploit. En extrême-Orient russe, tout est complexe, la nature elle-même, l'enchaînement des faits historiques qui ont construit la région, le mélange des populations qui y survivent ainsi que les événements politiques qui, depuis trente ans, ont détruit le fragile équilibre économique de la région.
Alors Vaillant se met en route et dès les premières lignes rentre dans le vif du sujet : un homme a été dévoré par un tigre au beau milieu de la taïga de la région de la rivière Bikine. Il s'agit de Vladimir Markov, un coureur de bois russe (un taïjonik ) dont la vie résume à elle seule toutes les singularités et toutes les errances de l'extrême-Orient russe. Pour mener l'enquête, un spécialiste, responsable locale d'une « section tigre », organisme fédéral en charge de la gestion des populations sauvages du grand félidé, qui porte le nom de Yuri Trouch. Lui aussi est un héros tout à fait central dans ce récit, de la première à la dernière page. Yuri est un homme hors du commun, une force de la nature, un athlète, un taïjonik expérimenté, et un enquêteur tenace. Et lui aussi porte en lui tous les stigmates des différents régimes russes auquel il a survécu.
Caricature ? Non. Vous connaissez Dersou Ouzala et Vladimir Arseniev, mais vous ignorez sans doute que ce dernier, ainsi que sa famille, décéderont lors des grandes purges staliniennes des années trente. Vaillant s'en explique. D'autres livres vous le confirmeront : en Russie, et ceci depuis les Tsars, le système s'est presque toujours comporté de façon stupide, injuste et cruel envers ceux qui avaient oeuvré sincèrement à sa gloire. C'est une dramatique et pathétique constante.
Alors, pendant que Yuri Trouch patauge dans la neige, essaie péniblement de faire coïncider entre eux tous les morceaux, tant ceux des cadavres épars qu'il découvre ici ou là, que ceux des périples sinueux accomplis par les victimes, tout cela dans un climat d'hostilité générale des populations, Vaillant se charge en permanence de trouver un nouvel angle pour envisager la scène. Tout y passe : biologie, zoologie, botanique, climat et météorologie, histoire politique, comportement animal, ou Perestroïka. Ce n'est jamais ennuyeux ni trop didactique. Avec un bon point d'ailleurs concernant l'évocation des travaux scientifiques qui se sont interrogés sur le rôle des super-prédateurs dans l'organisation des premières populations humaines. Les résultats en sont extrêmement convaincants. Et John Vaillant le devine, en Sibérie orientale, l'homme et le tigre se font face tout en haut de la pyramide des super-prédateurs. L'un est l'autre sont infiniment liés, infiniment plus que l'homme moderne pourrait encore l'entrevoir. Cette interdépendance hommes-bêtes-milieux est fort bien décrite par Vaillant, et elle ouvre (à moins qu'elle ne les referme à jamais) des portes mystérieuses entre psyché humaine ou animale, ainsi qu'elle relie l'ensemble du vivant à un vaste déploiement de forces cosmiques encore plus insaisissables.
« Ici, tout a tellement souffert » semble suggérer John Vaillant. En tant qu'américain, il est bien placé pour saisir les aspects les plus dramatiques de la « conquête de l'Est » par les russe. C'est un véritable et sanglant far-west. Mais alors que les choses se calmaient un peu en Amérique, les crises politiques majeures se succédaient en Russie, la Révolution Russe, Staline, les goulags et les purges, la seconde guerre mondiale, les affrontements sino-russes de l'île Damanski, et après une courte embellie dans les années soixante et soixante-dix, le grand basculement de l'ère Poutine. Chaque fois, finalement, ce n'est pas de chance. Aussi Vaillant se garde-t-il bien de juger quiconque. Tous les hommes dont il parle sont des survivants, des super-prédateurs pour certains d'entre eux, qui ont été, plus ou moins, capables d'encaisser les crises successives. John Vaillant, on le sent, les admire, sans chercher à enjoliver leur vie et leur parcours. Ils ont avancé comme ils pouvaient, le plus souvent à grand coups de pieds dans le cul.
En fin de compte, mais nous le savions déjà, qu'il soit russe, chinois, américain ou européen, l'homme moderne ne mérite pas le monde qui l'entoure. Il s'y conduit en autocrate, en petit dictateur sans scrupule. La mondialisation n'a rien arrangé bien entendu, et en extrême-Orient russe, ce serait même un fléau encore plus démoniaque qu'ailleurs. Exploitant sans état d'âme la pauvreté ambiante, la recherche de profits rapides tournent la tête des hommes les plus avisés. Markov était un type bien, un taïjonik prudent et loyal envers la nature . Presque tout le monde l'aimait ou le respectait. Mais le braconnage du tigre lui a sans doute paru, l'espace d'un instant, une solution aux terribles problèmes de survie qui accablaient sa famille. A-t-il été tenté ? A-t-il tiré ? On comprend que oui, hélas, Markov, comme on dit « en avait croqué ». La peau du tigre, sa viande, ses entrailles même, tout cela rapportera des milliers de dollars à ceux qui parviendront à faire passer le « paquet » vers la Chine. En Russie comme en Chine, la corruption est une chose parfaitement banale et quotidienne.
Alors, au péril bien réel de sa vie, Yuri Trouch mènera son enquête jusqu'au bout mais sans sérénité, et sans aucune reconnaissance, à part celle des étrangers comme John Vaillant et quelques autres.
Quant au tigre de l'Amour, la question de sa survie est désormais bel et bien posée, et ceci à très court terme. Quelques pistes existent, selon Vaillant, pour envisager l'avenir avec espoir – pas tant que ça finalement. Quand l'espace et les ressources viennent à manquer (à cause de l'exploitation sans limite de la taïga) et quand la classe dominante est à même de se permettre tous les actes déviants (chasse à outrance), les super-prédateurs se regardent dans les yeux et un combat féroce peut alors exploser à tout instant. Or ,dans ce dernier combat, le tigre, aussi performant soit-il, aussi doué de pouvoir surnaturels soit-il, comme semble le suggérer Vaillant, le tigre, finalement, n'a pas l'avantage. Dans le meilleur des cas, et nous en doutons tous désormais, « cela pourrait donc aller très mal avant d'aller mieux ».
Un livre remarquable.
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Epictete
  15 septembre 2017
En démarrant cette lecture on croit aborder une sorte de polar du grand nord, dans le style du dernier lapon » d'Olivier Truc.
Pas du tout !
L'histoire racontée aurait pu tenir en quelques pages. Elle n'est que prétexte à parler du tigre de Sibérie, de ses habitudes, de son environnement, de ses relations avec les hommes et de sa situation.
C'est en réalité un plaidoyer pour la sauvegarde de cette espèce.
Ce livre ressemble plus à un traité sur la nature, le tigre, l'éthologie qu'à un roman. C'est à la fois un documentaire très étayé sur un pays, la faune et un rappel de certains principes de sociologie, voire de politique économique. Pour cela l'auteur dont le métier de journaliste ressort dans son travail s'appuie sur de nombreux témoignages glanés sur place ou dans des archives, mais aussi sur l'ensemble des connaissances scientifiques pour étayer son propos.
C'est aussi l'occasion de faire le point sur la situation de la Russie sous le communisme, en particulier des effets de la période Stalinienne mais également de l'après perestroïka et de ses effets pervers au niveau économique sur certaines régions rurales.
La dernière partie du livre raconte enfin la traque du tigre mangeur d'homme de façon réaliste et très vivante.
Mais quelle somme de connaissance l'auteur nous propose-t'il auparavant !
Ce bouquin peut rebuter ceux qui chercheraient un polar, mais il est passionnant et l'on dévore les 400 pages avec avidité.
Superbe découverte.
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ninamarijo
  11 juin 2015
Ce livre passionnant retrace l'enquête, sur la mort d'un chasseur déchiqueté par un tigre dans la glaciale et sombre taïga du territoire du Primorié au nord de Vladivostok, le même territoire que le récit d'Arseniev, « Dersou Oursala ».
C'est une histoire de vengeance. le tigre de l'Amour, nous dit Vaillant, a une mémoire colossale, il est tenace et poursuit son ennemi inlassablement jusqu'à la mort. Il est le roi suprême dans la taïga.
Mais, ce n'est pas seulement l'histoire de ce « tigre mangeur d'hommes » que Vaillant nous conte, il nous plonge au coeur de l'histoire de cette région, belle, sauvage, mais pauvre et oubliée de l'état russe depuis l'effondrement du communisme. On est envouté par ce récit, on est envouté par la puissante bête au regard de feu dans sa fourrure majestueuse. Vaillant nous interroge sur les rapports sociaux, la place de l'homme dans la nature… les purges staliniennes, les relations Chine-Russie …
Une histoire vraie et riche que j'ai difficilement lâchée et qui me taraude encore !
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Charybde2
  17 mars 2013
Beau reportage sur le tigre de Sibérie, gâché par de bizarres considérations mystico-idéologiques.
Ce récit de 2010, traduit en 2011 aux intéressantes éditions Noir Sur Blanc, aurait pu constituer une grande et puissante actualisation au 21ème siècle du "Dersou Ouzala" (1923) de Vladimir Arseniev, rendu célèbre par le film d'Akira Kurosawa. Cette histoire patiente de chasse dans l'Extrême-Orient ex-soviétique, où un tigre, espèce désormais (enfin) protégée, doit être toutefois abattu après qu'il ait tué deux hommes, transmet fort habilement le quotidien des personnes impliquées, chasseurs, trappeurs ou gardes forestiers, et spécule souvent intelligemment sur les motivations de l'animal.
Hélas, l'ensemble est lourdement gâché par des accès de mysticisme parfois surprenants, et davantage encore par un ressentiment idéologique vis-à-vis du communisme soviétique qui fait surgir l'ombre de Staline dans les circonstances souvent les plus invraisemblables, ce qui fait sourire au début, mais finit par largement agacer...
"Le lendemain était un samedi. Dès les premières heures du jour, Iouri Trouch et deux de ses coéquipiers, Alexandre Gorboroukov et Sacha Lazourenko, s'entassèrent à bord d'un camion des surplus de l'armée et firent route en direction du nord. Ils avaient revêtu pour l'occasion des treillis militaires thermo-isolés et s'étaient armés de couteaux, de pistolets et de carabines semi-automatiques. Dans cette tenue, les Tigres, selon le surnom qu'on donne parfois à ces inspecteurs, ressemblaient moins à des gardes-chasses qu'à une unité spéciale d'intervention en milieu forestier. Leur Kung, un camion militaire de fabrication russe servant au transport de matériel, avait vingt ans d'âge. Équivalent d'un 4 tonnes Mercedes, ce véhicule utilitaire fonctionnant au gazole est équipé d'un treuil, de quatre roues motrices ainsi que d'énormes pneus montant à mi-hauteur d'homme, ce qui fait de lui le moyen de transport idéal pour explorer l'arrière-pays du Primorié. le modèle dans lequel avaient pris place les inspecteurs avait été spécialement aménagé pour accueillir des couchettes de fortune et contenait une semaine de vivres pour quatre hommes. Il était en outre muni d'un râtelier d'armes, de crochets pour suspendre des bidons de carburant et d'un poêle à bois, le minimum indispensable pour que ses passagers puissent survivre en cas de panne, même en plein coeur de la forêt."
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MarcoPolo85
  09 octobre 2012
Cet ouvrage peu apparaître au regard du titre et de la couverture comme un reportage animalier se situant dans une immensité Sibérienne à des milliers d'années lumière de toute civilisation. Bref, un livre pour les amoureux des félins sauvages gambadant dans une taïga vierge.
Et bien détrompez vous. En lisant John Vaillant, on est tout de suite happé dans un véritable roman d'aventures où l'homme et la bête s'épient en permanence où chacun définit une stratégie pour récupérer ce territoire situé aux confins de cet extrême orient russe. On a l'impression de suivre une histoire à la "Moby Dick".
Il faut savoir qu'il y a quelques années, le "tigre de l'Amour" (appellation officielle du tigre de Sibérie) et la population autochtone vivait dans une relative quiétude, jusqu'à ce que le braconnage démarre. En effet, ce félin offre un certain nombre de vertus que la médecine traditionnelle chinoise utilise. La valeur d'un tel animal n'est donc pas négligeable pour celui qui réussira à en tuer un, d'autant plus que les revenus de ce fin fond de Russie couvrent à peine les dépenses en vodka.
John Vaillant nous dépeint ici un milieu rude, des hommes au courage phénoménal, dans un cadre grandiose qu'est cette jungle boréale.
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Les critiques presse (1)
Telerama   27 juin 2012
De son enquête au long cours, l'auteur tire un récit magnétique aux confins de l'animalité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ninamarijoninamarijo   08 juin 2015
Un croissant de lune dessine une faucille dans les arbres. Sous la lueur blafarde, la neige se couvre d'ombres et la forêt s'emplit de ténèbres. Un homme marche seul en se frayant un chemin à tâtons. Il n'a pour toute compagnie qu'un chien courant devant lui, dans son impatience de rentrer enfin à la maison. Tout autour d'eux, les troncs noirs des chênes, des sapins et des peupliers se dressent au-dessus d'un épais tapis de brousailles et de rompis, et leurs frondaisons tissent une canopée à claire-voie. Les frêles bouleaux, plus blancs que la neige, semblent rayonner dans la nuit, mais leur lumière est aussi avare et froide que la fourrure des bêtes en hiver. Tout n'est que silence dans ce monde endormi sous la glace. Il fait si froid que les crachats gèlent avant de toucher le sol. Si froid qu'un arbre, aussi cassant qu'un brin de paille, peut subitement exploser sous la poussée d'une montée de sève. L'homme et son chien laissent dans leur sillage une traînée de chaleur et la buée de leur souffle flotte tel un nuage blanc au-dessus de leurs traces. Leur odeur ne se diffuse pas, par cette nuit sans vent, mais le bruit de leurs pas se transporte si loin qu'à chacune de leurs enjambées, c'est comme s'ils s'annonçaient au monde nocturne... Alors dans la nuit noire retentit un grondement qui semble venir de partout à la fois.
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ninamarijoninamarijo   10 juin 2015
Quand les russes s'épanchent sur leur pays, ils parlent volontiers de la "mère Russie" un terme affectueux qui ne désigne pas la nation et encore moins les élites dirigeantes, mais la terre.
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SoftymelSoftymel   25 février 2013
Tiger are similar to drugs in that they are sold by the gram and the kilo, and their value increases according to the refinement of both product and seller. But there are some key differences: tigers can weight six hundred pounds; they have been hunting large prey, including humans, for two million years; and they have a memory. For this reasons, tigers can be dangerous to people trying to protect them as they are to those who would profit from them.
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ninamarijoninamarijo   10 juin 2015
Sous le présidence de Boris Eltsine, l'ignorance des masses et l'habileté d'une minorité permit la redistribution des richesses et des ressources la plus large, la plus rapide et la plus injuste que le monde ait jamais connue. La Russie assita à l'émergence d'un kleptocapitalisme à grande échelle, mais ce n'était pas la première fois. Sous le règne de Lénine, les bolcheviques n'avaient rien fait d'autre.
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dupuisjlucdupuisjluc   25 mai 2013
L'être humain est une créature éminemment sociale, et ses actes sont déterminés à quatre-vingt dix pourcents par le regard des autres. Seul, sans aucun témoin, il apprend qui il est en réalité. Parfois, cela conduit à des découvertes stupéfiantes. Quand plus personne ne le surveille, l'homme peut facilement régresser à l'état d'animal. (p.121)
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Videos de John Vaillant (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Vaillant
John Vaillant - Les enfants du jaguar .A l'occasion du Festival Etonnants Voyageurs 2016, rencontre avec John Vaillant autour de son ouvrage "Les enfants du jaguar" aux éditions Buchet-Chastel. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/vaillant-john-les-enfants-jaguar-9782283028926.html Notes de Musique : As Colorful As Ever by Broke For Free. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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